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Le Quotidien, Le Temps et La Presse du 8 avril 2004


Ordre des avocats
Les favoris de la course électorale

Bien que les cartes soient encore brouillées, certains candidats briguant le poste de bâtonnier du Conseil de l’Ordre des avocats partent favoris. D’autres ne semblent plus avoir leurs atouts en main. C’est que le « capital crédibilité » constitue le véritable catalyseur des intentions de vote ...

Huit hommes en robe noire ont déjà annoncé leur intention de briguer le poste de bâtonnier au cours des élections de la mi-juin prochain. Outre l’actuel bâtonnier, Me Bechir Essid, ce poste aiguise les appétits de plusieurs figures marquantes du barreau. Mes. Elyes Gargouri et Abdessattar Ben Moussa, respectivement présidents de la section de Sfax et celle de Tunis de l’Ordre ont désormais des ambitions plus grandes.
Me Brahim Bouderbela, candidat malheureux du 2ème tour face à l’actuel bâtonnier durant les élections précédentes semble chercher une revanche éclatante sur l’histoire. D’autres candidats tels que Mes. Mohamed M’kacher, Badiî Jrad, Abderraouf Ayadi et Jameleddine Bida ont préféré tenter leurs chances sur fond de divergences avec les « barons » de la profession.
Deux probables candidats hésitent encore à annoncer leurs véritables intentions. Il s’agit de Mes. Abdeljelil Bouraoui, ancien bâtonnier et Ridha Lajhouri, actuel membre du Bureau du Conseil de l’Ordre.

Bechir Essid

Éparpillement des intentions de vote
Ces candidatures record au poste de bâtonnier seront, selon les observateurs avertis à l’origine de « l’éparpillement, des intentions de vote ». Tous les courants du Barreau sont, en effet, représentés par, au moins, un candidat. Les campagnes électorales qui n’ont pas encore atteint leur apogée ne permettent pas de déterminer les candidats favoris. Tous les candidats sont en train de faire du « porte-à-porte » pour mobiliser les partisans sans plus car ils ne veulent pas jouer gros jeu de sitôt.
L’appartenance aux différents courants ne constitue également pas, aux yeux des observateurs, le facteur déterminant qui fera basculer la balance au profit de tel ou tel candidat puisque le barreau compte une bonne dizaine de courants, sensibilités et groupuscules.
Le crédit, facteur décisif
Le facteur qui sera décisif dans cette course électorale chaude, selon les avocats rompus aux subtilités électorales, est le « crédit » de chaque candidat.
Sur ce plan, deux candidats semblent se détacher du lot. Il s’agit de Mes Abdessattar Ben Moussa et Abdeljelil Bouraoui au cas où ce dernier décide de participer à la cause électorale.
Connu pour sa « modération, son sérieux et ses coups de maître », l’actuel président de la section de Tunis semble, selon ses confrères, bien placé pour accéder au second tour.
Me Bouraoui compte, quant à lui, sur la belle moisson de la période qu’il avait passée à la tête du Conseil de l’Ordre.
Symbolisant la « voix de la raison capable de tirer la profession du goulot d’étranglement dans lequel elle s’est embourbée », l’ancien bâtonnier serait en train de négocier avec les chefs de file des différents courants afin de dégager un « consensus » qui lui épargnerait de sortir par la petite porte.
L’actuel bâtonnier a perdu, selon ses nombreux détracteurs, sa crédibilité auprès de la base à cause de ses « frasques répétées » en matière de relation avec le département de tutelle.
Les autres candidats ne semblent pas dans l’état actuel des choses capables de tenir tête à ces trois candidats.
Toujours est-il que les deux mois qui nous séparent du rendez-vous électoral pourraient redistribuer les cartes et démentir tous les pronostics.

Walid Khefifi


Pour le débat...
L’idée était noble. Réunir tous les candidats au bâtonnat pour un débat public avec les avocats était une entreprise séduisante. Et après plusieurs rendez-vous avortés pour des raisons « diplomatiques », la rencontre a eu lieu. Elle avait un goût d’inachevé en l’absence de la majorité, mais Maître Jrad (l’initiateur du projet) a vu deux candidats, accepter le débat, en l’occurrence Maîtres Ayadi et Gargouri. Un bon « début », en attendant que les autres candidats acceptent le jeu.
Quoique...

Question-réponse !
A ses nombreux amis qui lui demandaient, lui l’avocat-journaliste, pourquoi il ne se présenterait pas aux prochaines élections pour faire profiter la profession de sa petite expérience, il a répondu :
- Je préfère garder ma plume plutôt que d’être... « déplumé » !
Sans (autre) commentaire !

Réunion-marathon et inscriptions à gogo...
Lors de sa réunion du 2 avril 2004, le Conseil national de l’Ordre des avocats a décidé l’inscription de 114 avocats stagiaires 96 auprès de la Cour d’appel et 21 auprès de la Cour de cassation. Notons parmi les heureux élus, Maître Mohamed Chaker (fils de Maître Yahia Chaker) et Maître Ahmed Jendoubi, l’ex-haut magistrat qui est passé de l’autre côté du prétoire...

Me Fethi El Mouldi


Impressions d’un séjour aux États-unis d’Amérique
La sacro-sainte "trinité"
Pouvoir fédéral, ONG et lobbies...

De notre envoyé aux USA : Noureddine Hlaoui. Passer trois semaines aux États-unis est-ce suffisant pour pouvoir cerner les divers contours d’un pays aussi vaste que complexe ? Est-il possible de comprendre les diverses mutations ayant amené une politique et un comportement américains "incompréhensibles" dans de nombreuses contrées du monde ? Sûrement pas...

Toutefois, étant donné le cadre et le thème de notre visite, nous avons eu la chance et l’avantage d’avoir des rencontres avec une cinquantaine de personnalités représentant des centres de décision dans cette première puissance mondiale. Nous avons eu, également, le privilège de visiter des lieux "fétiches" tels le Pentagone, le siège du département d’État, le Congrès et son unité de recherches, Georgetown University à Washington, le fameux et select Petroleum Club de Fort Worth au Texas, le siège des Nations Unies et Columbia University à New York, etc...
Il est vrai qu’on sait, tous, que la Maison Blanche, le Congrès, le département d’État, le Pentagone et les autres départements gouvernementaux ont la responsabilité des principales décisions prises sur les plans intérieur et extérieur. Mais ce que l’on sait beaucoup moins ou ce que l’on ignore carrément, c’est que ces entités sont influencées et obligées de tenir compte de points de vues et d’orientations "dictés" par d’autres par qui deviennent, parties conséquent, les véritables centres de décision.
En effet, vu que le citoyen américain ne s’intéresse qu’à ce qui le touche de près à savoir le coût de la vie, les impôts, la couverture sociale, l’emploi et toute autre considération de proximité et étant donné les dispositions et mécanismes régissant le fonctionnement de la société US, les Organisations non gouvernementales et les divers lobbies prennent une importance et une envergure sans pareilles dans aucun autre pays de la planète. C’est ce qui fait dire à certains que les États-unis forment à eux seuls une "planète" à part.

Participation tous azimuts...
Comme chaque américain tient à participer, donc à avoir son mot dans la gestion des affaires publiques, on enregistre une majorité écrasante de gens qui adhèrent à des associations et organisations de diverses vocations. D’où la force et le poids de la société civile.
En effet, le citoyen américain préfère payer des sommes assez importantes à l’association de son choix surtout qu’elle sera déduite de ses dus aux impôts. Ainsi plus l’organisation a un nombre important d’adhérents et un poids financier appréciable, plus elle est respectée voire crainte.
D’ailleurs, tout candidat à une élection pour un poste quelconque, aussi bien à l’échelle locale que fédérale, doit tenir compte davantage de l’importance des composantes du tissu associatif que du paysage officiel tout en œuvrant à trouver l’équilibre et le dosage indispensables à sa "survie" politique et sociale.
Ceci est surtout valable pour la politique intérieure. Pour ce qui est volet extérieur, les décideurs placés à l’exécutif (gouvernement fédéral) et au législatif (Congrès) sont contraints de prendre en considération le poids des différents lobbies existants et qui sont, essentiellement, de deux sortes à savoir ceux des diverses communautés d’origine étrangère et ceux des gros secteurs dont notamment les multinationales de pétrole, des armes, de banques, du transport aérien, du show-business, etc...

