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Revue du Temps


L’ancienne école
Espèces en voie de disparition


Rencontre inhabituelle avec des spécimens de la Tunisie d’hier. Des Sadikiens à l’ancienne, quand la culture était une arme de guerre. Des hommes comme on n’en fait plus, et c’est l’époque qui veut ça...

Je tendais tant bien que mal l’oreille et penchais discrètement la tête pour capter les paroles de mes voisins, dans le brouhaha général du café. Ils étaient assis à la table adjacente. C’est vrai que de par mon métier, la curiosité est une seconde nature, une nécessité. Mais ces deux personnages ont d’abord attiré mon attention par le soin qu’ils portaient à leur tenue. Ils étaient d’une élégance discrète et surannée qui contrastait avec le débraillé généralisé. Oh, ni jebba, ni chéchia, mais ces deux hommes n’en avaient cure, Il en émanait un tel concentré de tunisianité que tout accessoire vestimentaire aurait été aussi redondant que superflu. De grosses moustaches blanches ornaient le visage brun de l’un, rappelant vaguement un Ali Bach Hamba conquérant. L’accent légèrement traînant du second, son teint pâle, trahissaient un tunisois de vieille souche. J’entendais par bribes une conversation émaillée de vers des poètes de l’Arabie antéislamique, mais aussi de références aux romantiques européens du19 ème siècle. Des Sadikiens à l’ancienne, évidemment, quand le bilinguisme était de rigueur et la culture une arme de guerre. Ils sont de ces hommes qui ont bâti la Tunisie d’aujourd’hui.

L’art de la conversation
- Ainsi, Lamine Bey a eu quelques velléités nationalistes...
- "Ah non ! Tu fais de cette hirondelle un printemps ! Interrompit illico le brun sur un ton courroucé." On ne peut parler de réelle volonté politique quand il s’agit d’un malheureux acte isolé ! " poursuivit-il.
Il s’ensuit un dialogue assez mouvementé, que j’ai eu du mal à suivre, mes connaissances historiques étant assez limitées. Et surtout, en face de ces messieurs, j’aurai fait bien pâle figure. Mais voilà que la discussion rebondit sur ...Lacoste ? ! La marque de chemisettes ? Nenni ! Il s’agissait de Robert Lacoste, nommé Ministre Résident en Algérie en1956 , qui aurait évoqué l’éventualité d’un " Dien bien phû diplomatique ", deux années plus tard.
Et là, le débat fut brûlant, quant à la crédibilité des analyses livresques d’un certain Yves Courrières, historien, paraît il... J’en étais abasourdi. Le moustachu brandissait "Les fils de la Toussaint", exhibant des passages soulignés au feutre rouge, pour appuyer ses dires et étayer ses propos. Le pâle gardait une moue dubitative qui agaçait son ami. "Les faits sont indiscutables" répétait ce dernier ! "Absolument incontestables !".

Le goût aristocratique
Étais-je sur les bancs d’une université où des érudits aussi doctes que chenus faisaient assaut d’amabilités ? La joute oratoire reprenait de plus belle, et les passes d’armes verbales se suivaient sans se ressembler. Au grand bonheur de l’indiscret que j’étais ! Mais à ma décharge, avouez que vous en aurez fait autant ! Auriez-vous résisté à ce duel d’intellectuels à une époque où on a plutôt tendance à se boucher les oreilles devant des grossièretés sans pareilles !
Avant de se lever, l’un des compères plongea sa main dans une serviette au cuir gaufré, (ne cherchez pas, ce modèle, on n’en fait plus !), pour en sortir une cassette et une liasse de papiers. " Tiens, voilà des feuillets de l’ouvrage dont je t’ai parlé. Ce n’est que pour la bonne bouche, le reste suivra. Et voilà la cassette, c’est assez moderne, mais ma foi, ça se laisse écouter ". Il s’agissait d’un enregistrement inédit du luthiste Anouar Brahem, accompagné du jazzman Jan Garbarek. " Je préfère ce bon vieux Saleh Abdelhay, mais je te fais confiance ", répondit son ami en prenant la cassette. " Cela dit, il paraît que ce jeune musicien a fait des étincelles avec son album Les Pas du Chat Noir ". Tiens, ils sont même au courant de l’actualité musicale. Mais les goûts de ces messieurs restent tout de même bien aristocratiques.

