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Culture (2/3)

Le respect de traditions purement humaines se justifient tant celles-ci ne s’opposent pas à la dignité humaine. Dans le cas contraire, un appel urgent à l’évolution est lancé au peuple ! La culture doit alors progresser si l’on veut éviter que des contradictions n’apparaissent, qui finissent, avec le temps, par semer la confusion et la discorde et provoquer la dislocation du tissu social et la décadence. La sanction auto active de la vie s’abat alors sur le peuple en question par la décadence et même souvent la disparition. À cause de son refus de s’élever. Le prophète Mohammed n’a-t-il pas dit : « Un peuple qui faute de lever son regard vers le haut, se fixe exclusivement sur ce qui est terrestre, n’a pas droit à l’existence ! » ? Et l’histoire de l’humanité n’est-elle pas un long cortège de peuples et de civilisations disparues ?

Cette disparition devient inévitable car par son refus d’évoluer, le peuple en question sombre dans des pratiques figées et bornées sans signification réelles en conformité avec le sens profond des lois de la vie ; pratiques convenant à des mentalités d’esclaves mais indignes d’une authentique humanité qui devrait lever librement son regard pour aspirer à la noblesse et à la liberté de l’esprit. Cette disparition apparaît naturellement comme une sauvegarde de la dignité humaine par le retrait auto actif du fruit pourri, cela pour éviter à l’humanité le pourrissement complet. Ce retrait est la conséquence de l’auto activité des lois de la vie.

On comprend ainsi comment les pratiques subjectives font partie de la culture.

Mais si la connaissance spirituelle objective ne fait pas partie de la culture quelle est son incidence sur celle-ci ? On peut mieux voir le rapport en posant une autre question : quel est le rapport entre l’oxygène et la voiture ? Il est clair que sans oxygène le moteur de la voiture ne peut fonctionner et n’aurait peut être même pas été invente. Beaucoup d’animaux ont aussi besoin de l’oxygène pour vivre. Pourtant il n’y a aucun rapport entre les animaux et la voiture ! Et l’oxygène est indépendant autant de la voiture que des animaux. Il n’appartient ni aux uns ni aux autres et n’en fait pas partie non plus. Pourtant sans lui, ni les animaux ni les voitures ne pourraient exister sur terre.

Le rapport est le même entre la culture à notre époque et l’objective connaissance spirituelle. Sans cette dernière, l’authentique culture ne peut exister. Et pourtant la réalité du monde de l’esprit a existe avant l’apparition de l’homme sur terre. L’homme n’a-t-il pas quitter le paradis pour venir acquérir la conscience à la sueur de son front, comme le relatent les différentes genèses de nombreux peuples ?

Par conséquent la connaissance du Dieu unique ne peut, à proprement parler, faire partie de la culture car alors elle appartiendrait à un peuple ou à une partie de l’humanité. Ce qui serait absurde étant donné que cette connaissance appartient à toute personne qui la fait sienne. Il en va de même pour d’autres connaissances relatives à la Divinité ou au domaine spirituel. Tout ce qui concerne objectivement la Divinité ou l’esprit (l’âme) ne peut faire partie de la culture et aucun peuple ne peut s’arroger la propriété de telles connaissances. Pourtant sans ces connaissances de nombreuses cultures n’auraient pas pu exister et encore moins évoluer.

Et les peuples qui croient en la pluralité des dieux, n’ont-ils pas une culture ? Et les tribus primitives qui ne croient qu’aux démons sont-elles aussi sans culture ?
En réalité les peuples polythéistes ont aussi leur culture car la connaissance objective qu’ils ont des forces personnifiées de la nature, connaissance que tous les peuples ont eu avant la connaissance du Dieu unique, amène des pratiques, soit à travers l’adoration de ces forces qui leur apparaissent comme des divinités soit par les offrandes qu’ils font pour obtenir leur aide, façonnent leurs pratiques quotidiennes, leur façon de penser, leur perception de la vie et leur comportement donc leur culture. Ces pratiques diffèrent d’un peuple à l’autre selon les caractéristiques du peuple en question, bien que la connaissance objective soit la même. Amon pour les Égyptiens, Zeus pour les Grecs, Jupiter pour les Romains ou Wotan pour les Germains est la même personnification de la même force essentielle à laquelle s’adressaient ces différents peuples. Seule la façon de s’y adresser diffère car elle résulte de la nature du peuple et des bases déjà existantes sur lesquelles se développent les nouvelles connaissances. Par la suite, si ces peuples ne sombrent pas dans la décadence ou ne disparaissent pas, leur évolution les amène à comprendre qu’au-dessus de ces forces personnifiées de la nature existe une Force Suprême. Et que les nombreux dieux adorés jusque là ne sont que Ses serviteurs. Ils accomplissent Sa Volonté à travers les lois de la nature, lois dont ils sont la personnification.
Le polythéisme est une étape d’évolution naturelle et indispensable vers le monothéisme. Évolution qui transforme profondément la culture et l’enrichit. Tous les peuples ayant atteint le stade du monothéisme sont passés par celui du polythéisme.

