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Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme
Section de Bizerte
Tel : 72 435 440
Bizerte, le 29 juin 2005
Les forces de sécurité ont procédé dernièrement à une large vague d’arrestations au sein des jeunes qui fréquentent les mosquées. Cette opération concerne, au niveau du gouvernorat de Bizerte, les villes de Bizerte et Menzel Bourguiba. Parmi ces jeunes : Mahjoub Ziani, Abdelbari Ayeb, Hichem Mana’i, Nader Ferchichi, Karim Mahdhaoui, Sami Gharbi, Salah Chelghoumi, Borhan Dridi, Khaled Arfaoui, Ramzi Ben Saïd, Hassen Naceri, Nidhal Boulaabi, Oualid Saïdi, Radhouane Faz’i, Ali Ben Salem, etc,
Parmi ces jeunes certains ont fait l’objet d’affaires en vertu de la loi de lutte contre le terrorisme, les autres sont sujets à des tracasseries et harcèlement sécuritaire, à leur encontre et à l’encontre de leurs familles.
Les arrestations ont été marquées par des violations flagrantes des lois, notamment en ce qui concerne les intrusions dans les domiciles, les saisies d’objet comme les CD sans que cela ne soit consigné. Les familles n’ont pas été informées du lieu d’arrestation de leurs enfants et sont longtemps restées dans l’ignorance du lieu de leur garde à vue, en dépit de leurs allées et venues répétées dans les postes de police et au ministère de l’Intérieur à Tunis. Elles n’ont pu savoir ce qu’il allait leur advenir qu’après qu’ils eurent été déférés devant le juge d’instruction du Tribunal de Première Instance de Tunis, et écroués.
La section a appris que les personnes appréhendées ont été soumises lors de leur arrestation dans les postes de police et au ministère de l’Intérieur à une torture sauvage pendant des jours et des jours, visant à leur arracher des aveux et à leur faire signer des procès verbaux mentionnant des faits qui leur étaient imputés et dont les auteurs sont sanctionnés en vertu de la loi anti terroriste. Ceux qui sont concernés par des affaires ont été menacés par la police d’être à nouveau torturés s’ils évoquaient ce qu’ils avaient subi lors de l’enquête préliminaire.
La section de Bizerte de la LTDH relate ces faits désolants pour attirer l’attention sur ce qui suit :
Les autorités ont encore régressé en intensifiant leurs procédés extra judiciaires d’arrestation, de violation de domicile, y compris à une heure tardive de la nuit, ce qui a pour résultat de terroriser les familles, et la torture.
La section exige une enquête sérieuse et indépendante sur la torture subie par les personnes arrêtées et que soit déférée en justice toute personne s’en étant rendue coupable, commanditaire ou exécutant.
(...)
Elle appelle à l’abrogation de la loi de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent, parce non constitutionnelle, et en violation des procédures en vigueur du fait de son caractère d’exception.
Elle exige la libération des personnes arrêtées et la cessation des poursuites à leur encontre ainsi que le veut la Convention contre la Torture, ratifiée par la Tunisie, dont l’article 15 dispose que : « Toute déclaration dont il est établi qu’elle a été obtenue par la torture ne puisse être invoquée comme élément de preuve dans une procédure »
(traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |