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Le paysage médiatique tunisien se caractérise depuis dix huit ans par l’absence d’une véritable information et par le manque flagrant d’une presse d’opinion qui favorise un tant soit peu l’analyse de fond, la réflexion critique et les prises de position. Et ce malgré l’appel répété du chef de l’État aux journalistes et directeurs de journaux : « Je vous exhorte à être davantage à l’écoute des préoccupations des citoyens et à soulever les questions qui polarisent l’intérêt de l’opinion publique pour impulser le dialogue démocratique dans le pays et le développer, afin de hisser notre information nationale à la place qu’elle mérite »1. Certes, après la déposition de Bourguiba le 6 novembre 1987 pour incapacité de gouverner suite à sa longue maladie psychique, il y a eu un foisonnement de titres extraordinaire, mais hélas trompeur car ne véhiculant qu’un unanimisme stérile qui ne reflète ni la réalité objective que vit le pays, ni les diverses opinions de la population, ni le changement que le nouveau président de la République, Zine El Abidine Ben Ali, a promis d’insuffler dans plusieurs domaines et notamment celui de l’information. Cet unanimisme était tel que le chef de l’État lui-même en a fait le constat : « En lisant les journaux qui paraissent dans le pays, on a l’impression qu’il ne s’agît que d’un même et seul quotidien »2. C’est ainsi que l’ensemble des médias continue d’ignorer les questions de fond qui agitent la société, privilégie la langue de bois, se contentant de dépêches locales et étrangères, souvent triées sur le volet, sans le moindre commentaire ni une quelconque critique. En effet, 70% de l’espace rédactionnel de la majorité des journaux tunisiens sont occupés par la publicité et les articles de promotion 3. Le reste est consacré au sport, notamment le football, les échos des tribunaux, les faits divers et le compte rendu concernant l’action gouvernementale et l’activité du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Les chef s de l’opposition et les intellectuels se plaignent souvent du refus de l’ensemble des mas médias officiels de publier leurs articles et leurs points de vue critiques. Prenons, à titre d’exemple, et pour illustrer notre analyse, Le Temps et La Presse de Tunisie (un quotidien se prétendant indépendant et un autre étatique) du 7 décembre 2003, et détaillons leur contenu. Sur les dix huit pages que contient Le Temps, il n’ y a que trois articles signés, l’un élogieux pour le Sommet méditerranéen tenu à Tunis, l’autre flatteur concernant « la recherche pour le développement durable et intégré des zones forestières », et le troisième intitulé « Du patriotisme à cinq roues », saluant le comportement du Tunisien face à l’encombrement de la circulation et des énormes difficultés à trouver où parquer sa voiture. Ce dernier papier finit ainsi : « ...Quant il s’agit de la Tunisie, je suis prêt à perdre non seulement une heure et demie mais toute ma vie s’il le faut », déclare fièrement un citoyen. On continue ainsi à cultiver un nationalisme exacerbé et à faire vibrer une fibre patriotique, pourtant usés en tant qu’éléments idéologiques durant les trente ans de règne de Bourguiba, pour légitimer le pouvoir actuel. Le reste des écrits, c’est à dire seize compilations, est attribué à « Le Temps-Agences » ! Sur ces dix huit pages composant le Temps, six sont totalement consacrées au sport et six autres aux faits divers, échos des tribunaux, mots croisés, agenda, petites annonces, programmes de la télé, etc.., sans parler des nombreux articles paraphrasés, résumés et non signés, ce qui est contraire à la déontologie et à l’éthique journalistiques. Quant au journal La Presse de Tunisie, il se compose de vingt pages, dont neuf sont consacrées aux problèmes de société, aux événements étrangers et à la littérature. Il va de soit que les sujets nationaux traités ici ne contiennent aucune critique et sont présentés comme une formidable réalisation du pouvoir en place. Il reste donc onze pages qui sont consacrées au sport, aux petites annonces, à la publicité et aux faits divers. La dernière page s’intitule « Presse Panorama » et informe les lecteurs sur « Laeticia Casta à l’âge où tout est permis », « Bernard Arnaud inaugure l’immeuble phare de la marque Dior au Japon », « Record battu pour le 17ème téléton », « Le bateau ivre qui aspire la pollution » et « Insolites ». Comme si les Tunisiens n’avaient pour préoccupations que l’inauguration des boutiques Dior au Japon, les réalisations du téléton français et le portrait de jeunesse de l’actrice Laetitia Casta ! Ce 7 décembre 2003, ces deux quotidiens n’ont pas consacré une seule ligne à la critique, à l’analyse de fond des nombreux problèmes qui rongent le pays, aux opinions opposées à la politique du pouvoir, à la morosité d’une jeunesse désenchantée, aux difficultés rencontrées par les petits paysans, les habitants des campagnes et les chômeurs, etc... C’est le black-out total sur tout ce qui peut déranger un pouvoir habitué depuis des dizaines d’années à tordre le coup à la réalité objective, à nier les évidences et à occulter les difficultés que rencontre le pays. Ainsi, pour un non-connaisseur, après la lecture de ces deux quotidiens, la Tunisie lui paraît comme un paradis sur terre, un pays dont les habitants ne rencontrent aucun problème, avec un peuple soudé, jouissant d’un bien être et d’une liberté sans faille. La déclaration du 7 novembre 1987, lue par le Premier ministre de l’époque, Zine El Abidine Ben Ali, vers 6h30 du matin, à la radiotélévision tunisienne, a aligné les idées force avancées depuis longtemps par les réformistes destouriens et l’opposition au régime de Bourguiba : instauration de la démocratie et du pluralisme politique, restauration de l’Etat de droit et de la justice sociale, réconciliation nationale et développement de la solidarité, séparation des pouvoirs et respect de la volonté populaire, etc. Elle promettait un projet de loi sur la presse dans des termes légèrement équivoques qui mettent en veilleuse la liberté d’expression : « Nous proposons prochainement un projet de loi sur les partis et sur la presse, susceptible d’assurer une large participation à la construction de la Tunisie et à la consolidation de son indépendance dans le cadre de l’ordre et de la discipline » 4. Effectivement, la première révision du code de la presse a été faite le 2 août 1988 et a concerné dix huit articles, la seconde le 2 août 1993 et a touché quarante articles. Les articles révisés puis adoptés par le Parlement concernent la suspension, la transparence et la gestion au sein des organes de presse, la revalorisation de la profession et la définition des délits de diffamation. La troisième révision a eu lieu le 3 mai 2001 et touche sept articles, notamment ceux qui traitent du dépôt légal, de la diffamation, des poursuites et de la répression. Et toutes ces révisions se sont faites « dans l’ordre et la discipline », c’est à dire en émanant uniquement des instances du pouvoir en place, sans la moindre contribution ni de l’Association des journalistes tunisiens (AJT), ni de l’Association tunisienne des directeurs de journaux (ATDJ), ni des leaders de l’opposition, ni des intellectuels indépendants et spécialistes de l’information. Le pouvoir présente cette révision du code de la presse comme une avancée importante dans la libéralisation de l’information, car elle « supprime les peine corporelle et permet plus de transparence dans la profession journalistique » 5. L’opposition aussi bien reconnue qu’interdite, affirme que dans la pratique rien n’a changé et que plusieurs articles du code de la presse continuent à imposer une censure de fait. Voici trois articles, parmi d’autres, du code de la presse en vigueur, contestés par l’opposition et tous ceux qui aspirent à la liberté de l’opinion et de la transparence : Article 13 : « Avant la publication de tout périodique, il sera fait au ministère de l’intérieur une déclaration rédigée sur papier timbré et signé du directeur du périodique. Il en sera donné un récépissé ». Article 14 : « Avant l’impression de tout périodique, l’imprimeur doit exiger le récépissé délivré par le ministère de l’intérieur et dont la date de délivrance ne doit pas remonter à plus d’une année ». Article 73 : « Le ministre de l’intérieur pourra, après avis du secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé de l’information (qui a été supprimé le 09.10.1997), et sans préjudice des sanctions pénales prévues par les textes en vigueur, ordonner la saisie de tout numéro d’un périodique dont la publication sera de nature à troubler l’ordre public. La réparation du préjudice subi peut, le cas échéant, être demandée conformément aux dispositions en vigueur... » 6. « ..Un périodique dont la publication sera de nature à troubler l’ordre public ». Tout le dilemme est là, puisque l’interprétation de l’ordre public ne part pas de la même approche si on se place du côté du pouvoir ou de celui de l’opposition, avec ses diverses franges. De même, les deux parties divergent sur le sens effectif que véhiculent des concepts tels que démocratie, liberté, justice, Etat de droit, droits humains, souveraineté populaire, etc. Le pouvoir interprète d’une manière restrictive la signification de ces facteurs qui constituent l’Etat de droit en évoquant la spécificité de la situation tunisienne, avec sa propre histoire et sa millénaire culture arabo-islamique. Mieux encore, il fait siennes les demandes de l’opposition pour l’ouverture, se gargarise sans cesse des normes démocratiques mais sans jamais les mettre en pratique. C’est pourquoi l’opposition démocratique, des personnalités indépendantes et une grande partie des intellectuels se réfèrent, quant à eux, aux critères universels des droits de l’homme et à l’esprit de démocratie qu’ils ont acquis à travers la culture occidentale, tandis que le mouvement islamiste tunisien (Ennahdha) s’en tient à ses sources tirées du Coran et de la shari’a en faisant un semblant d’effort de mise à jour avec la modernité. C’est dans ce sens que le chef des islamistes tunisiens, Rached Ghannouchi, parle depuis 1995 de démocratie, de respect des opinions divergentes et de primauté de la volonté populaire. A partir de là, il n’est pas surprenant que la liberté de la presse et l’instauration d’un Etat de droit en Tunisie soient demeurées depuis si longtemps au niveau de la revendication et du vux pieux. A leur tour, les articles 48 et 52 du Code de la presse concernant la diffamation, malgré leur amendement, qui punissent d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de mille à deux milles dinars l’offense commise envers le Président de la République, et de un à trois ans d’emprisonnement et d’une amende de cent vingt à mille deux cents dinars, celle commise envers un ou plusieurs membres du gouvernement, un ou plusieurs députés, un fonctionnaire public...7, ligotent carrément le journaliste et lui interdisent toute critique du pouvoir établi. Car, il est fréquent que la simple critique qui déplait au gouvernement se transforme en diffamation. Et c’est ainsi que des journaux ont été suspendus tels Al Maghreb, Al Fejr, Array..., d’autres ont été saisis à plusieurs reprises, comme Al Badil, El Mawkif, Attarik Al Jadid, Réalités. En réalité, l’existence même du code de la presse constitue un frein pour la liberté d’expression et pour la démocratie avec ses interdictions, ses exigences et l’intrusion abusive de l’Administration dans les affaires des organes de presse. Les pays véritablement démocratiques ne disposent nullement de code de la presse. Et le code en question ne concerne pas seulement la presse, mais également les pièces de théâtre, l’affichage, les livres, les uvres musicales, photographiques et phonographiques. On constate là le monopôle que l’Etat exerce de la manière la plus absolue sur la culture et l’information. De même, les organes de l’ERTT (radios et télévisions nationales), l’unique agence de presse TAP (Tunis Afrique Presse), les grandes maisons d’édition SNIP et DAR AL AMAL, éditrices des journaux La Presse, Assabah, Le Renouveau et Al Hourriya, appartiennent à l’Etat. Ainsi, le pouvoir s’avère détenteur de moyens d’information importants, ce qui marginalise la presse dite indépendante et les maigres publications de l’opposition. La distribution de toutes les insertions publicitaires des organismes publics est le monopole de l’Agence de communication extérieure (ATCE), organe de propagande