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Culture (1/3)

L’acuité des évènements de notre époque nous interpelle chaque jour plus intensément. Elle cherche à nous faire prendre conscience du décalage dramatique qui existe entre la pauvreté des conceptions qui conditionnent notre vie intérieure et la gravité des problèmes qui nous assaillent et qui exigent la réponse, que nous avons continuellement différée, à des questions fondamentales. Elle nous contraint de réveiller notre esprit pour faire face aux exigences de notre temps. L’esprit (âme) n’a naturellement rien à avoir avec les cogitations cérébrales. La confusion qui règne à présent partout souligne la brûlante nécessité d’avoir des réponses.

Depuis longtemps, le mot culture est l’un des plus galvaudés dans le langage humain. Comme le terme âme, il est devenu une sorte de fourre-tout, permettant d’y mettre ce que l’on ressent vaguement sans être vraiment capable de l’expliquer. Pour en être capable, il faudrait avoir la connaissance des lois de la vie. Or, depuis des millénaires, à quelques exceptions près, jamais nous n’avons recherché sincèrement et durablement à savoir quelles sont ces lois pour connaître leur incidence sur notre vie et ainsi les utiliser à notre profit.

Pourtant, nous n’avons jamais cessé de plastronner pompeusement mais en veillant à remplacer toute recherche authentique par de prétentieuses cogitations intellectuelles bornées, terre a terre, platement matérialistes. Alors que la connaissance de la notion contenue dans le mot culture dépasse évidemment le simple plan terrestre.
Ce sont des cogitations exclusivement intellectuelles qui ont fait progressivement dévier la notion de culture vers cette actuelle notion vague et informe qui domine partout. Elle est bien commode ainsi car elle permet à beaucoup de doctes personnes de pouvoir masquer leur ignorance sur la question.
Ces personnes appartiennent à des domaines très différents. Cette notion vague du mot culture les y aide. Elle leur évite les précisions qu’ils sont incapables d’apporter. C’est pourquoi ils n’aiment pas les éclaircissements sur la question et faussent le débat pour pouvoir conserver leur commode bouclier.

D’autres vont jusqu’à ironiser sur la culture tant ils ressentent de conformisme et de fausseté à l’emploi de ce terme.

Un constat évident s’impose : « si les intellectualistes avaient une réelle connaissance des lois de la vie, la situation sur terre ne serait pas si dramatique. »

Or pour vraiment aider une personne, un groupe de personnes, un peuple ou l’humanité toute entière, il faut nécessairement avoir la connaissance des authentiques lois de la vie ! Sinon comment peut-on intervenir efficacement dans leur vie pour essayer de l’améliorer ?
Pour apporter le bonheur aux autres, il est clair qu’il faut d’abord savoir soi-même ce que cela est, et comment y parvenir.
Or le bonheur dans la vie est une conséquence des lois de celle-ci. Il doit être la conséquence des lois de la vie sinon il serait inaccessible.
Il devient alors évident que leur recherche est indispensable à toute personne qui aspire sincèrement au bonheur.

En ce qui concerne la culture, interrogeons-nous d’abord sur ce qui nous touche directement, puis élargissons notre réflexion.
On entend souvent parler de culture arabo-islamique. Tout naturellement se posent à nous les interrogations suivantes : l’Islam est-il porteur d’une culture bien déterminée ou bien est-il en dehors de toute culture ? La connaissance du Dieu unique qui est incluse dans le savoir islamique peut elle vraiment faire partie de la culture ? Les connaissances concernant le domaine spirituel, pour autant qu’elles soient justes, y sont-elles incluses ? Dans le domaine matériel, la technologie par exemple fait-elle partie de la culture ?

Supposons que certaines connaissances spirituelles sont justes, et ne considérons que celles-ci. La justesse de ces connaissances implique leur existence objective indépendamment des différentes approches cherchant à les appréhendées. Sur le plan matériel par exemple, la rondeur de la terre est une connaissance objective qui est indépendante des différentes voies de recherche qui y ont mené ou des différentes utilisations qui en sont faites.
Les connaissances spirituelles objectives, peuvent et doivent alors être mis à profit par chaque individu, capable de les assimiler, pour son bonheur personnel, celui de son peuple et de l’humanité toute entière. On comprend alors aisément pourquoi les connaissances spirituelles objectives contenues dans le Coran ne peuvent faire partie de la culture, car dans le cas contraire un Japonais ne pourrait se les approprier, puisqu’on ne change pas de culture comme on change de chemise.

Que reste-t-il donc a cette culture dite arabo-islamique si on lui enlève les connaissances objectives ? Uniquement des choses subjectives évidemment. Celles-ci furent utiles en leur temps, car elles ont apporte un progrès. Nous verrons comment. Mais elles ne sont évidemment pas universelles. Or elles sont nombreuses dans le Coran.

