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Sans Frontières (RSF), estime qu’"il faut des journalistes sur place" en Irak et précise le sens de la soirée organisée jeudi par RSF à l’Institut du Monde Arabe en soutien à Florence Aubenas, envoyée spéciale de Libération, disparue il y a une semaine à Bagdad, avec son interprète irakien. - Q : Quel est le but de cette soirée ? - C’est tout d’abord de remercier tous ceux qui se sont mobilisés à quelque niveau que ce soit durant quatre mois pour Christian (Chesnot) et Georges (Malbrunot), les personnalités qui ont lancé des appels tous les jours, les journalistes qui ont systématiquement relayé l’information, toutes les entreprises, les élus, tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont apporté leur concours à la mobilisation autour de Georges et Christian. Maintenant la donne a changé avec la disparition de Florence et Hussein (Hanoun Al Saadi), on s’est dit qu’on ne pouvait pas faire la même chose. Cette soirée va se transformer en soirée de mobilisation. (...) Ce sera moins festif et plus militant. Toute la famille de Florence sera présente, ainsi que la direction de Libération, Georges et Christian, qui prendront la parole. Nous attendons des centaines de personnes. - Q : Comment s’organise la solidarité pour Florence Aubenas hors des frontières de l’Hexagone ? - J’étais mercredi à Beyrouth où il y a eu un appel lancé par des responsables des médias égyptiens, syriens, palestiniens et libanais. La semaine prochaine je me rendrais au siège d’Al-Jazira. Nous mettons beaucoup l’accent sur les médias arabes parce que ce sont eux que les ravisseurs - si ravisseurs il y a - regardent, écoutent ou lisent. Ils peuvent aussi dire et redire comme ils l’ont déja fait, qu’il n’y a aucune différence entre un journaliste européen ou arabe, ils font le même travail et les uns et les autres doivent être respectés. Et en plus ils peuvent avoir un certain nombre de contacts qui peuvent être utiles et ouvrir certaines portes. - Q : Comment peut-on concilier le devoir d’informer avec la sécurité sur le terrain dans des zones de conflits et des situations de guerre ? - C’est difficile. Mais je crois que c’est à chaque rédaction de décider s’il faut envoyer quelqu’un ou pas et chaque rédaction peut avoir des analyses différentes. Il serait catastrophique qu’il n’y ait plus de journalistes en Irak. Si tout le monde suivait les conseils de Jacques Chirac et des membres du gouvernement, il n’y aurait plus de journalistes français. Qui resterait en Irak ? Les militaires et les diplomates ? On laisserait face-à-face la résistance irakienne d’un côté, les autorités américaines et le gouvernement en poste à Bagdad actuellement et se sont eux qui nous diraient ce qui se passe ? On sent bien que ce n’est pas possible. Il faut qu’il y ait des journalistes sur place.
Agence France Presse 13 - 01 - 2005
Florence Aubenas : RSF met en place une page web spéciale
L’organisation Reporters sans frontières (RSF) met en place une page spéciale sur Florence Aubenas, envoyée du journal français Libération en Irak disparue le 5 janvier à Bagdad, disponible sur son site (aubenas.rsf.org), a annoncé mercredi l’organisation de défense de la presse. Cette page spéciale accessible directement depuis l’adresse (http://aubenas.rsf.org) est disponible en arabe, en français et en anglais et sur le site de Reporters sans frontières (www.rsf.org.), a annoncé RSF. Cette page reprend la chronologie des événements depuis la disparition de l’envoyée spéciale de Libération en Irak et de son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi. Elle fait également le point sur les réactions nationales et internationales ainsi que sur l’état de la mobilisation. Les internautes ont la possibilité de laisser des messages de soutien aux deux disparus, a précisé RSF. Des informations sur la situation de la liberté de la presse en Irak sont également accessibles. Enfin, l’organisation proposera une bannière Internet renvoyant vers la page à des sites partout dans le monde, et notamment dans les pays arabes.
Agence France Presse 12 - 01 - 2005
Lellouche (UMP) : Ménard a "gravement nui" à RSF en soutenant Al-Manar
Pierre Lellouche, secrétaire national de l’UMP, a a affirmé mercredi que Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), avait "gravement nui à l’image" de cette organisation en se rendant à Beyrouth pour soutenir la télévision Al-Manar, interdite en France. En apportant "publiquement votre soutien à Al Manar, chaîne ouvertement antisémite, émanation d’une organisation terroriste, le Hezbollah - et cela au nom de la liberté de la presse ! - vous avez gravement nui à l’image de Reporters sans frontières et à la cause que vous prétendez servir", écrit M. Lellouche à M. Ménard dans une lettre dont une copie été transmise à l’AFP. "Je ne vois pas comment vous pouvez justifier la diffusion de feuilletons ou d’informations ouvertement antisémites (...) Je ne comprends pas votre solidarité avec Al-Manar alors que les institutions indépendantes telles que le CSA et judiciaires (le Conseil d’Etat) de notre pays se sont prononcées pour son interdiction en raison précisément de ses diffusions" (en décembre dernier), poursuit le député de Paris. Robert Ménard se trouve à Beyrouth à l’invitation d’Al-Manar, RSF étant la seule organisation occidentale à avoir accepté de participer mercredi à une rencontre de solidarité avec la chaîne du Hezbollah. Le ministre de la Culture et de la communication Renaud Donnedieu de Vabres avait qualifié d’"irrévocable" la décision d’interdire Al Manar, ajoutant que "les propos à caractère raciste, antisémite, appelant à la violence et à la haine raciale n’ont pas droit de cité en France".
Agence France Presse 12 - 01 - 2005 |