Le 11 septembre et... les opérations suicides
Commençons d’abord par les rouages officiels du pouvoir fédéral. Là où nous sommes et chez tous les responsables rencontrés, une unanimité se dégage quant à l’effet de tremblement de terre qu’ont eu les terribles attentats du 11 septembre. On les compare souvent au drame de Pearl Harbor. En un mot, plus rien n’est comme avant le 11 septembre.
En effet, l’aspect sécuritaire étant, désormais, un phénomène omniprésent dans la vie américaine de tous les jours et à tous les niveaux sur le plan intérieur, il l’est également pour la politique étrangère avec une priorité absolue accordée à la lutte antiterroriste. Il faut vraiment être sur place pour s’apercevoir de l’ampleur de cette nouvelle donne.
Concernant la politique suivie au Proche-Orient et plus exactement le conflit palestino-israélien, puisque c’est la cause qui intéresse tous les arabo-musulmans et à propos de laquelle la partialité flagrante de Washington en faveur de Tel-Aviv serait à l’origine du ressentiment existant dans le monde arabe envers les États-unis, on a constaté une certaine unanimité aussi bien chez les officiels que chez le commun des citoyens US, c’est-à-dire au sein de l’opinion publique.
Ils s’accordent à dire, effectivement, que "ce qui fait le plus tort à la cause palestinienne, ce sont les opérations-suicides".
"Que les Palestiniens cessent ces attaques, vous verrez alors une autre position américaine très différente, une position forte en faveur d’un règlement qui tiendra compte des droits palestiniens...", répètent nos interlocuteurs à tout bout de champ.
Peut-on les croire ? Y a-t-il d’autres intérêts et enjeux pétroliers, d’armement et autres ? La question reste posée tant que la configuration en question n’est pas encore de mise.

Le lobby juif, oui, les autre aussi
Avant ce voyage, on était convaincu que le lobby juif est le plus fort aux USA, qu’il décidait du sort des élections américaines, que rien ne se faisait sans son aval, qu’il avait la mainmise sur les secteurs névralgiques des finances, de l’information et du show-biz. Est-ce vrai ? Si c’est le cas, dans quelle mesure ?
Au vu des rencontres avec les premiers responsables du lobby juif et de celui de la communauté arabe, nous avons pu mesurer le fossé qui sépare l’action des uns de celle des autres.
M. Raphael Danzigar, directeur du département de recherches et de l’information de l’American Israël Public Affairs Committee (AIPAC) a été d’une logique implacable et très sûr de lui, sans atteindre le stade de "l’arrogance" ou de "la provocation".
"Oui, nous travaillons d’arrache-pied pour arracher l’aide annuelle de trois milliards de dollars approuvée par le congrès au profit d’Israël", a-t-il reconnu sans faux-fuyants. "Pour cela, nous agissons auprès de toutes les parties concernées en toute clarté et en toute légalité. Et nous parvenons à obtenir ce que nous voulons parce que nous menons un travail rationnel parce que nous sommes bien organisés et parce que nous sommes les meilleurs", a-t-il ajouté.
Parlant du lobby arabe, M. Danziger estime que ce dernier commence à bien manœuvrer, mais il reste encore trop loin pour la simple raison que "AIPAC défend les intérêts et la politique d’un seul État, alors que les Arabes ont vingt deux politiques", a-t-il précisé.
Franchement, on ne peut pas mieux exprimer une pareille vérité qui s’est vérifiée juste le lendemain. Ils étaient quatre représentants de divers groupes de la communauté arabe. Ils sont, certes, pleins de bonne volonté, mais quels intérêts peuvent-ils défendre alors que les pays arabes n’ont pas un minimum d’intérêts communs à faire prévaloir ?

Lobby insoupçonné et... "occulte"
D’autres lobbies existent tels ceux de l’industrie d’armement, du pétrole, des avocats, de l’industrie pharmaceutique (très puissant semble-t-il), mais celui qui nous a bien surpris surtout qu’on n’en soupçonnait même pas l’existence - est le lobby religieux chrétien, discret, puissant et "occulte". En effet, ce serait ce dernier qui se trouvait derrière la victoire du président George W. Bush aux élections de 2000.
Autre découverte surprenante puisqu’elle nous touche de près. Le soutien inconditionnel apporté par le Président Bush à l’État hébreu serait dû au fait que le mouvement en question croit en une thèse ou, plutôt, une légende stipulant que les lieux saints du christianisme en Palestine seraient mieux protégés et sauvegardés par un État juif, que par un État musulman. Curieux, mais instructif à savoir.
Ce voyage nous a permis ainsi, de faire pas mal de découvertes sur les mécanismes de décisions. Mais il nous a permis d’avoir d’autres rencontres intéressantes et bien d’autres moments forts que nous livrerons dans notre troisième et dernier volet.

N. H.


Une syndicaliste dans la bataille présidentielle de l’Algérie

Louisa Hanoun n’est peut-être pour beaucoup de gens en Algérie ou même ailleurs, qu’un nom parmi les six candidats aux élections présidentielles algériennes qui se déroulent aujourd’hui.

En devenant la première femme à briguer la magistrature suprême de l’Algérie cette femme brune aux yeux noirs qui reflètent un caractère à la fois audacieux et ferme est devenue un symbole pour la femme algérienne qui ne cesse de se battre pour un statut meilleur dans une société patriarcale et rigide. La femme algérienne, souvent marginalisée mais aussi quotidiennement menacée par les extrémistes durant les deux dernières décennies, aurait trouvé dans les idées présentées par la candidate Louisa Hanoun un refuge pour un rêve et un monde longtemps réfutés...
Lors de ses entretiens accordés à la presse étrangère, Louisa se définit comme "Syndicaliste, ouvrière, socialiste et démocrate". Louisa a été portée en 1989 à la tête du parti des travailleurs algériens ce qui lui apporte le soutien d’une vaste majorité d’ouvriers et d’ouvrières dans plusieurs secteurs défavorisés et oubliés.
Depuis sa décision de présenter sa candidature à la présidence, Louisa n’a cessé de faire parler d’elle par son courage et sa franchise dans un pays où les femmes, représentent 52% des 38 millions d’habitants, souffrent toujours d’inégalités... ce qui représente un paradoxe douloureux dans un pays où la femme peut devenir président, ministre ou magistrat mais qui n’est pas toujours maîtresse de sa vie privée. Le code de la famille, inspiré de "la charia", reste témoin car il impose à la femme algérienne le consentement d’un tuteur père ou frère... pour se marier, légalise aussi la polygamie et autorise le mari à prononcer sans motif la répudiation devant le juge. L’article 52, souvent contesté par la grande majorité des Algériennes, accorde le droit du domicile conjugal à l’époux même si la femme a obtenu la garde des enfants.
Des idées politiques opposées à celle du président sortant Bouteflika, Louisa Hanoun n’en manque pas. Elle ne rate pas une occasion de critiquer le plan Baker concernant la question du Sahara qui conduirait à ses yeux au démantèlement de l’Afrique du Nord. Lors d’une récente conférence de presse, elle a dit : "Au sein de l’UMA, nous devons nous battre pour régler nos différends entre nous".
Quel que soit le résultat final du scrutin, Louisa Hanoun aurait, d’ores et déjà, franchi une étape majeure et accompli sa mission avec fierté et succès en brisant les tabous et en investissant un domaine réservé jusque-là aux hommes.
Elle aurait, sans doute, apporté avec cette nouvelle expérience un nouveau souffle à la femme algérienne qui veut croire que la décision du roi Mohamed VI du Maroc de réformer la "Moudawana" incitera l’Algérie à combler son retard vis-à-vis de sa voisine la Tunisie qui a pris la décision de changer son destin depuis 1956.
Louisa Hanoun aurait, simplement fait honneur à la femme arabe en refusant de se soumettre au dicton "Sois belle et tais-toi".

