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Du 9 au 11 Mars 2004
Revue du Temps


Insolvabilité bancaire
Nécessité d’un cadre réglementaire pour faire face aux crises


Les travaux du séminaire régional organisé par la Banque centrale de Tunisie (BCT), la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) sur le thème "les expériences des pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord dans la résolution des problèmes affrontés par le secteur bancaire" se sont ouverts, hier, à Tunis, et se poursuivront jusqu’a aujourd’hui. Il s’agit de la Sème conférence organisée dans le cadre de l’initiative globale Sur l’insolvabilité bancaire (GBII), initiative prônée par la Banque Mondiale et le FMI dans le but de réaliser un consensus international sur la mise en place d’un cadre réglementaire, institutionnel et juridique pour les pays en matière d’insolvabilité bancaire pour faire face aux crises bancaires. Au programme de cette manifestation figurent quatre sessions sur des sujets tels que "les aspects institutionnels de l’insolvabilité bancaire", "l’administration officielle des banques insolvables", "la restructuration bancaire et la résolution" et "la liquidité" bancaire et les questions légales générales". "Ouvrant les travaux de ce séminaire, M. Taoufik Baccar, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), a indiqué que l’étude des expériences des pays participants en matière de traitement des difficultés affrontés par le secteur bancaire est une sorte de prévention et de préparation aux mutations qui pourraient survenir sur la scène bancaire. M. Baccar a fait remarquer que les leçons que les participants pourront tirer de cette consultation sur les expériences des différents pays pourraient être utiles pour l’ensemble des pays de la région compte tenu des similitudes entre la majorité des systèmes bancaires.
Le gouverneur de la BCT a indiqué que la multiplication des crises bancaires au cours de la dernière décennie et leurs répercussions sur les économies a fait de ces crises l’objet d’intérêt non seulement des autorités nationales mais aussi de toute la communauté internationale. Malgré les résultats des recherches et des études élaborées sur les risques d’insolvabilité et l’amélioration des cadres institutionnels et leur conformité aux normes internationales, il n’en demeure pas moins, a-t-il ajouté qu’il est difficile de prévenir la survenue des crises financières et d’éviter leur extension, précisant que quoiqu’elle ne diffère pas, sur le plan juridique, de la faillite de toute entreprise économique, l’insolvabilité bancaire doit être traitée avec fermeté dans la mesure où elle peut avoir des conséquences néfastes sur l’ensemble de l’économie.
Il a insisté, dans ce contexte, sur l’importance de l’environnement économique adéquat dans la gestion judicieuse des ressources et l’exploitation par le secteur bancaire de toutes ses ressources pour le financement de l’économie et la prévention des crises bancaires. A cet égard M.  Baccar a souligné l’enjeu du système de gestion prudentiel dans la mesure où le point commun entre toutes les crises bancaires demeure la mauvaise qualité des actifs bancaires malgré la diversité des facteurs exogènes qui contribuent au déclenchement de ces crises. Le gouverneur de la BCT a relevé que quelques soient la qualité du cadre économique et l’efficience du système de gestion prudentielle aucun système bancaire n’est totalement à l’abri des risques d’insolvabilité. D’où l’importance du cadre législatif réglementant l’opération d’insolvabilité bancaire et sa capacité d’atténuer les conséquences économiques et sociales des crises. Il a appelé, à cet effet, à adopter une meilleure gestion des crises bancaires et d’éviter l’extension de ces crises, relevant que l’insolvabilité est une étape délicate qui nécessite l’identification de mesures claires et transparentes à même de définir avec précision les responsabilités de toutes les parties concernées et de prendre les mesures préventives nécessaires, l’objectif étant de sauvegarder la valeur des actifs de l’institution bancaire et de préserver les intérêts des déposants et des bailleurs de fonds.

© Le Temps
11 mars 2004


Six banques étrangères s’intéressent à l’acquisition de la "Banque du Sud"

Nous avons appris que six banques étrangères devraient être présélectionnées pour l’achat d’un bloc d’actions détenu par l’État, et représentant les 33,54% du capital de la Banque du Sud (BS), selon une source bien informée. Le gouvernement tunisien a tendu public son programme de cession des 33,54% du capital contrôlés par l’État suite à un appel d’offres pour la sélection d’une banque d’affaires afin de l’assister dans l’opération de cession, lancée l’été dernier. La banque italienne Monte dei Paschi di Siena, qui détient actuellement 13,43% environ du capital de la BS, figure parmi les principales banques intéressées par l’ acquisition, à savoir, la française BNP Paribas, la marocaine Banque commerciale du Maroc et l’espagnole Banco Santander. La participation de l’État dans le capital de la BS se répartit, entre autres, entre la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (8,21%), l’Entreprise tunisienne des activités pétrolières (10,58%), l’Office du commerce de Tunisie (4,59%) et l’État (2,6%). Sachant que le capital de la banque s’élève à 100 millions de dinars. La Banque du Sud est la septième banque, en termes d’actifs (près de 1,7 milliard de dinars) se traite actuellement à la bourse de Tunis au niveau de 9,200 dinars J’action, affichant une baisse de 8% depuis le début de l’année en cours.

Aïsha Ben Mahmoud
© Le Temps
11 mars 2004


Campus universitaire de Beja
Les travaux de la première tranche d’aménagement du campus universitaire de Beja ont avancé au taux de 70% pour un coût de 942 millions de dinars. Ce campus s’étend sur une superficie de 10 ha et comprend un institut supérieur d’études technologiques (ISET) et une cité universitaire.

La Tunisie à Barcelone
La Tunisie participe du 8 au 12 mars, à Barcelone (Espagne) au salon international de l’agroalimentaire "Alimentaria 2004". Une douzaine d’entreprises opérant notamment dans les secteurs des dattes, de l’huile d’olive, des conserves et de la pâtisserie participent à cette manifestation. Près de 125000 visiteurs sont attendus à cette manifestation biennale qui réunit 4200 entreprises de 60 pays et est considérée comme la plus importante du secteur dans le monde après celle de Hanovre (Allemagne).

Santé mentale
La Commission parlementaire des affaires sociales et de la santé publique a, lors de la réunion qu’elle a tenue mardi, examiné un projet de loi relative à la santé mentale et aux conditions d’hospitalisation en raison de troubles psychiques. Il s’agit de s’adapter à l’évolution des méthodes de traitement des patients souffrant de troubles mentaux, de les prendre en charge et de garantir leur liberté individuelle tout en tenant compte des exigences de la protection de la société.

Élections du comité de la CCI Tunis
La Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis invite les adhérents de circonscription (gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous et Manouba) à consulter les listes électorales provisoires affichées à son siège sis au 01, rue des entrepreneurs - 1000 Tunis et ce du 4 au 23 mars courant. Toute réclamation doit être formulée par lettre recommandée avec accusé de réception auprès de M. le Gouverneur de la région jusqu’à la date du 23 mars courant.

TV5 aime Tunis
Serge Moati, Jacques Chancel, Yamina Ben Guigui, Mireille Dumas, ont tous répondu présents à l’invitation de Frédéric Mitterrand. Tous seront à ses côtés ainsi que ses amis tunisiens pour assister à la transmission de l’émission "24h à Tunis sur TV5" ou du moins au début de celle-ci. C’est sur la colline de Byrsa, dans le légendaire hôtel Villa Didon qui rouvre ses portes, que seront installés des écrans géants et des plasmas pour une fête conviviale... et privée.

© Le Temps
11 mars 2004


24 heures à Tunis à la Villa Didon
Y’a de la joie

 
Tunis by night

Le compte à rebours a commencé, alors, tenez-vous bien ! TV5 est à vos portes, pour 24 heures de bonheur non stop. Il faut savoir les mériter et pour cela, laissez les grandes ouvertes, pour faire entrer le soleil, dans le sillage du chaud sourire de Marie-Ange Nardi, de la douceur à nulle autre pareille de Frédéric Mitterrand, et, de la gentillesse sans bornes de Lotfi Bahri. Ils seront ces messagers de la grâce et de la bonne humeur, le temps d’une escapade tunisienne, savamment préparée, où le passé, rejoint le présent, en un télescopage amical, qui permettra la découverte d’une capitale -Tunis-, par l’autre bout de la lorgnette.
Cela s’appelle la culture d’un pays, d’un peuple, qui aura connu, mille et un brassages, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Un évènement télévisuel dont le coup d’envoi sera donné, à partir de 16h30, en guise de préouverture par la même occasion de la Villa Didon.
Le lancement de l’émission : "24 heures à Tunis" sur TV5, se fera en présence du trio de charme précité, mais également d’autres figures de proue, médiatiques : Serge Moati, Amina Benguigui, Mireille Dumas, Jacques Chancel... et nous en oublions et des meilleurs.
L’occasion de revenir sur une programmation protéiforme, qui promet du cinéma, du théâtre, de la musique, de la peinture, des reportages, des documentaires, des talk-show, bref, de quoi passer vingt-quatre heures féeriques, a compter du samedi 13 mars, à 17 heures, jusqu’au dimanche 14 mars, à 17 heures également. Le centre du monde est partout, pour emprunter la formule de TV5, mais pour une fois, il sera à Tunis, et nous serions les derniers à nous en plaindre. Merci qui ? Merci Serge Adda, au nom de tous les autres... et merci Frédo !

Samia Harrar
© Le Temps
11 mars 2004
 


« Tout ce qui vient de l’étranger est beau à... regarder »

Campagne promotionnelle exceptionnelle : la Tunisie sera présente sur toutes les chaînes télévisuelles. De TV5 à TF1, de M6 à Disney Channel : Sidi Bou Saïd, Gammarth, Hammamet et Lac d’Ichkeul. Nous verrons ces belles images avec une grande fierté ; cela nous permettra de mieux connaître notre pays à travers les médias étrangers...

Fathi El Mouldi
© Le Temps
11 mars 2004


Les carburants dans le collimateur
Démarrage d’une campagne de contrôle à grande échelle


- 100 stations-service visitées et plus de 200 échantillons prélevés...
- Bientôt, un formule permettant de détecter les fraudes à l’œil nu...
- L’essence normale sera-t-elle supprimée ?

