Le Temps du 1 er avril 2004
Realpolitik, pragmatisme, politique des étapes... le bourguibisme renaît de ses cendres
Tunisie d’antan
1er Avril 1965
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La Tunisie d’il y a 39 ans, à jamais pragmatique et faisant fausse note (continuant du reste à le faire) avec un environnement extérieur, exaspérément... immobile !
- Le discours d’Ariha : Suite à une « tournée » plutôt mouvementée au Proche Orient où Nasser l’embrasse, Beyrouth le fête, les Palestiniens, étonnés, l’écoutent pour qu’aussitôt après, et sans transition on déchire ses portraits au Liban, on l’injurie à Damas et la « Voix des Arabes » s’imagine l’avoir déjà mis en morceaux. N’est- ce pas là le lot de tous ceux qui choisissent une autre voie que celle des discours creux, des contrevérités, de la démagogie, d’illusoires lendemains victorieux, de rêves trompeurs, de « prochaine étape » de songes. Tel a été le sort réservé à Bourguiba par les « frères » arabes et que Louise Servais tente d’analyser dans un article publié à ce sujet, par le « Nouvel Observateur ».
- Bourguiba s’adressant aux réfugiés palestiniens » Ce sont les erreurs des Arabes, depuis vingt ans, qui vous ont conduits là où vous êtes... vous avez été drogués de discours, de slogans et de fausses promesses... en cette affaire il ne peut y avoir ni vainqueur ni vaincu... choisissez la guerre ou la négociation, mais menez à bien l’une ou l’autre une fois le choix opéré. Alors je vous suivrai. Mais pour l’instant, je ne peux continuer à approuver une politique irréaliste et démagogique.
- Réactions arabes : Le différend est donc sur la méthode et non sur le principe et malgré cette importante réserve, ce fut le drame et dans tout le monde arabe, un beau vacarme (et il n’y avait pas encore les chaînes T.V. numériques « rugissantes »). On parla aussitôt de crime, d’inconscience, de trahison. Le crime c’est peut- être le fait de briser un conformisme certain, à vouloir démystifier.
- Le Nouvel Observateur relève, donc : Louise Servais, suite à cela écrit donc : « Bourguiba croit sincèrement en sa » politique des étapes (contrairement au « tout ou rien », prôné et encouragé par certains) et si on agit en fonction des possibilités réelles des pays arabes et non de leurs (seules) aspirations. Le moment est venu, poursuit L. Servais, d’infléchir les opinions vers des solutions « raisonnables », mais aussi sûrement parce que Bourguiba est un homme qui croit à l’adresse plutôt qu’à la force et qui préfère le jeu diplomatique au déchaînement des passions. Sa religion, c’est l’efficacité, et sa méthode, le pragmatisme ».
Hamadi Khammar
Clin d’il
Exclu-sif ...
Minuit. La lumière jaillit. Après l’enfer, le paradis : pour le sommet arabe, un nouveau rendez- vous est pris. Tous les pays arabes ont accepté les réformes, le défi : femmes et paroles libérées, pluralisme, démocratie. Magnifique pari, le monde arabe de nouveau uni.
La date. 9 avril. Fête des martyrs. Plus besoin de souffrir. N’est- ce pas beau, même si le poisson paraît un peu trop gros ?
Fathi El Mouldi
Tribune
Les Arabes refusent-ils le pragmatisme ?
Combien de sommets arabes ou pas ont été reportés ou annulés sans crier à la catastrophe ? Combien de sommets, la Ligue Arabe a- t- elle tenus et qui se sont soldés par de cuisants échecs sans susciter le moindre commentaire ? Beaucoup me diriez- vous ! Mais pourquoi donc le report du sommet de Tunis s’est- il présenté comme une décision sans précédent ? La réponse est qu’elle a été courageuse et sortant de l’ordinaire arabe.
