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Communiqué
Alors même que la campagne électorale pour les présidentielles et les législatives en Tunisie est officiellement ouverte les actes d’intimidation et d’atteinte à l’intégrité des personnes et aux libertés fondamentales se multiplient.
Dernière en date, l’agression dont a fait l’objet Hamma HAMMAMI, porte parole du PCOT, par des agents de police vient s’ajouter aux tracasseries et intimidations qui ont ciblé Moncef Marzouki , porte parole du CPR, Jalel Zoghlami, rédacteur en chef de Kaws El karama, et deux de ses camarades sont emprisonnés et attendent un jugement qui devra intervenir quatre jours après le scrutin.
Les opposants qui ont choisi de participer aux élections n’échappent pas à la règle que le pouvoir de M. Ben ALI impose au pays : le refus de permettre à toute voix discordante de se faire entendre par les tunisiens et le « châtiment » de tous ceux qui bravent ce refus à travers toute la variété de l’arsenal répressif qu’il a mis en place depuis de longues années.
Mohammed Ali HALOUANI, candidat de l’initiative démocratique à la présidentielle, fait l’objet d’une « attention particulière de la part de l’administration tunisienne » : ses affiches sont bloqués à l’imprimerie, son manifeste électoral est interdit (parce que son contenu ne plait pas à son adversaire). Le temps d’antenne à la télévision, qui lui est pourtant garanti par une loi électorale fabriquée sur mesure par le pouvoir, lui est interdit alors que le président sortant bénéficie en pleine campagne officielle, de plusieurs heures de propagande par jour.
Les candidats de l’opposition démocratique aux élections législatives font l’objet du même traitement : plusieurs listes du PDP de Nejib Chebbi et du mouvement ETTAJDID ont été invalidées sous des prétextes futiles. Les professions de foi des candidats de ces deux formations font l’objet dune censure systématique par « une administration » qui s’autorise le droit de contester le contenu des manifestes...
Tout ceci intervient dans un climat d’indifférence générale : opinions publiques internationales, États liés à la Tunisie par des accords d’association où il est fait obligation aux signataires de respecter les droits de l’homme et la démocratie...
Le CRLDHT proteste avec la plus grande vigueur contre toutes les atteintes signalées.
Il apporte son soutien à toutes les personnes et organisations victimes des exactions du pouvoir Tunisien et exhorte l’opinion publique Française et internationale à exercer des pressions sur le pouvoir tunisien pour que la démocratie soit enfin une réalité et non alibi pour bafouer les aspirations légitimes du peuple tunisien à la liberté et à la prospérité.
Fait à Paris Le 13 - 10 - 2004
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’ Homme en Tunisie Membre du Réseau Euroméditérranéen des Droits de l’ Homme 21 ter rue voltaire , 75011 Paris - TEL : (0033) 321964099 |