de l’Etat, ce qui constitue 80% de l’ensemble des recettes publicitaires. Cette manne gouvernementale commande le contenu des médias et le compromis entre les deux parties est limpide : L’ATCE accorde presque exclusivement aux journaux qui s’abstiennent de toute critique significative du pouvoir et n’oublient pas de mettre en évidence la bonne gouvernance du régime et la justesse de sa politique. Les organismes privés suivent, à d’infimes exceptions près, la même tactique, pour leur publicité, afin de plaire aux autorités et éviter tout accrochage avec une Administration tentaculaire totalement inféodée et au parti RCD et au pouvoir. Certes, le gouvernement a promulgué, le 10 avril 1999, un décret fixant une subvention annuelle à la presse des partis politiques officiels, mais elle demeure fort insuffisante dans un pays où les recettes d’un journal ne couvrent que 20% de son coût, suite à un faible tirage et à une flagrante désertion de lecteurs désenchantés. Les autorités ont aussi accordé, le 7 novembre 2003, une autorisation pour émettre à une radio privée (Mosaïque FM), qui n’a pas brillé par une information objective, analytique ou critique. Elle ne dispense, à longueur de journée, que de la musique pour jeunes et un ensemble de programme de divertissements de bas étage. Et pourquoi avoir attendu seize ans pour permettre à une radio privée d’exister en Tunisie ? On sent bien l’application d’une politique de circonstance puisque cet événement a eu lieu juste quelques semaines seulement avant l’ouverture à Genève du Sommet mondial de l’information (du 10 au 12 décembre 2003) auquel la Tunisie se trouve partenaire de premier plan puisque le deuxième volet de ce sommet se tiendra à Tunis fin 2005. C’est pourquoi les journaux dits indépendants (Réalités, L’Economiste Maghrébin, Echchourouk, Tunis Hebdo, Le Temps, L’Observeur, Akhbâr Al Joumhouriya, Al Akhbar, Assahafa, Assarîh n’ont d’indépendance que le titre. Ne pouvant s’affranchir des pesanteurs financières de l’Etat, ils s’autocensurent avec complaisance et délaissent l’analyse objective, la critique constructive et l’expression des opinions opposées, curieusement suggérées par le Président de la République : « Nous respectons l’opinion différente, tant il est vrai que chacun peut avoir ses propres idées et choix » 8. Sinon, comment expliquer l’impasse faite sur des faits importants dans le pays par l’ensemble des mas médias ? Pourquoi, par exemple, toute l’affaire Ben Brik a été, dès son départ, tout à fait occultée et ignorée par la presse officielle tunisienne ? Est-il enfin normal, que dans un pays prônant l’ouverture et la liberté d’expression, et clamant sans arrêt le respect des droits humains, les Tunisiens apprennent la grève de la faim de l’avocate Radhia Nasraoui par la voix de la presse étrangère ? A quoi cela sert de cacher des évidences sinon à pousser les citoyens à ne plus donner de crédibilité tant aux moyens d’information de leur pays qu’à la sincérité du pouvoir à instaurer la transparence et la pratique démocratique. Car enfin, dire que Radhia Nasraoui est en grève de la faim pour telle ou telle raison, quitte à démontrer peut être que cette action est non fondée, cela ne veut pas dire prendre position contre le pouvoir ou le dénigrer, mais simplement informer les gens et laisser chacun se faire sa propre opinion. Et on peut citer des centaines d’exemples de cette nature ! Le chef de l’Etat a rencontré à plusieurs reprises les directeurs de journaux pour les inciter à s’engager de façon résolue sur la voie de l’ouverture : « Ecrivez sur tous les sujets, il n’y a pas de tabous en dehors de ceux que fixe la loi et que détermine l’éthique de la profession » 9 . Mais jusqu’à présent, tous les journaux se murent dans leur crispation et les journalistes n’arrivent point à s’affranchir de ce carcan qui les étouffe depuis seize ans ! Ubuesque situation où les autorités supplient les détenteurs des mas médias de leur pays de s’émanciper et d’informer objectivement le public sans trouver d’échos auprès des journalistes concernés !! Mais la crise de l’information en Tunisie n’est pas due seulement à l’autocensure que pratiquent les