Comparaison n’est pas raison
En les écoutant faire étalage de leur érudition, je n’ai pu empêcher mon esprit de vagabonder. Est-ce dû à des facultés de concentration défaillantes car largement dépassées ? Certainement. Mais aussi parce que la comparaison était inévitable. Comment ne pas penser aux discussions que j’ai moi-même avec mes amis ? ! Litanie monotone des problèmes du quotidien, jurons à foisons, allusions vaseuses pour se dégager du bourbier ... Mais on s’y enfonce. Disons à la décharge de mes contemporains (et à la mienne !) que notre vie est différente, nos soucis plus nombreux, la compétition féroce, bref la lutte pour survivre a ses raisons que la raison ignore ! J’essayais de me trouver des excuses, des points forts pour me rehausser à mes yeux, panser un amour propre bien malmené... Allez ! Avouez Messieurs que vous n’aviez eu, à votre époque, aucune difficulté à trouver un emploi ! Avouez que si vous avez lu tant d’antiques paperasseries, c’est parce que vous n’aviez pas la télé ! Rassurez-nous ! Dites nous que nous ne sommes pas aussi incultes qu’on en a l’air ! Vous savez, c’est la globalisation, le monde est un village, Rambo, Internet, Bush, le chômage ! Et l’Espérance est éliminée de la compétition arabe ...

Retour sur terre...
En sortant du café, j’ai eu un peu de mal à retrouver ma direction et à recouvrer mes esprits. Les tubes néons des boutiques, à la lumière aussi kitsch que tapageuse, l’accoutrement des jeunes singeant les stars occidentales... J’ai eu l’impression, durant quelque temps, de m’être retrouvé dans la Tunisie d’antan. Et le retour en 2004 fut brutal. Il m’a suffi de me lever et sortir, pour me replonger dans la foule de mes contemporains. Loin de m’adoucir, les propos écoutés m’ont irrité ! Pour qui se prennent-ils ces vieux schnocks ? ! La jalousie me tenaillait. Je vis à l’ère d’Internet, les informations sont censées être à la portée de tout le monde... Et pourtant ... Le zapping les images rapidement remplacé par d’autres, au gré d’une actualité versatile font que l’on ne retient pas grand-chose. Des héros sont fabriqués à la chaîne et de toutes pièce pour une populace avide de nouveautés futiles. Le gouffre béant de mon ignorance s’ouvrait sous mes pieds, sans que je puisse réagir. Je tremblais littéralement et marmonnais dans ma barbiche des imprécations. Que font-ils de cette culture aujourd’hui ? Les diplômes on-ils la même valeur de nos jours, verrons-nous de tels spécimen dans quelques années ou seront-il tous remplacés par des installateurs d’antennes paraboliques ?
Mais tout ceci n’est que littérature... Bon dimanche.

* Ces personnages bien réels ne sont aucunement le fruit de mon imagination fiévreuse !

Oualid Chine
© Le Temps
28 mars 2004


Un de plus !

On se sent révoltés, crucifiés, humiliés, négligés, banalisés, déshumanisés, dégoûtés. À la mort de Cheikh Yassine, alors que le monde entier a crié "haro !" les États-unis ont répliqué par "Veto !". Trop, c’est trop. Dès lors, le 11 septembre, il ne faut pas chercher dans le terrorisme "Qaïdien", sa source se trouve dans les mécanismes "onusiens" paralysés par les faucons américains...

Fathi El Mouldi
© Le Temps
28 mars 2004


Langage du Temps
L’air du temps...


Dans l’empire romain il y avait ce qu’on appelle les « ennemis nécessaires ». Leur existence, réelle ou alors fabriquée de toutes pièces, avait pour but d’élever le moral des citoyens et de servir la gloire des chefs.
La Libye réintègre la communauté internationale et « l’État-voyou » qu’il était aux yeux de George Bush fait soudain l’objet d’indicibles convoitises de la part des États-Unis et de la Grande-Bretagne. La Vieille Europe, elle, partenaire par intermittences, mais quand même partenaire institutionnel de l’État libyen, est prise de court (la France et surtout l’Italie) par le rythme mystificateur de ces effusions sentimentales et le retour tout aussi fulgurant des marchés dans ce pays.
Les déclarations d’amour sont aujourd’hui inversement proportionnelles aux pamphlets dressés à l’endroit de Gueddafi, aux menaces haineuses et à l’embargo asphyxiant exercé sur nos frères libyens. Se soucient-ils (Bush et Blair) de l’état d’âme du leader libyen décrétant un revirement à quatre-vingt-dix degrés ? L’essentiel, pour eux, ce sont les prédispositions d’esprit et les déclarations solennelles, aussitôt traduites par des actes, de renoncer à ces armes, qu’Américains et Britanniques se jugent seuls dignes de posséder.
Sauf que, quelque part, il s’agit là, du côté de Tripoli, d’un dépit presque identitaire ressenti par Gueddafi. Il s’était battu à sa manière pour le panarabisme et il a fini par comprendre que c’était chimérique. Il n’avait pas caché des présomptions néo-guévaristes pour la cause palestinienne et il a peut-être fini par découvrir que la Palestine cristallisait des passions contradictoires et des intérêts exacerbés... Le leader était-il las de prêcher dans le désert ? sans doute. Mais qu’il déclare solennellement que ses racines restent l’Afrique et elle seule, cependant que Seif AI Islam, son fils, rappelait le guide pratique de l’inertie arabe (pas une seule cartouche arabe tirée au Golan depuis 67 et donc à quoi bon ! ») Dit-il, voilà qui en dit long sur un sentiment, désormais, diffus, chez les Arabes ostensiblement qualifiés de « périphériques » par ceux du Croissant fertile.
Dans cet esprit, il serait peut-être un peu trop téméraire de croire que la Libye a plié sous la pression américaine. Il y a même lieu de croire qu’après avoir éliminé Saddam puis, indirectement, Cheikh Yassine, la liste « des ennemis nécessaires » de Bush se réduit. En attendant de s’en inventer d’autres, Washington et Londres auront certainement compris que la réintégration par la Libye de la communauté internationale ne veut pas dire sa récupération. Gueddafi s’est-il mis alors dans l’air du temps ? En tous les cas, il l’a affirmé.
Mais la Libye restera arabe, c’est dans ses gênes, comme l’est la Tunisie qui a tant fait pour baliser cette réinsertion libyenne. Et déjà, demain, on saura, nous l’espérons, faire la part des choses.