Essia Elatrous


Une délégation de l’Agence de notation Fitch à Tunis
Réformes en cours en vue de sauvegarder les équilibres généraux

L’évolution des finances publiques notamment au niveau du système fiscal et de la maîtrise des équilibres financiers ont été au centre de la rencontre qui s’est déroulée mardi, entre M. Rachid Kechiche, ministre des Finances, et une délégation de l’Agence de notation Fitch.
Le ministre a souligné, à cette occasion, le souci continu de la Tunisie de mobiliser les ressources propres de l’Etat afin de financer le budget, malgré les difficultés rencontrées au cours des dernières années, en évitant le recours à la hausse du taux de pression fiscale qui n’a pas dépassé 21% du produit intérieur brut (PIB) au cours des trois dernières années.
M. Kechiche a rappelé que le déficit du budget a pu être maîtrisé progressivement, affirmant que la Tunisie a réussi à limiter les effets du démantèlement tarifaire, en adoptant une politique fiscale visant à élargir l’assiette, à garantir l’équité fiscale, à moderniser et adapter la législation aux exigences de la compétitivité de l’économie nationale.
Sur le plan de l’évolution des dépenses de la masse salariale, le ministre a indiqué qu’elles concernent essentiellement les secteurs stratégiques, tels que l’éducation, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle et la santé ainsi que la mise à niveau de l’administration en vue d’améliorer son rendement à travers le recrutement de cadres compétents, à même de s’adapter aux exigences du développement économique et social.
M. Rachid Kechiche a mis en exergue le souci du gouvernement d’adopter les réformes nécessaires en vue de sauvegarder les équilibres généraux, passant en revue, à ce propos, les différentes réformes ayant pour objectifs d’assainir le secteur financier et de consolider les assises financières du secteur bancaire.


Les nouvelles technologies à l’ordre du jour
La pertinence de la société de l’information

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntic) sont intégrées aujourd’hui à une large échelle au niveau mondial. Chaque pays s’est en effet rendu compte de l’importance de ces technologies qui facilitent certes la communication en temps réel mais aussi permettent de renforcer la recherche et l’innovation. Aujourd’hui, le marché des logiciels touche pratiquement tous les secteurs d’activité. En Tunisie et pour être au diapason de ces moyens performants de communication et d’information, le travail a commencé à la base pour toucher les établissements scolaires, lycées et universités. L’intégration des Ntic n’est pas une mode ou un luxe mais une nécessité et un besoin des secteurs socioéconomiques. C’est ainsi donc qu’un intérêt particulier est donné, à juste titre, à la société de l’information.
M. Jameleddine Ziadi, maître de conférences en management et Ntic à la faculté des Sciences économiques et de Gestion de Tunis (Université Tunis El Manar), se pose la question au sujet de la société de l’information et des connaissances : « Pourquoi ces concepts (anciens en réalité) remontent aujourd’hui sur la surface ?
« Ce n’est pas étonnant que plusieurs personnes considèrent ces concepts banals comme thème à problématique », estime notre interlocuteur qui pense de son côté que ceux-ci n’attirent pas leur attention. Mais il est nécessaire de traiter ces concepts en profondeur pour apprécier leurs répercussions sur la société moderne avec ses contraintes et ses contradictions. Plusieurs personnes, en effet, même si elles manipulent ces ordinateurs modernes des heures et des heures, ne sont pas en mesure de donner une réponse convaincante sur la société de l’information.

« Dimensions vitales »
Le responsable de l’unité de recherche e-masig finit pas souligner que « la remise de ces concepts (la société de l’information et des connaissances) sur la surface pourra être tributaire de plusieurs changements dont les plus fondamentaux sont, d’une part, la globalisation, la prolifération des technologies de l’information et de la communication et leurs effets sur toutes les dimensions vitales des individus, des groupes, des sociétés et de la communauté mondiale. D’autre part, l’importance accordée à l’accumulation des connaissances, leur gestion et leurs utilisations générales et planétaires dans une société ou dans la production et la bonne utilisation du savoir, du savoir-faire, du savoir-être et du savoir-communiquer est presque l’unique condition de survie des individus, des organisations voire des nations ».
La survie des nations grâce aux Ntic : cela peut paraître exagéré pour certaines personnes mais la réalité semble confirmer cet état de fait.

Engagement ferme de certains pays
Aujourd’hui, certains pays africains n’ont pas encore pu - sans doute faute de moyens matériel et de compétences humaines spécialisées - intégrer les Ntic dans les secteurs socioéconomiques et éducatifs. En effet, par rapport aux pays européens, ces pays ont beaucoup de chemin à parcourir, d’autant que leur situation économique connaît beaucoup de faiblesses : exportations en deçà des objectifs fixés, transactions lentes et non transparentes... Si certains pays se sont engagés fermement - comme la Tunisie qui est l’un des premiers pays arabes et africains à avoir donné l’intérêt qu’il faut aux Ntic et qui a réalisé plusieurs acquis - se sont engagés à mettre en place des programmes et des stratégies d’évolution dans le domaine, d’autres semblent encore privilégier le travail manuel en ne plaçant pas, en tout cas, ces technologies dans leurs priorités.
Si ces concepts sont de nouveau sur la surface de l’actualité car, comme pense M. Ziadi, ceux-ci ont été véhiculés à travers un processus très long, alimenté par les progrès scientifiques pluridisciplinaires réalisés et trop sollicités pour satisfaire les besoins internes et externes réels des organisations. D’où donc l’apparition de cette nouvelle société qui devrait marquer de grands tournants caractérisés notamment par une orientation pour l’organisation de sommets mondiaux sur la société de l’information.
Le deuxième sommet du genre sera accueilli par la Tunisie en 2005 et l’on s’attend « à plus d’harmonisation et plus d’équité limitant la fracture numérique, laquelle fracture risque d’aggraver le fossé » entre les pays développés et ceux qui sont en voie de développement. C’est pour cela que cette ère marquée par la globalisation favorise incontestablement ceux qui maîtrisent et dominent le plus la société de l’information et des connaissances.

Anticipation et solutions appropriées
Petit pays, comme le rappelle notre interlocuteur, la Tunisie à un atout considérable, à savoir une gouvernance clairvoyante, prédicative et moderniste en mesure d’anticiper et d’envisager des solutions appropriées à toutes les situations difficiles ou les conflits. Une telle gouvernance, qui privilégie l’intérêt général de l’État ainsi que le bien-être du citoyen en utilisant les moyens et outils les plus performants, est parfaitement adaptée à la société de l’information et des connaissances. M. Ziadi ajoute même que la Tunisie « a su s’introduire et conquérir une place dans cette nouvelle société de l’information et des connaissances en favorisant l’aspect immatériel. Notre pays est devenu un exemple dans les régions maghrébine, africaine et méditerranéenne ».
Même si, en Tunisie aussi, du chemin reste encore à parcourir pour que chaque entreprise (y compris les petites et moyennes d’entre elles) dispose de son site web et pourquoi pas d’un site marchand susceptible d’augmenter les exportations, les réalisations accomplies sont source de fierté surtout si l’on tient compte de la situation qui prévaut dans certains pays. Et notre interlocuteur le confirme bien : « En effet, à des degrés différents, les travaux de recherche empirique n’ont pas cessé de répertorier un peu partout dans les organisations des départements de l’État (administrations et organismes publics), dans les entreprises et même dans d’autres institutions de la société civile (associations, ONG) une conscience grandissante de cette nouvelle société, un investissement remarquable dans les nouvelles technologies de l’information et la communication et, ce qui est plus intéressant dans tout cela, c’est l’utilisation et l’exploitation assez évoluées des technologies de l’information et de la communication ».