Une campagne de contrôle à grande échelle a démarré ces derniers jours. Elle touche 200 stations-service réparties sur les différentes régions de la République... L’objet du contrôle est facile à deviner : ce n’est autre que le carburant, en particulier l’essence sans plomb et le gasoil... Le secteur des carburants a des précédents fâcheux. L’affaire des fraudes qui a éclaté l’année dernière est là pour nous le rappeler. Les autorités compétentes qui ont alors eu vent des escroqueries ont diligenté alors une campagne d’envergure ayant touché 250 stations-service et abouti au prélèvement de 500 échantillons. Pour monter la filière, les agents de contrôle ont visité les producteurs et leur ont demandé des comptes... L’investigation n’a pas été vaine... et les responsables de la fraude ont eu à répondre de leurs actes. 33 stations ont été impliquées dans cette affaire. Chef d’inculpation : commercialisation de carburants non conformes aux normes. L’affaire a été alors confiée à la justice dont les jugements ont été à la mesure de la gravité des délits commis : prison, amende et fermeture des stations-service incriminées.
Toute la question est de savoir, si la sévérité de ces jugements avait l’effet dissuasif escompté et obligerait, d’ores et déjà, les fraudeurs à réfléchir par deux fois avant de commettre leur forfait. Les résultats de l’opération qui vient d’être enclenchée nous le diront.
Pour le moment, la campagne de contrôle poursuit son petit bonhomme de chemin. Cent stations-service ont été déjà visitées et plus de 200 échantillons ont été prélevés et envoyés aux laboratoires pour analyse. Parallèlement, et dans le but de couper l’herbe sous les pieds des arnaqueurs d’ une manière définitive, les services concernés se préparent à mettre en place une formule, à base de réactions chimiques, qui permet de détecter les fraudes, à l’œil nu et en temps réel. Il s’agit d’un marqueur que tout propriétaire de station-service doit avoir et utiliser à la réception de sa commande de carburant pour vérifier la conformité du produit aux normes en vigueur. Le même propriétaire est tenu, en vertu de la loi, de signaler toutes les anomalies constatées au risque d’être taxé de complicité.
Après le décret publié en décembre dernier relatif à l’usage dudit marqueur, un texte d’application, élaboré par le ministère de l’Industrie, sera publié dans les prochains jours pour en clarifier avec plus de détails les conditions et les modalités d’utilisation.
Et on compte beaucoup sur l’efficacité de ce marqueur pour purifier le carburant des mélanges suspects qui peuvent en entamer sérieusement la qualité... comme cette pratique, que certains esprits malveillants semblent affectionner particulièrement : ajouter du pétrole bleu au gas-oil...
Ce faisant, le problème des carburants semble être au centre toutes les préoccupations. On murmure même que l’essence normal va disparaître des pompes des stations-service... certains appellent à le supprimer...

H.J.
© Le Temps
11 mars 2004


Le monde de la justice
À l’écoute du palais


À Méditer : De l’éducation
"L’éducation d’un peuple se juge d’après son maintien dans la rue. Où tu trouveras la grossièreté dans la rue, tu es sûr de trouver la grossièreté dans les maisons" - E. de Amicis
"Une bonne éducation consiste à concilier le grand bien que vous pensez de vous-même avec le peu de bien que vous pensez des autres" - M. Twain
"Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple" - Danton

La discipline, avant (et après) tout  !
Le conseil national de l’Ordre des avocats, siégeant en tant que conseil de discipline, a tenu une réunion marathon, vendredi dernier, qui s’est achevée tard dans la soirée. Il y avait plus de 22 dossiers disciplinaires à examiner. Les verdicts ? Une radiation définitive d’une avocate, deux condamnations à trois mois de suspension, blâmes, avertissement et non lieu. La prochaine réunion (du 26 mars 2004) sera consacrée à l’inscription avec une centaine de candidats qui attendent leur entrée...

Histoire d’une liste...
Résumé des faits pour les profanes : lors des élections du nouveau bureau de l’ATJA, plusieurs "listes" étaient en course (pourtant le scrutin n’est pas la liste), dont une de 9 candidats qui est passée intégralement. Or sur les 9, sept sont d’une frange et deux d’une autre, sans aucun rapport (logique) entre eux. Les deux "étrangers" (Maîtres Neziha Jomâa et Ramzi Jebabli) auraient demandé qu’on éclaircisse ce qui est resté "obscur", qu’on publie qu’ils n’ont rien à avoir avec la liste. Cela n’a pas été fait. Ils ont démissionné. Ahurissant, non ?

Candidatures...
Nous croyons savoir que Maître Abdessattar Ben Moussa, actuel président du conseil régional de Tunis, serait, peut-être, candidat pour le bâtonnat. En effet, après de nombreux mandats au conseil où le travail est quotidien, harassant, il pense qu’il est temps de passer à l’institution suprême du barreau. C’est une probabilité. Par ailleurs, Maître Mohamed Jmour, actuel secrétaire général du conseil national, serait candidat certain pour rempiler pour un second mandat.

"Coluchette" légèrement tué
C’est un belge qui dit à un autre :
- Regarde, je viens de m’acheter un fusil de chasse.
- Oui, il est joli, mais enfin il faut faire quand même un peu attention parce que c’est dangereux, hein.
- J’aimerais bien l’essayer, ça ne t’ennuie pas de te mettre devant ?
- Non, mais ça va pas, je vais pas rester devant !
- Mais ne sois pas bête, je ne vais pas tirer fort.

Long week-end pour la formation...
Le conseil national de l’Ordre des avocats organise à partir de demain, vendredi, un très long week-end à Hammamet avec la session annuelle de formation qui portera, cette année, sur "Les procédures judiciaires et d’exécution". Diverses conférences seront données par des spécialistes durant ces trois jours où l’agréable rejoindra l’utile. Souhaitons, seulement, que cette session restera au niveau de la "formation" et qu’elle ne dévie pas sur les... "Élections"...

La Manouba, encore et toujours...
Du côté du Tribunal de première instance de la Manouba, l’absence de personnel qualifié (c’est à- dire rodé au travail des tribunaux) est trop grande. Ainsi pour la saisie des jugements, il n’y a à ce jour qu’une seule secrétaire d’où un retard d’une centaine de jugements accumulés. Ainsi, malgré un travail colossal des magistrats, des juges d’instruction 2 seulement), des substituts (2 seulement aussi), il y a toujours un "hic" au niveau de l’exécution, faute de personnel en nombre et qualifié... Il y a vraiment urgence et une simple visite sur les lieux permettra de le constater...

Blocage !
Une tunisienne est mariée à un homme du Golfe (par exemple). Il la répudie. Selon la loi du mari, elle est divorcée. Mais pas selon la loi tunisienne, car il est nécessaire que le divorce soit rendu par une autorité judiciaire étrangère. Elle demande l’exequatur en Tunisie, c’est-à-dire qu’elle soit reconnue divorcée. La demande sera refusée. Tous ces problèmes (énormes où le blocage juridique est intolérable) mériteraient plus de souplesse dans l’application des règles de droit international privé...

Elle est de retour !
Mise sur pied, puis annulée, la 17ème chambre des chèques en bois au Tribunal de première instance de Tunis vient de revoir le jour. En effet devant l’afflux incroyable des dossiers, la charge énorme des 13ème et 16ème chambres, il a été décidé du retour de la 17ème chambre tous les jeudis après-midi !

Me Fethi El Mouldi
© Le Temps
11 mars 2004


Un, deux, trois... passion

Un... ami à moi est parti régler de la paperasse. Un des papiers nécessaires à son dossier (un dossier d’achat chez une boîte privée, en plus) était bloqué chez une employée. Il a réussi à trouver son bureau et la rencontrer. La dame, l’air blasé, face à l’ordinateur, n’arrêtait pas de cliquer sur la souris... Elle lui a répondu qu’elle était débordée et qu’elle avait des dizaines de dossiers à traiter. La preuve, elle n’arrêtait pas de travailler sur son ordinateur.
Deux... volets en verre de la fenêtre qui était derrière elle l’ont trahi puisque mon ami a vu le reflet de l’écran sur les carreaux de verre... Alors, il lui dit, je suis dehors, finissez votre partie du jeu "solitaire" et préparez-moi ma "feuille". Trois... minutes plus tard, la porte s’ouvre. Elle lui tend son papier sans dire un mot. Quand il n’y a plus la passion pour un boulot, les employés se sentent si solitaires face à leur comportement.

Par Hatem Belhaj
© Le Temps
11 mars 2004


Commerce parallèle :
À même le sol, rue Charles de Gaulle (1)


Premier article d’une série d’articles consacrés aux différents aspects de l’économie informelle. Une problématique très complexe, difficile à limiter aux seuls contrebandiers. Si certains engraissent sur le dos de l’industrie nationale, d’autres, au contraire, aident de petits artisans à trouver des débouchés. Comme Abdallah, que nous allons vous présenter. Petit portrait d’un vendeur à la sauvette, dont la marchandise est 100% tunisienne.
Un coup d’œil furtif, entre deux phrases, pour surveiller les alentours. La vigilance est nécessaire. Les gens qui parlent, regardant une marchandise répandue sur les deux mètres carrés d’une bâche, posée sur le sol. Abdallah* a trente-huit ans, dont vingt-deux passés dans les rues de, Tunis, à côté du marché central, entre la rue d’Espagne et la rue Charles de Gaulle. Sept enfants à nourrir. L’objectif quotidien ? Leur assurer le minimum pour subsister, sans quémander, pour vivre dans la dignité. Abdallah se tient très droit, avec un jeune homme à ses côtés, il est 19 heures passé. C’est la fin de la journée.

Le début de l’histoire
Abdallah se souvient des années des sandalettes (chleka) Zico. « Elles ont fait un malheur, les passants en redemandaient ». C’était l’époque de Zico, l’attaquant vedette de l’Espérance, au début des années 90. Mais les débuts étaient très durs. « Et il est vrai que la capitale n’a pas réservé le meilleur accueil à ce fils de l’exode rural ». Tracasseries, remarques désobligeantes, étaient le lot quotidien. Le père et la mère ayant abandonné leur village à l’intérieur des terres, il fallait se débrouiller pour survivre. « On n’avait pas le choix, j’avais 16 ans. Deux premières années tunisoises passées sur un chantier à construire de mes propres mains, avec mon père et mes frères, la baraque qui allait nous abriter. « Mais aujourd’hui, la situation s’est améliorée ». Ça va un petit peu mieux, "Hamdoulillah".