Parmi ces choses subjectives prenons un exemple : le droit de pouvoir épouser quatre femmes. Ce droit fut un progrès à une époque ou les hommes pouvaient épouser autant de femmes que leurs moyens le leur permettaient et où le désir d’un héritier masculin importait beaucoup.
Malheureusement il importe toujours autant aujourd’hui encore. C’est la preuve qu’il n’y a pas eu, à quelques exceptions près, de véritable évolution autre que matérielle, ou qu’il y a eu une régression peut être profonde. L’état intérieur du peuple reste ou redevient vulgaire et définitivement soumis à la platitude des désirs de satisfactions exclusivement matérielles et des passions de l’intellect calculateur et froid. Et cela pour toutes les couches de la société.

Ces connaissances subjectives font partie de la culture car elles sont nées de nécessités liées à l’état réel du peuple où elles sont apparues.
Elles ont façonné sa façon de penser et d’agir, et transformé sa vie. Mais cela ne doit pas non plus être compris trop rigidement ; car certaines mêmes nécessites peuvent exister dans des peuples différents. Mais elles se concrétiseront différemment selon la nature de ces peuples.

Prenons un exemple pour mieux comprendre. Il y a 14 siècles les Arabes étaient ce que nous savons, des tribus guerrières et belliqueuses. Le banditisme sévissait. Les gens étaient livrés à eux-mêmes et à leurs instincts. Aucune authentique vie intérieure ne les amenait à exercer un effort de volonté pour s’ennoblir.
Le prophète, en constatant cette état, a bien compris l’indispensable nécessite d’amener ces énergumènes à fortifier leur volonté spirituelle s’ils voulaient pouvoir développer leur personnalité et ainsi constituer un peuple plus évolué. Comme ces gens ne portaient pas en eux l’amour du prochain, il fallait trouver une imposition quelconque étant donné que la situation d’alors ne permettait aucune autre alternative. Le ramadan fut donc institué avec la menace d’un châtiment céleste puisque l’horizon de nos aïeux était à ce stade de limitation. Ainsi le ramadan devait susciter un effort qui renforçait la détermination, apprenait la patience et la domination des instincts et désirs terrestres, et développait donc la volonté et la personnalité de l’individu. Mais il n’entrait pas dans les vues du prophète que le ramadan soit compris et complètement dévoyé comme il l’est aujourd’hui ou que la société reste stagnante des siècles durant. Au contraire, s’ils avaient réellement vécu les pratiques qui furent très valables à l’époque où elles ont été données, leur personnalité aurait nécessairement évolué et leur horizon s’en serait élargi d’autant. C’est ce qui s’est produit pendant une courte période au début de l’Islam pour une petite partie du peuple. Par la suite, il y eut stagnation puis régression.

Il est évident pour tout penseur sérieux que la pratique du ramadan ne peut rien apporter à DIEU personnellement ! Car se serait le comble, si ce peu de choses qu’est un humain doive et puisse LUI apporter quelque chose rien qu’en s’abstenant de manger. IL ne serait pas la Plénitude Absolue et donc nécessairement imparfait puisqu’il aurait alors besoin de cet apport humain. Par contre, l’être humain apporte certainement un progrès pour lui-même et pour son peuple, en progressant et en faisant évoluer son entourage à sa suite.

Et dire que des centaines de millions d’individus croient encore que leur abstinence est voulue par Dieu ! Qu’elle lui est nécessaire !
Ces gens refusent d’admettrent que le ramadan n’est qu’une simple pratique, parmi d’autres, qui pourrait susciter un effort de volonté et donc développer dans le bon sens la personnalité. Et c’est ce progrès d’une personnalité forte, honnête, responsable et libre qui est agréable à Dieu ! Et non le ramadan en lui-même ! La façon d’y parvenir importe peu, à condition quelle soit honnête. Et on peut en imaginer plusieurs susceptibles de permettre un certain essor. Or une volonté ne peut être libre si elle est incapable de vaincre les passions qui soumettent entièrement l’individu au joug des désirs terrestres et le détournent obligatoirement de l’authentique évolution de sa personnalité spirituelle et de l’authentique aspiration à la noblesse et à la pureté. Pire encore, l’individu peut même devenir incapable de concevoir que cette aspiration puisse réellement exister ou qu’elle ait un sens.

Le ramadan est une pratique d’évolution spirituelle qui fut adaptée à l’époque où elle a été donnée. Aujourd’hui, elle est définitivement dépassée. Il faut mettre en place d’autres pratiques plus adaptées à notre temps et ainsi faire évoluer notre culture.

Le châtiment naturel est inhérent à toute forme de paresse. Celui qui ne se donne pas la peine d’avancer recule auto activement car son entourage est en mouvement constant. Et celui qui ne fait pas des efforts régresse et entrave sa propre personnalité. On peut y voir là un réel châtiment résultant de l’auto activité des lois de la vie. Mais ce genre de châtiment ne dérange nullement ceux à qui l’ennoblissement importe peu. Ils ne ressentent pas du tout leur naufrage comme une calamité étant donné que leur aveuglement leur ôte tout discernement. Lorsqu’il s’agit de se prononcer, ils ne peuvent évidemment pas être pris en considération.