Depuis qu’elle est née, cette structure qu’est la Ligue des États Arabe n’a pas avancé d’un seul pas. L’histoire récente de l’humanité n’a connu aucune institution aussi atone et aussi lointaine des préoccupations des populations qu’elle est censée représenter. Depuis qu’elle a vu le jour, cette organisation est restée figée, un simple organe à sécréter des slogans, une tribune du haut de laquelle se tiennent des discours creux et fleuves, un cadre où s’échangent civilités, accolades et poignées de mains plus ou moins chaleureuses. Et lorsque des citoyens arabes se font éclabousser par des bombes et leur patrie violer, elle répond soit par un silence assourdissant soit par une discrète note de condamnation.
Aujourd’hui, il est temps pour les Arabes, je veux dire les dirigeants, de se décider. Ou ils veulent avancer sur la voie du Progrès et s’intégrer pleinement dans le sillage des mutations que connaît le monde, auquel cas la Tunisie sera au premier rang ; ou alors ils veulent rester fidèles et attachés à leurs bonnes vieilles intentions, dans ce cas ils ne pourront compter sur la Tunisie, ce pays qui, depuis 16 ans déjà, cultive la doctrine du pragmatisme et de l’action.
Qu’on le veuille ou non, cet organisme qu’est la Ligue Arabe est malade et a plus que jamais besoin d’un diagnostic sérieux et approfondi dont la première étape doit être de reconnaître que les maux de cette institution sont ceux de chacun d’entre- nous, et c’est justement à cet exercice thérapeutique que s’est livrée la Tunisie en décidant de reporter le sommet qu’elle s’apprêtait à accueillir.
Aujourd’hui, où que vous soyez en terre arabe, vous ressentez ce désir intense qu’éprouvent ces peuples à unir leurs destins. Ils sont, dans leur ensemble, conscients de l’intérêt qu’ils ont à développer une structure qui leur permettrait de se mouvoir et de s’émouvoir dans une aire arabe sans limites ni barrière aucune.
La décision de la Tunisie est une oreille tendue à toutes ces voix qui s’élèvent, du fin fond du désert mauritanien jusqu’à l’extrémité orientale de l’Arabie, pour dénoncer la léthargie dans laquelle baigne, comme par fatalité, la Nation arabe. Cette décision, courageuse, rompt en effet avec une tradition bien ancrée dans l’histoire de la Ligue Arabe et qui consiste simplement à se réunir pour se congratuler et se soumettre à un banal exercice d’élocution et de rhétorique.
Voilà pourquoi donc la décision du gouvernement tunisien a semblé extraordinaire.
La Tunisie est un pays qui, grâce au pragmatisme avec lequel elle a été dirigée ces deux dernières décennies, a su réaliser un bond qualitatif sur tous les plans : économique, social et politique. Citée en exemple, l’expérience tunisienne force l’estime et le respect des plus grands dirigeants de ce monde venus la découvrir. Ceux qui connaissent l’acteur de ces progrès fulgurants de la Tunisie, du Changement dirais- je, vous diront de lui qu’il est homme d’action. Qu’il n’a jamais agi par procuration parce qu’il croit fort en le principe de la souveraineté et de l’intégrité de l’homme arabe ;
Par ailleurs, l’histoire ancienne et récente de la Tunisie vous apprendra que ce pays n’est jamais intervenu de quelque manière que ce soit dans les affaires intérieures d’un autre pays arabe d’ailleurs ou non. Et c’est aussi l’un des rares sinon le seul pays arabe qui n’a aucun contentieux avec un autre pays arabe.
Ce "petit" pays comme se plaisent certains à le qualifier est aujourd’hui grand par ses hauts faits, par l’action de ses hommes, l’image rayonnante qu’il dégage et la notion de dialogue qu’il cultive et qui s’oppose à toute idée d’unilatéralisme.
Aujourd’hui, nous, Arabes, nous sommes arrivés à un moment de notre histoire où nous devons choisir sans tergiverser entre deux options : celle du développement et du progrès ou alors celle du sous- développement politique, culturel et social. Le report du sommet de Tunis est un signal fort adressé à tous les Arabes afin d’engager la réflexion sur ce point déterminant, sur notre avenir commun, celui du citoyen arabe.