Raouf Khalsi
© Le Temps
28 mars 2004


Premier séminaire international sur la commande, la communication et le traitement du signal
Consolider les réseaux de recherche en Tunisie


Yasmine Hammamet a abrité glu 21 au 24 mars le premier ’séminaire international sur la (commande, la communication et le traitement du signal organisé par l’école supérieure des sciences et techniques de Tunis et l’IEEE ce symposium a réuni t 00ingénieurs et chercheurs venant de 29 pays. Notamment les États-unis, le Canada, le Japon, l’Italie, la France, l’Espagne, la Croatie, le Maroc, d’Algérie, la Tunisie, le Koweït, le Liban et Hong Kong.
L’objectif de ce séminaire homme l’a affirmé M. Jilani Lamloumi directeur de l’École supérieure des sciences techniques de Tunis est de présenter et discuter des résultats de recherche dans la communication, la commande et le traitement du signal promouvoir le transfert du savoir et la coopération entre les laboratoires et les équipes de recherche tunisiennes et étrangères et mettre en place des réseaux de recherche.
La tenue de cette manifestation pour la1 ère fois en Tunisie ajoute M. Lamloumi ne relève pas du hasard. La Tunisie est considérée comme la pionnière en matière d’automatisme, communication et information. Ce congrès international est une initiative partagée par plusieurs partenaires, les instituts tunisiens et étrangers, en l’occurrence l’université de Manouba, l’ESSTT l’université Santa Barbara de Californie, l’université de technologie de Tampere en Finlande, l’Eurasip, et l’IEEE. Ce forum a été rehaussé par la présence du Pr. Lennart Ljung membre de jury de l’académie Royale de la Suède qui délivre les prix Nobel de physique, Dr Khaled Ben Letaïef chercheur tunisien à Hong Kong, Dr. Dirk Slock de France Dr. Thomas Kailath des États-unis et Dr. Sergio Benedetto d’Italie. M. Farahat Fnaiech chercheur tunisien et professeur à l’ESSTT nous a précisé que "ce colloque traite des aspects de commande dans le domaine de l’automatique et du traitement du signal et de la communication. Nous avons évoqué lors de ce forum scientifique des aspects de l’identification et des commandes des systèmes dans le domaine de l’automatique. Nous avons abordé aussi les façons de traitement du signal de la parole, des signaux acoustiques de l’image des transmissions des données, le codage et les multimédias.
Leur intérêt dans la vie pratique est important. Les techniques de commande servent à automatiser les systèmes dans les usines.
On peut aussi traiter les signaux sonores. Si on reçoit un signal bruité, on peut trouver une solution avec des techniques de filtrage. On peut traiter les images, les reconnaître et les classer. Il y a aussi des applications biomédicales importantes. Pour la télécommunication, on cherche à transmettre avec le plus de rapidité un signal par exemple dans le téléphone mobile. L’évolution des besoins, des structures et des moyens informationnels de la gestion se traduit notamment par une plus grande diversification des applications informatiques. L’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication permettrait de répondre aux exigences les plus élevées.
L’un des effets des NTIC a consisté en une réduction spectaculaire du coût et du temps, du stockage de traitement et de transmission de l’information. Ce congrès a connu un succès sans précédent et a été rehaussé par la présence de sommités d’Amérique et d’Europe qui sont fascinés par le développement que connaît la Tunisie. Ce premier symposium a été programmé par l’IEEE qui est une société américaine réunissant 500.000 savants du monde entier cela prouve le haut niveau atteint par le chercheur tunisien qui n’a aucun complexe vis-à-vis des meilleures écoles qu’elles soient européennes ou américaines. Les Tunisiens sont même parmi les mieux placés et les plus recherchés".