Pour une prise de conscience générale
Rien ne sert donc de se précipiter pour atteindre des objectifs qui dépassent les moyens matériels et humains dont disposent un pays donné. L’essentiel c’est d’avoir cette volonté politique et cette prise de conscience générale chez le chef d’entreprise, l’élève, l’étudiant et tout les acteurs actifs de la société. Le travail sera fait ensuite selon un planning et une stratégie bien définis pour atteindre des objectifs précis, question de favoriser les connaissances et l’innovation, de promouvoir les exportations. Des compétences tunisiennes bien formées ont été en mesure de développer des applications qui n’ont rien à envier à celles qui sont conçues dans les pays les plus développés. C’est dire que notre pays dispose des ressources humaines les plus compétentes qui peuvent faire des prouesses si elles trouvent l’environnement favorable ainsi que les encouragements nécessaires.
En fait, au sujet des applications, M. Ziadi souligne que « partant d’applications informatiques dans certains domaines de la gestion, du fonctionnement et de la mise en place des ERP (système d’informatique intégré) jusqu’au e-management et en passant par le e-business (commerce électronique...), il n’est pas étonnant de voir certaines entreprises pratiquant le knowldge management. Celles-ci dépassent la bonne gestion de l’information et des Tic pour en faire des sources de création de nouveaux avantages compétitifs. »
Ces avantages peuvent constituer un plus pour l’entreprise à moins de savoir comment procéder pour bien écouler ses produits. Et ce n’est pas à la portée de tout le monde de faire preuve d’innovation et de création. Il faut disposer des connaissances suffisantes et du matériel de travail performant à la mesure des ambitions affichées. Il s’agit là, comme le précise bien notre interlocuteur, « d’une problématique très intéressante à traiter à la veille de l’organisation du sommet mondial de la société de l’information en 2005 à Tunis ». L’essentiel est donc de débattre de tous les aspects de cette problématique entre chercheurs universitaires tunisiens et étrangers de renommée mondiale et avec les professionnels du monde entier. D’ailleurs, pour donner le ton, l’unité de recherche e-masig de la faculté des Sciences économiques et de Gestion de Tunis de l’université de Tunis El Manar, le réseau Maghreb technologie « Magtech » et l’Atucom organisent un colloque à Tunis les 24 et 25 juin prochain. Des idées vont certainement se dégager des débats pour bien asseoir la société de l’information dans notre pays.

Chokri Gharbi


SMS international
En attendant le JORT

Les deux opérateurs GSM pourront, prochainement, fournir à leurs abonnés le service SMS international, tant attendu, après la publication au JORT d’un texte relatif à ce sujet.

Faisant l’objet d’une grande polémique, le service du SMS international devrait être exploitable prochainement auprès des deux opérateurs GSM, après la mise en place d’un cadre juridique qui légalise ce type de services. En effet, selon une source auprès du deuxième opérateur GSM « Tunisiana », de nouveaux textes régissant les services à valeur ajoutée (numéro court, SMS international...) seraient sur le point d’être publiés dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT). Ces textes permettront aux deux opérateurs GSM, notamment Tunisiana qui est prête techniquement, de commercialiser le service SMS international.
Sur un autre plan, concernant la stratégie d’avenir du deuxième opérateur, la même source précise que la priorité est actuellement aux services à valeur ajoutée qui lui permettront de diversifier sa gamme de services.
Tunisiana procède, actuellement, au renforcement de son réseau dans les régions couvertes, soit plus de 60% du territoire, dont la plus récente est la région de Ben Guerdane. En ce qui concerne le nombre des abonnés du deuxième opérateur GSM, on apprend qu’il a dépassé actuellement les 600 000 abonnés.

M. Z.


Réaménagement du lac sud de Tunis
Démarrage des travaux dans une année

Relancé dernièrement dans le cadre de la révision du schéma de réaménagement de la ville de Tunis, le projet de restauration du lac sud de la capitale fait l’objet actuellement d’une étude. L’accélération des différentes formalités se poursuit à pas de géant et le démarrage des travaux est prévu dans quelques mois.

L’exécution du projet d’aménagement du Lac sud de la capitale sera entamée prochainement puisqu’un appel d’offres sera lancé dans les jours à venir en vue du démarrage de la deuxième phase de ce projet. Les travaux de cette phase qui seront consacrés à l’aménagement et à la commercialisation des espaces fonciers situés sur les Berges du Lac devraient démarrer dans un délai d’une année, selon une source digne de foi au sein du ministère de l’Équipement. D’ores et déjà, un autre appel d’offres a été lancé en vue du montage institutionnel et financier du projet et une étude déterminera prochainement le montant de l’aménagement. Cette étude définira les critères, les conditions et les modalités en référence à l’expérience de la société de promotion du lac de Tunis (SPLT) en matière d’aménagement et de commercialisation.
Outre les terrains qui seront consacrés aux grandes infrastructures, l’aménagement du Lac sud portera sur une superficie de 683 hectares.
Près de 269 ha seront consacrés à la construction des quartiers urbains, contre 54 ha aux grands équipements. Dans le cadre du schéma d’aménagement du Lac Sud, il est également prévu des zones d’activité non polluantes de 86 ha.

Des espaces verts au menu
Dans le cadre de ce même plan d’aménagement du Lac Sud, 274 ha seront consacrés aux espaces verts. Les surfaces qui seront réservées à la fonction résidentielle devraient abriter à terme 120.000 habitants.
Outre la Cité résidentielle, la reconversion du Port de Tunis en port de plaisance constitue l’autre composante du projet de réaménagement du Lac Sud.
Les deux autres principaux aspects de sous-projet sont relatifs à la transformation du plan d’eau en port de plaisance et l’aménagement des terre-pleins.
Une étude des besoins en place d’accostages pour ses différents segments (bateaux de passage, grande plaisance) a estimé la demande à un total de 710 places à l’horizon 2010, avec une demande, en première phase d’environ 250 places.
L’aménagement du linéaire d’accostage qui constitue aussi une autre composante du réaménagement du port de plaisance s’étend sur 3000 mètres répartis surtout le bassin du port qui couvre 50 ha. Dans la même lignée, il est prévu aussi un aménagement des terre-pleins et des terrains nécessaires seront consacrés aux grandes infrastructures.

Ousmane Wagué


Transition épidémiologique en Tunisie
Nécessaire adaptation du système de santé
- Manque de chirurgiens, de physiciens et d’équipements pour la prise en charge des cancers.

A l’instar d’autres pays, la Tunisie est en train de vivre une transition épidémiologique caractérisée par l’émergence de nouvelles pathologies : maladies cardio-vasculaires (cardiopathies, diabète, hypertension artérielle etc), cancers etc... Ces maladies dont l’incidence est sur une courbe ascendante sont liées essentiellement au changement du mode de vie : régime alimentaire, sédentarité et leur corollaire l’obésité ainsi qu’à l’augmentation de l’espérance de vie et au vieillissement de la population...
Le système de santé classique, conçu pour affronter les maladies infectieuses et transmissibles, est appelé de ce fait, à mettre ses pendules à l’heure, histoire de faire face à ces nouvelles affections, qui l’ont pris un tout petit peu de court...
C’est justement pour relancer le débat national sur la transition épidémiologique et son impact sur le système de santé, que l’Institut National de Santé publique (INSP) organise les 7 et 8 courant, à Tunis, ses journées nationales sur ce même thème. Un aréopage de médecins et spécialistes de différents bords, plancheront, le temps de cette rencontre, sur cette problématique et proposeront les stratégies qui gagneraient à être mises en place pour prévenir ces maladies d’époque. La lutte contre les maladies cardio-vasculaires en Tunisie : situation et perspectives, l’épidémiologie des cancers en Tunisie, la stratégie de lutte contre le cancer en Tunisie, l’insuffisance rénale chronique etc, sont autant de thèmes qui figurent à l’ordre du jour de ces journées.

