|
Conseils amicaux à tout tunisien qui découvre TUNeZINE pour la première fois : D’abord, de ne pas surfer. Si tu ne peux pas t’en empêcher, de ne pas lire le webzine. Si tu ne peux pas t’en empêcher, de ne pas participer au forum. Si tu ne peux pas t’en empêcher, de rester anonyme. Si tu ne peux pas t’en empêcher, de ne pas t’étonner !
Hier soir, la télévision étatique, Tunis 7, a annoncé qu’un cambriolage particulièrement scandaleux et crapuleux a été commis dans les locaux du ministère tunisien de l’Intérieur. Une bande de cyberdissidents, après s’être introduite dans les lieux, a dérobé les résultats des élections, en raison de cet acte de sabotage, les élections ne pourront avoir lieu le dimanche 24 octobre prochain comme prévu...
Zine El Abidine Ben Ali (ZABA) visite incognito un cybercafé (Publinet) de Faucheville (Ben Arous). Á la fin de sa visite il s’approche d’un internaute (Terroriste potentiel) et lui demande : - Que penses-tu de Zine El Abidine Ben Ali ? l’internaute se redresse brusquement, jette autour de lui des regards anxieux et lui murmure à l’oreille : - Je ne peux pas te répondre ici. Attends-moi à la sortie du cybercafé et à ce moment-là je te dirai ce que je pense de Zine El Abidine Ben Ali. Intrigué, il décide de jouer le jeu. Il retrouve donc l’internaute à la sortie du cybercafé et celui-ci l’entraîne aussitôt loin des regards indiscrets. Là, Zine El Abidine Ben Ali repose sa question, mais l’homme ne lui répond que par des grands gestes l’invitant au silence, puis, saisissant le président par le bout de la manche, il lui fait emprunter un dédale de petites rues, rasant les murs avec des airs de conspirateurs. Et ils marchent tellement qu’ils arrivent aux limites de la ville. Loin de s’arrêter, l’internaute plonge dans les bois remorquant un Zine El Abidine Ben Ali de plus en plus étonné. Enfin, arrivé dans une clairière au coeur de la forêt, l’internaute s’arrête et, après un ultime coup d’oeil méfiant, se penche sur Zine El Abidine Ben Ali et lui dit à l’oreille : - Tu sais, et bien, moi, Zine El Abidine Ben Ali, je l’aime bien.
Maître Nejib Hosni est jugé pour avoir dit en public que « le général Zine El Abidine Ben Ali est un dictateur sanguinaire ». Il est condamné à sept ans et sept mois de prison. Quelque temps après, un ami du juge Tahar Sellilti, qui a prononcé la sentence, lui demande le pourquoi d’une peine aussi inhabituelle, pourquoi sept ans et sept mois ? - Les sept mois, c’est pour avoir injurié notre honorable Président. - Et les sept ans ? - Les sept ans, murmure le juge, c’est pour avoir divulgué un secret d’État.
Après sa visite officielle en Italie, Zine El Abidine Ben Ali, de retour à Tunis, fait venir sa maquilleuse et lui demande de lui dessiner sur le front le même point rouge que Sonia Gandhi. Devant l’étonnement de sa femme, Leila, il précise : - Je rentre de Rome, où j’ai longuement discuté avec Sonia Gandhi, et à la fin elle m’a dit : « Vous êtes un brave homme, Zino, mais il vous manque quelque chose là. »
Dans un bar de la capitale, deux journalistes discutent : « Penses-tu que nous sommes à 100 % dans la République de demain, ou penses-tu que ce sera encore pire ? »
Un peintre abstrait marche dans les rues de Tunis. Il est suivi par deux figuratifs en civil.
- La différence entre un optimiste et un pessimiste en Tunisie ? - L’optimiste prétend qu’un jour on mangera de la merde... et le pessimiste répond qu’en plus il n’y en aura pas pour tout le monde.
