Les goujats contre-attaquent... (TAP, Le Temps)
Précisions de la Tunisie après le report du Sommet arabe
La décision est due essentiellement à la divergence profonde des positions sur des questions fondamentales et des choix déterminés
Communiqué du ministre des Affaires étrangères
Tunis - 28 mars 2004 - (TAP) Voici le communiqué du ministre des Affaires étrangères au sujet du report du sommet arabe "Les ministres arabes des Affaires étrangères ont examiné, lors de la réunion préparatoire du sommet de Tunis, les 26 et 27 mars 2004, le projet de l’ordre du jour du sommet et les projets de résolutions qui devaient être soumis à ce sommet dont, en particulier, le "pacte de concorde et de solidarité arabes".
Lors du débat engagé sur les différents documents soumis au sommet, des divergences sont apparues concernant certains amendements et propositions présentés par la Tunisie et relatifs à des questions qu’elle juge fondamentales et stratégiques pour le processus de réforme et de modernisation des pays arabes, propositions qui visent à accélérer le rythme de la démocratisation, à conforter les droits de l’Homme et à renforcer le statut de la femme et le rôle de la société civile. La Tunisie exprime ses profonds regrets pour le report de ce sommet sur lequel l’opinion publique arabe et internationale ont placé de grands espoirs, eu égard à la conjoncture critique que traverse la nation arabe et à l’impasse dans laquelle se trouve actuellement la cause palestinienne, après les développements tragiques de ces derniers jours.
La Tunisie réaffirme son attachement à poursuivre la concertation avec les frères arabes en vue de rapprocher les points de vues sur ces questions fondamentales et de réunir les meilleures conditions pour le succès du sommet, dans le cadre de son souci constant de promouvoir l’action arabe commune ; au service des causes stratégiques de la nation arabe".
La Tunisie réaffirme son attachement à son droit d’accueillir le sommet
Tunis - 28 mars 2004 - (TAP) Une source responsable au ministère tunisien des Affaires étrangères se déclare étonnée que certaines parties font mine d’ignorer les raisons véritables de la décision du report du sommet arabe, décision due essentiellement à la divergence profonde des positions sur des questions fondamentales et des choix déterminants en étroite relation avec les aspirations du citoyen arabe et le devenir de la nation arabe. Certains de ces choix ont trait à la modernisation et à la réforme dans nos pays arabes en vue de renforcer le progrès démocratique, d’assurer la protection des droits de l’Homme, de consolider la place de la femme et de raffermir le rôle de la société civile. D’autres choix concernent la restructuration de la Ligue des Etats arabes afin de lui permettre d’être plus efficiente dans son approche de l’action arabe commune. Par conséquent, la question n’a aucun rapport avec le lieu où se tient le sommet. De ce fait, changer ce lieu est une façon d’occulter les raisons véritables qui ont motivé la décision du report, décision qui a reçu l’appui d’un certain nombre d’Etats arabes. Tout en rappelant sa position ferme au sujet de la poursuite de la concertation avec les frères arabes pour rapprocher les vues sur les questions essentielles, la Tunisie réaffirme son attachement à son droit d’accueillir le sommet qui aura à examiner l’ensemble de ces questions. Elle appelle dans ce contexte le Conseil de la Ligue arabe à se réunir dans les plus proches délais afin de poursuivre la coordination et de veiller à assurer au sommet les meilleures conditions de succès.
La même source rappelle les positions constantes et claires de la Tunisie au sujet de toutes les questions relatives à l’action arabe commune et en premier lieu la cause palestinienne et la question irakienne ainsi que les efforts qu’elle n’a cessé de déployer en vue de promouvoir cette action pour qu’elle réponde à l’attente du citoyen arabe et à ses aspirations et permette de faire face aux défis qui se posent.
Voilà pourquoi le Sommet a été reporté
Tunis - 28 mars 2004 - (TAP) À l’heure où la situation dans le monde arabe est devenue difficile, en raison des crises qu’il vit, des paris et défis auxquels il se trouve confronté, et après que la Tunisie eut mobilisé toutes ses potentialités politiques, matérielles et humaines en vue d’accueillir le sommet arabe et d’en assurer la réussite, à travers des résolutions qui soient à la mesure de l’attente de l’opinion publique arabe qui aspire à ce que le Sommet de Tunis soit un tournant décisif sur la voie de la dynamisation de l’action arabe commune, les pays arabes ont manqué une nouvelle et précieuse opportunité d’apparaître au yeux du monde en tant qu’ensemble régional actif et agissant capable de s’adapter aux mutations sur la scène internationale et d’être à la hauteur de ce moment historique et crucial.
