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Un journaliste américain, menacé de prison s’il continue de refuser de révéler à la justice la source lui ayant fourni une cassette sur une affaire de corruption, connaîtra son sort le 9 décembre, a-t-on appris jeudi auprès de la chaîne WJAR. Jim Taricani, journaliste depuis plus de 30 ans et reporter de WJAR-TV, la station de NBC à Providence (Rhode Island, nord-est), a comparu jeudi devant un juge fédéral de la ville. Il encourt jusqu’à six mois d’emprisonnement. La peine sera prononcée le 9 décembre. L’affaire fait quelque bruit aux Etats-Unis, arrivant après plusieurs autres cas de journalistes mis en demeure par la justice de révéler leurs sources. Dans le cas de Jim Taricani, c’est une vidéo du FBI, diffusée en février dans un de ses reportages et montrant un responsable de l’ancienne municipalité acceptant une enveloppe d’argent, qui est au centre de la polémique. En août, la justice, estimant que la diffusion de cette vidéo pourrait contribuer à priver les protagonistes de cette affaire de corruption municipale d’un procès juste, avait déjà imposé au journaliste une amende de 1.000 dollars par jour s’il refusait d’identifier son informateur. En octobre, un autre juge avait fixé une peine de prison à l’encontre de Judith Miller, du New York Times, dans le cadre de l’enquête sur la révélation de l’identité d’un agent de la CIA. La peine est pour l’instant suspendue, la journaliste ayant fait appel. L’organisation Reporters sans frontières a estimé mercredi dans un communiqué que "sans la garantie du secret des sources, plus personne ne prendra le risque de transmettre une information aux journalistes. La protection des sources est un pilier de la liberté d’expression".
Agence France-Presse 18 - 11 - 2004 |