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La convention de diffusion en France qu’a signée la chaîne controversée Al-Manar, proche du Hezbollah chiite libanais, est "rigoureuse" avec des "dispositions très strictes", a affirmé mercredi le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel français (CSA), Dominique Baudis. Cette convention, a-t-il fait valoir, n’est valable "que pour une durée d’un an au lieu de 5 ans habituellement", ce qui est "une décision inédite, sans précédent" de cet organe de régulation de l’audiovisuel français qu’est le CSA. "Ainsi, dans un an, le CSA sera amené à examiner l’éventualité d’un renouvellement de cette autorisation et, à ce moment-là, prendra évidemment en considération la manière dont la chaîne se sera acquittée de ses obligations", a-t-il dit. Le CSA va "dès à présent informer et consulter" les instances de régulation de l’audiovisuel des autres pays de l’Union européenne, afin qu’elles "observent" les émissions d’Al-Manar et "fassent connaître leur analyse" au CSA, qui en "prendra compte" dans un an, a indiqué M. Baudis. "Toute infraction" aux engagements pris "pourra donner lieu à une sanction administrative de la part du CSA", a indiqué M. Baudis, lisant une lettre adressée au Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) en réponse aux protestations de cette association. Dans sa convention signée vendredi, Al-Manar s’engage notamment "à ne pas inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité". Sa diffusion "s’inscrit désormais dans un cadre juridique strict", a insisté le président du CSA, rappelant que cette chaîne extra-européenne, diffusée par satellite, était retransmise jusqu’à présent "en France et en Europe, en toute illégalité, sans conventionnement, sans possibilité de sanction". Les sanctions prévues, comme pour "toutes les conventions françaises", peuvent aller "jusqu’à la résiliation unilatérale de la convention par le CSA", a indiqué Yvon Le Bars, membre du CSA, qualifiant Al-Manar de "chaîne difficile". Pour contrôler ses programmes, ainsi que ceux d’autres chaînes émettant en langue arabe et conventionnées en France, le CSA a "recruté un jeune arabophone qui se consacrera entièrement à l’écoute et à la traduction des passages litigieux des programmes", a précisé M. Baudis. Outre celles du Crif et de SOS Racisme, l’autorisation accordée par le CSA à la diffusion d’Al Manar a suscité des protestations de la part d’autres associations : la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), le Centre Simon Wiesenthal et le Consistoire central.
Agence France-Presse 24 - 11 - 2004
Al Manar : protestations d’organisations juives auprès du CSA
L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le mouvement de jeunesse juif sioniste de gauche Hachomer Hatzaïr ont dénoncé mercredi l’autorisation de diffusion accordée à la télévision Al Manar qu’ils accusent d’antisémitisme. Le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) Patrick Gaubert a également écrit à M. Baudis, président du CSA, "pour le rencontrer le plus rapidement possible", selon un communiqué. La Licra dénonce l’absence de réaction des pouvoirs publics à l’autorisation d’Al Manar et interpelle le président de la République, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, pour que le CSA revienne sur sa décision, car "la prévention et la lutte efficace contre l’antisémitisme dans notre pays sont à ce prix". L’UEJF évoque une "décision immorale et irresponsable dont le trouble à l’ordre public est indéniable" et "demande avec détermination au CSA de revenir sur sa décision" ainsi qu’aux câblo-opérateurs d’exclure Al Manar de leurs offres, selon un communiqué. Le président de l’UEJF Yonathan Arfi dénonce "une incohérence des pouvoirs publics de manière générale : on ne peut pas tolérer le conventionnement d’Al Manar d’un côté et prétendre lutter contre l’antisémitisme de l’autre". Hachomer Hatzaïr se dit "désespéré" et attend "de l’ensemble des citoyens et plus particulièrement de la communauté musulmane de France, un témoignage clair de désapprobation de cette décision dangereuse pour la République et son équilibre". "En accordant cette licence à Al Manar, les pouvoirs publics français viennent officiellement de souhaiter la bienvenue à l’antisémitisme en France", juge Hachomer Hatzaïr dans un communiqué. La décision annoncée vendredi par le CSA a déjà suscité les protestations du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), du Centre Simon Wiesenthal, du Consistoire central et du Consistoire de Paris.
Agence France-Presse 24 - 11 - 2004 |