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L’annonce de la prochaine visite du ministre israélien en Tunisie a suscité des réactions chez nombre de tunisiens indignés par l’invitation de celui, qui reste à leurs yeux, comme un criminel responsable de plusieurs massacres.
Les étudiants n’étaient pas en reste. Plusieurs rassemblements et manifestations hostiles à cette visite se sont déclenchés spontanément dans les universités tunisiennes. La répression des forces de l’ordre venues en nombres était sans commune mesure avec ce mouvement pacifique. Agressés puis arrêtés, des dizaines d’étudiants ont fait les frais de cet acharnement policier.
Après avoir passé la nuit du 28 dans les locaux de la police, plusieurs étudiants de la région de Sfax ont été relâchés. Malheureusement, deux étudiantes (Thouraya Hidouri, Najia Trabelsi) et trois étudiants (Khaled Ben Salem, Chaouki Fourat, khaled hidouni dont deux membres dirigeants au sein de l’UGET) ont connu un sort tragiquement différent.
Torturés puis contraints de signer des procès verbaux dans lesquels ils reconnaissent avoir agressé des agents de l’ordre et endommagé des voitures de police, et demandent le pardon pour les faits qui leur sont reprochés.
Maître Abdelwahab Matar, qui a pu rendre visite à ces jeunes détenus et vérifier par lui-même les traces de torture impressionnantes, est encore sous le choc.
Visages défigurés, points de sutures visibles, poignets brisés (à la suite de longues séances de « position de rôti »), plantes de pieds et derrières bleus des suites d’abondants coups de matraques et d’autres instruments de torture...
Consterné, Me Matar a déposé une requête auprès du président du tribunal de Sfax lui réclamant de soumettre les prévenus à un examen médical. Aucune suite n’a été donnée à cette demande. L’avocat tunisien nous informe, par ailleurs, que les jeunes détenus seront déférés devant la justice le 3 mars 2005. Un Comité composé d’une cinquantaine d’avocats venus de régions différentes va demander au juge de constater les traces de torture et d’ordonner l’examen médical des détenus et la poursuite des personnes responsables de ces actes de torture.
Les victimes et leurs avocats appellent les organisations de défense des droits de l’homme et les personnes de bonnes volontés à intervenir en leur faveur afin qu’il soit mis fin à leur calvaire.
Paris, le 2 mars 2005
Chokri Hamrouni
Responsable de la coordination au CPR |