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Contrairement à quelques expériences antérieures, la rencontre du 28 septembre s’est déroulée sans incident majeur. Il est vrai que le bon service d’ordre a réussi à dissuader les fouteurs de trouble qui rôdaient dans le coin. Trois types d’intervention ont été proposés à l’occasion de cette rencontre :

1) Interventions politiques, avec la participation de :
- Sadri Khiari : texte déjà publié - Adel Thabet (PCOT) : a rappelé la position de son parti appelant au boycott des élections en raison du climat délétère qui règne sur le pays. Le représentant du PCOT a tout en défendant la position du boycott insisté sur l’importance de maintenir des liens avec une certaine frange de l’opposition qui a choisi la participation. Il a souhaité une mobilisation à la hauteur de l’évènement et revendiqué l’amnistie générale. - Ameur Larayedh (Ennahdha) : a indiqué que la décision du boycott que vient de prendre son parti s’inscrit dans la logique des choses. En effet, Ennahdha estime que les conditions de la tenue d’élections libres et démocratiques ne sont pas réunies en raison de la fermeture du régime. Mr Larayedh a exhorté l’ensemble de l’opposition à abandonner les politiques d’exclusion. Il a souligné que le retour du Dr Marzouki constitue un événement. - Abdelwahab Matar( pour le CPR) : a fait une démonstration juridique de l’illégalité de la candidature du président actuel à la suite du référendum du 26 mai 2002, expliquant que cette illégalité est doublée d’une illégitimité. Il a rappelé par ailleurs la position du CPR appelant depuis le début au boycott des deux élections. Me Matar a insisté sur l’importance de la démarche commune qui était celle de son parti depuis sa création.
2) Interventions d’amis de la Tunisie, avec la participation de :
- Dr Haythem Manaa : a rappelé que la dictature est un mal arabe qu’il fallait continuer à combattre sans concession. - Dr Violette Dagher : a tenu le discours le plus émouvant priant le Dr Moncef Marzouki de prendre soin de lui et revenir saint et sauf de son retour risqué en Tunisie. - Vincent Geisser : a dressé un bilan de la régression générale que connaît la Tunisie depuis la venue de Ben Ali au pouvoir. Toutefois, il a souligné que la situation de chao actuel s’explique aussi par la faiblesse d’une opposition qu’il a classée en trois catégories : les stupides heureux (alliés du régime), les stupides peureux d’une part, et de l’autre les "honnêtes courageux" pour qui il se sent solidaire.
3) Interventions de représentants de la société civile, avec la participation de :
- Kamel Jendoubi (CRLDHT) : a rappelé l’absence de climat favorable à la tenue d’élections libres et démocratiques, insistant sur ce qui rassemble une opposition qui a choisi des options différentes. - Khemaïs Ksila : (Secrétaire général de la LTDH) : a parlé de la position de la LTDH avant la sortie de son communiqué et notamment l’absence de conditions d’élections démocratique. Par ailleurs il a invité une certaine frange de l’opposition à abandonner la politique d’exclusion d’autres courants politiques. - Khaled Ben Mbarek (CIDT) : a souligné que dans un pays où règne la tortiocratie, il est dérisoire de parler d’élections crédibles, et que la seule option qui vaille est le boycott. - Mehdi Zougah (Comité Aix-Marseille) : a subtilement démontré que boycott (مقاطعة) ne peut se faire sans rupture (قطيعة) avec le régime. - Imed Daimi : a parlé au nom du Comité d’organisation. Il a donné un aperçu sur les actions qui vont être menées dans le cadre du boycott actif. Il a rappelé également l’importance que constitue l’Internet dans le cadre du combat pour les libertés en Tunisie. - Salim Ben Hamidane : a parlé pour les prisonniers politiques rappelant qu’on ne peut parler d’Etat de droit sans la présence d’un état de droit. Ce dernier étant absent en Tunisie : la preuve les 600 prisonniers politiques qui croupissent injustement encore dans les prisons de Ben Ali. - Moncef Marzouki a clôturé les débats (son intervention a été déjà publiée). Animés par Chokri Hamrouni, les débats ont été suivis par une réception à l’honneur de Moncef Marzouki à la veille de son départ en Tunisie.
Par ailleurs les organisateurs de cette réunion ont annoncé la mise en place d’un Collectif pour le Boycott actif des élections composé de : Abdelwahab Matar, Ahmed Smii, Néjib Hosni, Fathi Chamkhi, Ali Ben Salem, Zouhair Yahyaoui (en Tunisie) Sadri Khiari, Imed Daimi, Jalel Matri, Chokri Hamrouni (de l’étranger) Ce collectif qui aura pour mission de coordonner les actions du boycott avec partis politiques et organisations de la société civile en Tunisie et à l’étranger, restera ouvert à ceux qui désirent le rejoindre. Chokri Hamrouni assurera la coordination du collectif en compagnie de Abdelwahab Matar (depuis la Tunisie).
Paris, le 02 octobre 2004 Comité d’organisation
Pour voir les photos de cette rencontre rendez vous sur le site de la campagne du boycott |