Symbiose
Abdallah vend une marchandise 100% tunisienne. Comme beaucoup de vendeurs à la sauvette, à la rue Charles de Gaulle. Chaussettes de Ksar Hellal, slips, maillots de corps, gants de toilettes (kessas traditionnelle de la région kairouanaise), des trousses, de petits sacs polir écoliers... C’est souvent des fins de série d’usine, on trouve d’ailleurs un numéro de téléphone bien tunisien sur les étiquettes des chaussettes. Mais fréquemment, il s’agit de la production faite à domicile, par des familles dans le besoin ou par de tout petits artisans qui ne peuvent écouler autrement leur marchandise. Une relation de confiance s’installe entre petits vendeurs à la sauvette et petits artisans. Une symbiose. Les uns ont besoin d’accès à une clientèle, les autres, vendeurs à la criée expérimentés, de marchandises à proposer sur leur étal.

Un modeste artisan
Abderrazaq* passe chaque jour à la rue Charles de Gaulle. C’est un modeste artisan des quartiers populaires de la Médina. Il vend sa petite production aux vendeurs à la sauvette. Dans ses rapports avec les marchands, "la parole donnée vaut tous les contrats", dit-il. "C’est sûr, il y a quelques brebis galeuses qui gâchent le métier. Mais heureusement, elles ne sont pas nombreuses, et surtout, les escrocs ne peuvent faire de vieux os dans la profession. Si on ne leur fait plus confiance, ces vendeurs doivent payer cash". Et quand le liquide vient à manquer... Abderrazaq fabrique des trousses, sur une vieille machine à coudre. Il n’arrive pas à vendre ses petits sacs aux boutiques et magasins de la place. La quantité exigée est souvent trop importante pour ses maigres moyens. De plus, les établissements bien installés payent trop souvent sur trois mois. Ce qui n’arrange guère un petit travailleur. " Je dois faire bouillir la marmite familiale tous les jours, et l’état de mes finances ne peut me permettre une aussi longue attente", avoue-t-il. Et puis, il a une jeune sœur, une femme, et trois enfants à sa charge. Mais la journée est terminée. Abdallah attend Abderrazaq pour lui régler son dû et passer la commande des prochains jours. Le voici. Les deux hommes se connaissent bien.
Quelques mots suffisent pour les mettre d’accord. "Bonne soirée". Le vendeur replie sa bâche en prenant soin de garder toute la marchandise à l’intérieur. Il soulève le paquet pour l’emporter en lieu sûr. Trousses, gants de toilette attendront jusqu’au lendemain, à 6h du matin. Treize heures de labeur. Tous les jours. Quatorze personnes vivent grâce à cette bâche de deux mètres carrés.

Dignité
Abdallah va rentrer chez lui. Aux alentours, de la Cité Ettadhamen. Il tire de son portefeuille sept dinars et les tend au jeune apprenti à ses côtés. Il va rentrer, Il arrivera trop tard pour voir ses enfants. Ils dorment, ils iront tôt, le lendemain matin à l’école. Il n’y a plus beaucoup de bus à 10 h du soir.
Le trajet lui prendra deux bonnes heures. Les gamins attendront le dimanche pour jouer avec leur père. Abdallah a trente-huit ans, dont vingt-deux passés à vendre des colifichets à la criée. Peut-il encore se recycler ? Abdallah ne demande rien à personne. "Tout ce que je veux, c’est travailler pour nourrir mes enfants, dans la dignité".

* Abdallah et Abderrazaq sont des noms d’emprunt pour des personnes bien réelles.

Oualid CHINE
© Le Temps
11 mars 2004


Langage du Temps
Quand les parents se désengagent...


Le 15 septembre dernier, le quart de la population tunisienne allait en classe. Proportions jamais atteintes auparavant, mais rendues possibles par la démocratisation de l’enseignement tunisien, sa diversification aussi et par l’option courageuse de minimiser la part de ce que l’on appelle communément« les déchets ».
Si à l’aube de l’Indépendance, l’enseignement représentait l’un des trois points cardinaux du nouvel État et du défi de la décolonisation, avec le 7 Novembre, il exhume les valeurs républicaines. Mise en cohérence, en effet, dès lors que l’école, c’est d’abord la République.
Que l’intelligentsia tunisienne soit partout à travers le monde, avec le risque latent de fuite des cerveaux, cela témoigne du niveau performant de l’enseignement tunisien, toutes branches confondues. L’évolution s’est mue dans les deux sens. Horizontal dans le sens de la gratuité et du côté obligatoire de l’enseignement. L’enseignement pour tous en fait. Vertical aussi dès lors que la performance sous-tend l’excellence et, donc, l’inévitable sélection. Sauf que si notre pays envoie tant d’enfants à l’école et tant de jeunes à l’université, c’est parce que l’État, l’État Providence a pratiquement tout fait sur les plans structurel et organique. De sorte que dans l’imaginaire collectif, l’instituteur est confondu dans cette aire de sacralité, vénéré parce qu’il représente le Savoir, fondement premier de ces droits inaliénables et imprescriptibles.
Pourquoi parle-t-on alors aujourd’hui de cassure ? Pourquoi entend-on banaliser des cas de violence à l’école, au sortir de l’école ? Il ne s’agit pas là de tabous, ni de sacrilèges dès lors que les instances concernées se penchent sérieusement sur un problème qui se banalise peut-être dangereusement, gangrenant les valeurs universelles autour desquelles est bâtie l’école.
Mais le problème ne se situe pas au niveau de l’école et elle seule. C’est un phénomène d’époque et un phénomène de société. Quelque part le modernisme s’est accompagné d’un effritement des valeurs au sein de la famille tunisienne.
Quelque part aussi, les parents se désengagent, démissionnent, renoncent à cette fibre éthique qui la liait à l’école. S’il est y ai que Shakespeare disait : « Donnez-moi un théâtre, je vous donnerai un bon peuple », la transposition d’une telle boutade dans la dialectique école/famille serait peut-être celle-ci : « donnez-nous une famille, on vous donnera une bonne école ». L’école ne peut à elle seule dispenser le savoir et refaire l’éducation des enfants.

Raouf Khalsi
© Le Temps
11 mars 2004


Printemps des poètes 2004
Chaud chez Le Hot


Le "Printemps des poètes 2004", chauffe aux entournures... quand j’entends le mot "création poétique", je sors ma scie à métaux et je rogne (pour paraphraser l’anti-Art d’un certain dictateur...).

La "Slam Poésie" des poètes vivants - même si Nougaro a inspiré "Pilote le Hot", est entrée cette année à Tunis par la petite porte...
A El Teatro comme à l’Étoile du Nord, les rendez-vous ont été phagocytés. Rien de grave... on a coupé en tranches, on s’est retrouvé à Slamer pour ne pas dire clamer - à 10 heures du soir, avec des auditoires ayant déjà avalé leur content de spectacle.
Si la "Siam poésie" de Pilot le Hot comme "Vocalyre" de Monak, inscrits au même programme, se lançaient dans l’invention... il semble que les spectacles qui mobilisent davantage donnent dans la reprise des textes, même si la conception scénique s’engage dans une nouvelle voie ("Les challengers", "Lio"). "Slam" c’est comme Chlem, un challenge  : Mais challenge poétique. Et si l’Occident a produit ce concept, il y a 20 ans aux USA, et réuni un petit groupe de poètes connus ou moins... place était donnée dans ce "Printemps" à la conception locale du groupe "vocalyre" qui introduit ses compositions au rythme du Djembé de Laye Saré... Et soutient sa prestation avec des Breakers.
Au 1er Slam d’El Teatro, "Pilote le Hot" alternait sa poésie percutante, avec les immanquables sonnets de Laurent Fourcaut., Timing à la main, la Siam Poésie, se déguste en alternance de poètes, tenus à 5 minutes à chaque poème.
Pari tenu chez les démonstrateurs : il n’en est pas toujours de même avec les nouveaux initiés.
Et la poésie vit... à la cadence corporelle de le Hot, impliqué jusqu’aux chaussures. Ce grand détour par la poésie d’actualité, ponctuée d’images "défonceuses", respire à 100 à l’heure.
Ce disant, elle s’anime de toute l’émotion d’un poète qui ne fait pas dans l’édulcoré, mais provoque émotion, adhésion. Une poésie sentie, ressentie comme une gifle mais aussi comme un grand élan du cœur, compris de part et d’autre.
Laurent Fourcault fait plus clean, mais ses poèmes libertins, et ses sonnets s’encoquinent. L’humour à froid, la technique de la forme consacrée descendant de son piédestal pour surprendre... le tranquille ronron du spectateur.
La poésie du cœur à la Slam Poésie, pas moyen de s’endormir... l’alternance réveille de la torpeur... A l’Étoile du nord, les professeurs Guarrigues, Nacer Sardi, AmelSafta, Hosni, Fatima Maâouia (qui déborde toujours du cadre des 3 minutes), Monak ont accompagné Laurent Fourcault et Pilot le Hot.
Chacun dans son tempo... mais les textes ont fini par composer une unité : celle, de véritables professions de foi, celle du "ce que je crois donc qui je suis", Consigne de la force des choses, le micro, la poésie se clamait debout...
L’intérêt de telles rencontres ? C’est qu’elles n’enferment pas le poète dans le ghetto de la non édition ; c’est que la poésie devient force vive, qu’elle pousse le créateur dans ses retranchements, dans les perfections de l’écriture et de la diction ; la poésie en bouche, en corps, en communauté ; une poésie dont les accents de l’autre interpellent son propre mode d’écriture, relancent l’inspiration ; la poésie comme mode de communication réelle, car elle intervient dans les espaces de vie, petits cafés, petits halb...
Une poésie à portes ouvertes... l’écriture à portée de main, dans les milieux qui ne l’auraient jamais rencontrée...
Il reste donc à Thiès, de trouver le bien public qui abriterait toutes langues poétiques tous parlers nationaux. Jadis, au 20ème siècle, il y avait "Taht Essour", puis la "Hungaria", au 21ème "Fouk Essour" dans les ruelles du "souk des chéchias" dans la Médina de Tunis...
La Slam rencontrerait-elle celle tradition orientale qui perdure encore dans le Sud désertique, ou dans des pôles tels que Kairouan ?
Tant d’imaginaires s’y côtoient !

