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Lu dans Le Temps de Tunisie


Qu’en pensent les personnalités de la société civile ?

Le report du Sommet arabe qui devait se réunir à Tunis les 29 et 30 mars a fait couler beaucoup d’encre et a suscité des réactions diverses tant bien régionales, arabes qu’internationales.
Ce report est dicté par une conjoncture des plus difficiles, surtout au niveau arabe, laquelle conjoncture invite à répondre de la manière la plus claire aux exigences de l’étape à venir et à renforcer l’action arabe commune, sous forme d’un minima qui réconforte et répond aux attentes de l’opinion arabe.
Le Temps a réuni un nombre de personnalités de la société civile et d’hommes politiques pour essayer de jeter la lumière sur le report de ce Sommet.


M. Azzam Mahjoub, économiste
« C’est regrettable ! »


« Ce report est regrettable. C’est à la fois une déception et une frustration. Mais il y a peu d’informations sur ce qui s’est réellement passé. Je ne peux pas prendre une position. Mais je peux dire que c’est vraiment regrettable, alors que le monde arabe est à un tournant historique et c’est grave ».

M. Rachid Khechana, rédacteur en chef d’El Mawqef
« Il fallait des concertations préalables »


« C’est regrettable à un moment crucial où les Arabes avaient à répondre à trois défis majeurs : les tueries perpétrées par le gouvernement israélien, l’occupation de l’Irak et la réforme de la Ligue arabe. Même si les chefs d’Etat ne pouvaient pas arriver à des décisions satisfaisantes sur ces trois dossiers, la tenue du Sommet en elle-même pourrait constituer un minimum pour prouver que le Monde arabe est encore en vie et capable de résister aux défis extérieurs. Je pense que des consultations préalables avec les principaux pays auraient pu permettre de disperser les divergences auxquelles a fait allusion le communiqué du ministère des Affaires étrangères, et tomber d’accord sur l’ordre du jour et les projets qui seront soumis au Sommet et même éventuellement sur le report du Sommet pour quelques jours ».

M. Ridha Kefi, journaliste
« Pour des décisions concrètes »


Je ne connais pas exactement les circonstances qui ont amené la Tunisie à décider le report du sommet arabe. Je pourrais seulement dire qu’un sommet, qui aurait abouti à des déclarations générales qui ne feraient avancer en aucune manière la situation en Irak, dans les territoires palestiniens et celle de la modernisation du monde arabe, aurait été complètement inutile et, peut-être même, contreproductif, eu égard aux attentes de l’opinion publique dans le monde arabe. Maintenant que ce sommet est reporté, il est à espérer qu’il soit organisé le plus rapidement possible et, surtout, qu’il se donne pour objectif de prendre des décisions concrètes sur les problèmes que nous connaissons tous et qui, d’un sommet à l’autre, ne font jusque-là qu’empirer. Les chefs d’État arabes, dont la crédibilité n’a jamais atteint un niveau aussi bas, sont aujourd’hui dos au mur et condamnés à réagir pour être à la hauteur des aspirations légitimes de leurs peuples.

M.  Moncef Chebbi, membre du B.P. de l’U.D.U.
« Les attentes des peuples arabes sont bafouées »


Lorsque j’ai entendu les premières informations concernant un2 ème Sommet à Alger dans un an pour y prendre des décisions, j’ai commencé à douter de l’intérêt que les dirigeants arabes portaient au Sommet de Tunis parce qu’en Tunisie la règle est de prendre des décisions. Des décisions qui sont suivies d’effet. Donc la démarche des dirigeants arabes marquée par l’indécision aurait pu entacher d’aspects négatifs le Sommet de Tunis. En réalité ma déception est limitée parce que ces attitudes négatives me surprennent peu de leur part. Depuis 15 années peu de Sommets arabes m’ont donné satisfaction. Le problème qui importe c’est qu’une fois de plus les attentes des peuples arabes ont été bafouées. Leurs espoirs de voir condamner l’occupation de l’Irak, les pogroms anti-palestiniens et les prétentions américaines à nous enseigner les bases de la démocratie.
De toute manière, les forces politiques nationales ont besoin d’accéder à plus d’informations sur ce dossier et sur la préparation de ce Sommet, surtout qu’il apparaît de plus en plus évident, que certaines puissances ont essayé d’en influer le cours.

