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Tarek Saïdi et Néjib Dziri, membres du Bureau exécutif de l’UGET (Union Générale des Étudiants de Tunisie) viennent d’être arrêtés par la police, selon des sources estudiantines jointes à Tunis, ce soir au téléphone, depuis Paris. Selon les milieux proches de l’UGET-légitime (dirigé par Jamel Tlili), ces arrestations sont en lien avec les récentes déclarations du syndicat étudiant. L’UGET vient de réitérer ses revendications estudiantines, ainsi que son refus du quatrième mandat de l’actuel président de la République, M. Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 17 ans, suite à son "coup d’État médical" du 7 novembre 1987. L’UGET s’est exprimée ouvertement pour l’Amnistie générale des prisonniers politiques et d’opinion ainsi que pour le retour des exilés.
 | Abdel Wahab Hani |
D’un autre coté, les sources proches de l’UGET annoncent des mouvements un peu partout dans les campus universitaires. A Kairouan, les étudiants sont descendus dans les rues et des affrontements avec les forces de l’ordre ont été signalées dans la journée. A Bizerte, et suite au refus de l’administration d’autoriser une soirée organisée par l’UGET, les étudiants ont manifesté et des heurts ont été signalés. C’était le jour de la commémoration de la fête de l’évacuation (du dernier soldat français de la base navale de Bizerte). L’administration a du reculer pour autoriser ladite soirée pour ce mercredi 20 octobre.
Une grève est prévue demain, mardi au Campus universitaire de Tunis, qui regroupe plus de 25.000 étudiants.
Outre les revendications pédagogiques, la direction de l’UGET-légitime réclame le rétablissement des étudiants renvoyés (arbitrairement) dans leurs droits et l’arrêt de la politique de harcèlement à l’égard des responsables syndicalistes. L’UGET-légitime soutient les revendications du mouvement démocratique et vient de parrainer la réunion de l’opposition organisée récemment à Paris, par le CRDLHT.
La politique orchestrée par Sadok Chaabane, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie, vise à casser le mouvement étudiant et à diviser l’UGET. Il a pu orchestré un schisme au sein du syndicat étudiant, avec le soutien des services du Ministère au "clan" Zaatour. Ce dernier dispose d’une "direction nationale" sans véritables structures régionales et locales. L’UGET-légitime (de Jamel Tlili), bien que marginalisée par le pouvoir, a une bonne assise militante et est présente presque dans tous les campus. D’où la politique de harcèlement décidée par le Ministre en accord avec la Présidence de la République. Un Ministre Conseiller auprès du Président (de la République) gère le dossier Université. Mais, avec l’arrestation de deux membres du B. E. de l’UGET-légitime, "la cellule" qui gère l’Université a décidé de passer à un niveau supérieur de la répression. Cette nouvelle "stratégie" risque d’embraser l’Université.
A suivre...
Abdel Wahab Hani Saint Ouen - France Lundi 18 octobre 2004 |