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Le journaliste Edwy Plenel, 52 ans, qui a démissionné lundi de son poste de directeur de la rédaction du Monde, est un ancien militant trotskiste qui a grimpé tous les échelons du journal Le Monde, jusqu’à figurer au sein de sa haute hiérarchie. Né le 31 août 1952 à Nantes (Loire-Atlantique), ancien élève de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, M. Plenel est entré à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1970. Après avoir travaillé au Matin à partir de 1979 où il fut notamment chargé de la rubrique Éducation, il entre au Monde en mai 1980, comme rédacteur pour ce même secteur. En septembre 1982, il est chargé de la rubrique police avant d’être promu en mai 1990, chef adjoint du service des informations générales, puis grand reporter à la cellule reportages-enquêtes en avril 1991, puis chef du département police-justice en janvier 1992. En mars 1994, M. Plenel devient rédacteur en chef du Monde, puis en avril 1995 directeur adjoint de la rédaction en avril 1995. En janvier 1996, il prend la fonction de directeur de la rédaction, de laquelle il a démissionné lundi. En mai 2001, il devient directeur général adjoint de la société Le Monde SA, en juin 2002, il prend parallèlement la fonction de directeur général délégué des rédactions du groupe Le Monde. En janvier 2004, il est nommé directeur délégué du quotidien Le Monde pour s’occuper de la "marche quotidienne" du journal. Auteur de nombreux ouvrages, M. Plenel a reçu en 2001 le prix Médicis de l’essai pour "Secrets de jeunesse" (Stock), dans lequel il revendique son appartenance passée au trotskisme, indiquant être resté "pendant dix ans" dans ce mouvement d’extrême gauche. A la télévision, M. Plenel est coprésentateur d’une émission d’entretien-débat bihebdomadaire "Autour du monde" sur LCI (groupe TF1). Figurant parmi les personnalités mises sous écoute sous la présidence de François Mitterrand, M. Plenel avait été à l’origine de plusieurs informations exclusives publiées par son journal, notamment l’affaire des Irlandais de Vincennes ou les révélations sur la "troisième équipe" ayant participé à la pose de bombes sur la coque du Rainbow Warrior.
Agence France-Presse 29 - 11 - 2004
Edwy Plenel démissionne de la direction du Monde
Edwy Plenel a démissionné de la direction de la rédaction du Monde, annonce le quotidien. Dans une lettre au directeur du Monde Jean-Marie Colombani, avec lequel les relations s’étaient tendues, Edwy Plenel explique que sa démission est "l’aboutissement d’une réflexion ancienne". "Après dix années dévouées à l’animation éditoriale (...), je souhaitais revenir aux joies simples du journalisme et de l’écriture", écrit-il. Directeur de la rédaction du Monde depuis 1996, Edwy Plenel, âgé de 52 ans, est entré au Monde en 1980. Il en est directeur délégué depuis 2004. Le patron du Monde, dans un message au personnel, affirme que la démission d’Edwy Plenel sera "un traumatisme" pour le journal. "C’est un moment bouleversant pour moi, parce que c’est la fin d’une période de dix ans pendant laquelle Edwy et moi avons été indissociables", écrit Jean-Marie Colombani, président du directoire du Monde et de ses filiales. Dans une lettre au personnel, Jean-Marie Colombani a aussi annoncé jeudi dernier une "relance éditoriale" pour regagner son lectorat. A la tête de la rédaction, Edwy Plenel avait décidé de traiter davantage les sujets de société, n’hésitant pas à mettre en "une" des sujets comme l’émission de télé-réalité "Le Loft". Une stratégie qui a permis d’augmenter les ventes dans un premier temps mais a déçu une partie du lectorat traditionnel de ce "quotidien de référence". Jean-Marie Colombani s’est prononcé pour l’ouverture du capital du Monde SA au début 2005. Le journal a perdu quelque 80 millions d’euros en trois ans et a lancé un plan de réduction d’effectifs qui prévoit 90 départs volontaires, dont 35 parmi les journalistes.
Reuters - Paris 29 - 11 - 2004
J.M. Colombani : la démission de Plenel sera un "traumatisme"
Jean-Marie Colombani, patron du Monde, affirme lundi dans un message au personnel rendu public après la démission d’Edwy Plenel de ses fonctions de directeur de la rédaction, que ce changement sera "un traumatisme", pour toute la maison Monde. M. Colombani commence sa lettre par : "Nous vivons un moment que je ne souhaitais pas vivre. Et dont j’avais refusé la perspective lorsque comme il vous l’a dit, Edwy Plenel l’avait envisagée et me l’avait lui-même proposée". "C’est un moment bouleversant pour moi, parce que c’est la fin d’une période de dix ans pendant laquelle Edwy et moi avons été indissociables", a écrit M. Colombani. Le patron du quotidien salue son "extraordinaire dévouement au journal", son "énergie de tous les instants mis au service d’une rédaction, comme un formidable capteur d’un temps auquel il faut, en permanence, s’adapter, et comme un non moins extraordinaire transformateur, transmetteur d’idées et d’énergie à cette collectivité". "Il n’est pas simple dans nos métiers, et surtout à ce niveau de responsabilité de changer sa fonction et son rôle. Ce changement sera donc pour toute notre maison, un traumatisme. Qui plus est dans un moment difficile". "Je ne doute pas qu’il sera à nos côtés, à mes côtés, d’abord pour exister, au Monde, comme le très grand journaliste qu’il est, et aussi, j’espère, pour conduire et affronter en notre nom de nouveaux défis, notamment dans la sphère intellectuelle". Réaffirmant sa "conviction" que nous "pouvons" et "devons sortir renforcés de cette crise", M. Colombani voit deux conditions : "ne pas lâcher le fil de notre histoire", et "être capable au service du Monde, de nous rassembler, de forger dans une cohésion retrouvée la force de l’élan dont nous avons besoin". "La décision d’Edwy, au fond, nous oblige à dépasser ici les crispations, là les insatisfactions ou les inquiétudes pour nous relancer", conclut M. Colombani.
Agence France-Presse 29 - 11 - 2004
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