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Edi Presse, société privée chargée de la distribution des journaux en Côte d’Ivoire, a été condamnée par la justice ivoirienne pour avoir empêché la parution depuis le 4 novembre de neuf journaux indépendants ou d’opposition, a indiqué lundi à l’AFP un de ses responsables. "Il y a eu une décision de justice, nous avons été condamnés jeudi dernier à faire reparaître immédiatement ces journaux sous astreinte de 5 millions de francs CFA (environ 7.600 euros) par jour de retard", a déclaré un dirigeant d’Edi Presse, Frédéric Vézy. N’ayant plus accès au réseau Edi Presse, neufs journaux indépendants ou d’opposition ont cessé de paraître depuis le 4 novembre, même s’ils ne sont pas officiellement interdits. Selon des sources proches de ces journaux, les autorités ont transmis à Edi Presse une liste des journaux "autorisés à diffusion" excluant les neuf titres. "Il n’y a jamais eu de pression de la part du gouvernement", a démenti lundi M. Vezy. "Nous avons cessé d’imprimer ces journaux pour des raisons de sécurité, par souci de protéger notre personnel, notre matériel et nos partenaires", a-t-il expliqué, ajoutant : "Nous ne souhaitions pas attiser un climat de haine". "Nous sommes prêts à (les) publier", a précisé le responsable d’Edi presse. "Suite à notre condamnation, nous avons immédiatement prévenu les responsables des journaux concernés, qui ne se sont pas encore manifestés jusqu’à présent", a-t-il ajouté. Les rédactions des neuf journaux empêchés de paraître (les locaux du Patriote et de 24 Heures avaient été mis à sac le 4 novembre par des jeunes partisans du président Gbagbo), ont depuis lors publié à Abidjan deux éditions spéciales communes. Tiré à plus de 10.000 exemplaires et distribué via un réseau parallèle, le second numéro de cette édition est paru ce lundi dans les rues d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne.
Agence France-Presse 29 - 11 - 2004
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