Les succès qu’accumulent la Tunisie, sur tous les plans, ne sont pas le fruit de simples discours, ce sont le résultat d’un travail permanent dont la hase a été et reste l’action concertée et le pragmatisme. C’est ce même esprit que la Tunisie a voulu insuffler à la Nation arabe mais certains s’y sont opposés.
Abdellatif Ben Hdiya
Prochaines élections du Bâtonnier et du Conseil de l’Ordre des avocats
Me Brahim Bouderbala : "Pour la neutralité de la profession"
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| Brahim Bouderbala |
A l’occasion des élections du Bâtonnier et du Conseil de l’Ordre des avocats en juin prochain nous entamons une série d’interviews d’avocats de toutes les tendances.
Notre invité aujourd’hui est Me Brahim Bouderbala ancien président de la section de Tunis du Conseil de l’Ordre et candidat au poste de bâtonnier. Lors des dernières élections M. Bouderbala est arrivé au2 ème tour et a été battu par l’actuel bâtonnier M. Béchir Essid. Interview.
Le Temps : Comment jugez vous la situation de la profession ?
- Me Brahim Bouderbala : La profession vit actuellement une situation délicate et cela est dû à une accumulation de problèmes qui n’ont pas été résolus au fur et à mesure d’une part et d’autres part le mélange entre le professionnel et le politique qui s’est traduit pir des querelles partisanes et ce depuis une dizaine d’années malgré les appels incessants des professionnels qui préconisent la neutralité de la profession, surtout que l’Ordre des avocats se distingue des autres groupements similaires tels que les associations, les syndicats et les partis politiques, pour la simple raison que l’adhésion à ces groupements est facultative alors qu’elle est obligatoire à l’ordre des avocats.
De ce fait le bâtonnier et les membres du Conseil doivent prendre en considération la diversité des avocats et oeuvrer en vue de défendre les objectifs communs et l’intérêt supérieur de la profession.
- Justement le bâtonnier et le Conseil de l’ordre actuel ont- ils oeuvré dans ce sens ?
- J’estime que le Conseil de l’Ordre et spécialement le Bâtonnier ont favorisé plutôt les querelles partisanes et ont minimisé le côté professionnel.
Le Bâtonnier se défend en déclarant que c’est le ministère de tutelle qui est responsable du blocage ?
- Je ne prends pas la défense du ministère seulement d’après ce que j’ai constaté. Le Bâtonnier s’est comporté en homme politique représentant une tendance bien déterminée. D’ailleurs, les demandes présentées aux autorités n’ont pas reçu l’aval de la majorité des avocats. Elles ont été préparées hâtivement et sans consultation.
Pourtant elles ont été discutées lors des assemblées ?
- Non, il n’y a pas eu d’assemblées. Il y a eu une simple réunion dans un hôtel de la capitale ; et les demandes ont été préparées à l’avance et n’ont pas été approuvées je cite un exemple entre autres. Celui de la Caisse de retraite et de prévoyance. Le projet n’a pas été débattu démocratiquement et l’ensemble des avocats ont été surpris d’entendre le Bâtonnier demander une augmentation du montant du timbre pour financer cette caisse alors que le projet nécessite une étude approfondie.
Vous êtes candidat au poste de Bâtonnier. Quelles réformes préconisez- vous ?
- J’appartiens à un courant professionnel qui milite depuis une dizaine d’années pour sauvegarder les valeurs professionnelles et promouvoir la situation de l’avocat sur le plan moral et matériel. Ce courant a arrêté une vue globale des remèdes qui doivent être apportés et a suggéré des idées conductrices sur la relation entre la profession et les composantes de la société telles que les partis politiques, l’administration et l’autorité judiciaire. Il a préconisé également la neutralité de la profession afin d’éviter les querelles partisanes.
C’est le cadre général de votre programme électoral mais pratiquement quelles réformes vous suggérez ?
- Vu le nombre grandissant des avocats, il faut réexaminer le rôle de l’avocat et reconsidérer sa relation avec les justiciables et oeuvrer afin de modifier les lois qui ont limité le champ d’intervention de l’avocat et ce, conformément aux nouvelles orientations du pays sur le plan économique et social.
- C’est- à- dire ?
