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 Le 9 Juillet un étonnant jumelage a été célébré en Corse. Celui de Villanova (400 habitants) avec Djerba-Ajim (25 000 habitants), l’une des trois communes qui compose la fameuse île tunisienne. À l’origine de ce projet devenu réalité, un homme, Dominique Bianchi, le maire de Villanova. Peut-être, tout simplement, parce que Bianchi, qui est né en Tunisie où il a vécu, avec ses parents, de 1948 à 1958, y retournait, en vacances depuis plusieurs années et, surtout, avait depuis longtemps la forte conviction que la Corse devait, pour son développement économique et culturel s’inscrire dans un véritable ensemble méditerranéenne. Après un voyage touristique d’un groupe de villannovais dans le sud de La Tunisie, Bianchi, soutenu par son conseil municipal a voté, en octobre 2003, le principe d’un jumelage avec un village tunisien. Ensuite, aidé par un de ses amis, Jean-Claude Lanzalavi qui, au sein d’un cabinet conseil, aide la commune à se développer et soutenu par la CAPA, Bianchi a pris son bâton de pèlerin et s’est à nouveau rendu dans le sud tunisien. En janvier après avoir rencontré le gouverneur de la région à Médénine, le choix s’est porté sur Ajim qui est la commune la moins touristique de Djerba. Là-bas, on vit de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage, tandis que, dans l’un de ses hameaux, Guellallala, on façonne depuis 3000 ans des poteries fort célèbres en Tunisie. Après s’être entendu avec le maire d’Ajim et son conseil municipal où siège trois femmes, Bianchi a obtenu l’accord de ses partenaires. Tout ça sous l’il intéressé de l’ambassade de France et du consulat de Tunisie à Nice. Et l’affaire, rondement menée, s’est finalisée, en Juillet, à Villanova, en présence de son homologue tunisien et de divers responsables locaux dont le vice-gouverneur de la région. Le maire d’Ajaccio Simon Renucci qui envisage, un peu discrètement, de jumeler sa ville avec celle de Zarzis, une grande commune du sud tunisien, était également présent. En tant que maire et représentant de la CAPA. Pourquoi un tel jumelage ? Outre la volonté symbolique, de part et d’autre, d’approfondir les échanges entre communes méditerranéennes, Dominique Bianchi veut « travailler ». C’est-à-dire développer, dans un premier temps, des discussions, dans le domaine de l’aménagement du territoire, de la gestion municipale et du « développement durable ». Même si les budgets sont loin d’être les mêmes puisque Villanova a un budget de 1 million de frs pour 400 habitants, alors qu’Ajim, n’a que 4 millions de frs de budget pour 25.000 habitants... Les échanges entre les deux communes devraient également être culturels, Villanova ayant des peintres et des chanteurs. Ajim, des potiers, des calligraphes et également des chanteurs. Sans parler de l’agriculture et de l’élevage où, là encore, il y a « moyen » de communiquer. Des voyages en Tunisie des bergers de Villanova n’étant pas exclu. Comme la visite de leurs homologues, tunisiens en Corse. Peut-être un bon « petit » moyen de détendre une atmosphère devenue lourde, ces temps-ci, en Corse, à l’égard des travailleurs ou de leurs enfants issus du Maghreb.
Marie-Anne Andreani © Corsica - 30 - 09 - 2004 |