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L’association Reporters sans Frontières (RSF) a réclamé jeudi, à la veille de l’ouverture du Xème sommet de la Francophonie à Ouagadougou, l’application des sanctions prévues contre les pays membres violant la liberté de la presse. RSF "demande une nouvelle fois, comme prévu dans la déclaration de Bamako signée en 2000, des sanctions contre les pays (membres de l’Organisation internationale de la Francophonie-OIF, ndlr) qui violent la liberté de la presse", indique l’organisation dans un communiqué. L’application de sanctions prévues "en cas de rupture de démocratie ou de violations massives des droits de l’Homme", qui "vont de la réduction des contacts avec l’État concernés à sa suspension (...) donnerait à la Francophonie l’autorité et la crédibilité qui lui manquent en matière de respect des droits de l’Homme", estime RSF. "A l’inverse, ne rien faire à Ouagadougou, comme lors du précédent sommet de Beyrouth en 2002 serait un véritable camouflet pour les victimes de violations des droits de l’Homme dans l’espace francophone", poursuit le communiqué. "L’ombre de Norbert Zongo plane sur le sommet de la Francophonie", souligne aussi RSF, en référence à l’assassinat, resté impuni à ce jour, de ce journaliste burkinabé en 1998, alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur du frère du chef de l’État Blaise Compaoré. "Quelques centaines de kilomètres plus au sud, en Côte d’Ivoire, de nouveaux médias de la haine ont fait leur apparition (...) Les appels à la haine et à la violence, les incitations à la guerre, les propos xénophobes sont devenus quasi-quotidiens", explique RSF qui ajoute que "les médias d’Etat agissent en soldats (...) et se comportent en agents de propagande" au service du pouvoir. RSF note aussi que "le 4 novembre 2004, à la veille de l’offensive des forces ivoiriennes contre les ex-rebelles, la presse ivoirienne a connu une vague de répression sans précédent". "L’impunité demeure, au Burkina Faso et dans d’autres pays francophones", dénonce RSF, qui souligne qu’en Guinée Équatoriale, au Laos, au Rwanda, en Tunisie et au Viêtnam, la liberté de la presse n’existe pas".
Agence France-Presse 25 - 11 - 2004 |