- Sur le plan économique le pouvoir a renforcé le rôle des experts comptables et des comptables pour assurer la transparence financière alors qu’il n’a pas touché au côté juridique qui nécessite une transparence aussi nécessaire que la première. Cette dernière ne peut être assurée que par l’intervention de l’avocat dans la rédaction des actes et des procès verbaux des délibérations et des actes des transactions commerciales, mobilières et immobilières.
Et sur le plan social ?
- Le rôle de l’avocat est très limité dans les affaires du statut personnel, dans les affaires de prud’homme et dans les accidents de la route. Dans les affaires pénales le rôle de l’avocat doit aussi être renforcé dans la phase d’instruction et lors du procès je crois que ce sont des réformes qui vont dans le sens de l’extension du rôle de l’avocat et contribuent à la bonne administration de la justice.
La candidature éventuelle de Me Abdeljelil Bouraoui a surpris beaucoup d’avocats et elle est susceptible de brouiller les cartes. Qu’en pensez- vous ?
- Je ne sais pas si elle est confirmée ou pas. En général, toute candidature de n’importe quel avocat apporte une contribution et enrichit les débats et ça sera peut- être une occasion pour évaluer d’une façon objective le bilan du mandat du Bâtonnier Me Abdeljelil Bouraoui et de définir d’une façon claire la nature de la relation entre la profession et les autres forces qui essayent de l’influencer.
Me Abdessatar Ben Moussa est pour un seul mandat du Bâtonnier. Vous êtes d’accord pour cette limitation ?
- Je me méfie beaucoup des promesses faites durant une campagne électorale. Ceci dit cette promesse mérite une réflexion plus profonde qui touche la loi réglementant la profession d’avocat et qui accuse plusieurs lacunes qui doivent être surmontées telles que l’élection à l’échelle nationale des membres du Conseil de l’ordre.
Que préconisez- vous à la place ?
- Les membres du Conseil de l’Ordre doivent être élus au niveau des cours d’appel et ce, en tenant compte du nombre d’avocats exerçant dans la circonscription de chaque cour d’appel. Je suis aussi pour la généralisation des sections régionales à toutes les cours d’appel et pour la limitation des mandats du Bâtonnier, du Conseil de l’Ordre et des sections à deux ans au lieu de trois actuellement.
Interview réalisée par
Nejib Sassi
À l’écoute du Palais
A méditer
Vivre...
"De toutes les sciences que l’homme peut et doit savoir, la principale, c’est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible". L. Tolstoï
"Hâte- toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie". Sénèque
"L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie". J. J. Rousseau
Soutien...
A la suite de l’horrible crime perpétré contre le militant palestinien Cheikh Yassine et à la demande de l’union des avocats arabes, une grève de soutien d’une heure a été observée, lundi dernier, par tous les avocats arabes. Au Palais de Justice de Tunis, le mot d’ordre a été donné et la grève a été bien observée grâce à la compréhension de la majorité des magistrats. C’était l’occasion de parler de ce crime odieux et de la nécessité d’une réaction arabe plus vive...
Réunion
C’est demain, vendredi 2 avril2004 , que siégera le conseil national de l’ordre des avocats pour une réunion d’inscription des candidats au barreau, plus d’une centaine en attente de ce jour béni...
Pour la réhabilitation et le respect des décisions...
De nombreux experts judiciaires près les tribunaux avaient été, il y a longtemps, rayés de la liste officielle sans raison apparente. Ils avaient, alors, saisi le tribunal administratif qui leur avait donné gain de cause. Malgré cela, l’autorité de tutelle, en l’occurrence le ministère de la Justice et des droits de l’homme, tarde à les réhabiliter et à inclure leurs noms dans la liste officielle transmise aux tribunaux. Vu que certains cas sont vraiment dramatiques (c’est leur gagne- pain), il serait souhaitable que le ministère de la Justice exécute les décisions ... judiciaires rendues depuis 2001 ! Et ce ne sera que justice !
Coluchette : la bonne voix
"C’est un mec bourré de chez bourré. Le genre de cuite qu’on raconte même pas à ses potes. Malgré tout, il réussit à rentrer chez lui. La porte franchie, il se casse la figure et hurle
- Chérie, commence à m’engueuler pour que je puisse trouver la direction de la chambre".
Colloque
C’est à partir de ce matin et durant deux jours qu’aura lieu à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis (au Campus) un colloque international portant sur "les aspects nouveaux du droit constitutionnel", organisé par la faculté avec le soutien de la fondation Hanns Seidel. Quatre séances, plus d’une dizaine d’intervenants tunisiens et étrangers, éminents constitutionnalistes, ce colloque bien préparé sera l’occasion de traiter de l’évolution récente du droit constitutionnel.
Une nouvelle candidature
C’est lui- même qui nous l’a annoncé. Maître Jameleddine Bida, ancien membre du conseil National (S.G, dans le temps), candidat malheureux durant les dernières élections, se présentera, encore une fois, pour le bâtonnat, "avec la volonté de servir la profession", dit- il. Une candidature de plus à des élections qui s’annoncent plus ouvertes (et indécises) que jamais.
Le Droit International privé sous un nouvel éclairage...
Le Code Tunisien de droit international privé est mis à la loupe, dans un très rigoureuse et enrichissante publication de M. Mabrouk Ben Moussa, premier président de la cour de Cassation, préfacée par M. Bechir Tekkari, ministre de la Justice et des droits de l’homme. Avec plus de 600pages de textes, de commentaires, d’analyses et de référence, ce bel ouvrage constitue un outil de travail indispensable à tous les juristes pour une bonne compréhension des règles et des principes du DIP. Spécialiste du domaine, M. Mabrouk Ben Moussa apporte un éclairage nouveau à un domaine dynamique, avec un style simple, clair et accessible. A lire absolument.
Deuil dans le monde du barreau
C’est avec beaucoup de peine que nous avons appris le décès de Maître Habib Hazgui, avocat à Sfax. Avec nos condoléances les plus attristées.
Condoléances
Nous avons appris le décès de la mère de Maître Najet Trifi, avocate à Tunis. Avec nos sincères condoléances.
Me Fethi El Mouldi
La TAP persiste et signe. Clin d’il à Abdelwahab Hani d’El Hiwar.
Témoignage
Transparency International atteste
La Tunisie dans le peloton de tête des pays pratiquant la bonne gouvernance
Tunis - (TAP) : "Transparency international (TI)", principale organisation internationale non gouvernementale vouée à la lutte contre la corruption, vient de classer la Tunisie, dans son rapport mondial pour2004 , dans le peloton de tête des pays qui pratiquent la bonne gouvernance.
"TI" se réfère pour cela à trois critères permettant de parvenir à cette évaluation : l’influence des flux financiers sur les décisions gouvernementales, les flux financiers illégaux et les effets de lobbying sur les prises de décision.
La Tunisie se trouve chaque fois en bonne position côtoyant des pays comme les États-unis, la France, la Finlande, par exemple.
Si notre pays a pu rejoindre la cour des grands c’est en raison des progrès qu’il a réalisés dans le sens de la promotion de la bonne gouvernance et ses corollaires, la transparence, la rigueur et l’efficacité, comme modes de gestion à tous les niveaux.
Ainsi dans le cadre de l’approche programmée et cohérente qui caractérise la conduite des réformes structurelles dans le pays un intérêt particulier a été accordé à ces principes de base d’un développement continu.
Récemment l’adoption de normes et de principes de diffusion des statistiques et des informations a valu à la Tunisie d’être retenue en 2002 et pour la première fois dans le classement mondial de la compétitivité.
De même la Tunisie est l’un des rares pays à avoir adhéré aux normes de surveillance et de diffusion des données (NSDD) de la banque mondiale.
De fait l’ensemble du dispositif législatif et réglementaire tunisien a fait l’objet au cours des dernières années d’une série d’amendements et de révisions tendant à en garantir l’efficacité et à le mettre au diapason du degré de maturité atteint par l’économie nationale.
