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 Je me suis inscrit au séminaire sur la Tunisie intitulé "Développement économique et consolidation des institutions démocratiques en Tunisie" qui a eu lieu le lundi 4 octobre à l’hôtel des Berges et qui a été organisé par "EMA Invest".
Dès mon arrivé, j’ai été escorté par 2 personnes. A la réception, mon nom ne figurait pas sur la liste des inscrits mais après vérification, l’hôtesse m’a laissé entrer tout en prenant soin de bien noter mes coordonnées sous les yeux vigilants de mes escortes.
Quelques minutes plus tard, l’hôtesse m’a demandé de sortir de la salle parce qu’elle a reçu l’ordre de vérifier une deuxième fois avec moi. Après quelques dizaines de minutes et devant mon insistance, une personne s’est jointe à la discussion. Il s’est excusé de cette erreur et il m’a confirmé qu’il a bien reçu mon inscription sauf qu’il a oublié d’ajouter mon nom sur la liste des participants. Après tout ça, j’ai pris place dans la salle parmi la trentaine de personnes présentes. D’après un ami qui connaît bien les rouages 9 personnes sur 10 des personnes présentes sont les hommes de l’ambassade.
Durant les allocutions des intervenants, un caméraman (et après avoir discuté avec une personne de l’ambassade) s’est approché de moi à plusieurs reprises en essayant de filmer les papiers sur lesquels je prenait mes notes.
A la fin des trois interventions des invités (2 députées RCDistes et un chevalier de l’ordre de la République) Monsieur Guy Mettan l’organisateur a pris soin de rappeler que les questions ou les interventions du public ne peuvent pas avoir lieu. Néanmoins, 2 journalistes (un sénégalais et un tunisien) ont posé des questions brèves. Devant mon insistance de prendre la parole Monsieur Mettan m’a invité à parler durant le cocktail ...

Je me suis approché de Monsieur Mettan, l’organisateur de la rencontre, pour lui rappeler les règles minimales à respecter dans un débat public. Au même moment 2 personnes qui accompagnaient Monsieur Mettan m’ont insulté en arabe et m’ont donner l’ordre de quitter la salle. Les 2 personnes m’ont pris par les bras et m’ont secoué sous l’oeil de l’organisateur. J’ai montré les séquelles à Monsieur Mettan tout en lui rappelant son devoir de protéger les participants et non pas de protéger les agresseurs.
Une plainte a été déposée auprès du procureur de la République de Genève contre Monsieur Guy Mettan pour avoir laissé faire des personnes dangereuses et agitées et pour non assistance à personne en danger durant une conférence organisée par ses soins. Quant aux 2 personnes qui m’ont agressé verbalement et physiquement ils sont des habituées des conférences organisées par la société civile tunisienne.
En rentrant chez moi, et après avoir appelé la police, j’ai commencé à écrire la lettre au procureur ainsi que cet article. Mes enfants sont venus me voir et m’ont posé la question "Mais pourquoi tu es dans cette état là papa ?....Qui t’a fait ça ?...." Et vu que j’ai toujours dit la vérité à mes enfants même quand ça les dérange j’ai dû leur expliquer mon calvaire avec les sbires de Ben Ali. "Farouk" qui a 6 ans, m’a posé la question suivante : "Mais papa pourquoi Dieu a-t-il crée Ben Ali et Bush ?". Là par contre, je suis à bout d’arguments et je reconnaît que je n’ai pas répondu car je ne sais pas répondre.
Un dernier mot à nos amis tunisiens qui organisent des débats publics, et qui au nom de la liberté d’expression donnent la parole à des gens qui viennent juste pour perturber les conférences et écrire des rapports au Ministère de l’Intérieur. Alors, à partir d’aujourd’hui, je suis partisan de l’idée suivante :
« Ne plus donner la parole aux ennemis de la liberté d’expression »
Anouar Gharbi Tél. : 00 41 79 418 75 05 Genève, le 4 octobre 2004 |