|
 Le sénateur Charles Pasqua a été entendu comme témoin lundi par la brigade financière de Paris dans plusieurs dossiers financiers où il n’est toutefois pas poursuivi, a-t-on appris de source judiciaire. L’audition concernait l’enquête visant l’homme d’affaires libanais Iskandar Safa, qui était intervenu dans la libération des otages français du Liban en 1988. Jean-Charles Marchiani, ancien bras droit de Charles Pasqua au ministère de l’Intérieur, est mis en examen pour "trafic d’influence" et incarcéré depuis le 2 août dans cette affaire, en raison des sommes reçues d’Iskandar Safa. L’interrogatoire de Charles Pasqua concernait aussi la Sofremi, une société d’exportation de matériel militaire liée au ministère de l’Intérieur et soupçonnée d’avoir versé des commissions illégales à des personnalités. C’était la première fois que Charles Pasqua était interrogé par la police depuis son élection au Sénat le 26 septembre. D’autres convocations attendent l’ancien ministre, âgé de 77 ans et visé directement par cinq dossiers. Il est mis en examen dans une affaire de trafic d’armes vers l’Angola et pour le financement présumé occulte de son parti, le RPF. Trois autres procédures pour "corruption et abus de biens sociaux" sont ouvertes depuis juin à la Cour de justice de la République (CJR), où il pourrait être interrogé prochainement. Son immunité parlementaire de sénateur empêche, sauf accord du bureau du Sénat, toute mesure coercitive telle que la garde à vue, la détention ou le placement sous contrôle judiciaire mais les mises en examen et auditions restent possibles.
Reuters - Paris 04 - 10 - 2004 |