|
Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme
Section de Jendouba
Jendouba, le 18 juin 2005
La section de Jendouba de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme a appris le décès suspect du citoyen Moncef Ben Ahmed Ouahichi, originaire de la région d’Elhouamdia (Tabarka, gouvernorat de Jendouba), né en 1963.
Le défunt avait été convoqué dans un centre de la Sûreté de Tabarka jeudi 10 juin 2005 où il avait été appréhendé.
Vendredi 11 juin, vers 9 heures du soir, les agents de la Sûreté de l’Etat ont contacté son frère pour qu’il vienne le chercher, totalement inconscient et portant des marques bleues sur le corps, pouvant avoir été provoquées par la torture dans le poste de Jendouba. Il l’a mis à bord de sa voiture, avec les agents de la Sûreté, car il ne pouvait bouger, et l’a conduit à l’hôpital de Tabarka, puis à l’hôpital régional de Jendouba, d’où il a été transféré à l’hôpital de la Rabta à Tunis, où il a rendu le dernier souffle le matin du vendredi 17 juin. A la suite de quoi, maître Hedi Manaï, membre du comité de la section de la LTDH de Jendouba, a déposé plainte auprès du Procureur de Jendouba, qui a ouvert une enquête.
Hedi Manaï s’était vu interdire par l’administration de l’hôpital régional de Jendouba de rendre visite à son client, alors en réanimation. La section exprime sa profonde consternation et présente ses condoléances à la famille du défunt. Elle exige l’ouverture d’une instruction sérieuse et indépendante, à même de déterminer les véritables raisons de ce décès suspect, ainsi que des poursuites à l’encontre des responsables avérés, commanditaires ou exécutants.
Pour le comité de section
Le Président
Hédi Ben Romdhane
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |