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Je m’adresse à vous parce que j’en ai marre et je ne peux plus supporter le mutisme des Tunisiens, notamment des jeunes. Ma rage et ma colère ne cessent de grandir, cela ne m’aveugle pas, mais m’ouvre les yeux, me poussent à ne plus fermer les yeux et à dire mon mot, quand je veux et là où je veux. Si je m’adresse à vous, c’est parce que je suis convaincu, que personne ne pense à vous ni à votre avenir autant que vous-mêmes. Les parents, après tout, majoritairement dictateurs en herbe, ne veulent pour vous que ce qu’ils ont toujours voulu pour eux-mêmes. Ça ne réussit jamais à tous les coups, voire ça ne réussit que rarement. Ceux qui ont suivi leurs choix avec l’encouragement de leurs parents, ont sûrement réussi et aimé ce qu’ils font, et comment non ? La liberté est toujours efficace et l’imposition ne fait qu’augmenter la frustration, le déraillement, bref, la répression et par essence un mauvais choix inefficace et n’a pas sa raison d’être. De même dans les institutions scolaires, regardez vos professeurs, vous n’aimez certainement pas ceux qui refusent de vous écouter, ou qui vous imposent le silence, moi non plus je ne les ai jamais aimés et ça sera de même pour toujours, les petits Hitler, on leur dira toujours NON.
Je m’adresse à vous, encore une fois, parce que je ne vois aucune autre solution pour dire « basta » à la dictature de notre pays et que nous devons prendre notre destin en mains. Je ne vois aucune solution venir de la part de l’opposition, celle-là, elle-même se cherche encore et subit la répression. Je m’adresse également à vous parce que je suis sûre que vous connaissez toutes les faces cachées du régime de Ben Ali, que vous n’êtes pas des gobe-tout ni dupes.
Chèr(e)s ami(e)s, je vous rappelle, sans prétendre vous donner des leçons, que nous sommes les seul(e)s responsables de l’avenir de notre Tunisie et je vous demande de ne jamais vous laisser faire. Que l’on veuille ou non, vous demeurez la force frappante et la force incontournable d’un pays, puisque ce ne sont pas les jeunes qui manquent en Tunisie. Alors, il va falloir que nous renversions la vapeur contre les aliénés de Ben Ali et des corrompus de son système.
Vous n’avez certainement aucun goût ou attrait à la politique, mais, j’étais et je suis comme vous conscients de tous les dépassements de la machine du régime et du favoritisme dont bénéficient certaines familles proches du pouvoir, alors que d’autres crèvent et sont privés du moindre confort, voire même d’une vie décente parce qu’ils n’ont que leur dignité et qu’il ne se laisseront jamais marcher sur les pieds.
Ces gens-là, ne sont pas différents de vous ni de moi, ces gens-là sont l’espoir qui nous fait vivre et respirer. Comment pouvons-nous accepter que l’on nous dégoûte de notre Tunisie ? Comment acceptons-nous que l’on nous étouffe et vole notre liberté ? Comment laissons-nous passer les beaux discours mensongers et trompeurs d’un régime qui a fait ses preuves en matière de répression, deux décennies durant ? Comment pouvons-nous rester les bras croisés devant ceux qui veulent nous les attachés ? Comment tendons-nous la deuxième joue à ceux qui nous ont giflés ? Comment applaudir un dictateur qui essaye de nous faire taire en organisant une coupe du monde par ci et une coupe d’Afrique par là, sans nous laisser nous intéresser à la vie politique de notre pays ? Comment laisser s’éterniser un homme sénile intellectuellement dans un poste qui n’est la le sien ? Comment arrivons-nous à dormir le cur net tout en étant chômeur ? Comment pouvons-nous chanter « Ben Ali » qui ne cessent de tuer les vrais talents artistiques et qui a fait de la liberté d’expression un tabou ? Comment se sentir en sécurité tout en étant entourés de mafieux et de magouilleurs ? Comment être optimiste en voyant notre économie s’ébranler et notre pays s’endetter sans le moindre souci ? Comment ne rien dire quand on voir la liste de ceux qui pillent la Tunisie passer inaperçue sans réagir et demander des comptes ? Comment être content et voter pour quelqu’un qui emprisonne des jeunes pour avoir naviguer sur le Net ? Comment osons-nous ne pas nous révolter devant tant d’atteinte à nos droits ?
C’est frustrant et révoltant, Ne vous taisez surtout pas ! Dites ce que vous avez à dire ! Osez critiquer ! Osez parler ! Investissez les espaces de l’opposition virtuelle ! Informez-vous ! Réagissez ! Révoltez-vous ! Rien ne vaut votre participation. Cela nous aidera à nous souder et à nous resserrer les rangs pour descendre dans les rues.
J’emmerde tous le régime et les benaliénés la Tunisie !
Que personne ne nous dise de la fermer ! |