Il en va de même pour les tribus primitives dont la vie intérieure se passe dans la crainte des démons.

Ainsi à tous les stades, les connaissances objectives conformes aux lois de la Vie influent sur le niveau déjà atteint par le peuple en question et façonnent sa vie quotidienne en faisant progresser la culture si elles restent non déformées et sont utilisées dans le sens de ces lois.
Leurs influences, sur le niveau atteint par le peuple qui les acquiert, font varier ce niveau et l’élèvent à un stade supérieur ou ce peuple devient capable d’acquérir progressivement d’autres connaissances objectives plus élevées et ainsi poursuivre sans discontinuer sa progression évitant de ce fait la stagnation, la décadence et la disparition.

On comprend donc que la culture est la forme de l’ensemble des concrétisations des aptitudes et connaissances d’un peuple.

Que la culture d’un peuple est un ensemble de pratiques et de manières de penser façonnées par ses défauts et ses qualités sur la base de son niveau intérieur.
Elles peuvent naître comme remèdes à des défauts, pour fortifier des qualités déjà existantes ou même pour faire naître des qualités inexistantes. Elles sont créées par des sages qui ont le savoir nécessaire, la connaissance des lois de la vie et la lucidité pour reconnaître les défauts et qualités de leur peuple et mettre en place les pratiques nécessaires, conformes aux lois naturelles, en y incluant souvent des paraboles destinées a maintenir vivante la sensibilité intérieure liée à ces qualités où défauts et le souvenir du temps béni ou elles furent données et où elles ont apporté l’évolution, le progrès et le bonheur. Le maintien d’une sensibilité vivante sert surtout à contrecarrer la paresse spirituelle car l’esprit qui s’exprime par les "qualités du coeur" a toujours ainsi la possibilité de se manifester et d’empêcher l’enlisement dans la froide raison de l’intellect tant que reste vivante l’authentique sensibilité intérieure. Mais il doit s’agir de la vraie sensibilité et non de la sensiblerie qui elle n’est pas authentique. Cette sensiblerie a envahi depuis longtemps le domaine de la poésie et de l’art notamment, et elle sert à l’intellect comme moyen pour camoufler son incapacité à réellement ressentir la profondeur de la vie, la beauté et toutes les vertus authentiques.

Le pire survient quand les concepts et les pratiques mis en places, par le charlatanisme, l’ignorance ou la passion du pouvoir, accentuent les défauts déjà existants ou en suscitent d’autres, et que l’ensemble des pratiques négatives submergent celles qui ne le sont pas. C’est alors la décadence qui vient sanctionner la faillite de ce peuple. Cette décadence peut aussi être un prélude à la disparition complète s’il n’existe plus aucun moyen de pouvoir ramener un tel peuple à la guérison : sanction inexorable des incorruptibles lois de la vie qui énoncent le verdict devenu inévitable par la faute de ce peuple.

Mais ces pratiques négatives peuvent elles formées une culture ? Évidemment non ! Mais si l’on se tient par paresse spirituelle à une interprétation uniquement intellectuelle du mot culture, on peut alors designer cet ensemble décadent de pratiques majoritairement négatives, comme un ensemble culturel. L’aveuglement intérieur peut être tel que ce bourbier peut même être vu par certains, comme les intellectualistes en ce qui concerne les USA aujourd’hui, comme un ensemble dynamique et culturellement prospère et dominant. Dans leur ignorance, ils voient dans la domination matérielle la preuve de la prospérité réelle. La paresse spirituelle et la domination de l’intellect les conduisent inévitablement à ces conclusions erronées par des analogies faciles, car leur pensée est contrainte, de part la loi de l’évolution, de se développer dans une direction donnée correspondant à leur vision des choses. Ne croyant pas, ou refusant par crainte de la responsabilité qui les attend de croire, en l’existence de lois inexorables qui régissent la vie, ils ne leur restent que la voie des constations sensuelles limitées, et des rapports de force résultants, auxquelles ils sont soumis à travers leur intellect lui-même platement matériel. La domination de l’intellect et la paresse de l’esprit bouclent alors définitivement le cercle vicieux générateur de la spirale vertigineuse où s’engouffre définitivement un tel ensemble qui a l’illusion de sa grande valeur culturelle. Le peu de valeurs positives agonisent alors sous la marée des manifestations négatives qui ne sont plus perçues comme telles. Le dernier reste valable se meurt. Cette agonie peut parfois durer des siècles selon les circonstances et l’environnement. Mais à notre époque, à la vitesse où vont les choses, cela ne se mesurera même plus en décennies.

