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30 mars 2005 - par AFP
La police anti-émeute était déployée en force mercredi dans le centre du Caire, autour des bâtiments officiels et des ambassades américaine et britannique, en prévision d’une manifestation du mouvement "Kefaya" (Ca Suffit) en faveur de réformes politiques.
La manifestation est prévue en début d’après-midi devant l’Assemblée du peuple, la chambre basse du Parlement égyptien. Les policiers portant casques à visière et munis de boucliers et de matraques étaient postés à tous les carrefours et au centre des principales places du centre, les isolant les unes des autres.
Des carrés compacts de policiers, protégés par des barrières métalliques, étaient disposés aux abords du siège du gouvernement et du Parlement, protégés également par des blocs compacts de membres des forces de l’ordre. Les manifestations de rue sont interdites en Egypte au titre de l’état d’urgence instauré en 1981 à la suite de l’assassinat du président Anouar el-Sadate par des islamistes. Dimanche, la police égyptienne, déployée en très grand nombre, avait fait avorter un projet des Frères musulmans, qui voulaient manifester en masse dans le centre du Caire en signe de défi au pouvoir du président Hosni Moubarak.
L’opposition demande sa levée pour permettre la tenue d’élections présidentielles et législatives libres à partir de septembre. Le mouvement Kefaya regroupe diverses tendances politiques allant de l’extrême gauche aux islamistes, en passant par les nassériens et les libéraux, qui partagent les mêmes revendications en faveur du changement politique. Son principal animateur Georges Isaac a indiqué qu’il allait "manifester pour une nouvelle constitution instaurant un régime parlementaire pour mettre fin au régime présidentiel en vigueur" et demander la convocation d’une "Assemblée constituante pour rédiger la nouvelle constitution".
M. Isaac a indiqué par ailleurs que Kefaya allait manifester en faveur des libertés publiques, notamment les libertés d’_expression et de manifestation, reconnues par la constitution égyptienne. Kefaya a appelé à des manifestations similaires mercredi à Alexandrie et à Mansourah (Delta - nord du Caire). A El-Arich dans le nord de la péninsule du Sinaï (nord-est), des manifestants ont commencé à se rassembler devant le siège du parti Tagamoo (gauche nassérienne) pour demander la libération des personnes soupçonnées d’être impliquées dans les attentats anti-israéliens perpétrés début octobre 2004 dans le Sinaï et dénoncer la torture. Encerclés par un important cordon des forces de sécurité, ils ont décrété un "sit-in illimité", qu’il pourraient transformer en "grève de la faim", selon un de leurs porte-parole.
Fin février, l’organisation Human Rights Watch, basée à New York, avait indiqué que l’Egypte maintenait toujours au secret environ 2.400 personnes, sans avoir porté contre elles d’accusations formelles, après leur arrestation dans le cadre de l’enquête sur ces attentats qui ont fait 34 morts. |