Le tabagisme sur la sellette
Selon Dr Hichem Azouz, de l’INSP, ces journées, premières du genre, visent à étudier l’impact des pathologies émergentes sur le système de santé et de conforter les stratégies en place de lutte contre ces maladies.
L’INSP a d’ailleurs pour, entre autres, missions d’étudier, à travers des recherches, l’impact de ces maladies sur le système de santé, de surveiller les facteurs de risques et de faire des recommandations aux décideurs pour l’élaboration de stratégies futures.
Les maladies émergentes ne sont pas apparues ex nihilo. A part, les facteurs héréditaires voire génétiques, d’autres éléments constituent un terrain favorable à leur déplorable éclosion. Les comportements à risque tels que le tabagisme, sont les premiers à mettre sur la sellette. Il en est de même de cette propension -de plus en plus grandissante- chez les Tunisiens à la sédentarité. On a tendance à dire à cet effet, que la vie moderne qui nous a donné le confort d’une main (voiture, ascenseur etc) nous l’a pris de l’autre en s’en prenant à notre santé, de plus en plus figée dans "l’immobilisme" physique. Avec ce train de vie peu enclin à l’activité du corps, le Tunisien a gagné, au fil des ans, en surcharge pondérale, principal facteur de risques pour les pathologies émergentes. La prévention revient donc à rompre avec les mauvaises habitudes qui semblent être érigées en modèle. Cela équivaut, en deux mots, à arrêter de fumer, à manger sain ( la diète méditerranéenne est fortement conseillée), à faire du sport...et essentiellement à avoir la volonté pour introduire cette petite révolution dans notre quotidien.

Sous-enregistrement  ?
Les cancers, sont à juste titre, parmi les pathologies qui illustrent cette transition épidémiologique. Dans un bref entretien qu’il nous a accordé, Pr. Mansour Ben Abdallah indique que l’incidence des cancers, toutes localisations confondues, en Tunisie est entre 9000 et 10 000 nouveaux cas par an. Cette incidence varie légèrement selon qu’il s’agit des hommes ou des femmes. Elle est de 100 nouveaux cas sur 100 000 hommes par an, et de 90 nouveaux cas pour 100 000 femmes par an. La première localisation chez la femme est de loin le cancer du sein qui représente 30 % des cancers féminins. Le cancer du col de l’utérus est beaucoup moins fréquent avec 5 cas sur 100 000 femmes par an. Mais, peut-on parler à ce titre d’un sous-enregistrement qui entamerait la fiabilité des chiffres ?
Selon notre interlocuteur, le sous-enregistrement ou le sous-diagnostic est très faible. Pr. Ben Abdallah, estime que le retard de diagnostic est très complexe. Il est lié à des facteurs psychiques, à notre nature de méditerranéens, à la peur etc...
Les cancers masculins, eux, sont aussi préoccupants. Le cancer du poumon enregistre une augmentation effroyable avec 25 nouveaux cas sur 100 000 habitants, suivi par les cancers de la vessie, de la prostate (lié au vieillissement), du larynx...
Le système d’observation des cancers en Tunisie repose sur les registres de surveillance. Il y en a 4 à savoir les registres du Nord, du Centre, du Sud et le registre national.
Pr. Ben Abdallah qui s’occupe du registre du Nord, nous indique que la deuxième édition du registre sera publiée dans les semaines qui viennent. Celle-ci couvre la période 94/98. La première édition a été publiée en 2000. Par ailleurs, l’on se propose de sortir dans deux ou trois ans les résultats de l’incidence du cancer pendant la période 94/2003, ce qui permettra de voir l’évolution du cancer et la tendance future.

Des insuffisances
En dehors des registres qui constituent des outils efficaces pour assurer la surveillance du cancer et mettre en oeuvre les politiques de prévention adéquates, des insuffisances restent à combler, tant au niveau des équipements qu’à celui du personnel médical. Des exemples et non des moindres, il y a une seule bombe COBALT (nécessaire pour la radiothérapie), pour un million d’habitants. On manque aussi, selon notre interlocuteur, de locaux, de chirurgiens et de physiciens d’hôpitaux.
Il s’agit là d’un problème de formation qui gagnerait à être corrigé. Le nouveau programme franco-tunisien sur le cancer axé à juste titre, sur la formation saura-t-il rectifier le tir ?
Ceci étant, et en attendant l’avènement dans quelques années du centre de l’Ariana, l’Institut Salah Azaïz a atteint un seuil de saturation. L’Institut effectue 11 000 consultations par an et prend en charge 2500 nouveaux cas de cancer par an.

Hajer Jeridi


Paroles du Quotidien
La santé comme atout

En fêtant hier, comme les autres pays du monde, la Journée mondiale de la Santé, la Tunisie a de quoi être fière du chemin déjà parcouru dans ce domaine. Découlant directement de la philosophie du Chef de l’État de placer l’individu tunisien au centre de tous les programmes, de toutes les réformes et de toutes les stratégies, la santé a été particulièrement ... soignée.
L’infrastructure hospitalière tunisienne est aujourd’hui citée en exemple par les pays développés dont certains envoient leurs patients s’y faire soigner, nous allions dire choyer, en toute confiance. Car cette infrastructure ne compte pas seulement des bâtiments construits selon les standards les plus stricts. Il y a aussi cette attention particulière accordée aux innombrables équipements de haute technologie qui font la différence entre une médecine moderne et une pratique moyenne. La formation de haut niveau des divers cadres hospitaliers, qu’ils soient médecins, infirmiers, gestionnaires, techniciens... a été également l’un des chevaux de bataille du Chef de l’État qui n’a pas cessé de souligner que le Savoir est le principal enjeu du XXIème siècle.
Ce qui est impressionnant dans la politique de santé de la Tunisie, c’est aussi le fait que cette modernisation constante de tous ses jalons ne s’est pas uniquement arrêtée à quelques villes. Au contraire, partout où se trouvent nos concitoyens, l’armada de la santé est omniprésente jusque dans le moindre dispensaire, avec une qualité de soins, d’hygiène et même d’accueil qui défie toute concurrence.
Cerise sur le gâteau, la santé n’est plus depuis de longues années l’apanage du seul secteur public en Tunisie.
Des cliniques qui poussent les notions de compétence et de confort dans leurs derniers retranchements contribuent à compléter le credo de ce secteur central dans notre pays : il n’y a pas de zones d’ombre en matière de santé en Tunisie.

Manoubi Akrout


A l’occasion de la célébration de la « Journée mondiale de la santé » placée cette année sous le sine de la sécurité routière, il sera procédé, ce matin, à la signature d’un accord de partenariat entre le ministère de la Santé et l’Association tunisienne de la prévention routière.
Cet accord entre dans le cadre de la concrétisation des instructions données par le Président Ben Ali le 23 avril 1998 (à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des associations) quant à la nécessité d’établir des courants de partenariat entre les structures étatiques et le tissu associatif.

Médecine d’unité
La Direction générale de la santé militaire organise la première « Journée de médecine d’unité ».
Différents thèmes se rapportant au milieu sanitaire militaire seront débattus au cours de cette manifestation scientifique, qui aura lieu aujourd’hui à l’hôtel El Mechtel, dont notamment :
- l’aptitude médicale au service armé
- le diabète au quotidien : soins primordiaux

-  les infections respiratoires basses...
La médecine d’unité est un élément de base de la santé militaire de par ses spécificités liées à la nature propre de chaque unité de l’armée nationale. Elle se caractérise aussi par les missions qui lui sont dévolues en tant que médecine de première ligne et médecine intégrée.

Ouverture des guichets bancaires le samedi
La Banque Centrale de Tunisie (BCT) annonce dans un communiqué, publié hier, qu’en vue de permettre le bon déroulement des transactions durant le congé de la fête des Martyrs et de la fin de la semaine, il a été décidé que les banques assurent au public le samedi 10 avril 2004 de 9 heures à 12 heures un service de caisse et de change manuel.
Par ailleurs, la BCT assure le même jour de 9 heures à 12 heures un service de paiement à son siège à Tunis et dans ses comptoirs de Bizerte, Gabès, Gafsa, Jendouba, Kairouan, Kasserine, Médenine, Monastir, Nabeul, Sfax et Sousse.