Kamel Bouâaouina
© Le Temps
28 mars 2004


Concours Eco-Lef
Dans le cadre de la protection de l’environnement des diverses sources de pollution, l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) organise le concours Eco-Lef 2004 pour récompenser la meilleure initiative visant la pollution issue du plastique. Les participants concernés sont les ONG, les entreprises, les comités de cités, les collectivités locales, les universitaires, les étudiants et les individus. Les meilleures initiatives bénéficieront de prix importants dont le montant global est de 10 mille dinars.

Exposition des archives nationales
Les archives nationales annoncent au public que l’exposition organisée à l’occasion de la première célébration de la journée nationale des archives (le 26 février2004 ) sur le thème "un siècle de participation tunisienne aux foires internationales, 1851-1949" se prolongera jusqu’au 30 avril 2004 au siège de l’institution (122, boulevard 9 avril 1938 -Tunis).

Le prix de l’OMS attribué à la Tunisie
Une nouvelle distinction internationale vient d’être décernée a la Tunisie pour la réussite de son programme d’action en matière d’éradication de la tuberculose. Il s’agit du prix de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) attribué à New Delhi (Inde), lors du forum mondial "Halte à la tuberculose". C’est M. Atal Bihari Vajpayce, premier ministre de l’Inde, qui a remis ce prix à M. Elyes Kasri ambassadeur de Tunisie à New Delhi, en présence du directeur général de l’OMS et du vice-président de la Banque Mondiale.

La Tunisie à la foire internationale du Caire
La Tunisie qui a participé à la foire internationale du Caire a obtenu le prix de la meilleure participation. Plusieurs entreprises exportatrices tunisiennes ont participé à cette foire qui a attribué le prix de la meilleure participation au Centre de promotion des exportations (CEPEX). En marge de la foire, des accords ont été conclus entre des entreprises tunisiennes et égyptiennes opérant dans différents domaines.

Passage supérieur de Boukornine
Le passage supérieur de Boukornine, inauguré hier, s’étend sur une longueur de 1081 mètres, devenant ainsi le plus grand passage routier en Tunisie. Le projet dont le coût s’élève à 5 millions 695 mille dinars comporte deux passages de deux voies allant dans les deux sens. Il permettra la fermeture du passage à niveau des chemins de fer sur la route à Boukornine au niveau de l’avenue 7 novembre qui assure quotidiennement la circulation de milliers de véhicules ainsi que l’organisation de 160 voyages de trains dont 120 voyages sur la ligne desservant la banlieue sud.

Conférence euro-arabe2004
Le Conseil de l’Ordre des Ingénieurs tunisiens (COI), l’université allemande de Rostock, la coopération technique allemande (GTZ), l’Office national de l’assainissement (ONAS), le Centre international des technologies de l’environnement (CITET) et la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (CTAIC) organisent la conférence euro-arabe 2004 sur l’environnement et ce du 29 au 31 mars courant au CITET à Tunis.

Séminaire euro-méditerranéen
L’Association d’amitié des villes jumelées d’Hammamet organise un séminaire euro-méditerranéen au profit des jeunes animateurs volontaires dans le domaine de la jeunesse sur le thème : "jeunes, échanges et formation pour un dialogue de type nouveau dans l’espace euro-méditerranéen - stage de formation". Le séminaire auquel participent 20 jeunes de différents pays dont La France, l’Espagne, l’Italie, Le Maroc et l’Algérie a lieu du 21 au 28 mars courant à l’hôtel Riu Park El Kebir - Hammamet.

Protection des complications digestives
La Société française de rhumatologie (SFR) et la Ligue tunisienne anti-rhumatismale (LITAR) organisent avec le soutien des laboratoires Aventis des journées scientifiques sur la protection des complications digestives des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) du 26 au 28 mars courant à Tozeur.

© Le Temps
28 mars 2004


Rencontre à Hammamet
M. César Balderacchi, président du syndicat national des agences de voyage (SNAV)
Le tourisme est un facteur de paix et de fraternité

• Nous conseillons à nos clients de choisir la Tunisie
• L’année 2004 s’annonce bonne

Le syndicat national des agences de voyages en France s’impose aujourd’hui comme un interlocuteur incontournable. En défendant les intérêts de ses adhérents, il défend tous les acteurs de la profession. son président M. César Balderacchi était parmi nous à Hammamet à l’occasion de la tenue de la première convention SNAV Provence du 12 au 14 mars M. Balderacchi détaille son point de vue sur la conjoncture touristique et les perspectives de la saison2004 .