MAK
© Le Temps
11 mars 2004


M. Joe Neal, sénateur de l’État du Nevada, au « Temps »
« Les USA devraient apporter au M.O., l’eau... pas la guerre »

Joe Neal

L’immigré européen avant de quitter l’Europe et s’installer sur le nouveau continent pour devenir américain, il avait quitté le modèle européen, se réservant ainsi le droit de faire ce qu’il voulait, on voyait alors profiler à l’horizon deux entités : L’Occident européen et l’Décident américain : ces deux entités vont-elles rester liées longtemps par le même modèle culturel ? Si oui, jusque quand ? A mesure que l’Amérique forge une histoire nouvelle, son référentiel culturel s’éloigne de celui de l’Europe avec une divergence stratégique,. et au moment où l’Amérique vit son aventure impériale, l’Europe se construit sur un socle civilisateur, on oublie souvent que la patrie de melting-pot est une structure fédérale et que cette structure est fragile, parce qu’elle est constituée par une mosaïque des peuples faussement homogènes : l’histoire nous enseigne que l’empire engendre ses facteurs d’autodestruction qui ne sont pas perceptibles à l’œil nu mais un esprit lucide et synthétique ne se laisse pas leurrer par tout ce qui est clinquant, et on oublie aussi que la puissance nucléaire était une aubaine incapable d’empêcher la désagrégation de l’URSS. L’Amérique qui n’a pas aboli les barrières érigées entre ses différentes composantes, ce pays où, comme l’avait affirmé le sénateur Albert Beveridge.
« Dieu a fait des Américains les maîtres organisateurs du monde afin d’instituer l’ordre où règne le chaos », se prépare et prépare la planète au retour du Jésus-Christ, selon Pat Robeston, fondateur de la puissante Christian Coalition et ex-patron de la chaîne évangélique. L’interview que Joe Neal, sénateur de l’État du Nevada, ancien gouverneur et président du Nevada Legislative Black Caucus (groupe des élus noirs des deux chambres), a bien voulu accorder au journal « Le Temps », nous fait découvrir l’autre Amérique.

- Le Temps : A mesure que l’on s’éloigne de l’intérêt général et que l’on s’approche de l’orgueil, la morale s’étiole et la conduite de l’homme est la réponse à l’urgence de sa survie. Comment le Noir américain vit-il après l’assassinat de Martin Luther King ?
- M. Joe Neal : Martin Luther King était l’avocat de l’intérêt public et préconisait que les actions de la nation reposent sur un fondement moral. Les Noirs déplorent encore la perte de la voix morale du Dr. Martin Luther King qui fut d’une si grande importance pour fournir une orientation à la nation et à l’image de cette nation dans le monde. Après sa mort, les Noirs ont perdu l’espoir. Et peu à peu, l’incitation à œuvrer pour une nation morale a cédé la place à de l’égoïsme individuel, ou les gens cherchent à tirer avantage des autres au lieu d’exploiter les ressources pour le bien commun.

- À Rome, la culture du colossal est juxtaposée au culte de la torture. Dans le Colisée, on voyait des enfants se faire dévorer par des tigres affamés sous le regard des parents qui hurlaient en attendant leur tour au milieu d’une foule insensible et ivre d’euphorie. Pour l’homme politique que vous êtes, l’Américain, d’origine européenne, porte-t-il dans son cœur Athènes ou Rome ?
- À mon avis, mes concitoyens d’origine européenne, tendraient plutôt vers Rome. Je le dis car nous avons créé des sociétés multinationales gigantesques qui semblent avoir une fixation sur le colossal comme ce fut le cas pour les Romains. Nos militaires sont dispersés aux quatre coins du globe où ils servent de conquérants, de collecteurs de dettes, et à manifester le pouvoir, la toute-puissance de ce pays. En un mot, on dirait que nous cherchions à régner sur le monde entier par la peur. Vous comprendrez, j’espère, que je me réfère aux quatre dernières années.

- L’Amérique donne l’impression qu’elle poussait les hommes à ne plus avoir de territoire, à céder sur leur morale, à ranger leurs traditions dans le musée de l’histoire et à se mettre en conformité avec le modèle américain. Quelle est la situation des libertés publiques en Amérique depuis le 11 septembre 2001 ? Quel est le rôle joué par la puissance militaro-industrielle et les groupes de pression dans la démocratie américaine ?
- L’Amérique n’a pas coupé les ponts avec le modèle de la suprématie des blancs. Cela permet aux États-unis (et spécialement ses dirigeants nationaux) de se considérer comme omnipuissants. Cette notion d’omnipuissance est encore aggravée par ceux qui voudraient que nous soyons une nation de Chrétiens.
Cette manière de voir contredit la tradition sur laquelle notre pays fut fondé. Les événements du 11 septembre 2001 ont montré la vulnérabilité de cette notion d’omnipuissance, mais cela n’a pas empêché nos dirigeants d’en appeler à « une nation sous Dieu », ou à là religion chrétienne. Lorsqu’on identifia ceux qui ont perpétré les attentats contre les Tours jumelles et le Pentagone comme des représentants de la croyance musulmane, cela a provoqué une réaction chrétienne exacerbée (fondamentaliste), ce qui semble avoir aveuglé le Congrès sur le principe égalitaire qui sous-tend notre nation. C’est ainsi que le Patriot Act (loi anti-terroriste) fut approuvé à la quasi-unanimité, peu de membres du Congrès ayant cherché à en connaître les dispositions. Plus tard, le Congrès s’est réveillé pour découvrir qu’il avait pourvu le ministre de la Justice (Attorney General) de pouvoirs très étendus, lui permettant de restreindre les libertés individuelles. Beaucoup ont exprimé l’opinion selon laquelle ceci (les attentats) aurait pu être une manœuvre machiavélique pour arriver à ce résultat final. Quoiqu’il en soit, le Patriot Act semble avoir eu plus d’impact sur les citoyens de ce pays que sur les terroristes.

- Le ralliement inconditionnel de la Maison Blanche sur les options israéliennes, à un point où les objectifs de Bush et de Sharon se complètent et se confondent dans une cohérence au mépris des règles du droit international, de la morale et du bon sens - cette politique est soutenue par un interventionnisme impérial dans le monde. Que doit faire, à votre avis, l’Administration Bush pour redresser une image ternie de son pays ?
- La Constitution des États-unis prévoit que lorsqu’il y a conflit entre deux de ses dispositions, l’on interprète ces dispositions de manière à ce qu’elles aient un poids égal. Dans le cas de nations souveraines, c’est la même règle qui devrait s’appliquer. Je comprends les souffrances du peuple israélien. Mais nous ne pouvons pas permettre que leur position de dire « plus jamais » nous entraîne vers une Troisième Guerre Mondiale. L’Administration américaine ferait bien de promouvoir Une politique de coexistence dans cette région. Cette coexistence reposerait sur des projets utiles à la population comme celui que M. Lyndon LaRouche avait proposé il y a déjà des années : Apporter de l’eau à cette région si aride. Personnellement, je n’ai jamais voyagé au Moyen-Orient, mais vivant dans un État aussi aride que le Nevada, je connais les bienfaits de l’eau ! Monsieur Bush devrait adopter une approche humaniste aux conflits de la région. Cela permettrait de voir le conflit en termes humains plutôt qu’en termes « juifs contre musulmans », en termes d’êtres humais qui souhaitent la paix, et qui veulent vivre leur vie. Je crois que cela ferait beaucoup pour redorer le blason terni de notre pays.

- Et quelle est la position du parti démocrate ?
- La position du parti démocrate sur les questions que vous avez soulevées ci-dessus ne diffère pas de celle de l’Administration Bush actuelle. Faut-il en dire plus ?

Interview réalisée par :
Taïeb Charfeddine
© Le Temps
10 mars 2004


Plénière à la Chambre des députés
Dissolution des chambres agricoles
Neuf décharges contrôlées fin prêtes vers la fin de l’année en cours


Le projet de loi portant dissolution de ces chambres a été à l’ordre du jour de la séance plénière, tenue hier à la Chambre des députés. Cette plénière a été également consacrée à l’examen du projet de loi amendant et complétant la loi de l’année 1999 inhérente aux groupements de développement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche, du projet dei loi portant ratification de l’accord de coopération financière entre la Tunisie et l’Allemagne et du projet de loi portant ratification de l’échange de mémorandum entre la Tunisie et les États-unis relatif à l’octroi et à la garantie de deux crédits pour financer l’importation de produits agricoles américains...
Éviter le double emploi entre les différentes structures agricoles et clarifier les prérogatives de chacune d’entre elle, tel est l’objectif poursuivi par le projet de loi complétant et amendant les groupements de développement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Il a été décidé, en vertu de ce projet de loi, de désigner toutes les structures agricoles de base, excepté les coopératives, par la dénomination de "groupements de développement dans le secteur de l’agriculture et de la pêche".
Ces groupements auront pour principale prérogative, comme le stipule ledit projet de loi ; la préservation et la rationalisation des ressources naturelles.

Difficultés financières et humaines

Intervenant au débat, le député Mohamed Habib Behi, a appelé à renforcer les liens entre l’administration, l’UTAP et les structures de base et à appuyer davantage les groupements agricoles.
Le député Tarek M’barek a parlé des difficultés financières et humaines que rencontrent les groupements agricoles. Il a appelé à procéder à des réformes pour éviter la confusion et l’enchevêtrement dans les attributions des structures agricoles, proposant d’opter pour une configuration à trois ni veaux : des structures de la phase de pré-production, celles de la phase de production et d’autres de la phase de post-production. .
Répondant aux interrogations des députés, M. Mohamed Habib Haddad, ministre de l’Agriculture, a noté que ce projet de loi vise à orienter l’intervention de ces structures et à leur conférer des prérogatives précises, histoire de mettre fin à l’ambivalence et au double emploi constatés en leur sein.
Désormais, ces structures auront pour principale attribution la préservation des ressources naturelles. Elles ne s’occuperont plus des missions de vulgarisation agricole et de commercialisation, a-t-il ajouté en substance.
L’autre projet de loi qui s’inscrit dans cette démarche réformatrice des structures agricoles est celui portant dissolution des chambres agricoles. Il prévoit la dissolution des chambres agricoles du Nord, du Centre et du Sud, créées en vertu de la loi du 25 avril 1988.
Prenant la parole, le député Abdelbaki Bacha s’est déclaré favorable à la dissolution de ces chambres. "Ces chambres n’ont aucun apport, elles empiètent sur les prérogatives de l’UTAP et du ministère et leur dissolution est la’ solution la mieux indiquée". Il s’agit d’une question d’efficience, a-t-il précisé.
Ce n’est pas l’avis du député Ismaïl Boulahia qui s’inscrit totalement en faux contre une telle dissolution précisant qu’il aurait fallu faire preuve de plus de circonspection avant de prendre une telle décision. Il est inconcevable qu’à l’heure où l’on veut renforcer les structures représentatives, on décide de supprimer de telles chambres. Pourquoi dissoudre des chambres agricoles qui viennent en aide aux agriculteurs ? S’est-il demandé en relevant que la plupart des structures agricoles souffrent de la mauvaise gestion et du manque de transparence, c’est ce qui conduit aux dysfonctionnements. "Si on dissout ces chambres parce qu’elles ne sont pas représentatives des agriculteurs, on peut dire que l’UTAP aussi n’est pas représentative, cela va-t-il pour autant, nous amener à la dissoudre".
Dans sa réponse, le ministre de l’Agriculture a indiqué en substance que lesdites chambres n’ont pas un rôle à jouer dans le contexte actuel. Ces chambres manquent de moyens et n’arrivent pas à se positionner par rapport aux autres structures. C’est ce qui justifie, explique-t-il, la décision de la dissolution.