Spécial baccalauréat
Une journée d’information relative aux nouveaux supports de révision et de soutien aux élèves sera organisée lundi prochain par le ministère de l’Éducation et de la Formation. Au programme une visite guidée dans les dédales de l’Institut national de bureautique et de micro-informatique (INBMI), lequel réalise des supports électroniques de soutien aux candidats au baccalauréat ainsi qu’une rencontre avec M. Raouf Najjar, ministre de l’Éducation et de la Formation.
Les créations artistiques des étudiants en matière de photographie et de peinture orneront les cimaises de la galerie de la Kasbah à Sfax.
Plusieurs étudiants des facultés du Sud tunisien ont choisi de participer à cette exposition qui démarre aujourd’hui et se poursuivra jusqu’au 11 de ce mois.
A noter que cette exposition est organisée dans le cadre de la 14ème édition du Festival culturel et sportif dans les facultés du Sud.
Deux rendez-vous attendent nos bambins surtout ceux qui aiment le 4ème Art. Le premier rendez-vous sera pris avec l’équipe de la pièce « Le chanteur de Carthage », et ce, au Centre des arts dramatiques et scéniques du Kef alors que le second rendez-vous sera avec « Le marionnettiste ». Cette pièce sera présentée au Centre des arts dramatiques et scéniques de Sfax.

Des liens arabo-russes
La Chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions organise un colloque international sous le thème « La circulation des hommes et des cultures entre la Russie, le Proche-Orient et le Maghreb ». Ce colloque se tiendra du 12 au 14 avril à l’hôtel Sidi Bou Saïd (Sidi Dhrif).

Des pépites et des lumières
Souad Chéhibi a décidé de présenter ses dernières oeuvres dans les salons de la ville des Lumières. « Éclatement » est le titre qu’a choisi l’artiste pour cette exposition qui sera inaugurée le 10 avril à 18h00 à l’Espace « Osmoz’Café » à Paris. Cette exposition qui se prolongera jusqu’au 8 mai sera une occasion pour les Parisiens de découvrir la nouvelle démarche qu’a adoptée récemment l’artiste tunisienne, qui sait allier modernisme et classicisme.

Énergies renouvelables
L’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER) organise le quatrième « Séminaire régional sur la maîtrise de l’énergie dans les municipalités » et ce, le 12 avril 2004 à Tabarka.
Ce séminaire vise la sensibilisation des responsables des municipalités des gouvernorats du Nord-Ouest sur l’opportunité et l’importance de l’utilisation des moyens modernes pour la rationalisation de la consommation d’énergie et de la promotion des énergies renouvelables.


Journée nationale de la maîtrise de l’énergie
Le recours aux énergies renouvelables est indispensable

Compte tenu du bilan énergétique tunisien, le recours aux énergies renouvelables demeure indispensable pour la prochaine étape. Et la Tunisie est consciente de l’importance de l’enjeu.
En marge de la célébration de la troisième Journée nationale de maîtrise de l’énergie, l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER) a organisé les troisièmes Journées d’études sous le thème « La maîtrise de l’énergie : un impératif de développement durable ».
M. Fethi Merdassi, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, a précisé au cours de son allocution d’ouverture, que la Tunisie, consciente de l’importance de l’enjeu des énergies renouvelables, a entamé durant ces dernières années un programme complet incitant à l’utilisation de ce genre d’énergie en plus du gaz naturel.
Plusieurs projets ont été réalisés dans ce cadre, dont le plus important est celui de la Centrale éolienne de Sidi Daoud (Cap-Bon) qui est entrée en service en 2000.
L’énergie éolienne constitue l’une des énergies renouvelables les plus importantes en Tunisie et c’est pour cette raison que le programme de la maîtrise de l’énergie prévoit sa promotion à travers l’ouverture de ce secteur à la concurrence après la construction d’autres centrales éoliennes selon une récente étude stratégique sur les énergies renouvelables réalisée par l’ANER, le bilan énergétique tunisien a connu plusieurs mutations durant les deux dernières décennies.
Alors qu’il était à un excédent important durant le début des années 80, ce bilan est devenu déficitaire ces dernières années, à cause de l’évolution très importante de la consommation nationale contre une légère croissance de la production.
M. Néjib Osman, l’un des consultants de l’étude stratégique, a souligné que l’un des principaux objectifs de cette étude est de proposer un plan d’action permettant l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bilan énergétique pour atteindre un taux de près de 3% à l’horizon 2010.
M. Osman a ajouté que, face à la situation actuelle, que ce soit au niveau national ou international, le recours aux énergies renouvelables demeure incontestable pour les prochains Plans de développement.

Mohamed Zghal


Factures d’électricité salées
La faute au pourvoyeur ou au consommateur ?


D’aucuns se demandent si notre principal pourvoyeur en énergie n’a pas augmenté ses tarifs d’une manière ou d’une autre. Les dernières factures de la STEG, de l’avis de plus d’un, étaient particulièrement salées. L’explication de ce phénomène se rapporterait aux mauvaises habitudes des consommateurs.

La tarification de la STEG a-t-elle été revue à la hausse ? Beaucoup d’abonnés de notre principal pourvoyeur en énergie se plaignent de la hausse enregistrée, dans les factures, ces derniers jours, notamment en comparaison avec les précédents relevés.
Certains estiment à l’examen de leurs récentes factures que le montant avait été carrément multiplié par deux, voire plus.
Qu’en est-il au juste ?
Un responsable bien informé de la STEG nous précise que la tarification de la STEG est la même depuis plusieurs années et qu’il n’y a pour le moment aucun projet de réexamen des critères en vigueur.
Il explique que cette hausse est normale après l’hiver. Durant les mois de décembre, janvier et février, il est de coutume, dit-il, que la consommation de l’énergie électrique accuse une hausse en raison du froid hivernal. Les nuits sont plus longues et certains ne font pas de calculs pour contrecarrer le froid de canard.
Notre source précise toutefois que la consommation de l’énergie domestique a enregistré une hausse 8,3% en 2003 par rapport à l’année 2002. La consommation industrielle a, de son côté, accusé une hausse de près de 5%.
Cette donne se répercute en toute logique sur le montant final des factures. En d’autres termes, le budget des consommateurs de l’énergie domestique est grevé de 8,3% par an.
Notre interlocuteur explique que la hausse constatée est, entre autres, due aux mauvaises habitudes des consommateurs.
Nous avons, à cet effet, « disséqué » une facture d’un montant de 134 dinars. Il s’agit d’une facture domestique pour une consommation de l’énergie durant 4 mois.
Le libellé éclairage mentionne la somme de 50,654 dinars. Le chapitre du chauffe-eau électrique enregistre quant à lui le montant de 54 dinars.
Huit dinars seront payés en tant que frais de recouvrement, deux dinars quatre cents millimes en tant que frais de rappel, cinq dinars et des poussières seront versés au profit de l’ ERTT.
Si l’on divise par quatre le montant de l’éclairage, on constate que, mensuellement, le consommateur est appelé à payer 12 dinars 500 millimes pour l’éclairage et près de 14 dinars pour le chauffe-eau.
Notre interlocuteur conseille aux divers consommateurs de se reporter à une étude distribuée gratuitement par la STEG précisant en détail les tarifs de chaque appareil domestique utilisé et les moyens de les atténuer.

Lotfi Touati


En 2 mots
Parking 5 étoiles !

A Sidi Bou-Saïd, on dépense cinq cents millimes pour boire un café dans un lieu superbe en plein air, mais on doit payer à l’avance deux dinars pour pouvoir y accéder. En effet, le tarif du parking dans cette banlieue est fixé à deux dinars. A voir les responsables du parking exiger un tel tarif, on peut se dire qu’ils font tout pour dissuader les gens de venir à Sidi Bou... La municipalité ne devrait pas, normalement, tolérer une telle exploitation.


