Condamné dans une affaire de terrorisme, il est choqué par les accusations portées contre lui
Un jeune suédois de vingt ans condamné à vingt-six ans d’emprisonnement en Tunisie, par un tribunal l’ayant considéré comme le chef d’un groupe terroriste : « Je ne comprends pas » a déclaré le condamné au journal « Nouvelles d’aujourd’hui ». Selon les informations disponibles, la seule preuve sur laquelle repose l’accusation serait des dossiers téléchargés d’internet. Le tribunal a condamné avec lui sept autres hommes à de longues peines d’emprisonnement. « Je suis choqué par la nouvelle de ma condamnation à une longue peine d’emprisonnement pour quelque chose que j’ignore », continue le jeune de vingt ans. Quand Nouvelles d’Aujourd’hui l’a rencontré, il jouait au football à Goetenberg. Il a dit qu’il était né en Suède de parents tunisiens. « Lorsque j’ai eu sept ans, je suis rentré avec mes parents en Tunisie ; les deux dernières années, je les ai passées en Suède ». Il habite aujourd’hui aux environs de Göteborg (...). La dernière fois que j’ai été en Tunisie, c’était à la fin de l’année dernière. J’ai été rendre visite à ma famille. Je ne suis pas un terroriste et je ne comprends pas comment on a pu m’accuser d’être le chef d’un groupe terroriste ». Le ministère des Affaires Etrangères s’active maintenant pour avoir des éclaircissements sur son cas et sur le jugement. « L’ambassadeur, qui est de Stockholm, nous représente en Tunisie. Il est au courant de l’affaire et nous attendons de recevoir un complément d’informations lundi » a déclaré Andris Normann, du service de presse du ministère des Affaires Etrangères. La Suède n’a pas d’accord d’extradition avec la Tunisie. Une demande d’extradition de ce jeune de vingt ans sera naturellement refusée par le gouvernement suédois.
Selon la presse tunisienne, le Suédois et sept autres hommes âgés d’une vingtaine d’années ont tenté de tisser les liens avec le réseau terroriste d’El Qaïda par le biais d’Internet et ont téléchargé des dossiers contenant des informations sur la fabrication d’obus. Le tribunal considère le Suédois comme le chef du groupe terroriste appelé groupe de Zarzis. Les condamnés avaient plusieurs plans dont une opération terroriste dans la ville côtière de Zarzis. L’avocat du Suédois, Samir Ben Amor, est choqué par le jugement : « La seule preuve reste les dossiers téléchargés d’Internet » a-t-il déclaré à l’agence Associated Press. Le jeune de vingt ans a dit connaître cinq des accusés, qui sont des amis et des proches. Quant aux deux autres il ne les connaît absolument pas. L’organisation Reporters sans Frontières a critiqué le verdict et considère que la simple consultation de sites sur Internet ne peut en aucun cas constitue un motif d’accusation de complot terroriste. Reporters Sans Frontières veut que la communauté internationale, au premier plan les Etats Unis et l’Union Européenne, réaffirme que la lutte anti-terroriste ne justifie en aucun cas de bafouer les libertés individuelles, ni que la garantie d’un procès équitable ne passe au second plan.
Les huit hommes ont été arrêtés à Zarzis mais le procès s’est déroulé dans la capitale. Cinq d’entre eux se sont plaints d’avoir subi des tortures, mais le tribunal a refusé qu’un médecin les examine, et au cas où, les soigne.
« Mes amis et moi avons surfé sur Internet, mais ce n’est pas un crime », a déclaré le jeune de vingt ans avant de s’en retourner jouer au football.
Tomas Lerner
Nouvelles d’Aujourd’hui (Suède), 18 avril 2004
Traduit pour Tunisnews par Mouhajer
(Traduction de l’arabe, ni revue ni corrigée par les auteurs des versions suédoise et arabe, LT)