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Un tribunal afghan devait rendre samedi son verdict dans le procès à huis clos d’un homme accusé du meurtre de quatre journalistes, dont deux de Reuters, peu après la chute des taliban il y a trois ans. Pour des raisons de sécurité, la presse ne pourra assister à l’énoncé du verdict dans le procès de Reza Khan, qui a environ 35 ans et qui a reconnu l’un des meurtres. "Cette affaire est liée au terrorisme et à Al Qaïda", a dit, sous le sceau de l’anonymat, un juge de la cour suprême. "L’identité des membres du tribunal serait connue si le procès n’avait pas lieu à huis clos." Les autorités afghanes n’avaient pas annoncé l’ouverture du procès. Selon elles, l’enlèvement de trois employés de l’Onu le mois dernier dans le centre de Kaboul témoigne des risques existant jusque dans la capitale. Parmi les quatre personnes assassinées le 19 novembre 2001 à Tangi Abrishum, à 90 km à l’est de Kaboul, figurent deux journalistes de Reuters, le caméraman australien Harry Burton et le photographe afghan Azizullah Haidari. Ils avaient tous les deux 33 ans. Les deux autres victimes étaient le journaliste espagnol d’El Mundo Julio Fuentes et la journaliste italienne du Corriere della Sera Maria Grazia Il Cutuli. Les meurtriers sont en Afghanistan passibles de la peine de mort. Reza Khan avait reconnu sur une chaîne afghane avoir tué une des quatre victimes. Les trois autres auraient été tués par des hommes identifiés sous les noms de Mahmood Zar Jan et Mohammad Agha, membres d’une bande d’une dizaine de personnes qui aurait perpétré ces crimes pour de l’argent. Ces derniers sont toujours en liberté. Mais pour le juge, le prévenu est un ancien membre du parti islamiste Hezb-i-Islami et aurait un temps travaillé pour le compte des taliban. Reza Khan a affirmé qu’il ne pouvait refuser d’exécuter l’ordre de ses chefs, lesquels auraient décidé de la mort des journalistes.
Reuters - Kaboul 19 - 11 - 2004 |