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Les juifs qui achevaient vendredi le pèlerinage à la synagogue de la Ghriba, dans l’île de Djerba (sud), ont salué le "courage" de la Tunisie d’avoir invité le Premier ministre israélien Ariel Sharon au Sommet mondial de la société de l’information (SMSI), en novembre à Tunis.
"C’est un acte courageux, symbolique et fort, prouvant que la Tunisie et le Maghreb en général sont en avance dans le processus de paix arabo-israélien par rapport au Moyen-Orient", a déclaré à l’AFP Ivan Levaï, journaliste à Radio France et directeur de Tribune juive à Paris.
"Ici, on anticipe sur la paix de demain", a-t-il dit, estimant que "la presse occidentale aurait pu saluer davantage ce geste et cette main tendue du gouvernement tunisien".
Ofer Bronchtein, président du Centre international de paix au Proche-Orient, a salué le président Ben Ali "pour son courage extraordinaire" en invitant Sharon.
Il a souhaité que la Tunisie "accueille de façon régulière des rencontres entre Palestiniens et Israéliens" pour faire avancer dans le processus de paix et "préparer l’opinion publique tunisienne très hostile à cette visite afin de permettre à MM. Sharon et Ben Ali de se rencontrer dans des conditions meilleures".
"Terre de tolérance et d’ouverture, la Tunisie peut jouer un rôle fondamental dans le processus de paix" au Proche-Orient, a-t-il estimé.
"Les Palestiniens sont redevable à la Tunisie d’avoir accueilli l’Autorité palestinienne après son départ du Liban en 1982", a-t-il dit, appelant Tunis à "jouer de son influence et de son rôle modérateur auprès des Palestiniens".
Le président de l’Association des juifs tunisiens en France, Gabriel Cabla, a qualifié pour sa part de "négatives et d’inutiles", les critiques de l’opposition tunisienne qui a appelé ces dernières semaines à des rassemblements de protestation contre l’invitation de Sharon, rassemblements interdits par les autorités.
"Personne n’a de leçon à donner à la Tunisie sur son soutien à la cause palestinienne", a-t-il estimé, ajoutant : "On voit souvent Mahmoud Abbas serrer la main de Sharon".
"Certains pays sont jaloux de voir la Tunisie franchir un pas" en direction d’Israël, a estimé pour sa part René Trabelsi, fils du président de la Communauté juive de Djerba et organisateur de voyages pour un millier de pèlerins, dont 300 Israéliens.
"Si cette visite pouvait faire avancer le processus de paix (israélo-palestinien), la Tunisie ne doit pas hésiter", a-t-il indiqué, estimant que "la paix ne peut se faire que par de telles rencontres".
Enfin, Haïm Demri, propriétaire d’une agence d’assurance en Israël, a souhaité que le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, originaire comme lui de la ville de Gabès (sud tunisien), précède Sharon en Tunisie "pour lui préparer le terrain".
"C’est bien pour la paix et le business", a-t-il commenté.
Quelques 4.000 juifs, dont un millier d’Israéliens, originaires de la Tunisie pour la plupart, ont effectué jeudi et vendredi, sous haute surveillance policière, le pèlerinage annuel de la Ghriba, plus ancienne synagogue d’Afrique. |