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Comment voulez-vous une alternance au sein de partis déclarés illégaux et en conséquence réprimés ? c’est une utopie, en effet. Il n’y a aucun moyen d’assurer effectivement une succession, des élections, des courants opposés, des débats... avec qui ? Répression des personnes qui s’annoncent "opposants". Répression des réunions. Répression de l’association. Répression de l’instauration d’un circuit d’information libre et indépendant. Répression de la parole. Qui va adhérer à une association ou un "parti" (déclarés illégaux) avec le risque de détruire sa vie et celle de tous ses proches ? c’est pas un jeu, c’est une dictature, sanguinaire et arbitraire. Sauf quelques courageux (qui franchement forcent mon admiration), il n’y a personne, et je me place clairement dans la catégorie "masse bêlante". Où trouver la matière première d’un parti crédible qui s’instaure dans un processus démocratique ? ou trouver la force, l’énergie, le temps, et les informations nécessaires à l’établissement d’un programme politique complet ? d’un projet social ? à partir de quoi, au juste ? d’un pays catastrophé, dans lequel toute institution a été systématiquement pourrie, détruite et éliminée au profit de la hiérarchie mafieuse du parti unique ? tout est arbitraire : comment construire un projet sur une réalité arbitraire ? à partir de quels chiffres, de quelles analyses, et avec quelle force de travail ? comment instaurer un lien avec la population ? comment créer la base ? Le chantier démocratique, Mkarriz, était une louable initiative pour tenter de créer quelque chose. Pourquoi l’avoir interrompu ? Et si tu le reprenais, et tu tentais d’y créer les conditions d’une alternative par le bas ? et si de cette opposition apolitique naissaient des analyses de la situation connue et vécue, et que les compétences existantes ici créeraient un ensemble d’informations crédibles, et même de projets défendables ? il y a du boulot, pour imaginer la Tunisie démocratique, mais je crois que personne ne fera le travail, sauf ceux qui le feront. Et si en plus, ça créait un mouvement de base qui apporte, hors mafia, des connaissances, des techniques, des infrastructures là où elles manquent ? ce n’est ni les compétences réelles tunisiennes, ni les associations d’aide nord-sud qui peuvent permettre la concrétisation, qui manquent. Analyse des besoins, projet, réalisation concrète, c’est une tentative de remaillage. M’enfin, c’est une idée comme ça. |