M. Mohamed Ali Khalfallah, S.G. adjoint du MDS
« Il est temps de se ressaisir »


« L’annonce du report du Sommet est tombé comme un coup de semonce sur les citoyens arabes. Cette nouvelle a exacerbé les sentiments de frustration et de colère vis-à-vis des gouvernements arabes.
A l’état des informations dont la presse a fait part, il paraît que le gouvernement tunisien a été agacé par les malentendus, les divergences et les fausses querelles des responsables arabes. Le fait même que deux pays ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne seraient pas représentés au niveau de leur premier responsable - et en particulier l’absence annoncée du roi de Bahreïn qui est président de la Ligue - était de mauvais augure et traduisait le manque de sens de responsabilité de certains dirigeants eu égard à la conjoncture critique que vit le monde arabe.
Le mérite de la décision du gouvernement tunisien a été de mettre à nu l’état lamentable des relations interarabes. Le tort, cependant, a été de reporter le Sommet sine die et de ne pas avoir fixé la date du report. Cet ajournement a été perçu par l’homme de la rue comme une annulation pure et simple ce qui, en fait, n’était pas le cas.
Le gouvernement tunisien, en réaffirmant son attachement à la tenue d’un sommet sur le sol tunisien, a permis une meilleure lecture de ce qui vient de se passer. Les forces vives du monde arabe doivent faire tout ce qui est dans leur possibilité afin d’envoyer un message clair aux dirigeants des pays arabes renfermant un appel solennel d’être à la hauteur de la situation et de saisir les enjeux et les défis de taille auxquels tous les pays sont confrontés. Une entente sur un minimum à propos des différents axes qui ont été mis à l’ordre du jour de la réunion préparatoire est plus qu’un souhait. C’est une obligation politique et morale. Faire preuve de solidarité et de cohésion dans un climat de franchise est une nécessité historique pour les chefs d’État arabes qui doivent se hisser au niveau de leur responsabilité. Le but étant de ne pas continuer de décevoir l’opinion publique arabe et de montrer qu’ils sont capables de se mettre en accord sur des positions de principe. C’est le seul moyen de contrecarrer l’arrogance de Sharon qui n’a cessé de pratiquer la politique du pire, de bafouer le droit international et de mettre à mal les accords internationaux.
Il est temps de se ressaisir et d’ouvrir une nouvelle page pour les générations futures ».

M. Ahmed Ounaïes, ancien ambassadeur
« La Tunisie prend l’avant-garde dans le domaine des réformes... »


J’estime que la conjoncture arabe et internationale imposait, de toute évidence, une consultation arabe en profondeur, sur les questions urgentes et sur les questions stratégiques à long terme avec une égale volonté d’assumer la réforme des institutions et de moderniser les méthodes d’intervention tout en répondant aux attentes impérieuses de la nation arabe et des puissances internationales en charge du maintien de la paix et de la sécurité. Sur cette base, il est clair que la question des droits de l’Homme, du Statut de la Femme, des libertés fondamentales et de la démocratie dans le monde arabe représentent une priorité stratégique pour la nation arabe.
Le communiqué de Tunis, rendu public samedi soir, proclame, pour la première fois, la nécessité d’insérer cette préoccupation dans l’agence du sommet arabe. Nous nous en félicitons sans réserve. Cet aspect de la décision tunisienne comptera dans l’avenir à l’honneur du peuple tunisien dans la mesure où il témoigne d’une prise de conscience et de la volonté politique de passer, enfin, à un début de réforme démocratique au niveau des États.
L’argument tunisien ne peut pas être artificiel parce qu’il fait écho à une exigence générale au sein de la société civile arabe. Nous espérons que ce coup d’éclat se traduise par un processus de réformes authentiques à commencer par le Maghreb et la Tunisie puisque c’est la Tunisie qui prend l’avant-garde dans ce domaine.
Cependant, cette préoccupation suffit-elle, à elle seule, à déterminer la session du sommet arabe à cette date. Il est clair que les attentes de la nation arabe et les échéances fixées clairement par nos partenaires de l’Union européenne vont plus loin. L’urgence absolue de répondre au déchaînement de la force et de la barbarie coloniales en Palestine aggravées par le veto des États-unis au Conseil de sécurité pendant que le Conseil des ministres arabes élaborait des réponses au projet des USA relatif au Moyen-Orient ainsi que la transition en Irak et son impact sur la sécurité et l’avenir de la région et enfin, la réforme de la Ligue arabe sont autant de thèmes de l’agenda du sommet arabe. Ces thèmes dictent certainement de pondérer l’argument tunisien et justifient les initiatives arabes pour relancer le sommet à très brefs délais.
Le dernier point concerne prise par le pays hôte dans la nuit de samedi dernier. Quelles consultations ont été conduites avant la prise de décision. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, qui présidait le Conseil des ministres arabes et qui élaborait le consensus sur toutes les questions de l’agenda du Sommet avait-il été consulté ? Les autres collègues arabes, présents chez nous et aussi ardemment préoccupés par ces questions, avaient-ils été consultés ? Le S.G. de la Ligue arabe avait-il été consulté par respect pour ses fonctions et pour l’institution qu’il représente dans la conjoncture présente ? Si la décision était tombée sans consultations, alors le caractère autoritaire et paternaliste ne peut qu’affaiblir la position de la Tunisie à la veille de sa présidence du Sommet arabe. La presse arabe et internationale s’est étonnée de la gouvernance de la diplomatie tunisienne dans la mesure où les ministres arabes paraissaient stupéfaits par la décision et que les hauts responsables tunisiens s’attelaient à expliquer la mesure prise d’une manière directe avec la presse internationale.

