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Ben Ali n’est rien que le directeur d’une grande prison

La dictature de Ben Ali en Tunisie, m’a poussé à fouiller dans les casiers de ma mémoire. En voilà l’aboutissement, un film, que j’ai vu il y a longtemps de cela. Plus intéressant encore, j’ai vu ce film en Tunisie dans le temps, sous le régime de feu Bourguiba. J’étais jeune, enthousiaste et révolutionnaire, et à vrai dire je n’ai pas changé depuis. Pourquoi ce film ? Pour une raison très simple, dans le temps de Bourguiba il y avait des bons films dans les salles de cinéma, même que Bourguiba était un patriarche despote, il y avait une vie associative, culturelle et intellectuelle dans le pays, il y avait notre ciné-club dans le temps. Mais pour retourner à Brubaker et comprendre ce souvenir, je voyais le soulèvement des prisonniers, qui se développait paisiblement, jusqu’à ce que l’ordre établi carcéral a été renversé. Ce film, est révoltant et si on est tunisien, il ne peut que nous rappeler la misère du peuple tunisien, mais surtout le calvaire des prisonniers politiques dans la plus grande prison gérée par Ben Ali.

Le 24 octobre prochain, pourrait bien devenir un soulèvement populaire, qui mettrait fin aux jours d’une dictature soigneusement masquée. Un régime de bourreaux et de corrompus, et on ne compose jamais avec les dictateurs, car nul compromis, ni réconciliation ne sont possibles avec les traîtres du peuple. Ils ne sont tout simplement pas "réhabilitables" ! En applaudissant comme les prisonniers de Wakefield, le peuple tunisien pourrait faire du 24.10.2004 une journée mémorable, une journée qui resterait gravée dans les mémoires et l’histoire de la Tunisie. Aucun peuple à ce jour n’a pu se débarrasser d’un dictateur, sans souffrances, sans larmes et du sang. Les coups d’États sans sang et "à la Ben Ali", soit le 7 novembre 1987, ne sont pas viables et la preuve, qu’en est-il des promesses du 7.11.1987 ? Le faux n’engendre que du faux, or on ne peut plus vivre avec de tels mensonges au 21ème siècle. Ben Ali est un homme faux, c’est un faux jeton à la limite !

Ô peuple tunisien, libère toi et casse les chaînes qui t’ont si longtemps accablées, dépasse toi, toi-même et tes peurs, reprend ta dignité et ton destin en main ! Arrache ta liberté, car la liberté ne se donne, ni ne s’offre ! Soyez fermes dans votre volonté et sacrifiez vous pour la patrie, car elle est la vôtre et non celle du tortionnaire vendu ! Un tortionnaire du nom de Ben Ali et ses mercenaires corrompus !
C’est un film à revoir pour ceux qui ne l’ont pas vu, et surtout pour les tunisiens, qui veulent regagner leur dignité et retrouver leur citoyenneté perdue. Je vous le recommande vivement et je vous incite au soulèvement le 24 octobre prochain, pas au vote ! Tous, tout le peuple tunisien, grands et petits, libérons-nous enfin ! Tous contre un minable ! Courage enfants de la patrie !!

Descriptif du film : Titre du film : Brubaker - Genre : Drame - Éditeur : 20th Century Fox - Année : 1980 - Durée : 130 min. - Réalisateur : Stuart Rosenberg

La corruption dans les prisons n’est pas un fait nouveau. Cependant les meurtres commis par les officiers en services, les viols de prisonniers, l’esclavage, le non respect des droits de l’homme sont des éléments que nous connaissons très peu des milieux carcéraux. Pourtant les prisons américaines dans les années 70-80 n’ont pas échappé à cette vague de brutalité et de scandales sans raisons apparentes. Stuart Rosenberg nous offre Brubaker un film basé sur une histoire vécue en Arkansas dans une prison bouleversée par meurtres et corruption.
L’histoire raconte l’entrée dans une prison de Brubaker (Robert Redford) qui est témoin dès ces débuts de violences, meurtres, corruption et plusieurs autres atrocités. Après deux semaines d’incarcération, il dévoile enfin ses vrais fonctions soit directeur de la prison. Il part en véritable croisade contre la corruption et tous ceux qui veulent encore mener les prisons comme celle-ci. L’homme met sa vie en danger en tentant de rétablir une justice pour tous et de valoriser les prisonniers de cet établissement qui ont été maltraités.
Un film d’une grande qualité de par son histoire qui nous dévoile un monde de cruauté et de pouvoir. Robert Redford joue à merveille son rôle de directeur de prison qui croît fondamentalement à ses valeurs. L’accent est mis sur les injustices commises en prisons et l’équilibre qui devait être ramené à cette époque. Une histoire qui peut nous choquer mais qui présente la réalité telle qu’elle était afin qu’elle ne se reproduise plus.

 

Hyacinthe Bellerose
19-10-2004

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