Ismaïl Boulahia

Prise de bec
Les propos du MDS, Ismaïl Boulahia, sur la représentativité de l’UTAP (voir ci-dessus) n’a pas laissé le député RCD et de surcroît président de l’UTAP, Abdelbaki Bacha, indifférent. Le député Abdelbaki Bacha a demandé de nouveau la parole pour réagir aux propos de son collègue du MDS presque en l’apostrophant : "Si le député considère que l’UTAP n’est pas représentative je voudrais lui demander si le parti qu’il représente a une représentativité équivalente aux structures régionales de l’UTAP".
Des propos qui ont fait réagir le député Ismaïl Boulahia qui s’est dit ne pas avoir l’intention de polémiquer à ce sujet. "En France, pays de la démocratie et de la transparence, le Président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats des exploitations agricoles) a été impliqué dans une affaire de détournement de fonds et d’abus des biens des agriculteurs a-t-il noté". Et il ajoute : "Je n’ai pas visé dans mes propos la gestion et le fonctionnement de l’UTAP... mon propos est de dire que l’UTAP en tant qu’instance représentative doit être pluraliste".

Halte aux décharges anarchiques
Lors de la discussion du projet, de loi portant ratification de la coopération financière entre la Tunisie et l’Allemagne -et en vertu duquel, l’Allemagne se propose d’accorder des crédits à la Tunisie pour financer des projets dans le domaine de l’environnement- le député Mohamed Taher Naceur a déploré le phénomène des décharges anarchiques qui gagne du terrain au détriment des espaces agricoles.
Le député Ameur Bnouni a évoqué le programme de création de décharges contrôlées, s’interrogeant sur les causes du retard de sa réalisation. Son collègue Ahmed Souissi a appelé à mettre fin au décalage constaté entre les milieux urbain et rural en matière de connexion au réseau de l’ONAS.
Dans sa réponse, M. Mohamed Nouri louini, ministre du Développement et de la Coopération internationale, a qualifié la coopération entre la Tunisie et l’Allemagne d’exemplaire : Le ministre a indiqué que l’Allemagne a accepté de financer le projet d’étude des changements climatiques que la Tunisie compte lancer.
Il a souligné d’un autre côté que sur les quatorze (14) décharges contrôlées programmées, neuf (9) seront fins prêtes vers la fin de cette année. Le ministre a parlé de la stratégie visant la suppression de 400 décharges anarchiques.
Au sujet du raccordement du milieu rural au réseau d’assainissement, le ministre a noté que l’État alloue 500 MD par an à ce secteur, évoquant l’existence d’un programme progressif qui vise a améliorer le taux de raccordement des différentes régions au réseau de l’ONAS.
D’autre part et concernant le projet de loi, portant octroi par les États-unis d’une garantie de deux crédits à la Tunisie pour financer l’importation des produits agricoles américains, les députés ont appelé à renforcer les relations tuniso-américaines. Le député Jalel Lakhdar s’est interrogé sur les perspectives de cette coopération notamment dans le secteur de la recherche scientifique agricole. Son collègue Abderazzek Kilani s’est interrogé sur les perspectives d’ouverture des marchés américains aux produits agricoles tunisiens.
Dans sa réponse, le ministre de l’Agriculture a noté que les relations tuniso-américaines sont anciennes et ne cessent d’évoluer d’une année à l’autre. Le ministre a parlé de la possibilité de trouver de nouvelles formules pour conquérir davantage le marché américain estimant pour ce faire, que la balle est dans le camp des professionnels.

H.J.
© Le Temps
10 mars 2004


LTDH : Un colloque ce vendredi
La Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LTDH) organise un colloque sous le thème : « Le démantèlement de l’accord multifibre et ses répercussions sur la main d’œuvre féminine en Tunisie », vendredi 12 mars à 14 heures au siège de la Ligue à Tunis.

FDTL : M. Louhichi dénonce...
M.Moncef Louhichi, dont les activités au sein du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) ont été gelées mercredi dernier par le Bureau politique du parti a publié un communiqué dans lequel il « dénonce cette décision et précise que les membres du Comité constitutif, représentant le FDTL à Sousse, dont il est le coordinateur, considèrent que cette décision est légalement non fondée ». Rappelons que M. Louhichi a été exclu du Parti de l’Unité Populaire, l’été dernier, et qu’il a introduit un recours en justice contre cette décision. Mais il a été débouté. Ensuite il a adhéré au forum.

ATFD : Répartition des tâches
Les neuf membres du Comité directeur de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) élus lors du 6èmecongrès de l’Association tenu dimanche dernier, vont procéder aujourd’hui à la répartition des tâches au sein du comité et choisir notamment la présidente de l’Association qui va succéder à Mme Hela Abdeljaoued qui ne s’est pas représentée.

N.S
© Le Temps
10 mars 2004


Carthage et les autochtones
Un colloque international ayant pour thème "Carthage et les autochtones, de son empire, au temps de Zama" se tient à Siliana du 10 au 13 mars courant. L’ordre du jour comporte, des communications sur l’histoire et la civilisation de Carthage, les rapports entre les villes phéniciennes et l’influence de Carthage en Méditerranée occidentale. Les conférenciers traiteront également d’autres questions dont les relations économiques et culturelles entre les phéniciens, les carthaginois et les ibériques durant cinq siècles, la situation des autochtones dans la capitale punique, les symboles culturels dans l’ancien espace géographique de Carthage punique, l’influence punique sur le dialecte tunisien et le thème portant sur "Zama et Carthage : de l’alliance à la dépendance".

Journée de la publicité
L’Institut de presse et des sciences de l’information organise le 12 mars courant à partir de 9h la journée annuelle de la publicité. Seront traités lors de cette journée les aspects juridiques et moraux de la publicité en Tunisie. Des professeurs universitaires de l’Institut, des, représentants du ministère du Commerce, du ministère de l’Intérieur, de la presse écrite, de l’ERTT, des agences de publicité ainsi que des représentants de l’agence tunisienne de l’internet de l’organisation de la défense du consommateur participeront à cette manifestation.

Manifestation scientifique à la Cité des sciences
La Cité des sciences de Tunis organise à l’occasion des vacances de printemps une manifestation scientifique du 16 au 24 mars courant. Le programme de la manifestation comporte des visites organisées, des projections de films scientifiques et documentaires, des ateliers, des rencontres scientifiques, une soirée astronomique et un concours de mathématiques, Ces activités se dérouleront quotidiennement de 10h jusqu’à 12h et de 15h jusqu’à 17h.

Concours du meilleur stand
L’Office national de l’artisanat informe les participants au 21ème Salon de la création artisanale organisé du 12 au 21 mars courant au Parc des Expositions du Kram qu’une récompense de 1000 dinars sera accordée au "meilleur stand", Les participants sont donc appelés à bien présenter leurs produits et à ne pas exposer ou vendre des produits importés.

L’ambassadeur du Koweït, à la BCT
Le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), M. Taoufik Baccar, a reçu hier, Dr Sohaïl Khalil Chehiber, ambassadeur du Koweït à Tunis. Au cours de cette rencontre, les deux parties ont examiné les perspectives de promotion de la coopération bilatérale notamment dans les secteurs monétaire et financier.

© Le Temps
10 mars 2004


Mahdia, Capitale fatimide de Neji Jelloul :
Aphrodisium, mon amour  !

Dans une lettre fort sympathique qu’il nous a adressée, Abderrazak Khechine, photographe et collaborateur de « Contrastes Editions », la présente comme suit : « Voici une nouvelle publication d’une jeune maison d’édition basée à Sousse et qui s’occupe d’une collection de livres, consacrée au patrimoine tunisien et d’une autre touchant à la poésie ». Dans la collection patrimoine, elle a déjà édité « Kairouan, la grande mosquée », en 5 langues, « Carthage, un site d’intérêt culturel et naturel », en 5 langues, « Peinture de pierres : les mosaïques du musée du Bardo », en 3 langues et puis, tout dernièrement « Mahdia, capitale des Fâtimides » et « L’Art de bâtir au Jerid » en français. Le livre sur Mahdia est signé Neji Jelloul pour le texte et Abderrazak Khechine, pour les photographies quelques unes d’entre elles sont cependant, signées par Hichem Driss. Pour le commun des mortels l’histoire de Mahdia est automatiquement liée à celle des Fâtimides... et pour cause ! Même si la façon dont on nous a enseigné notre histoire à l’école, commence par quelques lignes Sur nos ancêtres les berbères, occulte quelques siècles pour nous plonger directement au début de l’ère arabo-musulmane, il est bon de savoir qu’avant la conquête arabe, il y avait en Tunisie et donc à Mahdia avant l’arrivée de celui qui s’est érigé en Messie : Ubayed Allah El Mahdi. La présence de l’homme dans cette région remonte à l’époque préhistorique (5000 à 2000 av. J.C).

