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Paris le 28 septembre 2004
M. Ben Ali compte organiser le 24 octobre prochain une réédition des pseudo - élections auxquelles est soumise régulièrement la Tunisie. Il a choisi ses "concurrents" à de soi-disant élections présidentielles pluralistes et distribué d’avance rôles et places dans de soi-disant élections législatives. Reste l’annonce du cinquième 99% de son règne, consacrant sa propre succession et le nom de ses partisans et opposants de service désignés au "parlement".
Cette "consultation du peuple", aux résultats connus d’avance à la décimale près, se déroulera :
En opposition totale à la volonté des Tunisiens de vivre libres dans un pays démocratique,
En s’auto-légitimant par un putsch constitutionnel, rejeté par l’opposition et boycotté par la population, et par lequel M. Ben Ali s’est offert l’impunité et la candidature perpétuelle.
En se mettant au dessus des lois du pays, le tribunal administratif n’ayant toujours pas statué sur la demande d’annulation des résultats du dit référendum introduite par des citoyens,
En violation de l’article 21 de La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de l’article 1 du Pacte relatif aux droits civiques et politiques et de l’esprit de l’article 2 de la Charte de Barcelone ,
En contradiction avec ses propres engagements de ne pas ré- instaurer la présidence à vie de facto.
Ces pseudo-élections signeront, si leurs résultats sont entérinés par la communauté internationale, le triomphe de la force sur le droit, la banalisation de l’humiliation infligée à des millions de citoyens apeurés et aux droits confisqués , sans parler de l’acceptation que les mécanismes de la démocratie soient pervertis et manipulés pour servir en toute impunité comme paravent grossier à un Etat policier .
Par conséquent, j’appelle solennellement :
1 - Les Tunisiens à un sursaut de patriotisme et de dignité, au rejet de la passivité et du fatalisme pour s’opposer à ce énième viol de leurs droits et libertés, et ce, par tous les moyens pacifiques, dont un boycott actif et déterminé de la mascarade du 24 octobre.
2 - Toutes les forces vives du pays et sans exclusive à s’unir, non seulement pour conduire cette bataille du boycott, mais aussi pour préparer une alternance politique centrée sur :
Le refus de reconnaître toute légitimité à ces "élections" et donc le départ de M .Ben Ali.
L’appel de la Conférence Nationale Démocratique et la constitution d’un gouvernement provisoire formé par toutes les forces de l’opposition.
L’élection d’une assemblée constituante instaurant la République à la place de la Républico-monarchie actuelle et l’Etat de droit à la place de l’arbitraire sous couvert de la loi...
La lutte sans merci contre la corruption et la mise en place de réformes socio-économiques au profit de la majorité des Tunisiens.
3 - Les sociétés civiles du monde entier à soutenir notre combat pour la démocratie et à infléchir les politiques à courte vue et contre-productives de soutien à des dictatures illégitimes, violentes, honnies par leurs peuples et à terme, dangereuses pour la paix et la stabilité de la région et du monde.
Ayant toujours, et quelles que soient les circonstances, assumé mes responsabilités, j’ai décidé de rentrer au pays demain le 29 septembre, afin de participer avec mes camarades du "Congrès pour la République" et toutes les forces de la résistance démocratique à cette nouvelle bataille pour un régime démocratique, signe et garant de la deuxième indépendance du peuple tunisien.
Dr Moncef Marzouki
Tel : +33 (06) 88183246
moncefmarzouki@yahoo .fr
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