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Le groupe de médias et de services financiers britannique Reuters s’apprêterait à supprimer jusqu’à 250 emplois, dont des journalistes, pour compenser le coût de la mise en place difficile d’un nouveau système informatique, a rapporté vendredi le Guardian. Les journalistes basés au Royaume-Uni envisagent un mouvement de grève après avoir été informés d’une réduction budgétaire de 22 millions de livres (31,4 millions d’euros) destinée à compenser les coûts du retard pris dans l’installation du projet News2Web, a précisé le quotidien britannique. Le lancement du système News2Web, qui doit permettre aux journalistes de transmettre leurs informations entièrement par internet, a été retardé de deux ans, jusqu’en 2006, en raison de problèmes techniques, précise le Guardian, citant un courrier envoyé au personnel par le directeur des opérations de Reuters pour l’information, David Schlesinger. Les journalistes de Reuters craignent que ces 22 ML se traduisent par la perte de 250 postes à la division informations financières du groupe, qui emploie 2.300 personnes. Selon eux, la direction parle plutôt de la suppression de 10 emplois nets. Une porte-parole du groupe citée par le quotidien a confirmé que des négociations étaient en cours avec le personnel et leurs représentants syndicaux, mais s’est abstenue de tout commentaire sur le montant des réductions budgétaires et le nombre d’emplois en jeu. Un porte-parole du syndicat national des journalistes NUJ (National Union of Journalists), également cité par le Guardian, a estimé pour sa part que ces suppressions d’emplois "affecteraient de façon irréparable la réputation de fiabilité et d’intégrité" de l’agence. Reuters a déjà supprimé 35 postes à Londres, en délocalisant certains emplois à Singapour et Toronto. Le groupe s’est engagé dans un plan de restructuration baptisé "Fast Forward", destiné à réduire de façon drastique les effectifs, en ramenant leur nombre de 15.500 à 13.000, dans le but de faire des économies de coûts. Mais jusque là, les économies n’avaient pas vraiment affecté la rédaction.
Agence France-Presse 12 - 11 - 2004 |