M. Mounir Beji, président du Parti Social Libéral (P S.L.)
« Nous saluons la position de la Tunisie »


La Tunisie a pris la tête des pays réformateurs dans le Monde arabe. Nous soutenons pleinement cette action qui honore notre pays. En effet, le Sommet de Tunis qui n’a pas eu lieu aura au moins eu l’opportunité de raffermir la volonté profonde des peuples arabes et leurs aspirations légitimes pour une modernisation de la société, pour le respect des droits de l’Homme et pour l’ancrage de la démocratisation.
Nous saluons la position honorable de la Tunisie qui répond à l’attente des peuples du Monde arabe et à leurs aspirations légitimes. En cet instant important, nous nous mettons résolument du côté du gouvernement tunisien, sans aucune réserve »

© Le Temps
30 mars 2004


30Mars1974
La Tunisie abrite le61 ème session du Conseil de la Ligue arabe - Bilan :


M. Habib Chatti, ministre tunisien des Affaires étrangères en parle dans une interview accordée à un quotidien de la place. Il y dit entre autres : « D’abord je peux vous dire que les Arabes du Moyen-Orient ont, cette fois-ci découvert la Tunisie ; ils avaient de nous, Tunisiens, une idée très fausse.
Nous avons une politique qui n’a pas toujours été comprise par le Machrek. Notre réalisme, notre logique, notre pragmatisme, notre cartésianisme n’ont pas toujours été appréciés (et ne le seront du reste, jamais). Contrairement à beaucoup, nous nous sommes interdits les discours creux, la démagogie, les slogans surannés, obsolètes, et qui ne mènent en fait, à strictement rien d’autre qu’à maintenir une certaine organisation dans une optique de chambre d’écho où, et ne serait-ce que pour la juste cause palestinienne, on fait un exaspérant surplace » en se promettant, à chaque fois, pensant épater les peuples, de mettre au point la « prochaine étape », comme s’il y a jamais eu une précédente ! !). Si Lahbib Chatti poursuit par : « Cette fois-ci, je peux vous assurer qu’ils ont découvert une Tunisie autre que celle que leur présentait une certaine propagande ( ?) ou celle que leur décrivaient, de façon très sombre, certaines stations de radio (« grâce » au satellitaire nous sommes passés à une « autre étape » de la bêtise et de la méchanceté gratuite. On ne se refera pas, décidément).

