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Plus d’un millier d’Israéliens, originaires de la Tunisie pour la plupart, ont fait le déplacement jeudi à Djerba, île du sud tunisien, pour assister au pèlerinage juif de la Ghriba, plus ancienne synagogue d’Afrique, ont annoncé les organisateurs.
Leurs vols ont transité par Malte, la Turquie, la France où encore l’Italie, et ils ont retrouvé sur place quelque 3.000 autres pèlerins venus d’Europe ou habitants de l’île.
"Le nombre des Israéliens aurait été beaucoup plus important si les vols directs envisagés au début avaient été maintenus", a déclaré à l’AFP Haïm Demri, venu d’Israël à la tête d’un groupe d’une cinquantaine de personnes.
M. Demri, qui s’est dit "copain de l’ambassadeur de Tunisie à Ghaza", a quitté sa ville natale de Gabès (sud de la Tunisie) en 1962 pour s’installer en Israël.
"Plus de 300 Israéliens étaient inscrits sur ma liste mais la plupart ont renoncé à faire le voyage après l’annulation des vols directs prévus par (la compagnie tunisienne privée) Karthago Airlines", a-t-il dit.
Le nombre de pèlerins "m’a agréablement surpris", s’est réjoui René Trabelsi, fils du président de la communauté juive de Djerba et organisateur de voyages pour un millier de pèlerins -dont 300 Israéliens-, parmi lesquels une chorale d’enfants qui se produiront samedi soir dans un hôtel de l’île.
Pour lui, il s’agit "d’un réveil remarquable" du pèlerinage, après la morosité des années ayant suivi les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et celui perpétré contre la Synagogue de la Ghriba en 2002 qui avait fait 21 morts (14 touristes allemands, deux Français et cinq Tunisiens".
"Djerba est devenu le centre mondial de la tolérance", a-t-il affirmé, se félicitant du soutien des autorités tunisiennes et de "la sécurité qui prévaut dans ce pays".
D’importantes forces de l’ordre étaient visibles dans toute l’île, et principalement aux abords de la synagogue, proche de la petite ville d’Houmt-souk, où ont débuté jeudi après-midi, les premiers rites.
Le ministre tunisien du Tourisme, Tijani Haddad, devait souhaiter la bienvenue aux quelque 4.000 pélerins juifs de Djerba qui accompliront leur pèlerinage deux jours durant.
Le rituel consiste à allumer des bougies dans la synagogue tout en formulant un voeu et en se faisant bénir par les rabbins, le tout accompagné de rasades de boukha, l’alcool de figue tunisien.
Il est également prévu une vente aux enchères au profit de la communauté juive de Djerba dans une ambiance de kermesse et une procession dans les rues avoisinant la synagogue.
La communauté juive de Tunisie reste l’une des plus importantes du monde arabe, mais elle a considérablement diminué au fil des ans.
De cent mille à l’Indépendance de la Tunisie, les juifs ont quitté le pays pour aller s’établir en France et en Israël notamment, et ils ne seraient plus aujourd’hui qu’environ 2.000, selon Gabriel Cabla, président de l’association des juifs tunisiens en France.
Ceux qui sont demeurés en Tunisie sont, pour moitié établis à Djerba, qui fut le théâtre en 2002 d’un attentat revendiqué par Al-Qaïda, devant la synagogue de l’île, tuant 21 personnes, (14 touristes allemands, deux Français et cinq Tunisiens).
La participation d’un nombre important d’Israéliens au pèlerinage de la Ghriba précéde la visite du premier ministre israélien, Ariel Sharon, invité en Tunisie pour assister au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), en novembre prochain.
Cette visite a été vivement critiquée par des formations d’opposition qui ont appelé ces dernières semaines à des rassemblements de protestation à Tunis, interdits par les autorités. |