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TUNeZINE - Blagues à gogo

Après une longue visite de la Médina de Tunis, les services du protocole de la présidence conduisent le Président d’un pays ami et frère à la Maison des Inventeurs Tunisiens. On lui présente successivement l’inventeur du Lablabi au caviar, celui du téléphone mobile sur écoute, celui du frigidaire à micro-ondes, celui du métro léger, celui du PC familial sans modem, celui de La Presse de Tunisie, de l’opposition d’apparat, du 26-26, de la phase II du SMSI, des urnes truquées...
Alors, avisant une statue colossale de Zine El Abidine Ben Ali qui trône au milieu de la salle, le visiteur demande à son guide :
- Et celui-là ?
- Celui-là ? C’est l’inventeur de la Maison des Inventeurs Tunisiens.


La visite inopinée du président Tunisien dans une école de Hammam Sousse, préoccupe tous les esprits. Les instituteurs chapitrent les enfants et leur font faire une dernière révision des connaissances politiques de base. Arrive l’inspecteur qui, dans la première classe où il pénètre, annonce qu’il va interroger lui-même des élèves pris au hasard, et désigne un garçon au troisième rang.
- Comment t’appelles-tu ?
- Singra, monsieur l’inspecteur.
- Qui est ton père, Singra ?
- C’est Zine El Abidine Ben Ali, monsieur l’inspecteur.
- Et qui est ta mère ?
- C’est la République de demain, monsieur l’inspecteur.
- Très bien. Et quand tu seras grand, qu’est-ce que tu veux être dans la vie ?
- Orphelin, monsieur l’inspecteur.


Au cours d’une réunion du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), les responsables s’inquiètent du nombre décroissant de ses membres. Après en avoir débattu longuement, ils décident de publier la déclaration suivante :
- Quiconque trouvera un nouveau membre du RCD sera libéré de l’obligation d’assister aux réunions de sa cellule destourienne pendant sept mois.
- Quiconque trouvera sept nouveaux membres du RCD aura le droit de quitter le RCD.
- Quiconque trouvera dix nouveaux membres du RCD recevra une attestation qui prouvera qu’il n’a jamais appartenu au RCD.


Mohammed Boukerch est destouRIEN au RCD. S’étant enivré, il a oublié de se rendre à une réunion de sa cellule, Mohammed s’efforce de se faire oublier. Mais à peine s’est-il risqué dans la rue qu’il rencontre le chef de sa cellule et que celui-ci, furieux, se précipite sur lui et se met à hurler.
- Dis donc, espèce d’imbécile, sombre crétin, pourquoi n’es-tu pas venu à la dernière réunion de cellule ?
- Mais, mais, collègue, bafouille Mohammed, on ne m’avait pas prévenu. Si j’avais su que c’était la dernière, je ne l’aurais manquée pour rien au monde.


A son arrivée à Borj El Amri, Singra est accueilli par l’officier commandant, qui lui demande pour combien il en a pris.
- Pour vingt ans.
- Et qu’est-ce que tu as fait pour en avoir pris pour vingt ans ?
- Je n’ai rien fait, absolument rien fait.
- Menteur, n’essaie pas de nous rouler. Tu as sûrement fait quelque chose, parce que pour rien, ils donnent seulement dix ans.


Le général Zine El Abidine Ben Ali déclare dans un de ses discours télévisés que de voir certains ouvriers tunisiens gagner moins de 100 dinars par mois : « Eh bien, ça me donne mal au coeur ! ». Quelques jours plus tard, la milice destourienne dresse des barrages dans les rues et arrête tous les passants pour leur demander :
- Combien gagnes-tu par mois ?
- 400 dinars.
- C’est bien, circule. Et toi ?
- 200.
- Ça va, circule. Et toi ?
- 80 dinars.
- Espèce de salaud ! à cause de toi le président Zine El Abidine Ben Ali a mal au coeur.
 Et ils commencent à le battre.


- Chez nous, dit un Israélien (أستغفر الله) à un Tunisien (أعوذ بالله), la liberté est totale ; la preuve en est que je peux aller tous les jours sous les murs du Knesset et crier « A bas Sharon » autant qu’il me plaît.
- Et moi aussi, dit le Tunisien, je peux aller tous les jours sous les murs du palais de Bardo et crier « A bas Sharon » à m’en faire péter les cordes vocales.


Dans les cours de l’université d’été du RCD, lors d’une réception donnée par un membre du comité central du Rassemblement, un invité s’écrie : « Dieu merci... » Son voisin le reprend aussitôt d’un ton sec :
- On ne dit pas Dieu merci, on dit Ben Ali merci.
- Mais que dira-t-on quand Ben Ali sera mort ? - demande l’invité.
- Alors tu pourras dire Dieu merci, répond une voix anonyme.