Une histoire trouble et méconnue
Jelloul nous rappelle que la ville forte de Mahdia, l’Africa des portulans byzantins, fut démantelée par les troupes de Charles-Quint en 1555. « La ruine fut si grande de toutes parts en un instant, qu’on crût que tous les éléments s’entrechoquaient. Et la cité changea tellement de forme qu’elle n’était plus reconnaissable à ses propres habitants », rapporte l’historien espagnol Marmol Caravaja dans sa description de la destruction de Mahdia, en concluant à la manière de Caton « Voilà l’a fin qu’ eut une place si renommée ! ». Cette renommée provient du rôle de, premier plan qu’elle joua dans l’histoire de la Méditerranée, de sa morphologie particulière et son destin singulier. Ville sainte, fréquentée jusqu’à une date récente par les pèlerins ismaéliens de l’Inde (les Bahara), Mahdia apparaît dans les écrits des musulmans orthodoxes comme un lieu maudit, d’où leur préférence marquée pour l’ancienne appellation de Jamma. La « mâle ville d’Afrique » repaire des corsaires, du chroniqueur français Fraissart, fait plutôt rêver les Italiens de la renaissance, enfants de la mer, qui lui forgèrent un nom mythique évoquant Venus : « Aphrodisium ». Malgré la prolifération des noms, l’histoire de la première capitale du schisme, qui bouleversa l’histoire de l’Islam à l’époque classique, demeure mal connue, ce livre de Neji Jelloul, superbement illustré, particulièrement bien documenté et d’une écriture claire et d’une noblesse évidente, vient à point pour nous rappeler la vie tumultueuse et magnifique, à travers les siècles, de l’une de nos cités les plus majestueuses. Surtout que depuis quelques années, la ville fortifiée qui vivait encore dans une planète à part, a été rejointe par ce qu’on appelle le mal nécessaire de certaines économies : le tourisme qui a bouleversé la paix de cette plage qui est considérée indéniablement comme la plus belle de nos rivages, les constructions hors normes et hors-la-loi comme ce paquet de sucres à plusieurs étages, planté au cœur de la ville et qui a cassé la vue paradisiaque que Mahdia offrait à ses visiteurs venant d’ailleurs et à ses enfants penchés sur les toits de Borj Errass. Ajoutons à cela, une frénésie des spéculateurs et d’une communauté de nouveaux riches qui, à coup de millions, sont en train de vider la ville de ses marins pêcheurs, pour y injecter leurs « bunkers new look » et « leurs bazars ridiculement patrimoniesques pour ridicules toutous ». Il y a le risque alarmant aujourd’hui, qu’après avoir subi une multitude d’agressions guerrières qui l’ont réduit à néant a plusieurs reprises, Mahdia ne soit définitivement spoliée de son âme et de son histoire par la frénésie ostentatoire du gain et de la frime. Les organismes de protection internationaux et nationaux doivent la sauver de ce mal. Neji Jelloul y participe, à sa façon ; Merci Monsieur.

Hechmi Ghachem
© Le Temps
10 mars 2004


Du pain et des jeux de cirque

Il n’y a pas si longtemps, à l’époque glorieuse des émissions dominicales animées par Hatem Ben Amara puis Hela Rokbi, il était toujours ménagé une proportion très importante aux jeux. L’on se félicitait naïvement que la télévision regardât si peu à la dépense, puisqu’elle distribuait sans compter prix et récompenses à qui pouvait donner des réponses évidentes à des questions vides. Les plus brillants, ceux qui, au troisième essai et avec l’aide de l’animateur, devinaient enfin que Al Mutanabbi n’était pas un poète du vingtième, gagnaient des bons d’achat, des casseroles et des cocottes-minute.
Combien de noisettes y a t-il, dans le bocal ? Voilà le clou de là soirée, la question piège qui tirait vers le haut et propulsait à la vitesse supérieure, une fois achevée la séance des tirs au panier effectués à seulement trois pas du but. Non seulement c’était génial mais encore beaucoup moins compliqué que d’être obligé d’aller savoir si les pommes sont carrées ou si les carottes poussent sur les arbres ! Des émissions de jeux à la télévision, il n’en manquait pas. Toutes, cependant, mangeaient de ce pain-là. Les questions étaient toujours de cette profondeur et les gagnants, de cette intelligence. Les uns étaient triés sur le volet parmi les candidats présents à l’intérieur du studio, les autres étaient accrochés à leur téléphone, mais tous étaient des derniers de la classe qui, grâce aux bons soins de notre chère télévision, ne rataient jamais leur examen de passage.
Aujourd’hui, les choses ont changé. Canal 7 propose une émission complètement différente baptisée « Dernière décision ». Le bon entendeur saura sans difficulté si elle est meilleure ou pire que les jeux de cirque autour. Elle est à cheval sur le culturel et le ludique, avec une forte goutte de tension dramatique qui en ponctue les différentes phases et, surtout, ce moment fatidique où le candidat ne peut pas ne pas choisir. L’enjeu matériel est appréciable, les questions sont intéressantes, certes inégales, mais c’est la règle du jeu qui opte pour la progression et la variété. Et puis quel animateur, Semi Al Fehri ! Le seul, à notre sens qui puisse égaler les maîtres du genre, ici et ailleurs. Ailleurs, il n’est pas difficile de les reconnaître. Ici, il faudra remonter à l’époque bénie des dieux de feu Ezzeddine Lemlaouah, ou de feu Khaled Tlatli. Assurément.

Nebil Radhouane
© Le Temps
10 mars 2004


Télé-réalité

En Tunisie, l’émission de télévision qui retient le plus l’attention est "la dernière décision". En France, c’est le journal de 20 heures qui attire, sur le plan des chiffres, le plus de téléspectateurs. Est-ce à dire que les Tunisiens ne pensent qu’à l’argent et que les Français sont friands d’informations ?
Non, ce serait trop réducteur : disons que les Français se "retrouvent" dans leurs infos, alors que les Tunisiens se "cherchent" à travers le gros lot...

Fathi El Mouldi
© Le Temps
10 mars 2004


Nos jeunes et la femme aujourd’hui

Élevée dans la mixité et dans une proximité quotidienne avec la femme, élevée aussi et surtout dans un contexte social et politique où la constitution a tout fait pour accorder à la femme ses droits et la place qu’elle mérite dans la société, la jeunesse actuelle de notre pays devrait en toute logique avoir une image pour le moins positive de son pendant féminin. Hélas ! Ce n’est qu’un syllogisme car dans la réalité, il y va autrement. Tous les indices, en effet, concourent à apporter la preuve du contraire. Trop de violence et de mépris ostentatoires dans les actes et la parole, dirigés contre les femmes au quotidien pour récuser ce constat. Il suffit de se mettre en observateur dans le coin d’une rue pendant un quart d’heure. Ou bien pourquoi allez loin ? Prenons l’école. Savez-vous qu’à l’heure actuelle tout garçon qui affiche son amour pour le travail et refuse d’adhérer aux "rites initiatiques virils" de ses compères masculins est immédiatement traitée de pauvre fille ? Observez combien cette étiquette reconduit comme archaïsmes machistes de la femme incarnation de l’ordre, la soumission et l’obéissance aux normes et éventuellement de cette faiblesse congénitale qu’on lui attribue. Observez par là même comme du même coup le travail est relégué dans une zone de non-valeur. Là où la femme est, l’homme n’est plus, les valeurs deviennent incertaines du même coup, voilà ce qui se trame dans les zones troubles de l’inconscient de ce type de jeunes qui sont légion dans notre école aujourd’hui. Ce vieux schéma primitif de l’homme nomade et chasseur et de la femme sédentaire et proie demeure alors dominant dans leurs esprits en dépit de la proximité.
Sans doute le contexte mondial actuel est-il pour beaucoup dans cette représentation. Il suffit de constater à quel point le corps de la femme est aujourd’hui instrumentalisé en Occident et facilement offert, dans la publicité et le cinéma, notamment, à toutes les constructions fantasmatiques. Mais toujours est-il que le principal accusé demeure notre société même, nos adultes, disons-le clairement. Censés être des médiateurs infaillibles, ceux-ci, parents ou éducateurs de tout poil enseignent en réalité la contradiction, et la mauvaise foi que font les frais de la misogynie. Je m’explique : féministes en diable, ceux-ci font toujours le contraire de ce qu’ils affirment. Du haut de leurs tribunes, ils professent un féminisme radical dans la pure filiation de Simone de Beauvoir, quand dans le bistrot du coin ou au foyer, ils manifestent leurs vraies autures nourries de misogynies jusqu’à l’os ; J’en veux pour preuve un poncif tenu par la corporation enseignante des hommes : c’est de prétendre dans les coins que s’il y a plus de problèmes au sein de l’enseignement aujourd’hui, c’est parce que le métier se féminise de plus belle. La belle lucidité ! Trop de rhétorique chez nos tribuns féministes, maîtres en glose sur l’art de respecter la femme et ses droits quand il s’agit plutôt d’être artisan dans le geste et précurseur dans l’action. A ce registre, le geste enseigne beaucoup plus que le verbe.

Jomaâ Souissi
© Le Temps
10 mars 2004


Journée mondiale de la femme :
"Halte à la violence contre les femmes"


La femme est, en plein 21ème siècle, victime de violence, de harcèlement, dans toutes les régions du globe. Pour lutter contre ce fléau, Amnesty International lance une campagne mondiale.

La section tunisienne d’Amnesty International a donné dans ses locaux, le samedi 6 mars, une conférence de presse, à l’occasion du lancement de la campagne mondiale " Halte à la violence contre les femmes". Une violence répandue à l’échelle internationale, indépendamment de la religion, de la culture ; du système politique des États concernés. Les chiffres révélés reflètent la situation catastrophique de la condition féminine, non seulement dans les pays du tiers-monde, mais aussi dans les riches États du Nord. Ainsi, apprend-on que le Canada dépense annuellement 1,6 milliard de dollars, en frais médicaux et en arrêts de travail, à cause de la violence exercée contre les femmes. Aux USA, une femme est violée toutes les 90 secondes. Au Bangladesh, 50% des meurtres, sont perpétrés par des maris contre leur propre épouse. Les exemples abondent et nous révoltent.

