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Analyste Junior : « Prenez un groupe de personnes, mettez les dans un espace réduit et observez, vous remarquerez au bout d’un certain temps que la communication au sein de ce groupe tournera au vinaigre, c’est inéluctable. Si maintenant vous donnez à ce groupe une activité, un objectif, vous remarquerez que les relations seront beaucoup moins conflictuelles ou du moins que les conflits seront beaucoup plus fructueux, l’ordre peut naître du désordre. Il en est de même pour ce qu’on appelle l’opposition, à force de tourner en rond on finit par avoir le tournis, à force de vide et d’inactivité, les mots ont finit par perdre leur sens premier, ainsi le terme opposition est-il presque devenu péjoratif. Faute de mieux, continuons à utiliser ce terme. Ainsi l’espace oppositionnel tunisien à force de vide subit le même sort. Toute personne observant le net tunisien ou observant l’opposition d’une manière ou d’une autre peut s’en apercevoir. Il n’est donc plus nécessaire de s’étaler là dessus : les meilleurs amis finissent par devenir les pires ennemis à force de tourner en rond. Il faudrait revitaliser cet espace, toute sorte d’activités peuvent être proposées, j’entends par exemple souvent les gens parler de manière très nostalgique des cinéclubs, alors pourquoi ne pas recréer un tel club à Tunis et si c’est impossible à Paris ou ailleurs. Organiser des expositions, des ateliers qui peuvent être consacrés à divers thèmes. Ce ne sont que des exemples mais le but étant de proposer des activités qui créent du lien social entre tunisiens, qui petit à petit perdront ce sentiment de peur et réapprendront à se parler sans tabous. Quand on observe le verrouillage effectué par le régime, l’apparent désintéressement des tunisiens pour la chose publique et le peu d’écoute qu’il accorde à l’opposition, les contraintes de la vie quotidienne, l’on pourrait décréter l’impossibilité d’agir, taxer toute personne qui voudrait bouger cette montagne de folie furieuse. Vous faites l’état des lieux et vous êtes tenté de baisser les bras ? Nous avons tout faux, nous sommes au même point sinon pire qu’il y’a dix sept ans. L’expérience, c’est la somme des erreurs commises. Vous avez essayé ? Souvent essayé ? Vous vous êtes souvent trompez ? Vous avez beaucoup de chance, c’est que vous avez beaucoup d’expérience. L’un des obstacles insurmontables semble être cette quasi impossibilité d’accès aux citoyens, aux étudiants et à toutes les autres cibles que tout opposant au régime voudrait atteindre. La distance qui sépare tout opposant du peuple tunisien est égale à la distance qui le sépare d’un autre opposant. Au jour d’aujourd’hui personne n’a réussi, quelque soit la méthode à réaliser l’objectif suprême. Parce que cet objectif nécessite une attitude suprême : celle qui me pousse à tout encaisser, à rester humble sans que cela n’empêche d’être ambitieux pour la Tunisie. Celle qui me pousse à me dire je ne suis rien si je n’agis pas main dans la main avec mon adversaire (idéologique), face à Ben Ali mon adversaire est mon meilleur ennemi, celui grâce à qui j’avance. Le pire ennemi de tous c’est Ben Ali. »
mokipasse : « Bonsoir, C’est un sujet très sérieux proposé juste aux derniers jours de 2004. J’avais proposé sur ce forum, il y a deux jours de finir cette année dans l’amusement et le rire, sauf urgence. Eh bien, je pense que là, il s’agit en effet d’une urgence. Urgence de commencer effectivement à débattre d’un sujet aussi crucial qu’est le rassemblement d’une opposition émiettée. Une opposition qui existe j’en suis certain dans toutes les couches de la société tunisienne. Une opposition latente, mais effective et réelle. Seulement, il faudrait une locomotive solide et neuve pour que le train de changement démocratique, que tout le peuple attend, soit tracté vers l’avant, vers la liberté. Les oppositions telle qu’elles se trouvent à l’heure actuelle ne sont aucunement crédibles auprès du peuple. Elles sont même méprisées sur le même pied d’égalité du pouvoir lui-même. Ne sont elles pas elles même soit l’émanation