• Après les événements du 11 septembre que pensez-vous de la conjoncture touristique dans le monde ?
La conjoncture touristique a été frappée à cause des événements du 11 septembre nais aussi à cause de la guerre d’Irak de maladies qui ont touché l’Asie et les attentats.
Notre profession est toujours sinistrée. C’est l’industrie la plus importante dans le monde. Le tourisme est porteur de paix, de fraternité, d’amitié. C’est un facteur économique très important. Mais suite à ces événements l’activité touristique est pénalisée. Je pensais que le tourisme ne sera pas touché. Mais j’ai constaté que les gens ont peur de voyager.
La conjoncture touristique se ressent beaucoup de ce qui se passe. Il faut qu’il n’y ait plus de guerre dans le monde. Le tourisme doit participer à ce phénomène de paix et de fraternité.
• Mais les professionnels du tourisme ne doivent pas croiser les bras ?
Non, il ne faut pas se décourager. Il ne faut pas que le mal pousse le bien. Mais nous ne pourrons pas convaincre l’individu à voyager s’il n’en a pas envie. Nous sommes une profession fragile. Nous sommes liés à une conjoncture internationale. Ce qui s’est passé à Madrid a bloqué l’en semble de l’activité touristique. Les gens ont peur de prendre l’avion et les trains.
Nous sommes convaincus qu’il faut faire face à cela. Il faut se battre. Il faut que le bien reprenne le dessus sur le mal.
• En tant que professionnel comment jugez-vous le développement touristique tunisien ?
La Tunisie est un pays bien situé géographiquement. Le gouvernement tunisien a beaucoup consolidé l’infrastructure touristique et a diversifié le produit touristique. La Thalasso par exemple est devenue un bon créneau pour attirer la clientèle la et la Tunisie fait partie de ces grands pays au monde qui ont développé ce produit. Il ne faut pas oublier la sécurité, l’accueil, la qualité des services. C’est ce que demande le touriste et c’est un avantage pour nous pour conseiller le touriste à choisir la Tunisie.
• Comment s’annonce 2004  ?
Elle était niai partie. Après le mal vient le bien. Les statistiques sont favorables à une bonne saison2004 . Le booking est encourageant et on doit s’attendre à une bonne reprise des réservations.
• Mais on joue beaucoup ces derniers jours sur les prix ?
Dans un monde qui bouge les prix obéissent à l’offre et à la demande.
• La profession est devenue fragile si bien que les hôtels ont beaucoup peur des difficultés des tour-opérateurs ?
Depuis deux ans, nous sommes dans une situation de crise. Nous passons par la mauvaise période certains TO ont des difficultés. Nous étions durant 50 ans créateurs d’emplois et d’entreprises. Aujourd’hui notre crainte, c’est de dire est ce qu’on va continuer sur cette lancée ? Pour le moment on dit prudence. On aspire à un moins de risques. J’espère que les choses se passeront mieux et que les investisseurs reviendront. Le client aussi et là je souhaite que la Tunisie retrouve sa vitesse de croisière vu les efforts entrepris dans la formation. la diversification du produit et l’infrastructure.
• Est-ce que l’aérien suit l’hôtellerie ?
Une bonne politique, c’est d’avoir un ministre du tourisme et du transport. Les deux vont ensemble. Il ne peut y avoir de tourisme sans transport et de transport sans tourisme et ça va ensemble. On a des hôtels de luxe et pas de sièges avions, on ne peut pas drainer de touristes. Certains hôtels sont bloqués à cause du manque de sièges avions.
• Certains hôteliers et agents de voyage se sont montrés favorables à la création d’une caisse de garantie contre les défaillances des TO et des compagnies aériennes. Qu’en pensez-vous ?
C’est une bonne idée. Cette caisse pourra sauver les meubles en cas de mauvaise année. Les défaillances des quatre compagnies aériennes Sabena, Swissair, Air Lib et Khalifa Airways auraient pu sinistrer 1500 agences en France sans la création de cette caisse.

Kamel Bouâaouina
© Le Temps
28 mars 2004


Kairouan : Quand la chasse devient une profession !...

