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Tijani Haddad l’actuel ministre du tourisme fait parler de lui. Non pas dans le cadre de ses responsabilités sur un secteur clé de l’économie tunisienne, mais plutôt au sujet d’une cupidité hors norme qui fait grincer bien des dents dans son propre entourage.
L’opulence et la démesure prennent une dimension inégalée chez ce gendre de Hamed Karoui, nouvelle icône de l’affairisme tunisien.
Sa trajectoire personnelle est jalonnée par une avidité sans commune mesure avec la nature des responsabilités qu’il a dû assumer. Ancien membre dirigeant du Mouvement d’Unité Populaire (MUP) de Ahmed Ben Salah dont il a dérobé tout méprisamment la caisse ; ancien président de l’association des directeurs de journaux qui s’est vu tout bêtement radier de l’organisation mondiale des directeurs de journaux en 1998 pour son manque de crédibilité ; ancien député réputé pour ses chahuts lorsqu’il s’agit d’interrompre les quelques députés de l’opposition qui prennent rarement la parole au parlement tunisien ; ce ministre propriétaire de l’hôtel Marina Palace à Hammamet sud excelle dans l’art de transformer tout ce qu’il touche en billets (dinars et autres...)
Cassant les prix dans le cadre d’une concurrence déloyale favorisant son hôtel aux dépens d’autres hôtels contraints le plus souvent de proposer des prix au rabais pour satisfaire aux exigences lucratives de leur ministre de tutelle, Mr Tijani Haddad ne recule devant rien pour optimiser ses ressources quitte à mettre en péril un secteur touristique déjà sinistré par l’instabilité internationale et la montée de l’insécurité.
Plus récemment, il proposa à des opérateurs anglais conviés à un « dîner personnel » d’acheter sinon de louer son hôtel alors qu’ils étaient venus discuter de protocoles de collaborations officielles avec la Tunisie, ce qu’ils refusèrent avec agacement et déception.
Les « dommages collatéraux » de ce « ministre du Marina Palace » sont en train d’handicaper les acteurs du tourisme tunisien. Grandement endetté, il figure désormais dans la triste liste des impayés et des dettes irrécouvrables. Les banques qui refusent le plus souvent d’octroyer des prêts à ses collègues hôteliers, rétorquent qu’ils n’accorderaient pas de nouveaux crédits avant que le ministre ne s’acquitte de ses dettes.
Mr Tijani Haddad est en train ni plus ni moins de dépouiller la Tunisie en ces temps de disette. Il est en passe d’asséner un coup fatal à un secteur qui, malgré la crise, constitue une bouffée d’oxygène pour des centaines de milliers de Tunisiens dont la colère gronde à cause d’un ministre grotesquement cupide...Trop gourmand pour être ministre.
Paris, le 26 juillet 2005
Chokri Hamrouni
P.S : J’ai décidé de publier ce texte en mon nom et d’en assumer la responsabilité. Tout d’abord pour protéger les vrais auteurs qui s’alarment de cette situation. Ensuite pour donner un caractère « officiel » aux informations mentionnées. Enfin, parce que les vrais auteurs m’ont dit la chose suivante : « Occupez-vous un peu de nous ! » |