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Plusieurs centaines de journalistes francophones réunis à Ouagadougou ont lancé dimanche un appel aux chefs d’Etat francophones pour qu’ils garantissent la liberté de la presse et ont rendu hommage à deux journaux ivoiriens, incendiés par des manifestants pro-gouvernementaux. Environ 250 journalistes membres de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), réunis depuis mardi dans la capitale du Burkina Faso, ont approuvé un texte appelant "l’ensemble des Etats francophones à abandonner les peines d’emprisonnement pour délit de presse, ainsi que l’ont fait plusieurs pays francophones au cours des dernières années." L’UPF a appelé en outre les dirigeants des pays francophones "à soutenir l’élaboration d’une nouvelle convention internationale spécifique sur la sécurité et la protection des journalistes, incluant si nécessaire l’adoption pour les journalistes d’un emblême de presse reconnu mondialement", afin de protéger leur mission. Cet appel aux dirigeants francophones a été lancé à la fin des 36èmes assises de l’UPF, une organisation qui regroupe 3.000 journalistes, dans 120 pays. Le 10ème sommet de la Francophonie se tiendra à Ouagadougou les 26 et 27 novembre, en présence de plusieurs chefs d’Etat ou de gouvernement, sur le thème : "Un espace solidaire pour un développement durable". L’UPF, associée à l’Agence intergouvernementale de la francophonie, à la chaîne de télévision francophone TV5 et à Radio France Internationale (RFI), a par ailleurs décerné son "Prix de la libre expression" à deux journaux ivoiriens, victimes début novembre de manifestants pro-gouvernementaux. Il s’agit du quotidien "Le Patriote" et de "24 heures", deux publications proches de l’opposition dont les bâtiments ont été incendiés et mis à sac par des Jeunes Patriotes (mouvement proche du président Laurent Gbagbo). Les locaux d’un autre quotidien, "Nouveau Réveil", avaient été partiellement endommagés dans les mêmes circonstances. "Ces incendies criminels évoquent les bûchers de l’Inquisition ou les dérives violentes de totalitarisme idéologique d’un autre temps", a déclaré à ce propos Hervé Bourges, président de l’UPF, devant les congressistes.
Agence France-Presse 21 - 11 - 2004
La presse francophone veut agir face aux menaces contre les médias
Plusieurs centaines de journalistes francophones du monde entier réunis à Ouagadougou veulent imposer des mesures pour garantir la protection de leur profession, alors que la liberté de la presse est quotidiennement remise en cause, de l’Irak à la Côte d’Ivoire. "Brûler des journaux, cela rappelle fâcheusement les pratiques du Troisième Reich, où on brûlait publiquement les livres", a déclaré samedi à l’AFP Hervé Bourges, président international de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), qui tient ses 36èmes assises dans la capitale du Burkina Faso. "Nous avons des invités ivoiriens à ces assises et nous avons dénoncé les violences, des deux côtés", a-t-il ajouté devant environ 250 journalistes. Au moins trois journaux ivoiriens proches de l’opposition ont été brûlés ou mis à sac début novembre à Abidjan par des "Jeunes Patriotes", les partisans du président Laurent Gbagbo, alors que les forces gouvernementales lançaient une attaque contre des positions rebelles dans le nord. Les journalistes réunis à Ouagadougou ont préparé un ensemble de propositions aux instances internationales, notamment aux Nations unies, pour mieux protéger la profession de journaliste dans les conflits ou face aux pressions économiques et politiques. Il s’agit notamment d’imposer à tous les pays "l’abandon des peines de prison pour les délits de presse et les délits d’opinion", a déclaré devant les congressistes M. Bourges, ancien président des médias français RFI, TF1, France Télévisions. "J’ai écrit aux chefs d’Etat de la Francophonie, je suis intervenu personnellement auprès de plusieurs d’entre eux au nom de notre organisation, je dois reconnaître que cette action n’a rencontré qu’un début d’effet, dans certains pays", a-t-il regretté. Parmi les autres propositions envisagées, qui devraient être annoncées dimanche à la fin des assises, figure l’élaboration d’une nouvelle convention internationale sur la sécurité et la protection des journalistes, notamment dans les conflits, ont indiqué des participants. La question est notamment posée d’un emblème de presse mondialement reconnu, "pour mieux identifier les journalistes dans les conflits, et qu’on ne puisse pas dire ensuite qu’on ne savait pas", a expliqué à ce propos M. Bourges. On voit couramment des journalistes exposés à des situations de conflit avoir recours à des moyens aussi anarchiques que variés, pour se signaler aux belligérants : inscriptions "TV" ou "PRESS" sur les capots et vitres de leurs véhicules, sigles de leur médias, drapeaux blancs confectionnés à la hâte avec la serviette de leur chambre d’hôtel... "Il faut se garder d’une certaine militarisation de la profession", estime pour sa part Gilles Schneider, directeur général de la radio française France Inter. "On voit dans certains endroits des confrères prendre des agents de sécurité pour assurer leur protection. Si on en arrive à avoir des porte-flingues, on perçoit les dangers pour la profession", a-t-il déclaré à l’AFP. "Les journalistes sont devenus des enjeux", a-t-il souligné, citant l’assassinat en octobre 2003 à Abidjan de Jean Hélène, le correspondant de RFI en Côte d’Ivoire, et l’enlèvement cet été des deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, au sud de Badgad. Les journalistes des pays pauvres doivent aussi être protégés "des pressions économiques, et ils doivent avoir des salaires décents pour être à l’abri de la corruption", a ajouté Gilles Schneider. L’Union internationale de la presse francophone compte environ 3.000 adhérents, dans 120 pays. Elle tient ses assises quelques jours avant le Sommet de la Francophonie, prévu à Ouagadougou du 25 au 27 novembre.
Agence France-Presse 21 - 11 - 2004
La presse francophone veut imposer des mesures pour protéger la profession
Environ 250 journalistes francophones du monde entier préparent depuis le début de la semaine à Ouagadougou des propositions pour garantir la "protection des journalistes", alors que la liberté de la presse est quotidiennement remise en cause, notamment en Côte d’Ivoire. "Brûler des journaux, cela rappelle fâcheusement les pratiques du Troisième Reich, où on brûlait publiquement les livres", a déclaré samedi à l’AFP Hervé Bourges, président international de l’Union internationale de la presse francophone (UPF), qui tient ses 36èmes assises dans la capitale du Burkina Faso. "Nous avons des invités ivoiriens à ces assises et nous avons dénoncé les violences, des deux côtés", a-t-il ajouté. Au moins trois journaux ivoiriens proches de l’opposition ont été brûlés ou mis à sac début novembre à Abidjan par des "Jeunes Patriotes", les partisans du président Laurent Gbagbo, alors que les forces gouvernementales lançaient une attaque contre des positions rebelles dans le nord. Les journalistes réunis à Ouagadougou ont préparé un ensemble de propositions aux instances internationales, notamment aux Nations unies, pour mieux protéger la profession de journaliste dans les conflits ou face aux pressions économiques et politiques. Il s’agit notamment d’imposer à tous les pays "l’abandon des peines de prison pour les délits de presse et les délits d’opinion", a déclaré M. Bourges devant les congressistes. Parmi les autres propositions discutées, qui devraient être annoncées dimanche à la fin des assises, figure l’élaboration d’une nouvelle convention internationale sur la sécurité et la protection des journalistes, notamment dans les conflits, ont indiqué des participants.
Agence France-Presse 21 - 11 - 2004 |