Ainsi, qu’il s’agisse du secteur bancaire, financier et boursier ou de la politique budgétaire, toutes les conditions ont été réunies pour promouvoir les fonctions de suivi, de concertation, d’audit et d’évaluation permanente, afin de permettre à la politique nationale dans ces divers domaines d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés avec l’efficience requise.
Au niveau de la sphère financière le dispositif institutionnel et logistique a été profondément remanié à la faveur notamment de l’institution de normes de gestion prudentielles applicables aux banques et de l’adoption de la loi de 2002 relative au contrôle bancaire.
En somme, le classement de TI constitue un autre témoignage sur la réussite de la Tunisie dans la promotion d’une société équilibrée et solidaire et qui, à la faveur de la stabilité politique et de la paix sociale qui prévalent dans le pays, fait de la lutte contre l’exclusion et l’instauration de l’égalité des chances, des valeurs cardinales de son oeuvre de développement.
Dans ce combat la Tunisie adopte une approche qui se fonde sur les valeurs essentielles que sont le savoir, le travail et le sens civique. Elle fait également de l’encouragement de l’initiative et de la créativité, les clefs de son succès.
De même, se basant sur une politique dynamique d’incitation à l’investissement privé et d’attraction des financements internationaux, le pays place l’emploi en tête de ses préoccupations nationales.
Pour cela la Tunisie se réclame de deux principes fondamentaux. D’abord compter sur soi et ensuite dynamiser sa coopération avec les pays frères et amis. C’est dans ce cadre que notre pays a signé l’accord instituant une zone de libre échange avec l’union européenne qui constitue un choix économique stratégique visant à garantir l’ancrage de la Tunisie dans l’espace euro- méditerranéen et l’économie mondiale et à consolider les bases clé l’économie tunisienne.
« Fich Rating » accorde une bonne notation à la Tunisie
L’Agence internationale de notation « Fich Rating » a accordé hier la notation « B.B.B. » à l’occasion du projet tunisien de prêt de l’extérieur et notamment de l’Europe, selon les agences de presse étrangères, probablement sur une période de remboursement qui s’étale sur sept ans. Selon « Fich Rating » l’économie tunisienne a enregistré plus de5 ,5% de progrès grâce à l’évolution du secteur agricole et des exportations malgré la lenteur au niveau de l’Europe, premier client de la Tunisie. L’Agence considère que les progrès du marché touristique ne peuvent que renforcer ces indices positifs et consolider l’évolution constante de l’économie tunisienne et par la même diminuer le déficit budgétaire au cours de cette année.
A.B.M.
Langage du Temps
Nombrilisme arabe
Quelques- uns parmi nos amis, nos frères arabes, préfèrent qu’on ne leur dise pas la vérité. Et surtout, ils n’admettent pas que les "nations arabisées" ou les "arabes périphériques" tels que nous paraissons à leurs yeux, et tels qu’ils nous définissent ostensiblement, aient une vision futuriste et un projet de développement pour la nation arabe.
Ainsi donc, la Tunisie serait coupable d’une tentative de mélange des genres. Sacrilège ! Blasphème ! Comment ose-t-on prétendre que les femmes soient affranchies alors qu’elles sont assujetties à la mécanique de l’horloge biologique ? Comment osera- t- on parler d’institutions d’État (et non plus de régime) et, donc, de libertés et de démocratie alors que quelque part la féodalité et le pouvoir de la caste sont perçus comme historiquement légitimes ? Et surtout, comment le petit poucet (la Tunisie) qui n’a pas de pétrole (c’est une tare !) ose- t- il dire la vérité à la face de quelques- uns parmi les seigneurs du désert arabe ?
Non, ils ne l’admettent pas. Ariha 65 ; Tunis 2004 : ils ne l’admettent toujours pas...
Ce petit poucet précisément (petit de taille, mais grand d’esprit) qui a franchi le rubican et osé gratter le nombrilisme arabe, samedi dernier, vient d’être classé par "Transparency international" dans le peloton de tête pratiquant la bonne gouvernance. Pas de pétrole, mais une bonne gouvernance ! Et c’est Jimmy Carter qui préside aux destinées de cette organisation vouée à la lutte contre la corruption... Mais cela ne pouvait se faire en dehors d’un cadre politique et social viable. Comment pouvoir y accéder sans stabilité ? Et la stabilité, c’est- à- dire entre autres, l’éradication du terrorisme, cela s’acquiert en jugulant la précarité sociale et en instituant la démocratie et les libertés.