Malgré tous les efforts déployés pour sauvegarder la faune, les dégâts causés par les braconniers sont considérables. Ces derniers, et malgré les lois en vigueur et les campagnes de sensibilisation, continuent à s’adonner à leur sport favori en temps prohibé.
Le nombre de contraventions dressées à l’encontre des braconniers est en croissance, d’où la nécessité d’opter pour des mesures plus sévères en leur retirant carrément leurs permis de chasse et notamment pour les récidivistes d’entre eux. Il ne faut pas, non plus oublier l’autre catégorie de chasseurs qui pratiquent la chasse sans permis ; ceux qui n’ont pas d’autorisations de détention d’armes. Ces derniers sont en grand nombre et causent d’énormes pertes à la faune. Ils méritent par conséquent des sanctions plus rigoureuses.
Pour les piégeurs, la chasse est devenue une profession puisqu’elle rapporte beaucoup. En effet, le lièvre est vendu à 15 dinars et la perdrix à 7 dinars. Mohamed Touhami Amri, un gardien des forêts à Rhima Ouled Ameur de la Délégation de Hajeb Layoun a, à lui seul, ramassé plus de 96 pièges ces derniers mois. Il nous a indiqué qu’un sexagénaire de la région, actif dans ce domaine depuis des dizaines d’années, est parvenu à ramasser une fortune... de la vente illicite du gibier qu’il capture au moyen des pièges. Il a même acheté une dizaine d’hectares de terrains a-t-il ajouté. Il a proposé l’interdiction de la vente de ce genre de pièges.

Braconniers en herbe
D’autres braconniers, mais cette fois-ci, ce sont les petits bergers et les élèves dans les régions rurales qui contribuent au massacre de la faune notamment la perdrix. A chaque printemps, ces derniers se rendent clans les champs pour ramasser les œufs des perdrix pour les consommer ou les vendre, devant l’indifférence totale (le leurs parents. C’est un moyen qui fera disparaître ces gallacinés à jamais.
L’arrondissement des forêts de Kairouan qui a mobilisé tous les moyens pour venir à bout de ces braconniers irresponsables et sauvegarder la faune, rie peut à lui seul faire face à cette situation inquiétante.
L’association régionale des chasseurs et l’association régionale de la protection de la nature et de l’environnement ont aussi un rôle important pour protéger la faune et la flore avec la multiplication des campagnes de sensibilisation, notamment en cette période de l’année.

Neji K.
© Le Temps
28 mars 2004


Transport ferroviaire
Le secteur menacé par la concurrence du transport routier
- L’internalisation des coûts externes doit commencer immédiatement.


Quelque 170 experts universitaires et représentants des pouvoirs publies de 30 pays du monde, se sont penchés pendant deux jours sur le rôle du transport ferroviaire dans le renforcement des économies nationales et la préservation de l’environnement, lors du séminaire international organisé par l’Union Internationale des Chemins de Fer (UIC) et la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT), les 25 et 26 mars.

Pour promouvoir ce secteur vital, l’État doit intervenir pour réduire les coûts etaugmenter la Taxation sur le transport routier tel a été le maître mot des participants aux travaux de ce séminaire.
Une meilleure prise de conscience de la nécessité de tout mettre en oeuvre au service de la sauvegarde de l’environnement s’est fait sentir tout au long des travaux du séminaire et la notion du développement durable a été un axe primordial dans les débats à côté bien sûr de l’apport du transport ferroviaire et de sa participation dans le renforcement de l’amélioration du PNB des pays. Les questions du coût et de la nécessité d’un engagement politique collectif pour la mise en place d’une stratégie de répartition intermodale entre les différents moyens de transport se sont accaparées d’une part très importante des travaux du séminaire.
En effet, de multiples approches ont insisté sur l’urgence d’appliquer les décisions politiques qui consiste en l’augmentation de la valeur des taxes sur les modes de transport les plus polluants, en particulier le transport routier, générant 18% du total du CO 2émis par le secteur du transport.

"Les pollueurs doivent être les payeurs"
Principal concurrent du secteur ferroviaire, le transport routier est la principale cause des dégâts externes qui coûtent cher à la collectivité.
Ce dernier a notamment des effets néfastes sur l’environnement, la santé, le système écologique.
Les risques de maladies ne cessent d’augmenter et les dommages causés par ce mode de transport affectent davantage l’humanité.
Ainsi il est devenu urgent de promouvoir le secteur ferroviaire qui passe actuellement par une phase critique due essentiellement à la concurrence et aux charges des taxes, qui affectent négativement le secteur. A cet égard, un appel a été lancé aux autorités politiques pour maîtriser des problèmes environnementaux et des coûts et ce, à travers une panoplie de mesures, se résumant en l’application des réglementations, l’institution d’une fiscalité en rapport avec le rendement du secteur et l’augmentation des investissements pour la rénovation de l’infrastructure.
Les intervenants ont été tous unanimes sur l’internalisation des coûts externes, à travers la combinaison d’un ensemble de mesures dont le choix des investissements dans l’infrastructure la tarification et l’imposition d’une fiscalité des différents modes de transport prenant en compte les effets sur l’environnement avec un soutien et une aide financière pour les modes de transport qui respectent le plus les normes environnementales.

