Le Quotidien du 4 avril 2004
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Économie & entreprises
M. Nabil Sahli, Directeur Général de l’unité de sécurité informatique
« Le logiciel libre est une véritable aubaine »
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| Nabil Sahli |
Adopté comme outil de premier ordre dans la stratégie nationale de sécurité informatique, le logiciel libre offre plusieurs avantages permettant le développement de différentes plates-formes informatiques avec un minimum de coût. Toutefois, M. Nabil Sahli, chargé au sein du ministère des Technologies de la Communication et du Transport, du dossier de la sécurité informatique, met en cause l’absence d’une véritable culture du logiciel libre. Ce qui ralentit l’expansion de ce créneau.
Le Quotidien : L’intérêt des pouvoirs publics pour le développement de nos systèmes de gestion informatique porte de plus en plus sur la sécurité et sur l’encouragement à déployer les applications du logiciel libre. Comment se présente cette stratégie ?
- M. Nabil Sahli : Dans la stratégie nationale en matière de sécurité informatique, le logiciel libre occupe une place prépondérante. Son intérêt revient, en effet, au fait que dans le domaine de la sécurité, on a toujours besoin d’avoir confiance dans nos outils. Le logiciel libre est un logiciel qui fonctionne à travers un système « auditable » c’est-à-dire qu’on a la possibilité de le surveiller et d’en faire le suivi dans toute sa totalité.
Nous avons un programme très ambitieux en matière de sécurisation de nos systèmes informatiques mais le problème est qu’on ne pourra pas atteindre les différents objectifs fixés faute des moyens plus ou moins limités et qui concernent notamment le côté financier. De ce fait, le logiciel libre offre une grande opportunité pour combler ce défaut. Le système d’open source va nous servir à déployer des solutions commerciales, simples à administrer, de maintenance abordable, pouvant être facilement sécurisées et se prêtant à la combinaison avec les logiciels libres. Tout ceci vise à renforcer la sécurité des systèmes.
Cela veut-il dire que la combinaison entre les systèmes libres et les systèmes commerciaux est tout à fait avantageuse pour la sécurité informatique ?
- La combinaison entre le « libre » et le « commercial » est tout à fait faisable. D’autant plus que l’open source ne comporte aucune limite ni en termes de qualité ni au niveau de la sécurité. Ce qui reste à faire concerne plutôt la responsabilisation et la mobilisation des gens à acquérir la culture du « libre ». Il faut faire un grand effort pour éviter tout genre de confrontation entre les deux systèmes. Honnêtement, nous espérons voir davantage de gens s’intéresser à ce créneau dans la mesure où il offre de grandes opportunités de développement. On pourra créer un créneau pour vendre notre expérience et notre expertise en termes d’assistance, de formation et d’adaptation.
Le logiciel libre offre-t-il plus d’avantages que les logiciels commerciaux ou propriétaires ?
- On peut le considérer ainsi, mais il peut être aussi un vrai défi. Pour exploiter les avantages qu’il offre, on doit avant tout avoir un très bon niveau de maîtrise. En sécurité, il est très urgent de maîtriser le code source du système. Le premier avantage de l’open source réside dans le fait qu’on est devant un système dont on connaît très bien les composantes. Il ne s’agit pas d’une boite noire fermée et qui fonctionne d’une façon ambiguë. La sécurité en elle-même prédit qu’on sache ce que fait l’outil dans sa totalité et qu’il n’y ait pas de failles, ni de faiblesses cachées.
Par contre, au niveau des logiciels commerciaux, certaines études ont montré que certaines applications commerciales contiennent ce qu’on appelle « Portes cachées » qui permettent à celui qui les a créés de les « revisiter » et de les « détourner » pour des fins plus ou moins illicites.
Quelles sont les causes qui empêchent l’open source de se développer en Tunisie ?
C’est au niveau de l’information que nous enregistrons le plus d’embûches. La mentalité qui domine actuellement rejette toute idée de complémentarité entre le logiciel commercial et le logiciel libre. Les jeunes doivent être motivés dans le sens d’adopter l’approche de complémentarité et de combinaison entre les deux systèmes.
La communauté de l’open source est convaincue par cette approche et elle oeuvre dans le sens de vulgariser cette culture. La stratégie nationale, qui encourage le développement du logiciel libre, va favoriser la création d’une industrie d’application informatique rapide et avec le moindre coût en devises.
Propos recueillis par Hassen Ghediri
MDS-Réconciliation
Boulehya dévoile les points en litige...
En dépit de la reprise du débat avec la « dissidence », le secrétaire général du Mouvement des Démocrates Socialistes a fait remarquer, au cours d’une conférence de presse tenue, hier, au siège du parti, que beaucoup reste à faire pour rompre la glace.
