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L’organisation Reporters sans frontières, qui a comptabilisé 53 journalistes tués dans le monde en 2004, estime mercredi dans son rapport annuel que la "presse indépendante est en difficulté sur le continent africain", notamment en Côte d’Ivoire, Erythrée et Zimbabwe. "L’assassinat, en Gambie, au mois de décembre, de Deyda Hydara (journaliste de l’AFP et de RSF) est venu tristement rappeler que le continent africain" n’est pas épargné par les violences qui touchent les journalistes à travers le monde, relève RSF. L’organisation de défense de la liberté de la presse rappelle aussi la disparition en avril 2004 à Abidjan du journaliste franco-canadien, Guy André Kieffer, après l’assassinat en octobre 2003 du correspondant de Radio france internationale (RFI), Jean Hélène, dans la capitale économique ivoirienne. "En Côte d’Ivoire, à Abidjan comme à Bouaké (capitale de la zone tenue par les Forces nouvelles), les journalistes prennent chaque jour de gros risques afin de poursuivre leur devoir d’information : 40 ont été menacés ou agressés en 2004, neuf interpellés et 12 médias ont été censurés ou saccagés), indique "En Erythrée, poursuit le rapport, la situation est dramatiquement simple : il n’y a plus de presse privée, plus d’expression libre et plus de correspondants étrangers. 14 journalistes et directeurs de journaux sont emprisonnés au secret, sans procès". Au Zimbabwe, "Depuis les attaques répétées des autorités à l’encontre du Daily News, la presse indépendante est réduite à un ou deux hebdomadaires au tirage confidentiel. Parallèlement, alors que des élections générales sont prévues en 2005, le gouvernement a décidé d’interdire purement et simplement l’accès du principal parti d’opposition aux médias d’Etat", relève RSF. En revanche, l’organisation note une amélioration de la situation de la liberté de la presse dans plusieurs pays du continent. Ainsi "en Afrique du Sud, au Bénin, au Botswana, au Cap-Vert, au Ghana, au Mali, à Maurice ou encore en Namibie, les journalistes travaillent dans des conditions de liberté proches de celles de leurs confrères européens". Enfin, RSF revient sur le cas du journaliste burkinabé, Norbert Zongo, assassiné près de Ouagadougou en décembre 1998. "Les années qui passent ne semblent avoir aucun impact sur l’impunité qui sévit au Burkina Faso. Six ans après l’assassinat du journaliste, le dossier Norbert Zongo n’est toujours pas réglé", note l’organisation.
Agence France Presse 05 - 01 - 2005 |