|
Un journaliste algérien de Djelfa (270 km au sud d’Alger), Hafnaoui Benameur Ghoul, condamné à la prison ferme en juin pour "outrage et diffamation", a annoncé jeudi à l’AFP avoir été libéré la veille sans avoir purgé la totalité de sa peine. "J’ai été libéré hier (ndlr : mercredi). C’est le directeur de la prison (de Djelfa) qui est venu m’informer de cette mesure, sans me donnner aucune explication", a affirmé ce journaliste joint par téléphone à son domicile de Djelfa. "J’ai entendu parler d’un fax envoyé à la direction de la prison par la présidence (de la République), ordonnant ma libération", a toutefois précisé M. Ghoul. Hafnaoui Ghoul purgeait plusieurs peines de prison, représentant 11 mois au total, notamment pour "outrage et diffamation" à la suite de condamnations dans une série de procès intentés contre lui par des responsables locaux. Sa libération est intervenue alors que le président algérien Abdelaziz Bouteflika venait d’effectuer mercredi une visite dans la région de Djelfa, où il a lancé une campagne de destruction des derniers stocks de mines antipersonnel de l’Algérie. M. Ghoul, également militant des droits de l’Homme, avait été placé sous mandat de dépôt le 24 mai pour "avoir révélé des abus et des outrances dont se sont rendus coupables des puissants de la région", selon le Syndicat national des journalistes algériens (SNJ). Son incarcération avait suscité une vague de protestations dans la presse algérienne et avait été dénoncée par l’organisation de défense de la liberté de la presse "Reporters sans frontière". Interrogés par l’AFP, les avocats de M. Ghoul n’étaient pas en mesure jeudi d’expliquer pourquoi il a bénéficié de cette mesure. "Une chose est sûre, nous n’avons pas introduit de demande de liberté provisoire", a affirmé l’un d’eux, Ahmed Triki.
Agence France-Presse 25 - 11 - 2004 |