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Les ministres arabes de l’Intérieur réunis à Tunis ont condamné mercredi "tous les actes terroristes en Irak, visant les agents de sécurité et la police irakiens, ainsi que les entreprises et institutions publiques économiques, humanitaires et religieuses". Dans un communiqué distribué au terme de ses travaux, le conseil des ministres arabes de l’Intérieur condamne également "les enlèvements perpétrés par des organisations terroristes, notamment l’enlèvement des civils travaillant dans des compagnies arabes et étrangères qui oeuvrent à la reconstruction de l’Irak". Les ministres stigmatisent aussi le rapt des employés exerçant au sein des organisations internationales et humanitaires et les fonctionnaires des missions diplomatiques et les journalistes. C’est la première fois qu’une instance relevant de la Ligue arabe qualifie d’"actes terroristes" les opérations menées en Irak. Le communiqué ne mentionne pas cependant les actions ciblant les forces de la coalition considérées comme des forces d’occupation. Dans son intervention, le ministre irakien Falah Hassan al-Nakib a estimé que plus de 1.800 officiers et agents de police avaient trouvé la mort au cours des 18 mois écoulés "du fait d’actions terroristes, qu’il s’agisse d’assassinats, d’explosions dans des postes de police et de pose d’explosifs, en plus de la mort de milliers de civils innocents". Selon M. Al-Nakib, dès que le gouvernement irakien aura parachevé la mise sur pied et la formation de forces capables d’assurer la sécurité et la protection de l’Irak "contre les agressions étrangères, la présence des forces multinationales n’aura plus de justification". Interrogé, par ailleurs, par les journalistes sur les élections prévues en Irak à la fin de janvier, le ministre irakien a été plutôt prudent. "Le gouvernement irakien fait tout son possible pour que les élections aient lieu à la date prévue, mais toutes les hypothèses demeurent possibles", a-t-il dit. Pendant deux jours, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme a été au centre des travaux du conseil des ministres de l’intérieur des 22 pays membres de la Ligue arabe. Dans son adresse, le président du pays hôte, le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali, a plaidé pour la coordination des efforts de la communauté internationale et de l’ensemble des groupements régionaux et sous-régionaux, dans le cadre de l’Organisation des nations unies" pour venir bout de ce fléau. Il a jugé "nécessaire de traiter les sources mêmes du terrorisme, à travers une approche globale, pour défaire ses réseaux, interdire son financement et éloigner les périls des pratiques criminelles qui l’alimentent". M. Ben Al qui préside actuellement la Ligue arabe, a réitéré son appel à la convocation d’une conférence internationale et à l’adoption d’un code de conduite qui engagerait tous les pays dans la lutte anti-terroriste. Pour sa part, le ministre saoudien, le prince Nayef Ben Abdelaziz, a qualifié le terrorisme comme étant la plus grande menace qui pèse sur la sécurité arabe". Lors de la séance d’ouverture, le ministre saoudien a quitté la salle de réunion au moment où son homologue libyen, Nasr al-Mabrouk Abdallah, président sortant du conseil, a pris la parole. Ce geste confirme la tension qui préside aux relations entre Ryad et Tripoli depuis l’accrochage qui a opposé le dirigeant libyen Moammar Kadhafi et le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdelaziz pendant le sommet arabe de Beyrouth en 2000. D’un autre côté, les ministres saoudien et irakien s’en sont pris aux chaînes satellitaires arabes, en allusion notamment Al-Jazira et Al-Arabia, qu’ils ont accusé "d’inciter à la violence et à la discorde". "Il est regrettable que les médias arabes ne soient pas à la hauteur du rôle qui leur est dévolu", a-t-il déploré. AP
The Associated Press Tunis - 05 - 01 - 2005
Irak : disparition d’une journaliste de Libération, escalade de la violence
Le quotidien Libération a annoncé jeudi être "depuis plus de vingt-quatre heures sans nouvelles de Florence Aubenas", son envoyée spéciale à Bagdad, ainsi que de son assistant irakien. Malgré l’escalade de la violence meurtrière, les Etats-Unis et leurs alliés en Irak veulent coûte que coûte tenir les élections générales à la date prévue du 30 janvier, pour lesquelles plus de 35.000 soldats américains seront déployés en force à Bagdad. Florence Aubenas était accompagnée de son interprète irakien, Hussein Hanoun Al Saadi, qui collabore avec les envoyés spéciaux de Libération depuis presque deux ans. Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al Saadi n’ont plus été vus depuis qu’ils sont sortis de leur hôtel à Bagdad mercredi matin, a précisé Libération dans un communiqué. Grand reporter, Florence Aubenas était arrivée en Irak le 16 décembre 2004. Journaliste permanente à Libération depuis 1986, elle a couvert de nombreux événements, au Rwanda, au Kosovo, en Algérie, en Afghanistan et en Irak, ainsi que plusieurs grands procès en France. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé jeudi que la journaliste du quotidien Libération, Florence Aubenas, et son accompagnateur irakien, Hussein Hanoun, avaient disparu à Bagdad depuis mercredi matin. Le ministère "confirme que Florence Aubenas et son accompagnateur irakien, Hussein Hanoun, n’ont plus été vus à Bagdad depuis mercredi matin", a déclaré dans un communiqué, le porte-parole du quai d’Orsay, Hervé Ladsous. "Dès que le journal Libération nous en a informés, tous les efforts ont été entrepris par nos représentants à Bagdad et par le ministère à Paris pour les retrouver", a-t-il ajouté. "Nous rappelons à nouveau les conseils adressés à tous nos ressortissants, y compris les représentants des médias, d’éviter de se rendre en Irak compte tenu des risques actuels encourus dans ce pays pour la sécurité de chacun", a-t-il conclu. Alors que l’Irak célébrait jeudi la Journée de l’armée, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 18 ouvriers irakiens du quartier chiite de Khazimyah de Bagdad avaient été tués dans le nord où ils ont été emmenés par un employeur fictif qui leur a promis du travail sur une base américaine. Le chef de la police du quartier chiite de Sadr City à Bagdad a été abattu par des hommes armés alors qu’il circulait en voiture dans l’ouest de la capitale, a annoncé le ministère de l’Intérieur. A Tunis, les ministres arabes de l’Intérieur ont condamné "tous les actes terroristes" visant les civils et les forces irakiennes, à l’issue de leur réunion mercredi. Parallèlement, une rencontre réunissant les voisins de l’Irak de même que l’Egypte et Bahrein se tient dans la journée à Amman pour apporter son soutien au gouvernement irakien dans l’organisation d’élections "transparentes", selon les autorités jordaniennes. L’Irak y participe également. Le président américain George W. Bush a de nouveau défendu l’organisation du scrutin dans les délais, lors d’entretiens téléphoniques avec les présidents irakien Ghazi al-Yaouar et égyptien Hosni Moubarak, et le roi Abdallah II de Jordanie. Il a parlé au téléphone lundi avec le Premier ministre irakien Iyad Allaoui. "Le président a fait part de son soutien au processus politique en Irak et a parlé de l’importance d’organiser les élections", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche. M. Bush a dit à Abdallah II qu’il espérait que la conférence d’Amman "encouragerait la participation de tous les Irakiens aux élections", a-t-il souligné. Il a expliqué au président égyptien qu’il fallait maintenir les élections à la date prévue "afin d’ouvrir la voie à un processus politique pour ramener la stabilité dans le pays", selon le porte-parole de la présidence égyptienne. M. Bush voulait ainsi soutenir à fond M. Allaoui qui, malgré une recrudescence des violences et attentats suicide qui ont fait des dizaines de morts, a tranché mercredi en faveur du maintien des élections à la date prévue. "Nous ne permettrons pas aux terroristes d’arrêter le processus politique et de saboter le pays. Nous encourageons tous les Irakiens à participer aux élections", a-t-il dit. Il a aussi admis ne pas être en mesure d’annoncer "que les attaques terroristes s’arrêteraient", mais annoncé un plan pour assurer la sécurité des élections prévoyant la "promotion d’un important nombre de soldats irakiens" à l’occasion de la Journée de l’armée. M. Allaoui mettait fin ainsi à un débat au sein de son cabinet sur le report du scrutin en raison de l’insécurité. Mais la ministre des Déplacés et émigrés Pascale Icho Warda est revenue à la charge pour estimer que la situation sécuritaire "intenable" "n’était pas encourageante pour les élections". Dans ce contexte, l’armée américaine a annoncé qu’elle comptait mobiliser "plus de 35.000 soldats" à Bagdad le jour des élections et a demandé au peuple irakien de contribuer à assurer la sécurité du scrutin en signalant tout élément pouvant permettre de contrecarrer des attaques. "Chaque soldat assigné à la sécurité de Bagdad sera dans les rues ou aidera d’une manière ou d’une autre à la tenue du scrutin", a déclaré le général Peter Chiarelli, responsable des forces américaines à Bagdad. Il a indiqué que ses soldats avaient réussi depuis une semaine à "désamorcer 50% des voitures piégées et explosifs déposés au bord des routes". Mais "Bagdad est une ville de sept millions d’habitants et je ne ne suis pas en mesure de désamorcer chaque engin piégé en ce moment", a-t-il admis. Pour le vote des expatriés, la Syrie, la Turquie et les Emirats arabes unis ont autorisé les Irakiens chez eux à participer à l’élection de l’Assemblée nationale transitoire, a indiqué l’Organisation internationale des migrations (OIM). Selon l’OIM, ces trois pays étaient les derniers d’une liste de 14, choisis par la Commission électorale irakienne, dans lesquels environ un million d’Irakiens pourront ainsi participer au scrutin. Enfin, le département d’Etat s’est refusé à confirmer des informations du New York Times selon lesquelles les Etats-Unis envisagent de nouvelles sanctions contre la Syrie pour forcer ce pays à empêcher les Irakiens opérant depuis son territoire de soutenir l’insurrection en Irak. Il a déclaré que cette "option reste sur la table".