Hammadi Khammar
© Le Temps
30 mars 2004


Langage du Temps
La déconfiture


L’annonce du report du sommet de la Ligue arabe à Tunis a alimenté tous les commentaires, les spéculations et les surenchères. Voici un autre sujet de discorde qui s’ajoute à la longue liste de dissensions qui divisent les pays arabes depuis la création de leur Ligue en1945 .
D’ailleurs, il n’y a pas de quoi s’étonner outre mesure. Le monde arabe n’a jamais été uni et cohérent sur des sujets qui engagent son présent et son avenir.
L’unité arabe a été toujours une chimère, elle n’est qu’un symbole brandi dans les discours. La réalité est toute autre ; elle est faite de désaccords, de scissions et de divergences abyssales qui n’ont fait, au fil de l’histoire, qu’éparpiller et disperser les rangs arabes.
Le report du sommet de Tunis n’est qu’une illustration des plus révélatrices de la situation d’une région qui est incapable d’avoir un SMIG pour amorcer une quelconque entente ou cohésion.
Il ne faut pas se leurrer. Ce n’est pas le report en lui-même qui constitue un point d’achoppement digne de toute cette polémique et passe-d’armes dont le monde arabe se serait passé volontiers.
Il ne s’agit là que d’un point d’ordre, "d’un vice de forme". Les noeuds gordiens se trouvent ailleurs. Ils sont à chercher dans cette propension des pays arabes à la discorde plutôt qu’à la concorde, dans cette action arabe commune qui ne l’a jamais été sauf dans la pure théorie.
L’essentiel, à l’heure qu’il est pour le monde arabe, n’est pas de tenir des sommets pour présenter au reste du monde une unité de façade et des discours "ensorceleurs" qui se heurtent d’emblée à des réalités difficiles et à des problèmes presque insolubles. D’ailleurs les peuples en ont ras le bol de cette rhétorique oiseuse, ils veulent des actes. Ceux-là mêmes qui ont toujours fait cruellement défaut à tous les sommets de la Ligue arabe.
Maintenant, la question la plus urgente n’est pas de décider de tenir ce sommet dans tel pays ou tel autre. L’essentiel est plutôt de répondre clairement et sans détours aux interrogations suivantes : Quelles sont les dispositions tangibles et pragmatiques qui pourraient émaner d’un tel sommet ? Comment pourrait-on faire concorder des systèmes sclérosés, rigides et rétifs à toute volonté de changement et une urgence de réforme et de modernisation ?
C’est de là, en fait, qu’est venue l’implosion, face à un ordre du jour, extrêmement costaud, qui était sur le point d’être soumis au sommet de Tunis mort-né. Cette situation nous renvoie à une image du reste métaphorique, d’une rencontre entre un courant d’air froid et un sirocco qui ne pouvait que provoquer l’orage.
Maintenant, on est face à un échec qui est plein de leçons à tirer. Tout d’abord, il nous enseigne sur les limites du système de la Ligue arabe qui montre des signes manifestes d’essoufflement. Il révèle aussi que les pays arabes tournent encore le dos à toute volonté de modernisation et qu’ils n’ont jamais été faits pour travailler ensemble et pour s’unir. Et aucun pays ni institution encore moins la Ligue arabe ne détiennent la panacée pour agir sur cette vérité...

Hajer Jeridi
© Le Temps
30 mars 2004


Communiqué

« Suite au report du Sommet arabe, les fonctionnaires tunisiens expriment leurs profonds regrets d’avoir été, ainsi, privés de la séance unique, durant deux journées. Par ailleurs, les automobilistes de la capitale expriment leur joie pour le retour à la circulation normale. Enfin les élèves et étudiants remercient vivement le (faux) Sommet pour les deux jours de congé ».

Fathi El Mouldi
© Le Temps
30 mars 2004


Écrire pour le journal en ligne
Le Centre africain de perfectionnement des journalistes et communicateurs (CAPJC) organise du 12 au 17 avril prochain une session de formation ayant pour thème "Écrire pour le journal en ligne’’. L’objectif de cette session est d’améliorer la rédaction et la lisibilité du journal en ligne d"une agence de presse. Peuvent participer à cette session les journalistes rédacteurs du site web des agences de presse du Pool des agences de presse maghrébines (Algérie, Maroc, Libye, Mauritanie et la Tunisie). Le nombre de places disponibles est 12 dont 2 de chaque pays de l’UMA. Le dernier délai d’inscription est le 5 avril prochain.

Gestion éditoriale d’un site web
Le CAPJC organise du 19 au 24 avril prochain une session de formation au profit des journalistes rédacteurs en chef du site web des médias nationaux ayant pour thème : "gestion éditoriale d’un site web". Le nombre de places disponibles est 10 et le dernier délai d’inscription est le 5 avril prochain.

Séance plénière, jeudi prochain
La Chambre des députés examinera, jeudi prochain en séance plénière, un certain nombre de projets de loi, à savoir : projet de loi portant ratification de la convention de sécurité sociale conclue entre la Tunisie et la France, projet de loi portant ratification de la charte d’amitié, de bon voisinage et de coopération conclue entre la République tunisienne et la République italienne, projet de loi organisant le transport terrestre et projet de loi ratifiant l’accord-cadre tuniso-libyen de coopération en matière de pêche, d’engraissement et d’élevage du thon bleu.