La Tunisie, qui s’est attachée à ce que le sommet arabe se tienne à la date qui lui a été fixée, exprime ses profonds regrets pour le report de ce sommet pour des raisons qui ne devaient pas constituer, en principe, un point de divergence et de controverse, d’autant qu’il s’agit de questions qui sont au coeur des préoccupations du citoyen arabe et de ses aspirations. Dans l’amendement qu’elle a proposé concernant le projet du "pacte de concorde et de solidarité arabes" qui représente le premier document en vertu duquel les dirigeants des pays arabes s’engagent, devant Dieu et devant leurs peuples, la Tunisie s’est attachée à annoncer clairement sa volonté de poursuivre la réforme globale dans le monde arabe, dans tous les domaines politiques, sociaux, culturels et éducatifs : Il s’agit notamment du renforcement de la démocratie et de la liberté d’expression, de la consolidation du rôle de la société civile, de la protection des droits de l’Homme et de l’affermissement du rôle de la femme arabe dans l’édification de la société, conformément à notre foi, à nos valeurs civilisationnelles et à notre attachement aux nobles principes universels, ainsi qu’à la Déclaration des droits de l’Homme et aux différents pactes internationaux.
Dans le projet qu’elle a présenté, la Tunisie a souligné la nécessité de mentionner l’attachement des Arabes aux valeurs de tolérance et de compréhension, ainsi qu’au principe du dialogue des civilisations. Elle a également appelé les pays arabes à bannir l’extrémisme, le fanatisme et le terrorisme et à combattre ces phénomènes, dans le cadre de la coopération et de la solidarité internationales, en vue d’en éradiquer les sources.
Bien que les propositions de la Tunisie aient été accueillies favorablement par certains pays arabes, d’autres ont, malheureusement, tout fait pour écarter ces questions fondamentales et stratégiques qui concernent la modernisation et la réforme des sociétés arabes. La Tunisie juge impératif d’inclure ces questions aux documents du sommet et de parvenir à un consensus les concernant. C’est d’ailleurs ce qui a caractérisé la position des pays ayant soutenu le projet tunisien.
La Tunisie exprime ses regrets face à cette occasion manquée par la communauté arabe d’émerger en tant que grande collectivité civilisationnelle et groupement régional crédible, en cette conjoncture délicate marquée par l’acuité des défis et nécessitant des solutions concrètes et pratiques, en lieu et place de la rhétorique et de l’emphase, ainsi que des approches politiques rationnelles répondant aux attentes du citoyen arabe et à ses aspirations. La Tunisie demeure aussi profondément convaincue que ses propositions visent à renforcer l’invulnérabilité des pays arabes et à les rendre plus aptes à faire face aux multiples défis d’un monde où il n’y a plus de place pour ceux qui sont incapables d’épouser les valeurs et principes universels qui le gouvernent.
Il est en effet étonnant que le texte du projet du "pacte" dans sa version initiale, avant l’amendement proposé par la Tunisie, ne mentionne pas le concept de démocratie. C’est sans commentaire. Le concept de démocratie n’est pas le seul absent, d’autres le sont également, tels que "société civile", "dialogue des civilisations", "lutte contre le terrorisme", et d’autres encore. Se fondant sur ces principes, l’expérience tunisienne en matière de changement et de réforme a apporté la preuve de son efficacité. Consacrant de telles valeurs dans la pratique, la Tunisie a aussi réussi une oeuvre de développement global dans ses dimensions politique et sociale, citée comme un modèle de réussite.
C’est partant de cette expérience que la Tunisie est profondément convaincue que ces mêmes principes peuvent être adoptés avec succès dans les pays arabes. La Tunisie, qui a uvré, depuis l’avènement du Changement, à consolider son ancrage arabe et à promouvoir l’action arabe commune, en veillant à les dynamiser, tant à travers ses relations bilatérales que dans le cadre de la Ligue, et qui n’a ménagé aucun effort en vue de favoriser le consensus arabe autour des constantes de la nation et au service de ses causes stratégiques dont, en premier lieu, la cause du peuple palestinien, poursuivra inlassablement son action visant à répondre aux aspirations des peuples arabes à la solidarité, à la complémentarité et à l’interdépendance.