Le problème du Sommet n’avait rien à avoir avec le lieu, objet de convoitises ambivalentes de la part de certaines parties. Il s’agissait d’enclencher une révolution interne dans les moeurs gouvernementales arabes. La proposition tunisienne à valeur de révolution culturelle taillée sur mesure pour les sociétés arabes... Et ce que l’on oublie c’est que le Sommet de Tunis devait aussi aboutir à des solutions pour le marasme économique arabe.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les pays arabes assis sur leurs barils se sont appauvris. Et connaît- on un chiffre avancépar la Banque Mondiale ? 90 millions d’emplois à créer au cours des vingt prochaines années...
Car à ce rythme là, le refus arabe dans ce Sommetdonne de bons prétextesàl’Amérique : son "Grand Moyen- Orient" irait du Maroc jusqu’au Pakistan... Le nombrilisme arabe n’y serait plus qu’un vague souvenir.
Raouf Khalsi
Exemples éclatants de transparence
Coup de théâtre
Roger Lemerre opte pour l’Afrique du Sud
Le match d’hier soir livré contre la Côte d’Ivoire aura été le dernier de Roger Lemerre avec l’Équipe de Tunisie. Nous avons en effet, appris que le technicien français a opté pour aller entraîner l’équipe nationale sud- africaine. Et le contrat signé vendredi dernier ? Avons- nous interrogé notre interlocuteur qui est un membre influent de la F.T.F.
Nous avons découvert avec surprise qu’une clause dudit contrat (Article 14 alinéa) stipule que Roger Lemerre peut a n’importe quelle date dénoncer le contrat qui le liait à la F.T.F jusqu’au mois de juin 2006 .
R.B.A
Conférence de presse de Roger Lemerre
C’est confirmé ; contrat jusqu’au 30 juin 2006
Plutôt cool, mais pas vraiment détendu, hier, Roger Lemerre. Hammouda Ben Ammar, lui, paraissait comme libéré d’un fardeau : le contrat de Lemerre !
Bien sûr, le sélectionneur national n’a pas raté l’occasion (comme à son habitude), de lancer quelques fléchettes acérées vers nous. Il s’est même dit « fatigué » et irrité par ce qu’il a appelé « racontards » concernant sa reconduction. Nous maintenons quand même que cette reconduction, et, même la signature du contrat est un non événement tant le maintien de Lemerre s’inscrivait dans l’ordre normal vies choses. « Je ne me serais pas vu aller ailleurs », a- t- il confié en un rare moment d’épanchement affectif. Car pour le reste, le naturel revient au galop : c’est- à- dire les mêmes schémas de pensée, le même état d’esprit quoique avec des états d’âme plutôt ambivalents.
Il précise « Nous avons la même cohérence, la même solidarité et j’espère aussi que nous aurons le même talent, parce qu’en football il faut avoir du talent... Il est vrai que nous avons un statut continental qui fait que nous devons faire face à une adversité plus importante ».
Et le groupe pour les qualifications au Mondial ?
Lemerre ne cache pas quelques appréhensions. « Le Maroc est une grande équipe. Je ne crains pas un esprit revanchard ou autre chose. Mais il faut que nous négociions cette adversité avec les mêmes dispositions d’esprit que lors de la CAF. Et vous aurez constaté que la Guinée ne plaisante pas. Ce sera donc difficile et, bien sûr, non impossible ! L’essentiel, renchérit- il est que nous ne nous trompions pas d’objectif. Prenez les Olympiques. Ce samedi, ce sera déterminant. Mais n’oubliez pas qu’après le premier match de l’équipe olympique contre le Sénégal le doute s’était installé. Mais, depuis, et jusqu’au match de ce samedi, l’équipe a énormément progressé... Sauf qu’il arrive un moment qui marque le point de non- retour. N’oublions pas cependant qu’au départ, c’est le rêve, tout commence par être un rêve ».
