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Je ne comprends pas cette volonté de faire de la politique dans une situation où elle est inexistante et où elle ne pourra pas non plus exister. C’est le principe même d’une dictature. M’enfin, je ne critique pas l’envie de créer un parti, ou de faire de la politique. Mais c’est du concret qu’il faut, car je pense que ce qu’on appelle l’échec des partis existants est dû à une situation d’impossibilité de circulation de l’information, de composer un projet social qui tienne la route à partir d’aucune donnée vraisemblable, de l’impossibilité de se battre sur tous les fronts, celui de la défense du droit d’exister, de s’associer, d’être jugé de la même façon que n’importe qui d’autre, de se défendre de façon équitable... etc. Je pense aussi que le passage obligé de n’importe quel parti qui a ambition d’exister démocratiquement, c’est de se constituer une connaissance de ce qui existe et éventuellement de se donner les possibilité d’action, et de créer un réseau de communication plausible et efficace, non pas dans le circuit virtuel mais bien auprès de la population, d’avoir une action et un projet qui s’y appuie qui donne un espoir par la démonstration à ceux qui ne se battent pas (Ben Ali ou un autre...). Tu le dis toi-même : "pour aller chercher la base populaire, il faudra nécessairement trouver les solutions au problèmes sociaux aux problèmes de l’éducation et de logement, aller chercher l’agriculteur, le menuisier, le maçon" Ce qui manque à l’opposition, c’est que chacun bosse son petit bout de chemin. Il y a toute sorte de compétences entre vous tous. Il y a de quoi travailler, et construire un pays nouveau. J’ai pu constater qu’il existe des étudiants tunisiens qui construisent leur carrière et se composent un portefeuille d’expériences en visant très clairement une place au sein de l’administration de la dictature. Crotte alors, pourquoi le désir de démocratie est donc moins puissant comme moteur que l’intérêt égoïste et matériel ? L’opposition, c’est chacun. La différence, je suis d’accord, c’est l’engagement personnel qui permette de livrer à un chantier d’idées un rapport complet sur un sujet sur lequel on est compétent. Ce n’est pas un boulot payé autrement que par l’espoir de le faire fructifier pour tous. |