Sana Farhat
© Le Temps
28 mars 2004


M. Abdelaziz Châabane, PDG de la SNCFT
Le transport ferroviaire est le plus économe

Abdelaziz Châabane

Le Temps : Pourquoi traitez-vous le thème "rôle du transport ferroviaire dans la productivité nationale" ?
M. Abdelaziz Châabane : Il s’agit d’un thème d’actualité, qui permettra d’analyser l’équation transport ferroviaire et développement durable.
De même, il s’agit d’une occasion pour comparer objectivement les caractéristiques des différents moyens de transport far rapport à celui ferroviaire.
- Quels sont d’après-coups, les atouts du transport ferroviaire ?
- De multiples études ont démontré que le rail procure plusieurs avantages. Il s’agit du mode de transport le plus économique pour la collectivité en matière de consommation d’énergie. Il est aussi le monde le plus respectueux de l’environnement, sans oublier la sécurité, l’économie d’espace, la pollution atmosphérique. En fait, le chemin de fer occupe, pour une double voie, seulement une bande de 14 mètres de largeur, quand à l’autoroute, elle nécessite au minimum une bande de 40 mètres de largeur. Des effets négatifs sur le milieu rural, en particulier les zones cultivées ou les terrains agricoles, sont dus au mode du transport routier. Pour ce qui est de la pollution atmosphérique, il est à remarquer que l’adaptabilité du train à utiliser l’énergie, fait de lui le moyen de transport le moins polluant.
Des études ont démontré que le chemin de fer n’enduit pratiquement aucune pollution atmosphérique, alors que la M. Abdelaziz Châabane route émet des substances polluantes très nocives telles que le dioxyde de carbone (CO2). Par ailleurs, il faut dire que les coûts externes d’environnement et des accidents représentent 4,6% du PIB,92 % des coûts externes dus au transport routier,6 % au transport commun et1 % seulement au transport ferroviaire.

Sana Farhat
© Le Temps
28 mars 2004


« De Bourguiba à Ben Ali » d’André Wilmots
L’étonnant parcours économique de la Tunisie ( 1960-2000 )

Cet essai publié par l’Harmattan (Histoire et Perspectives Méditerranéennes) englobe la période allant de 1960 à 2000 où l’auteur tente de nous donner les tenants et les aboutissants de ce qu’il appelle " l’étonnant parcours économique de la Tunisie".
Étonnant ? Pourquoi ?
Parce qu’il y a quelque 40 ans, aucun des analystes et observateurs étrangers n’invaginait que ce petit pays, pauvre en ressources, pourrait se sortir, grâce à d’énormes, efforts, du marasme où végètent la quasi totalité des pays en voie de développement souvent, beaucoup plus gâtés par la nature et par les sous-sols. Comment malgré le fait que sa population a doublé depuis l’indépendance et alors que l’on déplore fréquemment les échecs économiques de ces pays, l’on se réfère (rarement, il faut le reconnaître) à la réussite tunisienne ?
Au cours des quarante dernières années, la Tunisie a connu un taux de croissance annuel moyen de5 ,3% dépassant celui de tous les autres États arabes, y compris ceux riches en hydrocarbures, se situant largement au dessus de la moyenne des pays africains et d’Amérique latine.
Ce revenu annuel par habitant a été multiplié par cinq. Il est d’environ2 , 200dollars en pouvoir d’achat, (PPA : Parité Pouvoir d’Achat), l’équivalent de5 . 478dollars, plus proche de celui des citoyens de nations qui prochainement rejoindront l’Union Européenne que des pays limitrophes
Cela confirmerait peut -être que la prospérité est davantage le résultat de choix précieux de gestion d’audace calculée, de ténacité que de dimensions, de dotations.
Bien sûr qu’on ne peut nier l’apport d’un heureux concours de circonstances, un bel héritage et de copieuses aides financières. Mais cela ne peut suffire sans le fait qu’il faut avant compter sur soi-même et qu’un pays est en grande partie responsable de son succès ou insuccès matériel.
Et pourtant au début de l’indépendance, les perspectives n’étaient guère souriantes et certains exprimaient de l’inquiétude quant au sort de cet ex-protectorat d’à peine quatre millions d’assez pauvres citoyens.
Cet essai de 150 pages est basé sur cinq axes principaux : le parcours économique (État des lieux en 1960 un aperçu du parcours économique, les années décisives 1958-1977. le développement équilibre, les secteurs de croissance et la modernité économique) l’insertion internationale (ouverture, structure du commerce extérieur et insertions dans les échanges mondiaux) la gestion (approche initiale, profil de la gestion économique, la fièvre du développement, le programme social et l’impact et les composantes du programme social) les moteurs de la croissance (les deux piliers de l’essor économique, l’aventure industrielle, l’industrialisation endogène et exportatrice et l’aventure touristique) et le Maghreb et la Tunisie (la Tunisie dans le Maghreb, le rattrapage tunisien1960 -1977, le démarquage1977 -2000, l’investissement dans le Maghreb et les trois approches en matière de développement). Aujourd’hui, malgré le fait qu’il soit inférieur aux autres pays de la région, le chômage avec environ15 % demeure préoccupant et pour maintenir une courbe de croissance ascendante, la Tunisie devra faire preuve d’audace et d’imagination et prendre les risques qu’il faut.
"De Bourguiba à Ben Ali", essai consacré à l’examen d’un parcours économique qui est (du moins pour son auteur) manifestement un succès.
A vous de voir !

