|
Tous ce que tu as dit a plein de bon sens et auquel j’ai longuement pensé : créer un nouveau parti ou mouvement n’est peut être pas la meilleure solution, au niveau de l’idée c’est probablement l’idéal, hélas pour le concrétiser, est trop peu faisable pour être optimiste, vu l’énormité de la tâche, mais rien n’est impossible. Je suis certain que la ou les troupes mobilisées m’en veulent à mort après avoir participer à remonter le mercure. Heureusement que je me suis prononcé sur cette entreprise épineuse. On peut se reposer la question : serait-il mieux d’intégrer un parti légal et ainsi uvrer dans la légalité pour donner à l’action une légitimité et une éventuelle concrétisation plus réaliste, oui, mais dans quel cadre cela s’inscrira-t-il et quelle serait la réaction du régime ? Certainement la répression et le sabotage du travail tout en sachant que les partis légaux et crédibles ne se comptent même pas sur les doigts de la main. Il pourrait y avoir aussi l’idée d’intégrer un parti et le "révolutionner" mais nous permettra-t-on de le faire ? C’est une autre utopie, nous qui n’avons aucune expérience politique et qui du jour au lendemain découvrons l’inefficacité des stratégies du parti et voulons les "radicaliser" ou les changer, nous permettra-t-on de travailler dans un champ libre sans manipulation et sans les magouilles habituelles des has been, n’oublions pas que c’est de la politique et encore pire : la politique qui n’a jamais vécu la démocratie. Penses-tu Angelica que ceux-ci vont nous accepter avec esprit sportif et à bras ouverts, j’en doute fort, bien que je puisse me tromper. Pourquoi selon toi tout ceux qui était sur le forum, et je suis certain qu’il y en a plein d’autres, qui ont manifesté leur appui et leur enthousiasme, c’est tout simplement parce qu’il n’y a plus d’issu, il n’y a plus d’espoir à voir et revoir un leitmotiv qui ne cesse de se répéter. Il n’y a certainement pas de parti efficace pour les raisons que tu as mentionnées et sur lesquelles je suis tout à fait d’accord. Mais cela nous ramène aux mêmes problèmes : le maintien du même discours (les dénonciation : un travail presque exclusif des ONG), les stratégies molles et le discours vide d’agressivité contre le régime puisque répéter les mêmes phrases tuent le sens qu’elles portent et surtout et je le répète et ne cesserai de le répéter : pour aller chercher la base populaire, il faudra nécessairement trouver les solutions au problèmes sociaux aux problèmes de l’éducation et de logement, aller chercher l’agriculteur, le menuisier, le maçon ... leur montrer qu’on est là pour leur intérêts, qu’on est là pour mettre du beurre su l’épinard, pour qu’ils aient un syndicat, pour qu’ils bénéficient des soins gratuits, pour qu’ils aient un régime de retraite et là je pense aux journaliers qui n’ont aucune assurance et qui vivent au jour le jour et nous savons tous qu’il y en a énormément. Il faudrait aussi leur montrer qu’on est là pour leur permettre d’avoir une vie décente et leur promettre la garantie des droits et liberté tout en leur expliquant comment et quelle est la différence avec le régime de Ben Ali. Ces gens-là, ils s’en foutent de Ben Ali et des mafieux qui pillent la Tunisie, ils ne les évoquent pour les critiquer que dans les blagues ou dans des cercles très restreints. Ces gens-là n’ont aucune notion de la politique et du fonctionnement des institutions et ils ne vont pas chercher à le faire. Ils ont leur match de foot et leur crédits à payer, il faudrait aussi avoir des programme réalisables et pragmatique et non basés sur des notions pompeuse et surréalistes. Cette même catégorie, elle s’en fout royalement de qui est en prison, la jeunesse, elle n’a aucun souci et surtout pas politique. Il faudrait également penser aux vrais problèmes touchant l’éducation et exploiter les défaillance du ministère actuel, exploiter l’existence de programmes universitaires et de sections poubelles etc. Comment ? eh bien en ayant des spécialistes de chaque domaine pour faire des comités qui y toucheront de plus près ... Pourquoi ils ne vont pas dans les universités, ne serait-ce que dans les universités en dehors de la Tunisie où il y a de fortes concentrations de Tunisiens. Leur déplacement c’est juste pour des campagnes de dénonciation et il y en a marre, il n’y a pas de renouveau, un vrai discours qui se démarque de celui que l’on connaît. On ne pourra jamais rester les bras croisés parce que Ben Ali nous empêche de bosser, ce n’est pas évident oui, mais rien n’est impossible, il faut recruter, il faut avoir une tête de politicien très rusé pour aller de l’avant et braver le système policier de la peur. C’est ce qui manque à notre opposition et c’est pour cela que ça stagne au delà des problèmes de se relancer la balle et se donner les responsabilités des échecs. Je ne dis pas que l’idée du sang neuf va résoudre le problème demain matin, mais je dirais que cela permettra d’écrire une nouvelle page dans l’histoire de l’opposition : le fait même de voir des idées émergentes pour cause d’une certaine inefficacité les poussera à se réformer et revoir pourquoi les jeunes ne les suivent pas. Pour revenir rapidement au CD, il y a d’abord le désespoir des Tunisien de voir une opposition réunie, ce qui me re-motive à travailler et je suis prêt à retravailler, mais je ne suis plus prêt à me taper tout le boulot, d’abord que c’est épuisant et secundo, j’ai trop d’autres choses à faire. Alors pour continuer, je voudrais voir des gens qui sont prêts à faire des résumés de discussions, des gens qui pourraient donner de nouvelles idées, des gens dynamiques qui voudraient faire avancer, car je vous le dis, on est tous capable de discuter un bon coup et hop tout s’oublie par la suite, aucun suivi, aucun rappel et aucun fil des idées ... vous savez que c’est épuisant et exigeant, je ne me plains pas mais ce qui manque c’est la persévérance des uns et des autres. Il ne suffit pas de dire oui et après on se tire. C’est l’engagement qui fait la différence pour moi. |