Et le match contre la Côte d’Ivoire ?
Le sélectionneur national est là, ironique et caustique : « La Côte d’Ivoire c’est le 3 - 2 et les 5 dernières minutes ! On répétera le match, mais on en retranchera les cinq dernières minutes... Sinon, pour le reste, Ayari est blessé tandis que Trabelsi est souffrant. A la limite on aura un groupe à vingt- trois joueurs ».
Roger Lemerre termine en « nous fonçant dedans » : « Je maintiens que le staff est solidaire et indissociable et là aussi, les « racontards » sont réellement non fondés. Il n’y a pas de conflit de compétences ! »
Tout est pour le mieux et dans le meilleur des mondes en somme. Si Lemerre l’a dit c’est que cela doit être vrai à défaut d’être réel !
Liste des joueurs convoqués pour Tunisie - Côte d’Ivoire
Azaïez - Boumnijel - Fadhel - Badra - Ben Achour - Bouazizi - Hagui - Braham - Chedly - Clayton - Dos Santos - Ghodhbane - Jaïdi - Jaziri - Jedidi - Mhadhehi - Mkacher
Mnari - Nafti - Saïdi - Yahia.
* Les joueurs Hatem Trahelsi (Ajax) et Anis Ayari (S.T.) sont invités à cette rencontre.
Raouf KHALSI
26 mars 2004
SOCIÉTÉ RÉGIONALE DE TRANSPORT DU GOUVERNORAT DE SFAX "SORETRAS"
SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE1 .197. 000DINARS
SIÈGE SOCIAL : ROUTE MENZEL CHAKER KM0 . 5RUE MOUNA 3058 SFAX
REGISTRE DE COMMERCE : B112217. 1997SFAX
DÉCISIONS DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE TENUE LE 21 JUIN 2003
Aux termes du procès-verbal de la réunion de l’assemblée générale extraordinaire tenue le 21 juin 2003 enregistré à la recette de l’enregistrement des actes des sociétés à Sfax le 03 juillet 2003 dossier A 13 page 60 case 348 et dont deux exemplaires ont été déposés au tribunal de première instance de Sfax service commercial administratif registre de commerce le 18 mars 2004 sous le numéro D1237797 8, les décisions suivantes ont été prises à l’unanimité
PREMIÈRE DÉCISION
L’assemblée générale extraordinaire tenue le 21 juin 2003 constatant que les comptes de la société arrêtés au 31 décembre 2002 ont révélé que les fonds propres sont devenus en deçà de la moitié de son capital en raison des pertes, décide conformément aux dispositions de l’article 388 du code des sociétés commerciales de la continuité de la société et de saisir l’autorité de tutelle en ce qui concerne l’application des autres dispositions dudit article.
DEUXIÈME DÉCISION
L’assemblée générale extraordinaire tenue le 21 juin 2003 décide la mise à jour des articles 18,21,22, 23et 24 du statut de la société régionale de transport du gouvernorat de Sfax conformément aux dispositions du décret n°2002/ 2197du 07 octobre2002 , relatif aux modalités d’exercice de la tutelle sur les entreprises publiques, à l’approbation de leurs actes de gestion, à la représentation des participants publics dans leurs organes de gestion et de délibération et à la fixation des obligations mises à leur charge vu que la SORETRAS est une entreprise publique selon la loi n°1989/ 9 du ter février 1989 et ses mises à jour et le décret n°2002- 2200 du 07 octobre 2002 portant désignation du ministère des Technologies, de la Communication et du Transport en tant que tutelle de la société.
TROISIÈME DÉCISION
L’assemblée générale extraordinaire tenue le 21 juin 2003 confère tous pouvoirs au porteur d’une copie ou d’une expédition du procès verbal de la présente assemblée pour l’accomplissement des formalités de dépôt, de publications légales et autres.
Il est à préciser que deux exemplaires du nouveau statut ont été déposés au tribunal de première instance de Sfax service commercial administratif registre de commerce conjointement au sus dit procès-verbal.
POUR LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
LE PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL MUSTAPHA JABER