Agence France Presse Paris - 06 - 01 - 2005
Irak : escalade de la violence, pressions accrues pour la tenue des élections
Malgré l’escalade de la violence meurtrière, les Etats-Unis et leurs alliés en Irak veulent coûte que coûte tenir les élections générales à la date prévue du 30 janvier, pour lesquelles plus de 35.000 soldats américains seront déployés en force à Bagdad. Alors que l’Irak célébrait jeudi la Journée de l’armée, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 18 ouvriers irakiens du quartier chiite de Khazimyah de Bagdad avaient été tués dans le nord où ils ont été emmenés par un employeur fictif qui leur a promis du travail sur une base américaine. Le chef de la police du quartier chiite de Sadr City à Bagdad a été abattu par des hommes armés alors qu’il circulait en voiture dans l’ouest de la capitale, a annoncé le ministère de l’Intérieur. A Tunis, les ministres arabes de l’Intérieur ont condamné "tous les actes terroristes" visant les civils et les forces irakiennes, à l’issue de leur réunion mercredi. Parallèlement, une rencontre réunissant les voisins de l’Irak de même que l’Egypte et Bahrein se tient dans la journée à Amman pour apporter son soutien au gouvernement irakien dans l’organisation d’élections "transparentes", selon les autorités jordaniennes. L’Irak y participe également. Le président américain George W. Bush a de nouveau défendu l’organisation du scrutin dans les délais, lors d’entretiens téléphoniques avec les présidents irakien Ghazi al-Yaouar et égyptien Hosni Moubarak, et le roi Abdallah II de Jordanie. Il a parlé au téléphone lundi avec le Premier ministre irakien Iyad Allaoui. "Le président a fait part de son soutien au processus politique en Irak et a parlé de l’importance d’organiser les élections", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche. M. Bush a dit à Abdallah II qu’il espérait que la conférence d’Amman "encouragerait la participation de tous les Irakiens aux élections", a-t-il souligné. Il a expliqué au président égyptien qu’il fallait maintenir les élections à la date prévue "afin d’ouvrir la voie à un processus politique pour ramener la stabilité dans le pays", selon le porte-parole de la présidence égyptienne. M. Bush voulait ainsi soutenir à fond M. Allaoui qui, malgré une recrudescence des violences et attentats suicide qui ont fait des dizaines de morts, a tranché mercredi en faveur du maintien des élections à la date prévue. "Nous ne permettrons pas aux terroristes d’arrêter le processus politique et de saboter le pays. Nous encourageons tous les Irakiens à participer aux élections", a-t-il dit. Il a aussi admis ne pas être en mesure d’annoncer "que les attaques terroristes s’arrêteraient", mais annoncé un plan pour assurer la sécurité des élections prévoyant la "promotion d’un important nombre de soldats irakiens" à l’occasion de la Journée de l’armée. M. Allaoui mettait fin ainsi à un débat au sein de son cabinet sur le report du scrutin en raison de l’insécurité. Mais la ministre des Déplacés et émigrés Pascale Icho Warda est revenue à la charge pour estimer que la situation sécuritaire "intenable" "n’était pas encourageante pour les élections". Dans ce contexte, l’armée américaine a annoncé qu’elle comptait mobiliser "plus de 35.000 soldats" à Bagdad le jour des élections et a demandé au peuple irakien de contribuer à assurer la sécurité du scrutin en signalant tout élément pouvant permettre de contrecarrer des attaques. "Chaque soldat assigné à la sécurité de Bagdad sera dans les rues ou aidera d’une manière ou d’une autre à la tenue du scrutin", a déclaré le général Peter Chiarelli, responsable des forces américaines à Bagdad. Il a indiqué que ses soldats avaient réussi depuis une semaine à "désamorcer 50% des voitures piégées et explosifs déposés au bord des routes". Mais "Bagdad est une ville de sept millions d’habitants et je ne ne suis pas en mesure de désamorcer chaque engin piégé en ce moment", a-t-il admis. Pour le vote des expatriés, la Syrie, la Turquie et les Emirats arabes unis ont autorisé les Irakiens chez eux à participer à l’élection de l’Assemblée nationale transitoire, a indiqué l’Organisation internationale des migrations (OIM). Selon l’OIM, ces trois pays étaient les derniers d’une liste de 14, choisis par la Commission électorale irakienne, dans lesquels environ un million d’Irakiens pourront ainsi participer au scrutin. Enfin, le département d’Etat s’est refusé à confirmer des informations du New York Times selon lesquelles les Etats-Unis envisagent de nouvelles sanctions contre la Syrie pour forcer ce pays à empêcher les Irakiens opérant depuis son territoire de soutenir l’insurrection en Irak. Il a déclaré que cette "option reste sur la table".
Agence France Presse Bagdad - 06 - 01 - 2005 |