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Reporters sans frontières (RSF) a souligné mercredi, à l’occasion de la 15ème journée internationale de soutien aux journalistes emprisonnés, que 198 journalistes et cyberdissidents sont emprisonnés" et que neuf journalistes ont disparu "pour avoir voulu nous informer". Alors que les médias ont beaucoup parlé des journalistes français Christian Chesnot, et Georges Malbrunot, retenus en otages en Irak depuis le 20 août, et de Mohammad Al-Joundi, leur chauffeur syrien libéré, l’objectif de cette journée était de dire "attention, il y en a d’autres, dont on parle moins", a expliqué Robert Ménard, secrétaire général de RSF mercredi sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. Une banderole avec les noms des 198 journalistes et cyberdissidents emprisonnés formant la silhouette d’une personne lisant un journal, a été déployée sur la façade.Actuellement, 128 journalistes sont emprisonnés dans le monde "pour avoir fait leur métier", 70 cyberdissidents sont emprisonnés et neuf journalistes ont disparu depuis 2000, notamment les Français Fred Nérac (disparu en Irak en mars 2003) et Guy-André Kieffer (disparu en avril 2004 en Côte d’Ivoire).Plus de 80% des journalistes emprisonnés le sont dans six pays, a souligné RSF, citant la Chine (26 journalistes et 62 cyberdissidents), Cubajournalistes), l’Iran (15), l’Erythrée (14) le Népal (12) et la Birmanie (11). "Dans ces six pays, les sujets interdits ne manquent pas", ajoute l’association de défense de la liberté de la presse, citant "la corruption en Chine, les violations des libertés à Cuba, les luttes d’influence entre réformateurs et conservateurs en Iran, le conflit avec l’Ethiopie en Erythrée, la guérilla maoïste au Népal ou les idées que défend le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi en Birmanie"."Il y a des pays où on n’emprisonne pas du tout de journalistes parce qu’il n’y a plus de presse", a souligné par ailleurs M. Ménard. Pour financer ses actions, RSF met en vente au prix de 8 euros un magazine de 80 photographies de Jean Dieuzaide, le seul photographe français à avoir décroché à ce jour les prestigieux prix Niepce et Nadar, souligne RSF. A propos des cyberdissidents, M. Ménard a indiqué notamment : "aujourd’hui en Chine on pense qu’il y a 60 à 80 millions d’internautes. Vouz imaginez que là-dessus il y a un certain nombre de gens qui ont envie d’avoir de l’information crédible. Et ces gens essayent de diffuser de l’information sur leur pays ou d’aller sur des sites interdits". "Pour les combattre, il y a pas moins de 30.000 cyberpoliciers et en, plus de cela il y a un certain nombre d’entreprises, en particulier d’entreprises américaines, qui fournissent aux autorités chinoises les logiciels, les moyens informatiques d’arrêter les cyberdissents", a-t-il déploré.
Agence France-Presse 24 - 11 - 2004 |