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Dans moins de 2 mois, un détail va se rajouter au lot de mascarades du régime tunisien -un régime « démocratique » d’après l’échelle ouverte de Pinochet- : Les élections du 24 octobre 2004.
- Pour plusieurs personnes genre Hypocrisie-Fatalité -de type NCH- on ne doit pas boycotter ces élections-comédie de mauvais genre. Ces personnes justifient leur choix (par peur, hypocrisie ou simple complexe d’infériorité couplé à un asservissement inné) pour dire qu’en quelque sorte Zaba est « le moins mauvais » ! - Pour les islamistes : aucune position claire si ce n’est des états d’âme incompréhensibles ( pour moi en tout cas ). - Et heureusement pour plusieurs autres personnes (أصحاب الهمة) , transférer le pouvoir -à travers un vote pour le rendre légitime- dans des mains douteuses et mafieuses tachées de sang et d’argent sale et/ou volé est un acte criminel. Et donc la position est claire : Boycott !
Mais est ce que le boycott est suffisant et significatif ? Est-ce que le boycott peut nous avancer à quelque chose et faire reculer la dictature ? Ce n’est pas évident et pourtant c’est le strict minimum à faire !
Alors que faire ?
Que faire d’un pouvoir qui ne sait tenir les promesses et oublie souvent les beaux discours du 7 au lendemain de la journée du 8. Que faire d’un pouvoir qui use de façon intelligente -relative- des plusieurs atouts ? Ce pouvoir qui a verrouillé toutes les institutions et modelé à sa façon le visage politique du pays, dérive de plus en plus vers un pouvoir économique qui à la fois pille le pays et bloque toutes les initiatives d’investissement (par peur plusieurs industriels et entrepreneurs ne peuvent s’aventurer dans n’importe quel créneau sans craindre d’être pillés ou écartés des affaires juteuses). Et en même temps, le pouvoir a bénéficié et bénéficie encore des effets du 11 septembre pour pousser à l’extrême son acharnement au niveau des droits de l’homme et des libertés avec un laisser faire relatif de la part des certaines institutions et médias étrangers. Que faire d’un pouvoir qui use de toutes ses possibilités pour camoufler les failles et faire croire aux citoyens que le pays avance. La dévaluation du dinar de façon successive depuis des mois laisse penser que les technocrates du Bercy tunisien usent des colmatages monétaristes pour faire disparaître les dégâts présents et à venir à la cause à la fois de la situation catastrophique des plusieurs secteurs (essentiellement tourisme et Textile) et de l’effet de la conjoncture défavorable.
Pour répondre à la question, je pense qu’il faut agir et sans relâche à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays :
1 - À l’intérieur : Mette la lumière sur toutes les dérives (décisions administratives , jugements prononcés, opérations commerciales montées...) et donner les noms des toutes les personnes participant aux manuvres douteuses du simple flic au haut responsable ministériel en passant par les juges , les patrons , les universitaires complices du régime. Expliquer aux citoyens par tous les moyens possibles que la Tunisie régresse sur tous les plans et qu’un jour toutes les personnes impliquées auront des comptes à rendre.
2 - À l’extérieur : donner le maximum d’informations aux médias et essayer de participer à toutes les rencontres. Mais surtout axer le travail sur les entreprises et institutions ayant des liens de coopération avec la Tunisie pour les contraindre à prendre position et à faire pression sur le pouvoir. En effet, la plupart des entreprises soignent de plus en plus leur communication et ne veulent pas être mêlés à des histoires mettant en cause leur notoriété.
Une dernière remarque : dans la quasi-totalité des pays sous-développés, la plupart des citoyens croient qu’ils doivent être au service du pouvoir. Et là, la démocratie ne pourra jamais voir le jour tant que cette idée ne soit pas inversée : Il faut que les citoyens soient convaincus que c’est le pouvoir qui doit être à leur service. |