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Jean Jaurès : « Le premier des droits de l’homme c’est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail »
Jacques Chirac s’adressant à son homologue tunisien : « Le premier des droits de l’homme c’est de manger... »
L’émérite journaliste Abdallah Zouari, figure emblématique de la répression des journalistes en Tunisie et éternel détenu d’opinion du général Zine El Abidine Ben Ali, relaye depuis treize ans séjours en prison, procès, arrestations et résidence surveillée dans l’indifférence générale de ses compatriotes et de tous ceux qui sont censés défendre les droits humains.
Jeudi, 16 septembre 2004, Abdallah Zouari devrait en principe quitter la prison mais pour combien de temps ? À sa sortie il sera très chagriné par la désertification que connaît le paysage médiatique tunisien et il est très probable que ce journaliste obstiné se trouvera, comme à l’accoutumée, tout seul en plein champ de mines.
Cet Homme connu aussi pour son opiniâtreté à exercer son droit à la liberté d’expression et à véhiculer ses idées, même si elles ne font pas l’unanimité, par tous les moyens possibles, n’en déplaise à la dictature et à ses sbires, risque de se retrouver encore une fois derrière les verrous si rien n’est fait dés à présent afin de lui assurer une protection contre l’arbitraire du régime tunisien.
La république de demain de l’ère Ben Ali qui a pour devise : « Un bon journaliste est un journaliste mort » ne peut en aucun cas nous pousser à baisser les gardes et à laisser Abdallah Zouari face à sa solitude et à cet acharnement incongru de la dictature à son égard. Le dictateur qui murmure toujours dans son misérable bunker : « Ils vont s’en lasser, ils vont s’en lasser... » doit savoir que Abdallah Zouari ne s’ennuiera jamais de clamer haut et fort son droit à liberté de s’exprimer...
Chroniques d’une géhenne programmée :
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Jeudi 6 juin 2002 : Abdallah Zouari bénéficie d’une libération conditionnelle pour « raisons de santé » après avoir purgé une peine de onze ans de prison pour « appartenance à une organisation illégale ».
Samedi 19 avril 2003 : La police intervient en force et ordonne à Aïda Dhouib, propriétaire d’un publinet, de se déconnecter du web afin d’empêcher le journaliste Abdallah Zouari d’envoyer un email. Abdallah Zouari amène alors un huissier notaire pour constater cette intervention abusive de la police, mais c’est la gérante, sous la pression et l’intimidation de la police, qui porte plainte auprès du Procureur de la République pour "diffamation".
Vendredi 18 juillet 2003 : Le tribunal cantonal de Zarzis condamne Abdallah Zouari, rédacteur au journal « Alfajr » et ancien détenu d’opinion, à quatre mois de prison ferme pour "diffamation" dans un procès monté de toutes pièces.
Dimanche 17 août 2003 : Nouvelle arrestation de Abdallah Zouari.
Vendredi 29 août 2003 : Abdallah Zouari est condamné par le tribunal cantonal de Zarzis à neuf mois de prison ferme pour « refus d’obtempérer à une décision de contrôle administratif » à laquelle il était astreint par un précédent jugement.
Mercredi 8 octobre 2003 : Abdallah Zouari, est condamné en appel à une peine cumulée de treize mois de prison ferme.
Mardi 27 janvier 2004 : Abdallah Zouari entame une énième grève de la faim, à la prison Harboub de Médenine, qui va durer plus d’un mois.
Mardi 10 février 2004 : la famille de Abdallah Zouari est interdite de lui rendre visite.
Mardi 24 février 2004 : La famille Zouari est autorisée à rendre visite au journaliste gréviste de la faim après presque un mois.
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