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« Jamais je n’ai cru que ça ait pu atteindre une telle médiocrité » me dit un ami, après la tenue à Montréal, vendredi le 13 mai 2005, de la conférence de Me Mokhtar Trifi et Madame Souhayer Belhassen, respectivement le président et la vice présidente de la ligue tunisienne des droits de l’homme ; invités par l’ADPM (Association des droits de la personne au Maghreb) dans le cadre du lancement de la campagne québécoise canadienne sous le thème « Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) et le droit à la liberté d’expression en Tunisie ». La conférence fut présidée par M. Gaston Labrèche, juge à la retraite de la Cour du Québec et comme invitée, Madame, Meili Faille, députée Vaudreuil-Soulanges porte-parole du Bloc Québécois en matière de citoyenneté et immigration.
Certes, les interventions des conférenciers étaient des plus brillantes, ceux-là ont su passer le message et maintenir l’attention de leur auditoire composé majoritairement de Tunisiens et de certains curieux et intéressés par le SMSI. Pour ne pas m’attarder longtemps sur les interventions des protagonistes, je dirais que celles-ci ont porté sur la situation des droits et libertés en Tunisie qui s’est dégradée depuis quelques années et surtout ce qui s’est passé dernièrement autour de l’affaire Abbou suivi de l’arrestation de Me Faouzi Ben Mrad qui figurait parmi les avocats de la défense. Me Trifi, s’est attardé sur le procès inique qui a coûté à Me Abbou 3 ans et demi de détention. Ses avocats, quant à eux, ils étaient agressés et n’ont même pas eu le temps de préparer la défense de l’accusé. Les deux conférenciers ont également évoqué l’importance du déroulement du SMSI en Novembre 2005 à Tunis et l’importance d’exploiter cet événement pour solliciter l’attention des « amis » et de la communauté internationale afin de mettre de la pression sur le régime tunisien pour que celui-ci fasse preuve de plus d’ouverture en matière, entre autres, de liberté d’expression . Il est indéniable, déclara Me Trifi, qu’un sommet se déroule dans un pays où la liberté d’expression est muselée et l’information ne circule que sous le contrôle interminable de son flux national et international. Il a de même souligné l’impossibilité de créer des journaux, le ministère de l’intérieur, affirma-t-il, ne cesse de refuser les demandes des intéressés à en produire. Ceci dit-il, constitue l’une des contradictions flagrantes de la situation actuelle avec la tenue du SMSI en Tunisie.
De ma part, je ne peux que revenir sur le comportement de certains agents du régime qui ne cessent de se rassembler à grands nombres, là où les conférences se tiennent à l’extérieur du pays et notamment à Montréal. Certes, ce n’est pas qu’ils soient là pour défendre un point de vue, ou leur parti-État, mais ce qui dérange, c’est le comportement anti-démocratique dont ils ont fait preuve. Ne respectant aucunement les règles du déroulement de la période de questions proposées par le président de la conférence, à savoir 2 minutes pour chaque intervenant. Première intervention d’un certain avocat venu spécialement de Tunisie, à lui seul, il prend une période dépassant largement les 5 minutes et posant 3 questions, majoritairement hors-sujet.
Les zélés du régime ont tenu, par leur piètre attitude pathétique de ne laisser personne parler et prendre le temps de développer ses idées, même pas ceux qui les accompagnaient. Un brouhaha, une incompréhension et une période de questionnement caractérisée par la confusion totale. On se serait cru dans une étable, ou les brebis gueulantes trouvent leur euphorie, pour finir tels des inassouvis d’anarchie et de perturbation du déroulement d’une conférence.
Ils ont cherché par tous les moyens, toute sorte de sujets hors du contexte de la conférence pour dévier et détourner l’attention sur les déclarations des conférenciers. Ceci étant normal, puisque deux des lamentables fervents défenseurs du régime qui n’étaient pas loin de moi, n’ont presque rien écouté de la conférence, ils n’ont pas cessé de bavarder et de rire tel à la maternelle. Encore très normal, pour des gens qui n’ont aucune valeur du dialogue et de démocratie. L’un des intervenants a même accusé la députée du Bloc Québécois « d’avoir fourré le nez dans des affaires qui ne concerne pas son pays ». Pourtant, Mme Faille devait rencontrer l’ambassadeur tunisien à Ottawa, le lundi d’après. Cette dernière, a aimablement appeler ces gens-là qui étaient à la limite des porteurs de la haine, à discuter dans une atmosphère plus amicale et elle a bien précisé qu’elle n’était pas nécessairement d’accord avec ce qui se passe au Canada en matière d’immigration et de citoyenneté, son domaine d’expertise. L’intervenant, n’a fait qu’évoquer le cas de Maher Arar qui a été déporté, accusant ainsi « son gouvernement » d’avoir enfreint les droits de l’homme alors que, et heureusement le ridicule ne tue pas, la députée faisait partie d’un parti opposant à celui qui gouverne actuellement. Ce monsieur qui se prenait pour un connaisseur, ne savait même pas de qui il s’agissait ou à qui il s’adressait, au moment où son intervention était bien ciblée et préparée : attaquer cette députée.