Agriculture (1)
En vue de répondre aux besoins des marchés local et extérieur, deux nouveaux projets agricoles viennent d’entrer en exploitation dans la région de Nabeul. Ils permettront d’augmenter (le301 % la production d’agrumes à travers l’extension de la zone de protection des agrumes, dans le Cap Bon, sur une superficie de 600 2 hectares et de consolider les périmètres irrigués, grâce notamment au démarrage de l’exploitation du périmètre irrigué El Abid, dans la délégation de Tekelsa sur 1000hectares.

Agriculture (2)
D’une valeur d’environ 433 mille dinars, 17 nouvelles opérations d’investissement agricole ont concerné 15 projets agricoles d’arboriculture fruitière, de cultures maraîchères et d’élevage ainsi que 2 projets de services inhérent à la création de deux centres de collecte de lait dans la ville de Kalâa Kebira et au village de Kroussia de la délégation de Sidi El Hani. Les promoteurs de ces projets générateurs de 11 emplois ont bénéficié de subventions globales s’élevant à67 , 5mille dinars.

© Le Temps
30 mars 2004


Deux sociétés tunisiennes céderaient des participations ( 40millions de dinars) à l’AAIF

Nous avons appris que le fonds d’investissement international « AAIF » (AIG African Infrastructure Fund) est en négociation avec des parties financières tunisiennes pour d’éventuelles prises de participations dans des sociétés tunisiennes privées, selon la maison de courtage en Bourse de Tunis, « MAC-S.A ». L’investissement concernant l’acquisition des participations devrait s’élever à 40 millions de dinars, d’après Mourad Ben Châabene, le directeur de « MAC-S.A. ». L’AAIF est actuellement actionnaire dans le capital de la Tunisienne Agromed du groupe Abdennadher, suite à une prise de participations, à hauteur de 10 millions, réalisée dans le cadre de l’augmentation du capital de cette dernière, l’année précédente.
A signaler que les principaux actionnaires dans ce fonds, lequel intervient principalement sur le continent africain sont la société américaine d’assurances AIG (American International Group ), la Banque Africaine de Développement, la Société française d’investissement Proparco, filiale de l’Agence française de développement. L’AAIF, dont la capitalisation s’élève à 6 milliards de dollars, est géré par la société américaine Emergent Markets Partnership.

Aïsha Ben Mahmoud
© Le Temps
30 mars 2004


Syndrome BATAM ?
Electro-Kallel : Dérives d’un groupe... Hallucination des créanciers


A l’exception notoire de quelques tirades et euphémismes de banquiers et d’industriels inquiets pour leurs investissements, l’affaire Electro-Kallel est à la fois triste et hallucinante. Ricanants sous cape, les vrais coupables s’en lavent les mains. Le premier amour est toujours le dernier.

Un poids, deux mesures
Pourquoi avoir refusé au groupe Electro-Kallel la protection relative aux entreprises en difficultés alors qu’on l’a accordée à des groupements et des affaires sans valeur Pourquoi l’affaire Batam qui a servi de détonateur n’a-t-elle pas aussi servi de leçon pour les brillants acteurs du feuilleton démoniaque de la distribution ? Et puis surtout qui est le suivant sur la liste rouge ? Ces questions et bien d’autres encore resteront sans doute sans réponse. Tant l’èchéveteau est opaque, et impossible à démonter. Tout commence il y a prés de 12 mois. 25 MD d’endettements ! C’est une broutille comparée à d’autres chiffres ... et à d’autres engagements vis à vis des mêmes banques.

Une ascension fulgurante, une chute vertigineuse
Le crédit à la consommation et la vente à tempérament sont pris dans une tourmente sans limites. Si les enseignes sont les premières à être montrées du doigt, elles ne sont pas les seules responsables. La spirale est collective et la responsabilité des banques, considérable. Les commissaires aux comptes sont aussi mal vus car ils interviennent toujours trop tard. Les "dérives" de l’enseigne Electo-kallel avaient été signalées aux autorités dés l’année dernière mais avec peu d’insistance

Le spectre du groupe Khalifa
L’odeur du crash Batam rode. Les repreneurs apparus dans les premières correspondances sont les banques créditrices et les industriels de l’électroménager, A ce stade, on a presque envie de dire mais alors pourquoi les industriels et les banques ne se sont-ils pas dès le départ associés aux distributeurs ? Un cas de figure qui aurait peut-être permis de sauver les meubles. Du coup le cartel des repreneurs semble se mordre les doigts alors que des milieux insinuent que la liste des banqueroutes sauvages ne se limiterait pas à Batam et à Electo-kallel mais à d’autres enseignes de distribution.
L’avalanche des saisies conservatoires laisse un trou significatif dans le paysage de la distribution avec la baisse des rideaux de ses 8 points de vente de même que certains milieux affirment des horizons incertains pour une bonne partie du personnel.