« Les contacts avec le groupe ayant M. Taïeb Mohsni pour chef de file ont repris. Nous nous attachons à ce que tous les militants sincères retournent au bercail par la grande porte, mais nous refusons la persistance d’un MDS bis et de structures parallèles ». C’est en ces termes que M. Ismaïl Boulehya, S.G. du MDS, a expliqué les facteurs qui entravent le processus de resserrement des rangs.
M. Boulehya a également déclaré que le Conseil national du Mouvement, tenu le 21 mars dernier, a satisfait la « requête » de cette faction dissidente en décidant de tenir le congrès avant les élections présidentielles et législatives d’octobre prochain.
Et M. Boulehya d’ajouter « M. Mohsni veut débattre des têtes de listes relatives aux législatives. Nous jugeons que c’est prématuré ».
L’ancien secrétaire général « revenant » du parti, M. Mohamed Moâada, a précisé que M. Mohsni s’est contredit en appelant au report du congrès à l’année prochaine après s’être attaché à sa tenue avant les élections.
Prolongation
des délais S’agissant du groupe dirigé par M. Ahmed Khasskhoussi, le S.G. du MDS a précisé que « la direction du parti est prête à négocier avec tous les militants dans le cadre légal ». Raison pour laquelle, le Conseil national a décidé de prolonger les délais de renouvellement des adhésions jusqu’au 30 avril courant et ceux de la reconstruction des sections et fédérations au 31 mai prochain.
Les « retrouvailles » ne pourraient, selon M. Boulehya, réussir qu’à condition que tous les militants renoncent à la « logique d’autodestruction afin que le Mouvement retrouve la place qui lui échoit sur l’échiquier politique ».
Code de bonne conduite
Abordant le contexte politique général, M. Boulehya a fait remarquer que le MDS soutient l’approche de réforme présentée parla Tunisie durant la rencontre préparatoire du Sommet arabe. « La Tunisie a toujours été avant-gardiste en matière de réformes. De fait, notre pays pourrait servir de modèle à suivre à l’échelle arabe. Les Arabes devraient cesser de vivre en marge du progrès », a-t-il affirmé.
Le secrétaire général du MDS a également noté que la mise en place d’un code de bonne conduite à même de « moraliser » la vie politique est désormais incontournable pour donner aux urnes la crédibilité nécessaire.
« Prise de bec »
Evoquant les « fausses déclarations » relatées par les médias à propos du processus de réconciliation, M. Boulehya a eu une « prise de bec » avec M. Alaya Allani, membre du Bureau politique du parti, lequel s’est senti visé. « La crédibilité de l’information donnée aux journalistes devrait commencer par le Sommet », avait répondu nerveusement M. Allani au secrétaire général du MDS.
W. K.
Paroles du Quotidien
Une question de principe
Si le principe de tenir le Sommet arabe dans les plus brefs délais est désormais acquis, des divergences persistent malheureusement sur le lieu devant abriter cette rencontre. Cette tempête dans un verre d’eau est le moins qu’on puisse dire pathétique. Elle met à nu de manière éclatante l’incapacité du Monde arabe à trouver un minimum de consensus et la volonté tenace et obstinée de certains pays de la région de continuer, vaille que vaille, à nager à contre-courant de l’histoire. Ces derniers n’hésitent pas, d’ailleurs, à se barricader derrière des prétextes fallacieux, en multipliant les manoeuvres et en scellant des alliances de circonstance, pour se dérober à une échéance, de toute façon, inévitable.
Qu’on se le dise et qu’on se le répète : le lieu où doit se tenir le prochain Sommet arabe importe peu. C’est un faux problème et toute tentative d’infirmer cette vérité revient à se concentrer sur l’accessoire pour occulter l’essentiel. Et l’essentiel pour le cas d’espèce, ce sont les réformes politiques qui constituent pour le Monde arabe un besoin urgent d’une ardente nécessité ; celles-là même qui vont lui permettre de corriger ses errements, de remédier à ses insuffisances et de concrétiser les aspirations légitimes des masses arabes vers un devenir meilleur.
Les exigences de la nouvelle conjoncture et les enjeux à venir ne sauraient souffrir du paternalisme de mauvais aloi que certains tentent d’imposer pour maintenir, à l’évidence, le statu quo et un leadership faussement nationaliste. En recevant, vendredi, le secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa, qui effectuait dans nos murs une visite de concertation et de réconciliation, le Chef de l’Etat a encore une fois rappelé à son interlocuteur la constante position de principe de la Tunisie.