Il en découle irréfutablement que la culture doit vivre, évoluer, et donc se transformer. La loi de l’évolution étant partout à l’oeuvre dans toutes les manifestations de la Vie, il en découle que rien ne peut s’y soustraire, pas plus la culture qu’autres choses. Bien sûr, il n’est question ici que des manifestations de la Vie et non de la Vie Elle-Même.

Donc lorsque les qualités et défauts d’un peuple changent, ses pratiques quotidiennes doivent aussi se transformer en conséquence. On ne doit pas éternellement s’arrêter à une façon d’agir rigide. D’ailleurs, au niveau individuel nous faisons cela naturellement en nous adaptons en bien ou mal, par notre libre arbitre, à notre époque.

Ce qui est regrettable, c’est que des charlatans ont investi le quotidien et ont implanté des pratiques et suscité des comportements qui ne peuvent être les fruits de l’activité intérieure des caractéristiques du peuple. Si ces charlatans criminels sévissent trop longtemps dans un peuple, ce dernier perd alors progressivement sa personnalité qui s’étiole imperceptiblement chaque jour davantage. Ces charlatans peuvent être des intellectualistes qui introduisent des pratiques et des modes de penser importés qui ne conviennent pas aux caractéristiques du peuple en question ou des religieux qui se cramponnent à des pratiques dépassées qu’ils sont incapables de faire évoluer, le vrai savoir leur faisant défaut. Ces pratiques leur assurent une emprise sur les masses. Celles-ci en arrivent même à défendre ces conceptions figées car cela les dispense d’une réflexion personnelle, d’un examen indépendant et d’une recherche spirituelle authentique. Toutes choses que la mortelle paresse spirituelle empêche de faire.

Dans cet état d’engourdissement généralisé, les pratiques et les concepts figés occupent alors le terrain et passent pour la vraie spiritualité auprès des masses engourdies. Celles-ci sont confortées dans leur attitude par un discours qui évite soigneusement l’importance de la responsabilité personnelle dans tout ce que l’on fait et pense, évite toute allusion à l’urgente nécessité d’une recherche spirituelle personnelle authentique ainsi que l’indispensable compréhension de tout concept ou pratique que l’on adopte. L’accent est mis au contraire sur la soumission à la tradition et sans possibilité de remise en question d’aucune nature. Toute velléité de réflexion indépendante est alors perçue par la masse soigneusement endormie comme un blasphème (كفر). Chacun est appelé à s’opposer à un tel blasphémateur (كافر) et à défendre sa "culture". Dans de telles situations, les masses inertes s’en trouvent même édifiées. L’inertie intérieure se faisant passer pour la spiritualité authentique occupe alors entièrement toute la place et chacun estime en avoir suffisamment fait par sa spiritualité de façade.
Un tel drame se trouve encore conforter et renforcer par les intellectualistes, qui incapables eux-mêmes de comprendre et donc d’expliquer, s’opposent à tout chercheur capable d’apporter les éclaircissements et les explications indispensables au progrès. Puisque le vrai savoir se trouve très au-dessus des conceptions intellectuelles et religieuses actuelles. Leur opposition est la preuve de leur paresse spirituelle et de leur incapacité à évoluer spirituellement de façon libre et vivante. La vie met à nue l’incapacité de leur maître qu’ils adulent et auquel ils sont complètement soumis, l’instrument de nature platement terrestre, l’intellect borné.

Il ne faut pas opposer fondamentalement les religieux et les intellectualistes. Car il n’existe pas d’opposition fondamentale entre eux. Ce sont les faces d’une même médaille : celle de la paresse de l’esprit et de la soumission à l’intellect terrestre ! Comme le sont les partis politiques. Il serait vain de rechercher des différences réelles entre ces derniers. Seuls les aveugles peuvent en voir.
Les religieux sont figés dans leur paresse spirituelle et les intellectualistes soumis à la froideur et à l’inertie de l’intellect terrestre qui étouffe l’esprit. Seule la forme du naufrage est différente. Leurs invectives réciproques assourdissent complètement les masses aveuglées par leur paresse intérieure, et il devient alors impossible d’atteindre ces masses devenues sourdes et aveugles. La culture s’engouffre alors dans la spirale infernale de la mort.

À suivre...

Mohammed
19-08-2004

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