Le heureux hasard a fait que l’on voie ces mêmes guignols défendant le régime de Ben Ali évoquant exactement les mêmes arguments entendus et réentendus à maintes reprises lors des conférences passées. On a même défendu, bien entendu, l’invitation de Sharon en Tunisie (celle-ci était à la conférence de Québec un jour plus tôt) en disant que celui-là est « démocratiquement élu dans son pays », pour ces gens-là un criminel de guerre est toujours le bienvenue. Le comble de la situation était d’évoquer également la peur des Tunisiens de l’extrémisme religieux en disant aux conférenciers qu’ils travaillaient pour « nous envoyer des terroristes : wahhabites et khawnjia » Ce dernier a affirmé en le répétant que ces gens-là « n’ont pas le droit à la parole ». On ne sait par quel droit, on se permet de confisquer un droit à la parole à quelqu’un, de refuser de dialoguer avec lui dès le départ et avec beaucoup de haine en visant bien les islamistes sous-entendant qu’ils font peur et qu’ils constituent des terroristes potentiels et dangereux. Par ailleurs, on s’enthousiasme pour la visite de Sharon, un criminel de guerre étiqueté et confirmé par des faits historiques. D’ailleurs, ils ont soutenu cette thèse par le fait que les États-Unis en font de même et que le cas tunisien n’est pas du tout une exception. Quand on dit n’importe quoi, on le dira toujours, l’arbitraire des interventions et des arguments ne fait que ridiculiser son porteur . Quand le régime n’a plus d’arguments qui tiennent la route, c’est qu’il ne sortira que la tête baissée.
Quelques faits, juste pour rire
Il y avait un chef de sbires, paraît-il, qui distribuait les rôles à ses soldats, croyez-le ou pas, il disait à l’un d’eux « vas-y maintenant ! parle ! parle ! en le poussant par les épaules, ne la laisse pas parler ! Ne la laisse pas parler ! en désignant de Mme Belhassen. Il se retourne vers l’autre et lui dit, juste après lui c’est à toi de parler ok ! ». Sévère le monsieur ! Bien sûr, ils ne sont pas payés pour faire des soldats en carton (3asker kardhouna) !!
Un autre, celui-ci est le fameux patriote porteur de couffin, oups, de drapeau, il chronométrait à la seconde près tous ceux qui ne font pas partie de son camp. Il coupait la parole à tous en hurlant, impoliment et en interrompant les intervenants : Mr le juge ! Mr le juge ! Il a parlé plus que deux minutes. Arrêtez-le ! ... Pas trop étonnant de sa part, nous sommes habitué à sa façon de faire, c’est tout simplement un pauvre con-vanicu !
Le plus fameux des journalistes tunisiens, je m’excuse auprès des journalistes, les vrais de les avoir mis dans la catégorie que celui-là, car il prétend vraiment l’être, a déclaré vers la fin en passant devant moi que « nous vivons dans un pays %(* ?% où la démocratie est cruellement absente », il faisait allusion au Canada. Quelle jolie conclusion, puisque plus démocratique que la Tunisie, tu meurs !!
Je vais vous épargner les détails, vous en avez certainement vus plus que moi. On ne peut pas être plus imbéciles et heureux que ça, surtout lorsque l’on se félicite lors de la suspension et l’arrêt de la conférence. Le grand sourire prend place et les aliénés retournent chez eux bien contents de leur exploit. Encore une fois, le burlesque et le tragi-comique du régime tunisien triomphe à l’international. Croyez-moi, à les voir agir ainsi, vous excuserez le règne de la dictature des décennies durant. D’ailleurs, une autre question me traverse l’esprit : Quand est-ce qu’il vont retourner leurs vestes contre Ben Ali ? Une pratique courante chez les aliénés. |