Hechemi Gachem
© Le Temps
28 mars 2004


Festival de la musique tunisienne
Petites surprises...


Le public n’était point nombreux à la première soirée et il semblait manquer à cette manifestation un plus, une clef de sol, qui lui insufflerait un sang nouveau. Le répétitif, côtoyait le déjà vu. Il y avait comme des indices qui voulaient traduire un sentiment de fuite vers un changement radical. Mais la facilité, habitant les partisans du moindre effort, l’emportait.
Peut-on changer un festival dans sa forme et non dans son fond Les petits ballets de pacotille et de remplissage ne pouvaient pas, à eux seuls, donner à cette manifestation culturelle nationale la dimension requise. La Troupe Nationale de Musique, alimentée par des violoncelles et des violons ne pouvait offrir que ce qu’elle avait. Pourtant, ce festival pouvait à la fois rester national et devenir international : où l’on inviterait des vedettes de la chanson arabe actuelle. L’ERTT étant partenaire avec le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs dans l’organisation, permettrait à des dizaines de millions de téléspectateurs arabes de le suivre, avec un plateau de choix.
L’engouement du public d’ici et d’ailleurs, changerait littéralement. La presse arabe spécialisée en parlerait... et ainsi de suite. Mais son nouveau concours, concernant les projets musicaux, a encore compliqué les choses, où un semblant de spectacle, fut proposé, avec une succession de passage de chanteurs et de chanteuses, sous l’intitulé des : "yeux de l’amour". Ces interprètes étaient accompagnés par un "ballet". Parmi les noms nouveaux, qui y avaient participé, celui de Khouloud, une fillette, fut la petite surprise de la soirée  ; dans la mesure où, quoique chantant pour la première fois devant le public et les caméras de la télé, elle était très à l’aise, mais faisait trop de petits mouvements suggérant des petites danses sur place.
La seconde partie de cette soirée fut celle du concours de la chanson, où cinq chanteurs et chanteuses très connus, y prirent part. Chedly Hajji avec "Tijrah", était égal à lui-même. La chanson qu’il a mis en musique, contenait de l’émoi et un côté accrochant. Mokdad Sehili, dans sa continuelle recherche d’un langage novateur, nous gratifia d’une chanson narrative : "Il hob ghali âalik" ne laissa point indifférent le public. Quant à Fayçal Riahi, sa chanson : "Majrouh" écrite et composée par les frères Sahbi et Lazhar Chïir, elle nous révéla d’autres blessures du caeur. Nous n’étions point dans un centre hospitalier, mais sur la scène du Théâtre Municipal. Le ton "bedoui" y était de rigueur. De son côté, Mohsen Chérif, disciple de Cheikh El Efrite, vint défendre le style classique de la chanson tunisienne, portant une "Jebba" blanche pour chanter sa nouvelle chanson : "Ghattit in echams". L’image métaphorique du parolier Slah Khelifi et du compositeur Khaled Slama, n’était point recherchée, dans la mesure où elle est puisée d’un proverbe tunisien. Mais allait-on croire, ce soir-là, que le soleil caché à jamais, allait réapparaître le lendemain ? Enfin Alya Belaïd à clos ce programme compétitif.
Avec : "Nitdhakker" de Habib Lassoued, sur une musique bien bédouine, encore et toujours durant cette soirée, signée Adel Boundka, la marche du cheval y était en filigrane. Alya Belaïd, avec une aisance à fleur de peau et une voix suave et douce, a tiré son épingle du jeu, grâce à sa grande expérience artistique. On s’attendait toujours à mieux, durant cette soirée de la quinzième session du festival de la musique tunisienne.

Lotfi Ben Khelifa
© Le Temps
28 mars 2004



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