Tout en refusant les surenchères, notre pays a réitéré son attachement ferme à réaliser la réforme intégrale de l’action arabe commune qui doit nécessairement figurer au menu de la prochaine réunion.
Le soutien de nombreuses capitales arabes à la position immuable de la Tunisie constitue, en tout cas, un signe positif qui incite à l’optimisme.
Il est à espérer que la raison et le bon sens finiront par l’emporter pour asseoir le monde arabe sur des bases solides en lui donnant les moyens de ses ambitions légitimes d’occuper la place qui lui revient sur l’échiquier international.
Chokri Baccouche
En 2 mots
Faux bilan
A un certain âge, ou subséquemment à des accrocs de santé, l’on est contraint d’effectuer des analyses médicales de tout acabit. C’est ce qui est arrivé à cet honorable citoyen qui a proposé à notre entendement deux bilans de santé, faits à quelques heures d’intervalle. Le premier dans un hôpital relevant du ministère de la Santé publique et donnant à voir un taux de glycémie et de cholestérol relevé, une hépatite toxique et médicamenteuse prononcée et d’autres soucis majeurs. Le deuxième, réalisé dans un laboratoire privé (et refait pour confirmation) a dégagé un bilan blanc comme neige. Les résultats proposaient une antinomie hallucinante. Notre Victime" le temps qu’a duré le choc, a manqué de peu d’en être réellement atteint.
W. S.
À chaud
Archaïsme
Dans un débat télévisé organisé par une chaîne satellitaire arabe à propos du report du 16ème Sommet arabe de Tunis, l’animateur de la séance a osé reprocher à la Tunisie son attitude d’abolition de la polygamie.
Qui plus est, l’animateur a considéré que cette abolition est en nette contradiction avec les principes de l’Islam !
Émanant d’un journaliste qui vit à Londres et qui a tout l’air d’être au diapason de l’esprit de l’époque, une telle réflexion est pour le moins qu’on puisse dire hallucinante.
C’est dire qu’en ce début du Sème millénaire, la pensée archaïque et rétrograde continue d’habiter les esprits de plusieurs parmi notre élite.
A écouter de pareils propos, nos ancêtres parmi les penseurs et les intellectuels éclairés d’Averroès (Ibn Rochd) à Kassem Amin et Tahar Haddad se retourneraient dans leurs tombes.
Au demeurant, le code civil promulgué en Tunisie depuis 1956 se défend de lui-même en tant que source de fierté et acquis irréversible pour tous les Tunisiens comme pour toutes les forces démocratiques et progressistes dans le monde arabe.
Mais notre animateur a eu tout de même le mérite d’apporter une nouvelle preuve sur l’inéluctabilité de l’action réformiste dans le monde arabe.
Abdelmajid Haouachi
Recherche scientifique
Vers la création de 12 nouveaux parcs technologiques
Lors d’une visioconférence, tenue vendredi après-midi, à la Cité des Sciences et à laquelle ont pris part, à partir de la France, des chercheurs de l’Hexagone, M. Sadok Korbi a dressé un tableau exhaustif sur l’évolution accomplie par la Tunisie, en matière de recherche scientifique et de création de pôles technologiques.
D’emblée, M. Sadok Korbi, secrétaire d’État à l’Informatique, a évoqué quelques chiffres percutants ayant marqué l’évolution de la recherche scientifique en Tunisie. Il a rappelé, à cet effet, que la Tunisie dispose actuellement de 21.000 chercheurs toutes catégories confondues et que 36% des étudiants s’orientent de plus en plus vers des spécialités d’ingénierie et des NTIC.
Le secrétaire d’État a révélé aussi que le nombre d’étudiants estimé actuellement à 300 000 pourrait atteindre 500 000 en 2010 et l’âge de près de 50% d’entre eux est situé dans la tranche 19 à 24 ans.
Cette évolution, a rappelé M. Korbi, impose un véritable défi à l’État : celui de la création de nouvelles opportunités d’emploi, mais aussi celui de la mise en place d’unités de recherche qui répondent à l’innovation technologique, dans le cadre de la création d’une nouvelle génération d’entreprises.
12 nouveaux parcs au programme
Dans la même lignée que le parc technologique d’El Ghazala et dans le but de donner, à long terme, des opportunités d’emploi aux diplômés, M. Sadok Korbi a précisé que 12 parcs technologiques seront créés durant la décennie actuelle. Il a précisé que la construction de six parcs sur les douze devrait être accomplie d’ici à 2006. Il s’agit des parcs technologiques de Borj Cedria, de Sidi Thabet, de Sousse, de Sfax et ceux de Monastir et de Bizerte. Parallèlement à ces parcs, M. Korbi a rappelé aussi la création d’un parc technologique de l’Industrie cinématographique, annoncée aussi l’année dernière. « Ces parcs technologiques donneront de nouvelles opportunités d’emplois et de recherches à la pléthore de diplômés prévue vers 2010 », a noté M. Korbi.