journalistes et les patrons de journaux. A son tour, l’Etat y met du sien en coupant les lignes téléphoniques de certaines personnes mises à l’index, en contrôlant les sites internet, en condamnant les internautes qui osent critiquer le pouvoir et en faisant pression sur les journaux qui engagent des brebis galeuses au sein de leur rédaction. Des pays en voie de développement tels que l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Brésil, l’Argentine, le Venezuela, etc. construisent favorablement leur démocratie et leur presse jouit d’une liberté appréciable. Juste à côté de la Tunisie, l’Algérie et le Maroc ont depuis longtemps fait sauter l’échappe de plomb qui pèse sur l’information et l’expression des opinion critiques. On se demande alors pourquoi la Tunisie n’a point atteint ce degré d’ouverture dont le pouvoir se gargarise depuis 1987. Face à ce marasme, les explications sont diverses et parfois contradictoires : Les uns affirment que le Président de la République est sincère dans ses appels à l’ouverture de l’information mais que certains secteurs importants de l’Administration, encore sous l’influence de la culture du parti unique sous le règne de Bourguiba, prêchent le contraire et usent de censure et de répression à l’égard des journalistes et des directeurs de journaux récalcitrants. Dans ces conditions, où est alors l’omnipotence d’un Ben Ali qu’on a vu dans d’autres circonstances faire preuve de fermeté et d’application strictes de ses directives ? C’est pourquoi d’autres prétendent que la peur tétanise tout le monde et que l’ensemble du pouvoir est contre une presse libre, mais par tactique, les uns font semblant de jouer l’ouverture tandis que d’autres s’occupent de maintenir le statu quo. Enfin, certains intellectuels expliquent que le blocage de l’information en Tunisie trouve son essence dans l’absence de culture démocratique le long de toute l’histoire arabe, depuis l’instauration de l’Etat islamique par le prophète Mohamed au début du septième siècle jusqu’à présent. Autrement dit, l’histoire qui a façonné la mentalité arabe constitue le « facteur endogène » de sa résistance à la démocratie. Ce qui est certain, c’est que la liberté de la presse ne peut se réaliser sans liberté tout court, c’est à dire qu’une presse d’opinion, pour se concrétiser, doit s’accompagner d’une pratique réelle de la démocratie, avec une opposition jouissant de toutes les garanties véritables d’expression et d’action politique, et un gouvernement avec des membres qui tirent tous à la même corde, celle de l’ouverture et l’émancipation réelles. Pour l’instant, tous ces facteurs ne sont point réunis en Tunisie. Faute de volonté politique ? Peur des dirigeants actuels de perdre le pouvoir si une démocratie effective est scrupuleusement appliquée ? Jusqu’à présent, la Tunisie du « changement » s’est caractérisée, dans le domaine de l’information, des droits humains et de l’instauration de la démocratie, beaucoup plus par un amoncellement de textes, de lois, de déclarations, de réformes, de discours et d’adhésion à des conventions et traités onusiens, que par la pratique concrète de la démocratie. En attendant, la majorité des Tunisiens se désintéresse de l’information nationale pour se focaliser sur les mas médias étrangers, comme les chaînes françaises ou la télévision Al-Jazira qui émet du Qatar par satellite. A la télévision tunisienne, le petit peuple se délecte des « mousselsélètes », « èkhir qarâr » ainsi que des matchs de football.
Houcine Ghali
1. Le Temps, 4 mai 2000, p. 2, Tunis 2. Essabah, 6 mai 2000, p. 4, Tunis 3. Réalités, n° 751, 11/17 mai 2000, p. 14, Tunis 4. Déclaration du 7 novembre 1987, in Recueil des textes relatifs à l’organisation politique et aux libertés publiques, Imprimerie officielle de la République tunisienne, 2ème année, p.8,1992 Tunis 5. La Presse, 12 décembre 2000, p. 4, Tunis 6 et 7. Code de la presse, Publication de l’imprimerie officielle de la République tunisienne, p.9 n° 21, 22 et 30, 2002, Tunis 8 et 9. Discours du Président Ben Ali à l’occasion de la célébration du 44ème anniversaire de la proclamation de la République, in La Presse, 26 juillet 2001, p. 4, Tunis |