Au niveau local
Chokri Ben Jennat, président de la section tunisienne d’Amnesty International, a présenté l’action que son organisation compte mener en Tunisie. L’objectif déclaré est de" stopper toute violence et harcèlement qui visent les femmes, que ce soit dans le milieu professionnel ou familial. " Pour cela, il s’agira de "sensibiliser, informer les femmes concernées qu’il leur est possible de s’adresser à la justice pour avoir gain de cause.", A cet égard, des campagnes de sensibilisation visant la femme en milieu rural, seront menées dans les régions de Sfax, Kebili.. La section tunisienne d’Amnesty International mènera Son action sur trois axes principaux : soutenir les femmes impliquées dans la défense des droits de l’homme, veiller sur la bonne application des lois déjà existantes, se pencher sur la situation des employées de maison dans notre pays.
Pour ce faire, elle s’appuiera sur les associations locales qui l’ont précédée sur ce terrain : L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), ainsi que le département de la femme, des jeunes travailleurs et des associations de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT). Un cycle de conférences mensuelles débutera samedi prochain. La psychiatre Lilia Lâabidi ouvrira les débats sur le thème : "Culture et violence contre les femmes dans le monde arabe".

Un fléau mondial
La violence contre les femmes est un véritable fléau à l’échelle mondiale. Une brutalité qui revêt bien des aspects. Elle peut être directement liée au sexe de la victime, dont la seule faute est d’être femme. Ainsi, la violence conjugale est passée le plus souvent sous silence. Le viol est sans doute l’un des crimes qui restent trop Souvent impunis. Une chape de plomb s’abat sur la victime qui craint de ternir l’honneur de sa famille en portant plainte. De cruelles traditions peuvent aussi avoir de très graves conséquences. Comme la mutilation des organes féminins, l’excision qui est une opération courante dans plus de 28 pays africains. Une pratique jugée’ parfaitement normale car relevant de coutumes séculaires. En Inde, plus de 15000 femmes meurent chaque année, à cause de la dot que les familles pauvres ne peuvent payer. Une dot qu’une coutume rend obligatoire. Dans certains pays musulmans, les" crimes d’honneur" ne sont que trop légèrement sanctionnés, ce qui ne décourage en rien les meurtriers. En temps de guerre, les femmes sont les premières à être touchées. Prises en otages par l’ennemi, viols systématiques érigés en arme de guerre comme en Bosnie...
Selon le Haut Comité aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR), 80% des réfugiés sont des femmes et des enfants. Des données et des chiffres, qui donnent le vertige, mais qui ne sont pas une fatalité. En cette Journée Mondiale de la Femme, il convient de se rappeler que nous en sommes tous responsables. Et que des améliorations sensibles peuvent être apportées.

...Et Elyssa
En plein 2lème siècle, il semblerait que la barbarie moyenâgeuse reste, dans bien des régions de notre planète, une réalité bien actuelle. La Tunisie a toujours été à l’avant-garde des mouvements de libération de la femme.
Notre Code du Statut Personnel est souvent cité comme un modèle de modernité. Il conviendrait donc que la loi contre le harcèlement sexuel et les atteintes aux bonnes mœurs, encore en projet, soit adoptée, et qu’elle puisse avoir l’effet dissuasif escompté. Nous ne doutons pas que nos autorités sauront veiller à sa stricte application, ce qui ne peut que rehausser encore le prestige de la Tunisie. Et l’antique cité de Carthage, n’a-t-elle pas été fondée par une femme, Elyssa ?

Oualid CHINE
© Le Temps
9 mars 2004


Association des femmes démocrates
Élection d’un nouveau comité directeur

Bochra Bel Haj Hamida

Le 6ème congrès de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) s’est tenu dimanche. A l’issue des travaux, présidés par Mme  Fethia Châari, les soixante congressistes présentes ont élu les neuf membres du nouveau comité directeur. En voici la composition : Mme Bakhta Jemour, Mme  Mongia Hedi, Mme Ahlem Bel Haj, Mme Bochra Bel Haj Hamida, Mme Hafidha Chekir, Mme Moufida Belghith, Mme Halima Jouini et Mme Essia Belhassen. La répartition des tâches au sein de ce comité se fera ultérieurement.

Célébration
D’autre part à l’occasion de la Journée mondiale de la femme célébrée hier, et suite à l’initiative de l’ATFD, une délégation composée de représentants et représentantes de la société civile tunisienne s’est rendue hier matin à la Chambre des députés où elle a été reçue par un haut responsable pour remettre un document comportant un certain nombre de propositions relatives au projet de loi sur le harcèlement sexuel.
Cette démarche, souligne un communiqué de l’ATFD, s’inscrit dans le cadre de la lutte pour l’abolition de toutes formes de violences contre les femmes, question inscrite parmi les activités clés de l’ATFD et du suivi du travail que mène l’Association depuis 1993, date de la création du Centre d’écoute et d’orientation des femmes victimes de violences.

N.S
© Le Temps
9 mars 2004


Encre de Tunisie
Le "Good" du frais


Un ami de Ras Jebel a reçu chez lui des invités venus de Tunis. Pour bien les gâter, il a demandé à un de ses voisins, pêcheur de son état, de sortir de très bon matin lui chercher du poisson. Après quelques heures, il a eu droit à trois gros poissons différents que sa femme a fait cuire différemment. Une fois tout le monde à table, ils se mirent à déguster les plats avec bonheur. Tous sauf la fille des invités qui avait quinze ans, et toutes ses dents, mais qui trouvait un drôle de goût au poisson. Ils ont eu beau lui changer le plat, le poisson et la variété, cet arrière-goût persistait et la pauvre jeune fille avait du mal à avaler son poisson. Bien sûr, tout le monde a vérifié que le poisson était succulent. Au fait, la gamine qui devait bouffer du poisson d’élevage ou congelé n’a pas pu supporter le goût du frais, et du vrai poisson iodé... !

Hatem Belhaj
© Le Temps
9 mars 2004


Finances
Consolidation des états financiers

À l’instar des scandales de faillite pour un grand nombre d’entreprises à travers le monde (ex : Enron, Parmalat), les entreprises tunisiennes peuvent être aussi vulnérables (ex : Batam). Pour éviter de tels incidents et minimiser les risques, le législateur tunisien œuvre à intensifier les mesures garantissant la transparence et la crédibilité de l’information financière. En effet, l’année 2004 sera marquée par la mise en vigueur de la consolidation des états financiers pour les groupes de sociétés, l’élaboration d’un projet de loi sur la sécurité financière, la révision du Code des sociétés commerciales, outre la poursuite des cycles de formation sur l’audit comptable et de commissariat aux comptes touchant en particulier les PME-PMI.

Au nom de la loi  !

Mohamed Salah Ben Afia

Mohamed Salah Ben Afia, expert comptable explique la portée de la loi 2001-117 et l’exigence pour les groupes de sociétés en Tunisie d’établir des états financiers consolidés (EFC). Conformément à la loi 2001-117, les Groupes de sociétés en Tunisie sont appelés à établir, à partir du 31/12/2003, des états financiers consolidés (E.F.C). Le législateur avait accordé, lors de la promulgation de cette loi, un délai de deux ans aux groupes de sociétés pour qu’ils puissent être prêts pour cette échéance. Une affaire qui n’est pas aussi simple que cela, surtout pour les groupes de sociétés disposant plusieurs filiales. Certains ont déjà préparé leurs E.F.C alors que d’autres trouvent encore des difficultés. Pour avoir plus de données sur cette mesure, son apport et ses limites, nous avons interviewé M. Mohamed Salah Ben Afia, expert comptable et commissaire aux comptes.

- Quel est l’objectif de cette loi  ?
La loi 2001-117 concerne les groupes de sociétés qui jusqu’à aujourd’hui ne sont pas obligés de publier des états financiers consolidés. Cette loi vient combler ce vide et apporter aux utilisateurs des états financiers, une information financière particulière liée à la société mère et ses filiales de manière que ces utilisateurs seraient informés de la situation réelle du groupe : sa santé financière, son patrimoine, son niveau d’endettement, ses performances... Parmi les utilisateurs de ces états financiers consolidés figurent : les investisseurs, les actionnaires, les banques, les bailleurs de fonds, l’administration et tout autre agent économique en relation avec le groupe comme les clients et les fournisseurs. Dans un contexte de mondialisation, la Tunisie doit être au diapason des pays développés où cette loi existe déjà en Europe et aux États-unis. C’est la raison pour laquelle des normes comptables spécifiques aux groupes de sociétés sont mises en application en Tunisie à compter de l’exercice 2003.

- Quelle est la différence entre les états financiers individuels et les états financiers consolidés ?
Si nous allons nous limiter seulement aux états financiers individuels des sociétés, alors que celles-ci font partie du groupe, nous risquons d’être induits en erreur. En effet, des échanges, des produits des actifs et passifs gonflés risquent d’être indûment constatés lorsqu’ils proviennent d’opérations internes au sein du groupe. En fait, le bilan d’un groupe de sociétés n’est nullement la somme des bilans individuels de chaque société formant le groupe. Il en est de même pour les autres composantes des états financiers (état de résultat, état des flux de trésorerie...). Ainsi, nous pouvons dire que les états financiers individuels ne montrent pas une idée clair et précise sur la valeur économique des titres de participation. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin du recourir aux états financiers consolidés pour mieux évaluer et apprécier la situation réelle du Groupe. Une fois que les états financiers consolidés sont audités et approuvés par l’Assemblée générale de la société mère, ils seront publiés dans les journaux au même titre que les états financiers individuels. Ce qui donne à l’information financière des groupes de sociétés son caractère public.

- Quelles sont les entreprises appelées à établir des états financiers consolidés ?
Les entreprises concernées par la consolidation des états financiers sont celles ayant la forme de société anonyme et ont des participations dans d’autres entreprises. Autrement dit, chaque société ayant des filiales. C’est la société mère qui est obligée d’établir des états financiers consolidés.
La banque, étant donnée que c’est une société mère possédant des filiales, est appelée aussi à présenter des états financiers consolidés dans le sens où ces états donnent une meilleure présentation de la valeur réelle, de son volume d’affaires et de son patrimoine. Mais par rapport aux groupes de sociétés, les banques appliquent pour ses filiales à activité non financière la méthode de mise en équivalence et non une intégration totale ou proportionnelle car les états financiers consolidés d’une banque n’intègrent que les filiales à activité financière.