Garagistes

L’Union régionale (UTICA) de Ben Arous vient de mettre le doigt sur un problème récurrent qui éprouve la patience de nos concitoyens depuis des années et des années. Mettant en débatte sujet du recyclage de certaines professions, ils y ont évoqué le problème des garagistes. L’expérience de les recycler a déjà été tentée, non sans succès, mais elle nous semble encore trop « localisée ».
Les centaines de milliers de ménages qui possèdent une voiture ont évidemment affaire peu ou prou aux garagistes et les problèmes et le manque de professionnalisme de beaucoup de ces praticiens sont de notoriété publique. La plupart ayant appris le métier « sur le tas », la qualité des prestations était trop souvent médiocre.
L’UTICA devrait peut-être s’atteler à concocter un programme plus ambitieux que quelques jours de formation pour proposer une vraie stratégie nationale en la matière, en coordination avec les départements de l’emploi.

Manoubi Akrout


Compagnie Tunisienne de Navigation
Entrée en service des réservations on-line


Dans le cadre des préparatifs de la haute saison 2004 et après avoir procédé à l’ouverture des réservations depuis le 19 février dernier, la CTN (Compagnie Tunisienne de Navigation) vient de mettre en service à travers son site web (www.ctn.com.tn) la fonction de réservation et d’achat on fine pour les clients résidant à l’étranger.
Le site web de la CTN qui vient d’être mis à jour et relooké permet par ailleurs à tout internaute d’effectuer une visite virtuelle à l’intérieur de chaque navire de la Compagnie et de procéder, en cas de besoin, à une réservation. A l’ouverture du site, des rubriques sont consacrées à l’historique et aux services de la Compagnie, ainsi qu’à sa démarche en matière de qualité et de sécurité.
On y présente également la flotte. Les deux rubriques « Passagers » et « Marchandises » affichent par ailleurs les lignes, les horaires et les réglementations...
Il est à rappeler à cet effet, que trois car-ferries seront mobilisés cette année pour assurer le retour des Tunisiens de l’étranger durant les vacances estivales. Il s’agitde deux C/F en propriété, le « Carthage » et le « Habib » en l’occurrence et d’un car-ferry affrété, « El Venizelos ».


Concert
El Bahth El Moussiki au Théâtre municipal
La chanson, une arme chargée de futur

El Bahth El Moussiki

Ils ont été pendant une dizaine d’années la voix de la chanson engagée, ou plutôt alternative comme il plaît à certains de la qualifier. Ils étaient cinq et ils étaient de Gabès, d’où le nom qu’ils ont choisi à leur groupe « La recherche musicale de Gabès ».
Les longues années de mutisme et de profond silence n’ont pas nui à leur popularité auprès d’un certain public qui a accompagné leurs débuts.
Bien au contraire, cette longue absence n’a fait que consolider leur image dans la mémoire des nostalgiques et donner encore plus de ferveur à une jeunesse en crise d’idéal, à la recherche d’une chanson qui lui ressemblerait.
Le Théâtre municipal était ce soir-là archicomble. El Bahth El Moussiki a réussi, avec ce retour, à drainer une foule que même le festival de la musique tunisienne n’avait pas réussi à faire. Et le théâtre fêtait sur les notes de Nebras, et de Khemaïes, et avec la voix de Amel, la Journée de la terre, une initiative de la section de la jeunesse ouvrière de la femme et des associations de l’UGTT.
Ce retour, marqué par une grande émotion, aussi bien sur la scène que dans la salle, pourrait-il être l’objet d’une critique musicale ? Pourrait-il susciter chez les mélomanes une quelconque émotion artistique et musicale ?
D’où vient cet engouement chez les jeunes pour ce groupe de musique qui, contre vents et marées, a survécu à l’oubli ?

El Bahth El Moussiki aussi déterminé que naguère
Ce qui est sûr, c’est qu’ils étaient là, sur scène, accompagnés au violon, à la contrebasse, au violoncelle et aux percussions. Ils étaient présents pour découvrir ou plutôt pour redécouvrir leur nouveau public. Un public qui reprenait en chœur tout leur répertoire, formant une chorale spontanée qui s’imprégnait des souvenirs d’antan, d’un patrimoine particulier de la musique tunisienne.
La voix d’Amel Hamrouni qui déclinait ce mur du silence, sa complicité avec Nebras et Khemaïes, ses compagnons de route, et ce retour vers les plus grands succès du groupe, nous renvoient forcément à une autre attitude artistique, à un rapport à la scène et à la chanson qui installe, l’expérience du Groupe de la recherche musicale, dans une optique qui a fini par se perdre dans la chanson tunisienne : la chanson dite engagée ou alternative.
Dans la même lignée de Cheikh Imem, de Ahmed Foued Najm, de Marcel Khalifa et l’expérience du groupe El Mayadine, de Mohamed Bhar, de Khoumassi et bien d’autres formes de musiques engagées, « El Bahth El Moussiki » est aujourd’hui aussi déterminé qu’autrefois à assumer son rôle, et son retour à la chanson n’est qu’une preuve du désir de ce groupe de renouer avec son passé de chanteurs-musiciens troubadours. Ceux-là mêmes qui savaient si bien mettre sur pied ... un poème de Adem Fethi, de Abdeljabar El Euch ou de Belgacem Yâacoub pour porter cette parole de poète dans l’univers musical proposé par le groupe. Un univers bercé par un lointain patrimoine du Sud, une musicalité profondément ancrée dans l’histoire et des notes aux rythmes binaires de la vie.
Une chanson pour ceux qui aspirent à un lendemain meilleur, une chanson contre l’oubli et les mémoires oublieuses, contre la médiocrité et le déni, telle est la devise qui oriente le retour d’« El Bahth El Moussiki ».
Un retour qui semble ne pas s’arrêter à un patrimoine et à un succès déjà acquis, mais encore, et toujours, à la recherche du mot qui en dit long et à la phrase musicale qui vient du plus profond de l’être pour toucher l’universalité du sens de l’art.

Asma Drissi


24 heures de scène au Kef
Le Kif du Kef

Lassâad Ben Abdallah, encore hanté par les panneaux routiers, mais du tout affecté dans sa puissance de travail qu’il compense par un effort surhumain - et souhaitons lui le recouvrement total de sa forme physique - a inscrit la 4ème session des "24 heures d’arts dramatiques et scéniques du Kef" sous le signe du fameux "stop" (ou "Quif" en arabe) bien connu, conviant ses hôtes, artistes ou public, à s’arrêter, autour de la journée mondiale du théâtre, au centre national des arts dramatiques et scéniques du Kef, comme au théâtre Municipal, à la Basilique, sur la place de la mairie, mais aussi à se faire prendre en stop : "Quif au Kef".