Dans les conditions de notre monde aujourd’hui, celui qui aspire sincèrement à la noblesse et fait tout ce qu’il faut quotidiennement pour la mettre entièrement en pratique, celui-la fait le ramadan tous les jours car il doit exercer l’effort qu’il faut pour sauvegarder entièrement sa dignité dans la loyauté et le respect d’autrui et cela en tout ce qu’il fait et pense dans un monde vulgaire, bas et difficile. Un tel effort lui apporte la véritable évolution spirituelle car sa volonté spirituelle se trouve alors être constamment en mouvement par l’effort qu’il exerce sur lui-même. Il pratique ainsi le ramadan dans son sens véritable, tel qu’il fut donné par notre prophète, sans avoir à s’abstenir de manger ; contrairement à ceux qui s’en abstiennent le jour, s’empiffrent la nuit et passent leur vie dans la corruption, le mensonge, l’hypocrisie, la calomnie, l’envie, la fourberie professionnelle, l’ambition purement terrestre et vont tous les jours à la mosquée pour quémander pitoyablement ce Dieu qu’ils renient par tout ce qu’il font. À notre époque, faire l’effort pour être compréhensif avec bienveillance et authenticité envers son prochain tel qu’il se présente, demande une sérieuse maîtrise quotidienne de soi à celui reconnaît ce qui est faux dans la société, surtout dans notre pays.

Bouddha reconnut lui aussi la nécessite du développement de la volonté spirituelle individuelle indispensable au progrès de l’individu et de la collectivité. Mais ayant constaté l’existence, malgré des déformations, de l’amour du prochain dans une certaine catégorie de son peuple, il accepta, un peu à contre coeur, que cet effort se fasse aussi à travers ces pratiques que font aujourd’hui encore les moines bouddhistes en parcourant leur pays pour amasser de l’aide pour les plus démunis et cela dans des conditions de privation. Ces privations auxquelles se soumettaient volontairement autrefois ces frères courageux, qui parcouraient leur pays à pied, développaient leur résistance, leur détermination, leur constance, leur persévérance, leur amour du prochain et renforcer leur volonté car elles les maintenaient intérieurement constamment en mouvement. Cela renforçait donc leur droiture et leurs qualités.

Cette même nécessite a été appliquée différemment selon la nature du peuple en question. Chez les bouddhistes, cette pratique est encore parfois vue aujourd’hui comme une haute action spirituelle, alors qu’elle ne devrait plus être nécessaire puisque l’état se charge normalement de cette tâche. Ou devrait s’en charger mais malheureusement ne le fait pas. La aussi, il n’entrait pas du tout dans les vues de Bouddha que la société continue de stagner plus de deux millénaires plus tard. Les moines d’autrefois parcouraient le pays en aidant, enseignant, encourageant et instituant de nouvelles pratiques par des changements qui devaient élever le niveau spirituel du peuple. Ces pratiques s’intégraient naturellement dans la vie et façonnaient le quotidien du peuple en fortifiant sa cohésion. Ils avaient été à bonne école. Bouddha leur avait enseigné certaines lois de la vie et la façon de les mettre à profit. Grâce à cela, ils comprenaient mieux leur statut d’esprit humain dans l’univers et devenaient alors capable de l’expliquer aux autres et de les aider à progresser. Ils élevaient ainsi toutes les réalisations de leur peuple : la culture évoluait.

Aujourd’hui, ils le font en voiture. Peut être aussi avec des caisses de bière pour se rafraîchir. Et ceux qui le font encore à pied, paraissent inadaptés. Leur pratique parait aux autres comme un refus d’évolution. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi certains moines actuels refusent le progrès ? Car ils ne réfléchissent pas profondément. Une telle réflexion leur aurait fait comprendre que cette façon d’agir n’est qu’une simple pratique qui fut adaptée autrefois à son époque, et qui est devenue dépassée aujourd’hui ; mais que certains moines continuent d’appliquer rigidement par soit disant souci d’authenticité et défense de sa propre culture. Et la contradiction apparaît parce qu’on ne se donne pas la peine de comprendre le sens profond des choses.

Naturellement, les contradictions ne se trouvent pas seulement dans l’Islam ou le Bouddhisme. En réalité, elles se retrouvent partout. Puisque partout sévit également la paresse de l’esprit et la soumission à l’intellect terrestre.

Dans le Judaïsme, le respect du sabbat était autrefois le cheval de bataille des Pharisiens. Il l’est encore en partie aujourd’hui pour certaines communautés juives. De sa stricte observance, ils avaient fait une des conditions de la venue du Messie qui libérerait Israël et en ferait une grande nation. Par de nombreuses interdictions et recommandations, ils avaient fixé ce qui était permis et ce qui ne l’était pas, compliquant ainsi inutilement la vie du peuple. Jésus n’en tenait aucun compte. Il se permettait d’aider et de soulager la misère aussi le jour du sabbat. Il s’attirait leurs critiques et déclenchait leur colère par la merveilleuse réplique :« Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. » En tranchant ainsi, Jésus rendait caduques leurs prescriptions visant à fixer comment chacun devait se comporter en toute situation.

Aujourd’hui, on aimerait reprendre à notre compte cette remarquable réplique en disant : « Le ramadan a été fait pour l’homme et non l’homme pour le ramadan. »

À suivre...

Mohammed
18-08-2004

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