Pour le dixième anniversaire du 7 novembre 1987, Zine El Abidine Ben Ali a pris la décision de faire graver un timbre à son effigie. Six mois plus tard, il va visiter l’Institut d’émission du Ministère des Télécommunications et s’étonne que son timbre ne soit pas encore en circulation. Le directeur, très gêné, explique que le programme a pris du retard à cause d’un détail qui pose un problème imprévu : les timbres à l’effigie de l’artisan du changement ne collent pas. Furieux, Ben Ali ordonne qu’on lui apporte immédiatement un morceau de papier et un timbre. Il prend le timbre, crache dessus, l’appuie fortement sur le papier, et le timbre colle parfaitement... - Ah, dit le directeur, vous crachez de ce côté-là...
Accoudés au comptoir d’une cafétéria de Tozeur, trois retraités boivent un café. Le premier se racle la gorge et dit "et oui !", le second toussote à plusieurs reprises et fait "ah ! oui..." ; le troisième, lui, se fâche tout net : "Si vous commencez à parler politique, je me tire tout de suite."
A Yasmine Hammamet, l’hôtelier fait visiter sa chambre à un touriste. Après lui en avoir vanté les mérites, il se retire en disant : - Surtout si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas. Vous venez me voir, et je vous explique comment vous en passer.
A Hammam Sousse, cinq heures du matin. Un homme, ses chaussures à la main, entrebâille avec mille précautions la porte de sa villa et se glisse discrètement dans la chambre conjugale. Tout se passe selon ses souhaits jusqu’à ce qu’il renverse en se déshabillant une lampe de chevet qui, en tombant, produit un tel bruit que sa femme se réveille en sursaut, le fixe d’un regard sévère et s’écrie : - Quoi, cinq heures ! Où étais-tu ? - Écoute, chérie, tu ne vas pas me croire, balbutie l’homme d’un ton coupable. En sortant du travail j’ai rencontré une superbe Suédoise qui m’a abordé pour avoir un renseignement et de fil en aiguille nous avons sympathisé. Elle m’a invité dans son hôtel, et là, j’ai honte de te le dire, nous nous sommes aimés jusqu’à l’aube en buvant du champagne... - Menteur, coupe sa femme, si tu crois que je ne sais pas que tu es encore allé à un de tes dégoûtants séminaires du RCD.
Les membres de la délégation tunisienne aux Nations Unies se promènent dans New York et s’arrêtent devant deux mendiants, l’un blanc, l’autre noir, assis au même coin de rue. Le chapeau du Blanc est à moitié rempli de pièces de monnaie, alors que celui du Noir est presque vide. L’un d’eux se penche vers le Noir et lui dit dans un anglais hésitant : - Pourquoi restez-vous là ? Tous les Américains sont racistes et il est évident qu’ils ne donneront leur argent qu’au mendiant blanc. Dans un arabe impeccable, le Noir répond : - Depuis quand les destouriens se croient-ils autorisés à nous apprendre à vivre ?
- Pourquoi Zine El Abidine Ben Ali construit-t-il plus de prisons que d’écoles ? - Parce qu’à son âge il ne risque plus d’aller à l’école.
Singra achète chaque jour tous les journaux de la Tunisie. Á peine arrivé chez lui il parcourt la première page de tous ces journaux, puis il les jette à la poubelle. Un jour, poussée par la curiosité, sa mère lui demande : - Mais enfin que fais-tu avec tous ces journaux ? - Je cherche un faire-part de deuil. - Mais tu ne regardes que la première page, les faire-part sont à l’intérieur... - Celui que j’attends, il sera en première page.
A la mort de Zine El Abidine Ben Ali, le Comité Central du RCD se réunit nuitamment, et Chaouch Ali, blême, annonça la nouvelle aux destouriens présents. Passé le premier instant de stupeur, la salle demeure dans un silence effrayé, un instant troublé par le murmure d’une voix anonyme : « Qui va oser aller le lui dire ? » |