du pouvoir soit accréditées par lui étant taillées à sa mesure ? Le peuple voit et regarde ce qui se passe dans le monde. L’exemple de la Géorgie et celui, actuel de l’Ukraine frappe l’imagination de la grande majorité de notre peuple. Il se pose cette question : Si ces peuples peuvent changer le cours des choses, le cours de l’histoire chez eux, pourquoi pas nous ? Seulement en Géorgie et en Ukraine, il y a des volontés institutionnalisées dans des rassemblements crédibles, efficaces et non corrompus ne cherchant pas des miettes de pouvoir à l’ombre d’un des pouvoirs le plus abject, le plus rétrograde et le plus arriéré et ignorant de la planète. Donc, débattons et trouvons la solution. Mais surtout, une fois la solution trouvée, il nous faudrait avoir le courage d’aller de l’avant par l’action. Il faudrait avoir dans l’esprit et il faut être conscient que le pouvoir se prend dans la souffrance et l’incertitude... parce que les dictateurs ne lâchent et n’abandonnent jamais leurs privilèges, les incantations et les supplications. Il faudrait que ce vampire du peuple soit jeté bas par de l’action certes non violente, mais néanmoins énergique et volontariste. »
Mkarriz : « Du moment où ça vient de quelqu’un de reconnu dans l’opposition, et qui a ouvert le débat. Alors saisissons-la et soyons sérieux et réfléchir ensemble. Je pense sûrement aux jeunes qui n’ont jamais eu l’opportunité de dire ce qu’ils ont à dire. Notre travail était efficace, celui d’attirer l’attention en dénonçant l’inefficacité de l’opposition alors c’est le moment par excellence de s’exprimer et donner à la voix des jeunes et moins jeunes la place qu’elle mérite. Je pense que si nous étions efficace pour laisser l’opposition réagir, nous pouvons continuer plus sérieusement pour faire aboutir ce débat dur des résultats, au moins espérés et pourquoi pas, faisable et réalisables. »
Aziz : « ... mes amis il ne faut pas se leurrer : 1 - Le peuple Tunisien n’est pas prêt à suivre un mouvement démocratique puisque nous n’avons pas la maturité nécessaire en tant que peuple pour l’instant. 2 - Nous semblons négliger le pouvoir de l’armée qui soit dit en passant est forte en Tunisie et représente une force majeure pour tout changement. Ce pouvoir de l’armée a été étouffé par le pouvoir qui l’a mis sous sa tutelle mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il y a une fronde qui s’est produite (le crash de l’hélicoptère regroupant de haut dirigeants de l’armée tunisienne en est le plus bel exemple) 3 - Force est admettre que -et ce avec tout le respect que je dois aux différents dirigeants et figures de l’opposition- aucun leader en tant que tel, aucun dirigeant rassembleur ne pointe sur l’horizon ou selon moi ne soit capable d’avoir une vision réaliste du contexte Tunisien et de pouvoir dans le futur diriger le pays d’une main forte du moins durant le 1er mandat afin de stabiliser le pays après le changement dont on parle. 4 - Aucun parti politique - a part peut être le PDP - ne présente un projet de pays viable c’est ces résolutions qui nous manquent on focalise sur le fait de détrôner le régime mais... après quels sont les scénarii.... Un gouvernement provisoire comme l’a proposé M. Marzouki qui réunira toutes les mouvances et des élections ? Mais comment faire des élections quand en fait les partis ne sont pas en mesure d’amener un plan viable ? Sur quoi se basera le tunisien pour faire son choix démocratique ??? 5 - le rassemblement est nécessaire pour combattre le régime. Seul on n’arrivera jamais à grandes choses et surtout amènera des confusions après la chute du régime et le pays sera potentiel dans le chaos. 6 - La stabilité est un facteur crucial dans notre pays si on prend en compte le contexte international et régional. Et le pouvoir qui sera mis en place aura besoin du soutien international quelque choses que nous n’avons pas pour le moment parce que non crédible. Nous contestons nous n’agissons pas en tant qu’opposition et tant que nous ne virerons pas notre veste nous resterons ... Opposition. »
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