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Le régime tunisien vient d’annoncer le début de la campagne des pseudo élections du 24 octobre. Une annonce qui rime avec le début d’une autre campagne, celle contre l’opposition qui a décidé de boycotter cette nième insulte à l’intelligence et la dignité des Tunisiens. Les militants du Congrès Pour la République (CPR) font l’objet depuis quelques jours d’un acharnement policier à la hauteur de leur combat contre la dictature. Après Naziha Rjiba (Oum Ziad) et Me Abderraouf Ayadi, la police politique et les milices du régime ont pris pour cible Me Abdelwahab Matar pour ses activités dans le cadre de la campagne du boycott et notamment la plainte qu’il avait déposée auprès du Conseil Constitutionnel au sujet de l’illégalité de la candidature de l’actuel président Ben Ali. Après l’échec d’une première tentative de le congédier de son poste d’enseignant de droit constitutionnel à la faculté de Sfax, les autorités ont choisi le bâton fiscal pour punir Me Matar. Quant au président du parti le Dr Moncef Marzouki, une filature constante lui a été réservée pour surveiller ses gestes et ses faits. Des convocations au poste de police lui ont été également notifiées. Aujourd’hui, plusieurs barbouzes l’ont empêché tout crûment d’accéder au bureau de Me Abderraouf Ayadi. D’autres personnalités de la société civile ( Ali Ben Salem, Néjib Hosni, Ahmed Semii, Fathi Chamkhi...) ont connu la même mésaventure. Plus tard dans la soirée, voyant que tous ces militants avaient décidé de ce retrouver au domicile de Me Ayadi, la police politique est revenue en charge et en nombre (une quarantaine) pour assiéger les lieux allant jusqu’à utiliser des tonnaux en guise de barrage. Hier, Hamma Hammami porte-parole du PCOT a été agressé en pleine rue par des agents aussi violents que déterminés. En même temps, des centaines de prisonniers politiques continuent de croupir injustement dans des prisons mouroirs. Parmi eux, certains sont en grève de la faim depuis des semaines notamment Ali Neffati originaire de Menzel Djemil (Bizerte) qui réclame l’annulation de son divorce forcé. A travers cette campagne de terreur, le message du régime est on ne peut plus clair : pendant les élections, la répression continue. Aucune parcelle de liberté ne serait cédée, aucune voix discordante ne devrait être autorisée. Le CPR, tout en dénonçant cette campagne odieuse à l’encontre de son président, de ses membres et de l’ensemble de l’opposition non inféodée, est déterminé avec ses partenaires à mener jusqu’au bout son combat pour la liberté et la démocratie.
Paris, le 12 octobre 2004 Chokri Hamrouni, le responsable de la coordination du CPR |