Nabil Allani
© Le Temps
30 mars 2004


La Banque de l’Habitat met les pieds au Congo

Une banque de l’habitat sera créée au Congo en 2004 avec la coopération de la Tunisie en vue de donner à un plus grand nombre de Congolais la possibilité d’accéder à un logement décent, a appris samedi la PANA au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget à Brazzaville. L’information qui est rapportée par l’agence fait en réalité suite à d’intenses discussions techniques entre les deux parties. Notons dans ce même contexte que la BH est déjà intervenue dans ce pays par l’intermédiaire de BM Technologies sa filiale spécialisée dans le développement des systèmes d’information. Cette SA auparavant dirigé par Dhafrallah Mhiri a déjà fait ses preuves sur le continent noir notamment à Bamako Selon certaines sources autorisées c’est cette même filiale qui aurait accéléré ce projet de BH Congolaise. Mohamed Rourou est connu dans les milieux de l’informatique financière. Son parcours est notamment marqué par le développement de la branche bourse et intermédiation de la Banque de l’Habitat, la SIFIB. Rappelons par ailleurs que Rourou atterrit à la tête de la BM Technologies dans le cadre d’un plan de redressement engagé par la maison-mère, la SSII ayant fait les frais de l’explosion de la bulle Internet.

Nabil Allani
© Le Temps
30 mars2004


La lutte contre le plastique sur la bonne voie

• 150 tonnes de "PET" totalement exportées
• Le secteur assure70 % de la matière première locale
Des données clefs sur la campagne
• Le nombre des municipalités touchées:185
• Le nombre de sites d’intervention:1085
• Le nombre des participants:42 .034
• L’aire d’intervention : 7906 hectares
• Le nombre des bénéficiaires:1 .295. 500citoyens.

Pratiquement trois mille tonnes de déchets dont 700 tonnes de déchets en plastique (soit20 % du total annuel) ont été collectées lors de la campagne nationale de lutte contre le plastique, qui a eu lieu du 18 jusqu’au 27 du mois en cours. 16 mille, est la quantité de plastique estimée. Pour freiner ce phénomène, de multiples outils ont été mis en place. Le système de recyclage Eco-Lef, et les points de collecte payés sont là pour en témoigner. En fait, les points de collecte seront pratiquement multipliés au bout de cette année. Ils seront également de l’ordre de 160 points, contre 90 seulement en2003 . Ils vont assurer notamment la collecte de 7 mille tonnes de plastique. Quelque 11 mille tonnes de cette matière seront collectées en 2005 grâce à 200 points.
Cette stratégie a fait naître en Tunisie une véritable industrie de recyclage. 150 tonnes de plastique de "PET" (Bouteille d’eau...) recyclées par mois, sont totalement exportées à l’étranger, assurant ainsi, 30 mille dinars de devises par mois. De même, le secteur assure 70% de la matière première locale, et ce, grâce au recyclage de "PEHD" et "PEBD", de quoi réduire considérablement les coûts et les méfaits causés par cette substance. Toujours dans le même esprit, 1800 micro-entreprises et 5000 postes d’emplois, ont été créés suite à la mise en place du système de collecte payé. Aussi, 70 entreprises de recyclage de plastique assurent le déroulement de cette activité.
Par ailleurs, desdécharges contrôlées sont en cours de construction dans différentes régions,avec un coût global de l’ordre de 61,6 MD.
Les décharges de Sfax, Kairouan, Djerba sont à 90 % de la phase finale des travaux. Celles de Sousse, Nabeul et Medenine, sont au début des travaux. A remarquer, à cet effet, qu’elles seront opérationnelles à la fin du premier trimestre de l’an 2005 .
En outre, 40 zones de transferts, assurant la gestion de85 % des déchets de ménage dont40 % dans le Grand Tunis seront opérationnelles lors du premier trimestre de l’année prochaine. Objectif : éliminer90 % des décharges sauvages et gérer 1 million d’ordures par an. La contribution du secteur privé à la concrétisation de cette expérience sera considérable.
En effet, une formation en la matière sera assurée par le trio, "Université, FNE 21-21, ANFP". Objectif commun ; assister les diplômés de l’enseignement supérieur pour la création d’entreprises spécialisées. Bref, il s’agit d’une démarche pour garantir la complémentarité, recyclage, valorisation des déchets.

Sana Farhat
© Le Temps
30 mars 2004



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