En 2003, pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de Habib Bourguiba, toutes les institutions se livrent à un concours d’imagination. Une école primaire de Gafsa a la brillante idée d’inviter un homme qui aurait connu Habib Bourguiba, pour parler aux élèves. On déniche alors dans la région un vieillard que l’on reçoit en grande pompe et que l’on convie à raconter ses souvenirs devant tous les écoliers et les professeurs rassemblés.
« Eh bien ! En 1956, je me trouvais avec les destouriens, nous avions gagné, et nous installions le gouvernement provisoire dans le palais du Bey. J’avais passé toute la journée à porter des meubles, et j’étais épuisé. Je décidai de me reposer un moment et d’en profiter pour faire un brin de causette à une fille que j’avais repérée depuis trois jours. Alors est arrivé un type assez petit et chauve qui me dit d’un ton sec :
- Camarade, ce n’est pas le moment de s’amuser.
Et moi, je lui ai répondu :
- Va te faire foutre.
Dix minutes plus tard arrive un autre type, plutôt costaud, qui me dit : 
- Alors, c’est toi qui as dit "Va te faire foutre" au Zaïm Habib Bourguiba ? Et moi, je lui ai répondu :
- Va te faire foutre, et à toi aussi je dis : Va te faire foutre.
Alors après, vous savez comment ça se passe, une chose en entraîne une autre, et finalement, on m’a libéré l’an dernier. »


Abdallah Zouari sort de Harboub, où il a purgé une nième peine de prison pour délit d’opinion. Le lendemain même, il se présente au district de police de Zarzis, et demande à renouveler son passeport et un laissez-passer pour se rendre au Consulat de France à Sfax. Le fonctionnaire à qui il s’adresse lui demande pourquoi il veut quitter le pays, et l’ex-prisonnier répond qu’il a deux raisons :
- Tout d’abord, dès que le régime change, on commence par s’en prendre aux islamistes. C’est ma première raison...
- Tu n’as rien à craindre, aujourd’hui, le Pouvoir est plus tolérant, et en plus rien ne risque de changer dans les années à venir.
- Et bien ! ça c’est ma seconde raison.


En 1999, au Congrès arabe des chirurgiens dentistes, il y eut de nombreuses communications scientifiques de grand intérêt, mais la plus remarquée fut celle de la délégation tunisienne. La nouvelle méthode d’extraction mise au point par les Tunisiens présentait en effet deux caractéristiques majeures : la performance technique et l’originalité. Il s’agissait d’introduire l’appareil par le fondement du patient, de le faire cheminer à travers les intestins, l’oesophage et le larynx ; après quoi, arrivé dans la cavité buccale, le dentiste pouvait sans peine procéder à l’arrachage de la dent malade. La démonstration de la méthode est accueillie par un déluge d’applaudissements, et tous les délégués se lèvent. Tous, sauf un, le délégué Libanais, qui attend impassible la fin de l’ovation et demande :
- Pourquoi prenez-vous le problème à l’envers ? Pourquoi ne passez-vous pas directement par la bouche ?
- Ce serait effectivement une méthode, reconnaît le délégué Tunisien, mais par les temps qui courent, qui ose encore ouvrir la bouche ?


Discussion entre un Américain et un Tunisien sur la nature du bonheur.
- Pour moi, dit l’Américain, le bonheur c’est quand arrive le vendredi, que je donne un coup de fil à ma femme en lui disant que ma société m’envoie en Europe pour le week-end et que je pars avec ma maîtresse.
- Pour moi, dit le Tunisien, c’est quand arrive le samedi, que j’ai fini mon travail, que je rentre chez moi en prenant tout mon temps et que je fais quelques courses avant d’arriver à la maison. Là, comme j’ai beaucoup marché et beaucoup fait la queue, je me fais un bain de pieds en lisant La Presse. A ce moment j’entends frapper à la porte, j’entends ma femme qui va ouvrir, j’entends une voix qui demande si c’est bien ici qu’habite Radhia Nasraoui, j’entends ma femme qui répond que c’est au-dessus, et alors là, je me dis c’est ça le bonheur.


- Quelle différence l’ère nouvelle a-t-elle apportée aux boucheries ?
- Avant le 7 novembre 1987, la boucherie avait une enseigne où était écrit "Vive Bourguiba", et à l’intérieur, il y avait un frigo plein de viande. Depuis le changement, la boucherie n’a plus d’enseigne, plus de frigo non plus, et à l’intérieur il y a le portrait de Zine El Abidine Ben Ali.


Après la mort de Habib Bourguiba, une féministe qui se promène à Monastir s’aperçoit que la statue du Grand Combattant est gardée nuit et jour. Un matin, elle se décide à en demander la raison au chef des gardes :
- Mais pourquoi garder une statue ?
- C’est, répond le chef, qu’on pourrait lui manquer de respect.
- Diable, s’écrie t-elle, mais qui pourrait manquer de respect à la statue du libérateur de la femme tunisienne ?
Et le soldat, faisant de la main un vaste mouvement circulaire englobant tous ses compagnons, répondit :
- Nous, si nous n’étions pas de service. 


Zine El Abidine Ben Ali doit visiter un asile d’aliénés ; avant sa visite, le directeur rassemble ses pensionnaires et leur apprend à crier : « Ben Ali, Ben Ali... » Le jour de la visite, lorsque Zine El Abidine Ben Ali entre dans la grande salle où tout le monde est rassemblé, tous se lèvent et crient : « Ben Ali, Ben Ali, Ben Ali... ». Zine El Abidine Ben Ali, très content, salue. Soudain il se fige, au fond de la salle il vient d’apercevoir un homme qui, appuyé sur des tuyaux, le regarde sans crier. Furieux, il fonce vers lui et lui demande les raisons de son silence. « Tout doux, artisan du changement, tout doux, moi je ne suis que le plombier... »

ettounsi de TUNeZINE
28-08-2004

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