Lors de son intervention en direct du parc technologique Sophia Antipolisen France, Monseigneur Pierre Laffile, chercheur français, a salué l’expérience de la Tunisie en matière de création des pôles technologiques. Il a proposé toutefois que les responsables intègrent dans le programme des technopôles le phénomène de la fertilisation croisée. Il s’agit de la confrontation entre avis et résultats de plusieurs chercheurs issus de diverses disciplines.
Le chercheur a estimé, également, que dans le cadre de la création, au-delà des premiers investissements effectués, il est de toute nécessité de créer un capital amorçage et d’impliquer les municipalités dans la création des entreprises.
Répondant aux questions d’un intervenant, à propos des résultats concrets réalisés par le parc technologique d’El Ghazala, le secrétaire d’État a expliqué que son département oeuvre actuellement à mettre en place une culture de brevetage.
Raison pour laquelle, a-t-il précisé, le secrétariat d’État programme chaque année près de 4 séminaires consacrées à la culture du brevet. Ce département est aussi en train de mettre en place un bureau de brevet à Borj Cédria et projette d’installer aussi une personne de ressource brevet dans chaque Université. Toujours, selon M. Korbi, le secrétariat d’État à l’informatique, a prévu aussi une indemnisation de 5.000 D pour un brevet national et 20.000 D pour un brevet international. Autant d’avantages au profit des chercheurs dans le but clair d’impulser ce secteur éminemment important.
Ousmane Wague
Documentaire
Raconte moi le planning
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| Salma Baccar | Hélène Catzaras |
Un film de 26 mn de Salma Baccar, retrace à travers une fiction documentaire, l’aventure du planning familial en Tunisie.
Lancé en 1966, le programme national familial a marqué profondément l’évolution de la société tunisienne. Grâce à ce programme, la Tunisie a pu maîtriser sa croissance démographique, améliorer la qualité de la vie de ses habitants et avancer sur la voie du progrès économique et social.
Notre pays compte aujourd’hui moins de dix millions d’habitants. N’eut été ce programme, qui a été fort contesté au moment de son lancement, nous serions aujourd’hui près de dix-sept millions d’âmes. On imagine les difficultés que les pouvoirs publics auraient eu à affronter pour subvenir aux besoins d’une population aussi importante avec les moyens aussi limités du pays.
Les Tunisiens dont l’espérance de vie s’est beaucoup améliorée en l’espace de quarante ans, ne mesurent pas à sa juste valeur l’apport considérable du planning familial à leur bien-être actuel.
Les images de la résistance
C’est peut être pour combler cette méconnaissance que l’Office National de la Famille et de la Population a commandé à une cinéaste Salma Baccar la réalisation d’un film, une fiction-documentaire, sur le rôle du planning familial dans la Tunisie d’aujourd’hui.
Ce film intitulé « Le Train » a été produit à l’occasion de la tenue à Tunis en décembre, de la 4ème conférence africaine sur la population sous le thème : « Population et pauvreté en Afrique ».
« Le tournage du film n’a duré que 12 jours. Quant au montage, il a été long. Car, il nous a fallu du temps pour collecter les images de la mémoire. C’est à partir d’une idée de Raja Farhat, développée en scénario que les discours officiels sont devenus des images, des sons et des lumières. Ce travail m’a appris l’histoire de mon pays, qui, au fil des ans, est devenu un exemple pour le continent africain », dit la cinéaste avant la projection de son film, avant-hier au Centre de la documentation de l’Office.
Effectivement, la réalisatrice a voulu présenter, à travers un voyage dans l’espace et dans le temps dans la Tunisie des années 1960 aux années 2000, l’impact de la planification familiale conjuguée à la généralisation de l’enseignement et à l’émancipation des femmes sur le développement social et économique de la Tunisie au cours des quarante dernières années.
Le couple constitué par le duo Ahmed Senoussi et Hélène Catzaras nous montre en complicité spontanée avec des fonctionnaires et grâce à des flash-back déroulés comme des pages d’un album-souvenir, comment la planification familiale, longtemps combattue par une population attachée aux traditions ancestrales, a fini par triomphe, de toutes les résistances et marquer profondément et positivement la structure de la population dans notre pays, mais aussi l’évolution des comportements et des moeurs.
Zohra Abid