- Est-ce que c’est une opération délicate ?
C’est une tâche qui n’est pas facile. C’est pourquoi, ces entreprises se mettent aujourd’hui dans des actions de formation, des actions de préparation et de sensibilisation. Sur le plan technique, la consolidation des états financiers nécessite, en particulier pour les entreprises ayant de nombreuses filiales, des outils informatiques et des logiciels spécifiques qui ne sont pas disponibles actuellement sur notre marché. Il faut donc les acquérir de l’étranger ou les faire développer. Par ailleurs, et afin de faciliter l’opération de consolidation, les entreprises concernées sont appelées à organiser des cycles de formation pour son personnel, à homogénéiser les méthodes comptables au sein de toutes les filiales du groupe et à fixer un planning de travail car le manquement ou le retard constaté au niveau d’une filiale du groupe, risque de retarder la présentation des états financiers consolidés de ce groupe et de dépasser les délais réglementaires. Je pense que la durée (de deux ans) accordé par le législateur a été largement suffisante. La preuve, il y a déjà des groupes de sociétés qui ont déjà préparé leurs états financiers consolidés.

- Si le groupe de sociétés ne respecte pas les délais réglementaires, que peuvent faire les utilisateurs ?
Si une personne ayant une relation quelconque avec le groupe, (qu’elle soit un client, un fournisseur, une banque ou un actionnaire) se sent endommagée ou avoir subit un préjudice quelconque provenant de l’absence des états financiers consolidés, elle peut porter plainte contre la société mère et non pas contre le groupe de sociétés (celui-ci n’a pas la personnalité judiciaire).

Seifeddine Mattoussi
© Supplément Economia - Le Temps
9 mars 2004

- Mohamed Salah Ben Afia : Commissaire aux comptes et expert comptable - ORGA AUDIT


Un pipeline Jet fuel reliant l’aéroport Tunis-Carthage au Port de Rades

La Société SOTRAPIL l’unique transporteuse des hydrocarbures en Tunisie par pipelines, vient de lancer un appel d’offres pour les travaux de pose de ligne du pipeline transportant le kérosène du port de Rades à l’aéroport Tunis-Carthage.
Ce projet annoncé depuis quatre ans environ à l’occasion de l’introduction de la SOTRAPIL à la Bourse de Tunis devrait entrer en exploitation au début du deuxième semestre de l’année en cours. Le pipe « jet Fuel » dont le coût d’investissement est estimé à 6 millions de dinars, est d’une longueur de 18 km. Il a pour rôle de ravitailler les avions à l’aéroport de Tunis-Carthage en Kérosène.
Selon les analystes financiers, ce projet permettra à SOTRAPIL de générer un chiffre d’affaires additionnel en 2004. La maison de courtage en Bourse, Tunisie Valeurs prévoit une croissance conséquente de 11% du chiffre d’affaires de la société pour atteindre 6,5 millions de dinars fin 2004. SOTRAPIL a fait état d’un chiffre d’affaires en baisse de 5,5% pour le compte de l’année écoulée. Ses bénéfices ont affiché une baisse de près de 10% par rapport à l’année précédente pour se limiter à 2,88 millions de dinars. Cette baisse est due, entre autres, à une hausse des charges d’exploitation de 8,4%. Les investisseurs à la Bourse de Tunis paraissent laisser de côté le résultat en baisse de SOTRAPIL et se sont concentrés sur les effets positifs que pourrait générer le nouveau pipeline, dont l’information a poussé les actions de la société vers la hausse grimpant ainsi de 8,3% depuis le début de l’année 2004. L’action SOTRAPIL se traite actuellement au niveau de 14,400 Dinars. Cependant, les analystes de Tunisie Valeurs pronostiquent, que « l’investissement additionnel pour la construction du pipeline pèsera sur la rentabilité de la société ».
Ils prévoient une baisse des bénéfices de la société de 0,5% fin 2004 par rapport à l’année 2003. A signaler que la date limite de réception des offres pour la réalisation des travaux de pose du pipe Jet Fuel est fixée au 2 avril 2004.

Aïsha Ben Mahmoud
© Supplément Economia - Le Temps
9 mars 2004


Tout près de chez nous...

Cela se passe pas très loin de chez nous et en tous les cas, au sein du Maghreb (géographique). Les États-unis, tissant frénétiquement une toile solide dans le « Grand Moyen-Orient » viennent de finaliser un accord de libre-échange avec le Maroc. C’est le premier du genre avec un pays d’Afrique du Nord après celui signé dans l’aire Proche-Orient avec la Jordanie en 2001, sans parler, bien sûr, de celui déjà mis en route avec Israël et celui projeté avec Bahreïn. Le marché marocain sera, désormais, beaucoup plus ouvert aux exportations agricoles américaines pour des produits tels la volaille, le bœuf, le blé, le maïs et les graines de soja. Et cet accord prévoit aussi une large ouverture du secteur des servies plus particulièrement dans le domaine des télécommunications, de l’audiovisuel et celui financier. Les États-unis exportent pour 475 milliards de dollars vers le Maroc et le volume des importations marocaines s’est situé aux alentours de 11 milliards de dollars.
Or, les milieux d’affaires marocains et, plus particulièrement, les agriculteurs, ont manifesté leurs inquiétudes sachant que l’économie marocaine est performante au niveau des produits cités. Car l’agriculture emploie les 50% de la population active marocaine, cependant, que les céréales font vivre près de 8 millions de Marocains sur une population de près de 30 millions. Les autorités marocaines répondent, néanmoins que ce n’est toujours là qu’une ouverture partielle pour les produits structurants, dont les blés... Peut-être, aussi, qu’avec la montée de l’Euro, l’économie marocaine tirera à court terme, profit de cet accord dès lors qu’elle achètera en dollar et vendra en euro... Sauf que, même si cet accord est motivé par de hautes considérations politiques de part et d’autre, il y a tout de même à se demander ce qu’aurait été le Maghreb si l’on s’y était, d’abord, pressé d’instituer une zone de libre-échange.

Raouf Khalsi
© Supplément Economia - Le Temps
9 mars 2004


Hassen Guerfala expose à Jerba
Le miroir de la mémoire


Toute première exposition de Hassen Guerfala. Natif de l’île, professeur, disponible et affable, il a participé de tous temps à une infinité d’activités culturelles locales et régionales, mais de façon discrète et toujours en retrait. Il a aussi souvent conçu et réalisé beaucoup de décors d’intérieurs (cafés, hôtels, villas, administrations...) et aménagé quelques endroits de la ville. On l’a plus ou moins bousculé pour qu’il consente enfin à mettre à la lumière quelques unes de ses peintures, dans le cadre des 15° Rencontres Ferid Ghazi.
C’est une trame qui traverse la toile dans les sens vertical et horizontal, sous forme de spirale parfois, comme des sillons que dessinerait un peigne d’ivoire dans des cheveux lisses et luisants. Elle laisse ainsi des espaces de forme carrée ou rectangulaire, que Hassen Guerfala utilise pour nous rappeler tous les signes, symboles, qu’il a récoltés sur tous les supports de notre patrimoine, aussi bien sur les vieilles poteries jerbiennes, que sur les tapis et mergoums du sud, les bijoux, les talismans, les vieux plafonds peints, les tatouages, le henné des mariages... Ces fils tendus portent la mémoire et nos rêves. Une juxtaposition de fragments qui semblent hétérogènes mais s’imbriquent dans un tout harmonieux où l’abstraction, le symbole ; jouxtent l’hyperréalisme (tâches, couleurs, collages, giclées, glacis).
Cette utilisation de l’espace de la toile ainsi structuré, permet à l’auteur d’imprimer un rythme.
.Des motifs qui s’appellent, s’interpellent, glissent le long des murs en un chapelet interminable et infini. L’œil suit la longue pérégrination du poisson qui tourne, sautille, danse s’habille d’ambre, d’ocre, de rouille ; de rouge, de bleu, de vert, se faufile, s’arrête un moment et reprend sa ronde. Poisson qui obsède notre regard et notre imaginaire, nous fascine, nous charme. Tantôt, s’évade dans les fonds marins, au tréfonds de la mémoire, en quête des racines oubliées, enfouies sous les sables amoncelés. Tantôt exhumé, réapparaît, s’incruste dans un tatouage, s’emmêle aux doigts de la tisseuse qui l’accroche au tapis, ou au bakhnoug, décide de plonger dans la palette de l’artisan qui le reproduit sur l’étagère ou le coffre .Infatigable, le poisson se glisse dans la main de l’orfèvre qui l’imprime dans les fibules d’argent et dans toutes les parures de femmes : le poisson protecteur se décline à l’infini. .
Chaque toile, en réalité chaque page est une composition de modules interdépendants, pouvant s’articuler, s’interpénétrer, tout en étant lisibles en eux-mêmes, si on veut s’arrêter sur une minuscule partie de la toile. Toute l’intelligence de la peinture de Guerfala est là : nous laisser la perspicacité de "voir" les vides, les blancs, le non peint Une plongée en apnée dans la mémoire .Une superposition de minces films de peinture, diluées ou épaissie, permet une gradation très subtile des couleurs et donne des reflets lumineux. Les nuances de l’aquarelle rappellent les couleurs naturelles, à base végétale, utilisées par les ancêtres créateurs : la garance, le henné, le thé, les peaux de grenades, le safran, le curcumine...
"Mon désir le plus profond est qu’on puisse se rappeler les odeurs de ces produits, mêlée de façon fugace, lorsqu’on voit ces couleurs sur mes tableaux" aime à répéter Hassen Guerfala.
La superposition des collages, des calligraphies, de la vraie, des bouts de textes, donne l’impression de feuilleter un livre dont certaines pages sont altérées par le temps et l’abandon des hommes. Des bouts de parchemins manuscrits, de vrais morceaux de documents ramassés, transportent jusqu’à nous l’histoire et nous plongent dans ce passé lointain. Le patrimoine est là, devant nous. On lit notre histoire à travers cette trame" par transparence.
Guerfala s’amuse et joue avec certains passages, camoufle des parties et met en lumière d’autres, une nécessité de dépoussiérer notre héritage, si présent, partout.
Chaque tableau devient ainsi un bout de tissu brodé, un tapis, une tenture, des éclats de poterie. Du satiné pour nous donner cette impression de vieilli, comme un tissu, non usé par le temps, mais imbibé de l’histoire de celui qui l’a fabriqué et de la personne qui l’a porté. Le peintre tisse ces pages, lit et relie à sa façon les fragments de notre patrimoine. Il dévoile la richesse et la magnificence du passé. Il nous en montre aussi les cicatrices. Des éclats, des blessures qui ne nous laissent pas indifférents.

Fatah Thabet
© Le Temps
9 mars 2004




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