Lassâad Ben Abdallah

Le "Kif" (plaisir) du Kef, c’est cet enchaînement ininterrompu de spectacles non-stop dans les 2 salles contiguës du CNADSK, autres monuments et sites plus anciens, du 26 au 27 mars. C’est avec le brouillard ténu et la fraîcheur piquante arrosée d’ondée en soirée, l’affluence qui va croissant et se réchauffant, agglutinée devant les portes, tous âges confondus.
C’est la fête des théâtreux nationaux, toutes origines de formation et de naissance confondues, ce sont aussi les rencontres transdisciplinaires qui œuvrent ou s’interrogent, sur scène, à la table de conférence, face à l’écran de projection, sur les parois du salon d’exposition, au bout des pinceaux de Rachida Amara, Mohamed Ben Salem, Karabibène et Mahmoud Chelbi et des... enfants. La fresque réalisée à la lumière du jour ou en nocturne, témoigne de la perception scénique mise à plat. La scène est-elle une envolée lyrique comme l’expriment certains, la concrétisation d’un imaginaire personnalisé, l’espace de l’échappée ou la liberté du costume comme l’exprime le plus jeune des pinceaux, âgé de quelque 9 ans... Tandis qu’Adel Megdiche soulève la question de l’espace de la représentation,à partir de la composition comparative entre toiles occidentales et orientales.
Groupes convergeant de Sousse à Tunis et familles confluent vers les baladins venus aussi de France (grâce à l’IFC) pour accomplir le rituel du spectacle, annoncé dans la cour par des feux follets. Car le centre, attaché à former jeunes vocations locales et futurs professionnels de la scène, draine sporadiquement tout au long de l’année les mordus de la performance : stages de danse, de théâtre, d’acrobatie, aux échasses... Tout en espérant que la formation dispensée s’assure une continuité sur plusieurs années et une évaluation qui lui permettrait d’asseoir une crédibilité réellement professionnelle.
Aux "échassiers", parcourant la ville à grandes enjambées pour conduire aux spectacles de rue, succèdent à la veillée, les Conteurs, tels Bechir Drissi en Arabe et Mahmoud Abdennebi chassant en français sur les terres de Maupassant. Et le one man show - d’un trait sans respiration de Kamel Touati, jouant sur les complicités du récit et de la performance de la parole en situation, arrache les interpellations du public, quand le propos est comique. Chacun modèle son spectacle sur des formes de plus en plus hybrides... signe des temps ?
La "Tempête" du Dar Sindbad d’Hamadi Mezzi, avec les anciens de l’ISAD et une ressortissante du conservatoire de musique suit une progression scénique axée sur le rythme de la musique, des claquements de porte et autres ponctuations sonores... lui conférant, hors des jeux de composition, une nostalgie volontairement poétisée.

"Quif" please !...
Mime, pantomime, gags pour la production de l’instigateur du festival de théâtre expérimental de Médenine, converti à la mise en scène pour "Baad Haïn" (dans un instant) avec Samah Achraoui, Naoufel Hazara, Mohieddine Charfi, Khaled Bouzid.
Ça pétille. Parodie à gogo, pour des situations de musiciens dans le contexte de la cérémonie familiale. Jeu resserré, la moindre faiblesse serait en porte-à-faux. Le thème du spectacle porte sur la critique de ces orchestres sans grande valeur qui animent les fêtes, sans respect du métier, et en se laissant envahir et déborder par une assistance peu respectueuse, elle aussi, de la musique, de l’art, de la vie en société. Bien que l’auditoire ne soit pas représenté en tant que tel, il apparaît par le biais de ce microcosme qui en est le miroir. Ce qui n’est pas si simple, mais qui fonctionne à plein.
Avec le grimage noir sur blanc du mime, surlignant les sourcils, les lèvres, les mains gantées de blanc, la moindre flexion, la crispation minimale des traits, la détermination du geste deviennent hyperboliques, accentués. Un spectacle sans autre voix que celle du corps et de la mime.
Et les mains tantôt s’associent aux sentiments, tantôt manifestent leur résistance, leurs désaccords ; un théâtre inhabituel dans le paysage tunisien et qui demande, avec l’agilité de l’acteur, la gestion de la duplicité. S’annoncent dès ce préalable établi, une forme comique qu’ira progressant jusqu’à la fin, des personnages imprévisibles, des rebondissements de situation. Tout deviendra délibérément ingérable jusqu’à l’anarchie scénique, avec les ratés (programmés) d’une régie technique devenue rebelle. Mais se repèrent avec beaucoup de bonheur les qualités des acteurs.
La reprise du même mouvement musical et de la même phrase gestuelle justifie le chaos indescriptible qui s’ensuit.
Le spectacle, cadré par l’ordonnance d’un fil conducteur d’ensemble, chacun des protagonistes se crée son propre espace de transgression.
Mais le transgressif, il faut le remarquer, est régi par le cadre d’une maîtrise du corps à toute épreuve, d’une précision des déplacements et des figures, une latéralité bien rodée.
Le silence accentue l’induction à la gravité et prépare les distorsions comiques. Le préambule, de dos, livre les clés d’une gestuelle en mains et en visage, posant les caractéristiques de chacun, et une situation qui, plus large, englobe la suivante où tout s’accélère : de l’état initial s’ensuit la fonction.
Les acteurs s’en donnent à cœur joie dans leur performance de musiciens sans instruments.
On joue sur les facettes d’un même modèle, d’une apparence semblable qui se reproduit en 4 exemplaires... et c’est dans la dissymétrie que chacun campe son mime individuel.
Les comédiens de la troupe ont réussi à nous séduire par ce défi du langage exclusivement corporel, par la dextérité d’une technique qui ne perd rien en s’emballant, par la justesse de l’interprétation, les grandes évacuations de Khaled Bouzid et de Naoufel Hazara au top-form de l’expression nuancée du comique, du désappointement, du non-sens, dans ce dynamisme du niais ou de l’étourdi, qui déclenchent l’hilarité à tous les coups.

MAK


Handball
Championnat d’Afrique des Nations

Coup d’envoi cet après-midi des 16ème championnats du Monde de handball par une cérémonie d’ouverture programmée à 18h00 dans la vaste salle omnisports du Caire. Cérémonie suivie de deux rencontres dont l’une implique l’Égypte pays organisateur. Paradoxalement, la première rencontre du tour initial démarrera à 15h00 entre la Tunisie et la Libye. Rencontre programmée dans la salle couverte de la police située à quelques kilomètres de la salle principale des compétitions.

L’inexpérience des Libyens
Le groupe "C" ouvre donc le bal des rencontres du premier tour. Un groupe où est logée la Tunisie aux côtés de l’Angola, du Sénégal et de la Libye. Notre équipe représentative rencontre son homologue libyen dans un match au cours duquel l’équilibre des forces en présence est disproportionné à première vue.
La raison est simple : nos amis libyens ne possèdent pas de solides traditions handballistiques. Ils viennent à peine de confier leur équipe nationale à Moncef Mokni, un Tunisien à la compétence et à l’expérience confirmées. L’équipe libyenne a effectué un stage de quelques jour à Tunis au terme duquel elle a disputé deux rencontres amicales contre les deux meilleures équipes du moment : face au Club Africain d’abord et devant l’Espérance ensuite, cette dernière amputée de six joueurs retenus en équipe du Tunisie. Deux défaites des Libyens et une conclusion : les Libyens sont largement à la portée des nôtres sauf miracle auquel nous ne croyons guère.

Un ensemble tunisien rôdé et ambitieux
En effet, nos joueurs sont intrinsèquement supérieurs à leurs vis-à-vis sur tous les plans : physique, technique et tactique outre leur détermination à aller au bout de leurs ambitions qui sont de conserver un titre chèrement acquis il y a deux années à Casablanca. Et puis, ces championnats d’Afrique constituent un repère pour nos représentants en prévision des championnats du Monde de 2005 en Tunisie.
Il est inutile de revenir longuement sur une préparation étalée sur trois mois et qui a vu notre équipe nationale disputer un nombre important de rencontres dans des tournois de haut niveau en Tunisie, comme en Suisse, en Norvège, en Hollande et en Serbie. Enfin le retour de Walid Ben Amor n’a fait que conforter le moral de ses co-équipiers dans une épreuve qui appelle une persévérance dans l’effort mais surtout une confiance totale dans les moyens du groupe.

Les 15 joueurs retenus
Selim Zehani - Iteb Bouali - Wissam Hellal - Heykel Mganem - Issam Tej - Sobhi Sioud - Sahbi Ben Aziza - Walid Ben Amor - Makram Jerou - Wissem Hmam - Anouar Ayad - Wissem Bousnina - Jaleleddine Touati - Marouane Belhadj - Dhaker Sboui - Ali Madi.

Rencontres du 1er tour
08 avril 200415h00Tunisie - Libye
09 avril 200416h00Sénégal - Tunisie
10 avril 200417h00Tunisie - Angola

Rafik Ben Arfa




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