La Tunisie... au sommet
Les événements se succèdent, se ressemblent parfois, mais nous procurent une fierté certaine. Quand on voit Tunis bouger, ses invités sourire et travailler, ses cadres sollicités et ses compétences reconnues, on ne peut s’empêcher de voir l’avenir en rose et le présent en lettres d’or. Confort, sécurité, beauté, disponibilité, travail, fierté... des devises qui nous caractérisent, désormais, aux yeux d’un monde qui ne sait plus à quel saint se vouer Notre pays a su démontrer au monde qu’avec des moyens humains, conjugués à la bonne volonté et la meilleure des gestions, tout est possible. Finalement, rien ne vaut le progrès dans la durée, et les enfants de ce pays doivent comprendre que leur avenir ne se façonne qu’avec leurs mains et leurs sueurs « chaudes ». Je me sens fier de mon présent. Je me sens président, je me sens maçon, mais je me sens profondément Tunisien !
Hatem Belhaj
© Le Temps
29 mars 2004
La Tunisie, fidèle à ses principes
Encore un rendez-vous manqué par les pays arabes. Pourtant, la Tunisie a tout fait pour réussir le sommet arabe et en faire une opportunité pour cimenter les rangs et promouvoir l’action commune. La Tunisie et son Président ont multiplié les préparatifs et mobilisé des moyens humains et matériels énormes pour que ce sommet atteigne les objectifs escomptés surtout qu’il se tient à un moment crucial et dans une conjoncture internationale très difficile.
Outre la question palestinienne, que la Tunisie en a fait sa propre cause, et le problème irakien, il y avait cette affaire de réformes et du fonctionnement des mécanismes de la Ligue des Etats arabes et des sociétés dans les pays arabes. C’est sur ce dernier point que les choses ont achoppé.
En effet, les amendements proposés par la Tunisie, à savoir la nécessitée d’entreprendre des réformes en matière de démocratie, des libertés, des droits de l’Homme, du rôle de la femme et de la société civile, ont été appuyés par certains pays, mais n’ont pas reçu le soutien d’autres. Et ce sont justement ces questions fondamentales et choix déterminants en étroite relation avec les aspirations du citoyen arabe et le devenir de la nation arabe qui ont fait l’objet de profondes divergences. C’est donc pour éviter un fiasco plus retentissant que la partie tunisienne s’est trouvée contrainte d’annoncer le report du Sommet.
Sincère avec elle-même et fidèle à ses principes et convictions, la Tunisie n’a pas hésité à prendre une décision courageuse qui s’impose. Mais là où le bât blesse, c’est que certaines parties ont tout fait pour essayer de tromper et leur opinion publique et celles arabe et internationale en faisant croire que le report était une "décision unilatérale. D’ailleurs, les réelles intentions sont vite apparues au grand jour, puisque plusieurs voix se sont élevées pour appeler à la tenue du sommet le plus rapidement possible dans le pays hôte du siège de la Ligue des Etats arabes. Mais là aussi, notre pays ne s’est pas laissé faire en réaffirmant son droit à la priorité d’accueillir le sommet qui aura à examiner l’ensemble de ces questions tout en assurant que la question n’a aucun rapport avec la date ou le lieu où se tient le sommet.
La Tunisie n’a pas manqué à appeler, dans ce contexte, le Conseil de la Ligue arabe à se réunir dans les plus proches délais afin de poursuivre la coordination et de veiller à assurer au sommet les meilleures conditions de succès.
Que certains, mus par des calculs étroits, fassent semblant d’ignorer les véritables raisons du report, mettent en cause le bon sens de la décision tunisienne et jettent le discrédit sur les positions de notre pays, cela ne peut que causer du tort à la cohésion des rangs arabes sans oublier que les pays en question ne sont pas exempts de reproches ni de défauts.
Alors, uvrons plutôt à resserrer les rangs et à chercher les moyens adéquats afin de retrouver une plateforme pour une stratégie arabe globale et unifiée.
Noureddine Hlaoui
© Le Temps
29 mars 2004
Scandaleux ! ! !
L’Association des Journalistes Tunisiens fêtera, le samedi 3 avril 2004, son expulsion de la Fédération Internationale des Journalistes. Pauvre Lotfi Hajji.
Voir affiche ci-dessous.
